• En Amazonie (

    2013   168 p.   15 €

      Pour son pic d’activité, à l’approche des fêtes de Noël 2012, Amazon recrute des milliers d’intérimaires. Pour la première fois en France, un journaliste décide d’infiltrer un entrepôt logistique du géant du commerce en ligne. Il intègre l’équipe de nuit. Après avoir souscrit au credo managérial et appris la novlangue de l’entreprise, c’est la plongée dans la mine : il sera pickeur, chargé d’extraire de leurs bins (cellules) des milliers de « produits culturels », amassés sur des kilomètres de rayonnages, marchandises qu’il enverra se faire emballer à la chaîne par un packeur, assigné à cette tâche.

      Chaque nuit, le pickeur courra son semi-marathon, conscient de la nécessité de faire une belle performance, voire de battre son record, sous le contrôle vigilant et constant des leads (contremaîtres), planqués derrière des écrans : ils calculent en temps réel la cadence de chacun des mouvements des ouvriers, produisent du ratio et admonestent dès qu’un fléchissement est enregistré...

      Bienvenue dans le pire du « meilleur des mondes », celui qui réinvente le stakhanovisme et la délation sympathiques, avec tutoiement. Plus de quarante-deux heures nocturnes par semaine, en période de pointe. Un récit époustouflant. Jean-Baptiste Malet nous entraîne de l’autre côté de l’écran, une fois la commande validée. La librairie en ligne n’a plus rien de virtuel, l’acheteur ne pourra plus dire qu’il ignorait tout de la condition faite aux « amazoniens ».

       Jean-Baptiste Malet est journaliste. Âgé de vingt-six ans, il est l’auteur d’un premier livre : Derrière les lignes du Front (Golias, 2011). 

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    Quand Amazon transforme ses recrues en "robots"

    Créé le 03-05-2013  - Mis à jour le 09-05-2013

    Embauché comme intérimaire de nuit par le centre logistique de Montélimar, un journaliste raconte son quotidien dans "En Amazonie" (Fayard). Edifiant !


    L'entrepôt Amazon de Montélimar : 36.000 m2 de hangar, entre 20 et 25 kilomètres de marche pendant 7 heures pour les "pickers"... (Sipa)

    L'entrepôt Amazon de Montélimar : 36.000 m2 de hangar, entre 20 et 25 kilomètres de marche pendant 7 heures pour les "pickers"... (Sipa)

    C'est parce qu'il voyait ses librairies préférées fermer, à Toulon, que Jean-Baptiste Malet, 26 ans, s'est intéressé au libraire en ligne américain Amazon. "Je voulais voir ce qui remplaçait ces lieux de convivialité qui me tenaient à cœur." Journaliste à "Golias", l'amoureux des livres a voulu interviewer les travailleurs de l'entrepôt Amazon de Montélimar. En vain. Les employés de la multinationale de l'e-commerce sont contractuellement tenus au secret le plus strict. "L'idée que des employés drômois ne puissent s'exprimer alors que le Code du Travail le leur permet m'a choqué", raconte Jean-Baptiste. En Amazonie (Jean-Baptiste MALET)

    J.B. Malet, 26 ans, journaliste à "Golias".(David Latour. DR)

    Du coup, il se fait embaucher pour la saison de Noël 2012, quand l'entrepôt de Montélimar recrute 1.200 intérimaires en plus de ses 350 CDI. Commence alors l'incroyable découverte, "de l'autre côté de l'écran", des rouages du champion mondial de la logistique pour commerce électronique. L'enquête fourmille de détails inédits sur la condition de ces nouveaux prolétaires, dont nous créons tous les jours les jobs, à coups de clics.

    Un "process" qui gère les moindres détails   

       "Je ne veux que des gens supermotivés !" Dès la première réunion d'information de En Amazonie (Jean-Baptiste MALET)deux heures dans l'agence d'intérim Addeco de Montélimar, la présentatrice insiste, toutes les quinze minutes : les candidats sont "libres de s'en aller" s'ils ne se sentent pas à la hauteur. Leur mission ? Effectuer des tâches ultrarépétitives, par vacations de sept heures payées 9,725 euros brut de l'heure (le smic étant à 9,43 euros).

                                            Le badge Amazon de J.B. Malet

    Il n'y a que quatre types de postes, attribués une fois pour toutes, en trois équipes (5h50-13h10, 13h40-21h, 21h30-4h50) : ceux qui reçoivent la marchandise (les eachers), ceux qui la rangent dans les rayonnages de cette forêt métallique qui couvre le hangar de 36.000 mètres carrés (les stowers). Ceux qui prennent les produits dans ces casiers pour préparer les commandes (les pickers), ceux qui les emballent (les packers).

    Il y a tout ce vocabulaire anglais à maîtriser : inbound, outbound, damage, bins, slam, associates, leaders... Il y a cette devise, sortie du "Meilleur des Mondes" : "Work hard, have fun, make history" ("Travaille dur, amuse-toi, écris l'histoire"). La vie de "l'associé" est codifiée selon des "process" qui gèrent le moindre détail : la vitesse maximum des voitures sur le parking (15 km/h), la manière de se garer (en marche arrière), le tutoiement obligatoire (censé susciter la confiance), la manipulation des chariots (interdiction de reculer), la façon d'y empiler les articles (par taille, code-barres au-dessus).

    Entre 20 et 25 kilomètres de marche par vacation

    Le travail est ultrapénible : même si son parcours est optimisé par un logiciel, le picker marche entre 20 et 25 kilomètres par vacation. Douleurs dans le dos, le cou, le poignet, les cuisses... "Il y a aussi ces longs moments, le plus souvent vers 3h30 pour ma part, où les jambes se pétrifient», écrit Jean-Baptiste. Pis : compte-tenu des distances et des screenings antivol, les deux pauses de vingt minutes ne se traduisent que par cinq minutes maximum sur une chaise !

    Tout cela n'a probablement rien d'illégal, sauf peut-être l'envoi d'un contrat deux semaines après l'embauche ou l'absence de visite médicale ou d'infirmerie la nuit. Mais pourquoi, se demande l'auteur, subventionner les emplois précaires de cette multinationale, à qui une optimisation fiscale permet de payer peu d'impôts en France et de concurrencer sauvagement nos libraires et autres marchands, traditionnels ou électroniques ?

    Leurs machines à scanner sont les "flics électroniques"

    Selon Malet, Amazon transforme ses recrues en "robots" hébétés, soumis à des objectifs de productivité croissants. Leurs machines à scanner sont les "flics électroniques" qui transmettent des informations, contrôlées en temps réel par des leaders, eux-mêmes sous la pression de managers.

    Comme dans un mauvais jeu de télé-réalité, de semaine en semaine, seuls les plus performants sont gardés. Et les rares élus qui atteignent, dixit Amazon, "les standards élevés qui peuvent paraître irréalisables aux yeux de certains", décrochent un CDI. Un vrai Graal pour ces bataillons de chômeurs en galère. "Ce boulot chez Amazon, c'est vraiment de la merde... mais il n'y a que ça !", résume l'un d'eux. Voilà un livre qui ne sera peut-être pas disponible sur la liseuse Kindle d'Amazon.

    >Article publié dans "le Nouvel Observateur" du 2 mai 2013.


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  •   Samedi 29 Juin 2013          Nathalie Gathié  (Marianne)

    Ils viennent trimer sur les chantiers, dans les transports ou les abattoirs, pour 3 à 6 € l'heure, au mépris de toutes les règles de sécurité. Et le plus légalement du monde. Car ces travailleurs "low cost" sont tous européens.

     

    20 MINUTES/SIPA
    20 MINUTES/SIPA
    Augusto de Azevedo Monteiro voulait gagner sa vie. Il l'a perdue. Maçon détaché en France par EYP, une boîte portugaise, cet ouvrier usinait sur l'air très en vogue de la sous-traitance à bas coût dans la gadoue d'un chantier de Spie Batignolles, à Villeneuve-la-Garenne. Le 6 décembre, il est mort écrasé par une dalle qu'un coffrage hâtif à force de cadences infernales n'a pas su contenir.

    Enfant d'Esposende, ville voisine de Braga irriguée par la crise et ses misérables affluents, Augusto de Azevedo Monteiro avait 35 ans, une famille et plus un euro rouillé en poche. Les 565 € brut de son dernier Smic flambés, ses allocations chômage taries, il avait opté pour une mission en France. « Notre pays agonise et nous constituons une main-d'œuvre bon marché, confie une salariée francophone d'EYP. On sait que Spie fait appel à nous parce que nous coûtons moins que nos concurrents français. »

    Roumaines, polonaises, espagnoles ou portugaises, les plaques d'immatriculation des camionnettes de société ou d'agences d'intérim alignées sur le parking de Villeneuve-la-Garenne disent la géographie de la crise. A en croire le communicant de Spie, pourtant, « EYP a été préféré à deux candidats hexagonaux pour des raisons de disponibilité, rien d'autre ! » Les Portugais parlent plus clair : « Nous n'avons presque plus de clients locaux et, quand c'est le cas, ils n'honorent pas leurs factures, tranche l'employée d'EYP. Spie au moins paie nos prestations : la détresse des uns fait les bonnes affaires des autres, c'est comme ça...»

    L'(a)moralité de cette histoire, les bâtisseurs français l'ont bien comprise : faute de pouvoir délocaliser leurs chantiers, ils importent à grandes pelletées des ouvriers certifiés low cost par des entreprises sous-traitantes ou des agences d'intérim implantées dans des territoires où le coût du travail s'évalue en nèfles. C'est « malin », c'est légal, c'est européen.

     

    En 1996, les crânes d'œuf de Bruxelles bétonnent une directive autorisant le « détachement temporaire de travailleurs » entre pays de l'UE. Alimentée par la disette qui sévit au sud, facilitée par les écarts de niveau de vie entre anciens et nouveaux entrants, la braderie tourne depuis le milieu des années 2000 à l'opération déstockage. Soldes à l'année, prix discount garantis. « Cette pratique est compétitive car ces salariés voyageurs restent assurés dans l'Etat d'établissement de leur employeur, avance Fabienne Muller, chercheuse en droit social à l'université de Strasbourg. Or, pour un non-cadre, les cotisations patronales varient de 38,9 % en France à 24,6 % en Espagne, 18,3 % en Pologne, pour tomber à 6,3 % à Chypre ! » Inutile de tyranniser les calculettes pour comprendre qu'entre le détachement et les employeurs français l'attraction est fatale.

    De 10 000 en 2000, les pèlerins du turbin sont, selon le ministère du Travail, 145 000 aujourd'hui. « Ils permettent aux entreprises utilisatrices de réaliser une économie allant jusqu'à 25 % », note un inspecteur du travail. Juteux, oui, mais pas assez. En février 2011, un rapport parlementaire éclaire la face cachée du phénomène et porte le nombre de détachés à 435 000 : moult itinérants, dont un tiers tribulent dans le BTP, échappent en effet aux statistiques à force de magouilles.

    « Les Français avaient l'air de Playmobil tellement ils étaient protégés. »

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  •  

     (François DUBET)

                                                                   2019     112 p.    11,80 €

       Nous vivons un temps de passions tristes. Ce moment s'explique par le creusement des inégalités, mais surtout par la transformation de leur nature. La souffrance sociale n'est plus vécue comme une épreuve appelant des luttes collectives, mais comme une série d'injustices personnelles, discriminations, expériences du mépris, mises en cause de la valeur de soi.

       Ne pouvant désigner les adversaires à combattre, les individus sont emportés par un ressentiment dont se nourrissent les populismes de tous bords. Le régime des inégalités multiples engendre une société de la colère. Nous y sommes.

       Il faut la comprendre, pour être capables de résister aux vertiges de l'indignation.

      François Dubet est professeur de sociologie émérite à l'université de Bordeaux II, directeur d'études à l'EHESS. Il a notamment publié, au Seuil :

       - Les Places et les Chances (2010) et

       -La Préférence pour l'inégalité (2014).

    Traduit dans le monde entier, il est considéré comme l'un des plus grands sociologues français.


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  •   (Patsy ANTHONY)

    2017     70 p.    18,78 €

          Et si tous les élèves augmentaient systématiquement leurs notes en classe juste en utilisant l’EFT, n’auriez-vous pas envie de voir toutes les écoles s’en servir ?

      Comme Melyssa qui a amélioré ses notes de maths de 71 à 82, Scout de 25 à 77, Kaylie de 46 à 95… et le reste de la classe.

      Patsy Anthony s’adresse dans ce livre aussi bien aux enseignants qu’aux parents, en offrant des exemples et des outils concrets pour gérer très facilement les problèmes des enfants au quotidien. En utilisant avec succès l’EFT sur elle-même, entre autre pour la maladie de Crohn, Patsy Anthony enseignante Canadienne, n’a pas résisté à le transmettre aux enfants de sa classe pour les aider à gérer l’angoisse des examens et toutes les «émotions perturbantes » qu’un enfant peut vivre et qui bloquent sa réussite.

      L’EFT ou « Tapping » créé par Gary Craig, est un moyen étonnamment simple, puissant et efficace pour encourager nos enfants à la résilience, développer des techniques d'autogestion, renforcer leur capacité à résoudre les problèmes, et améliorer leur bien-être social et émotionnel.

      www.eft-freequence.fr -francoise_vache@hotmail.com


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  • Chers amis lecteurs, chères amies lectrices,

    https://www.bastamag.net/IMG/pdf/cr_2019_def.pdf?utm_source=Base+de+donn%C3%A9es+Basta

     

     

    Dividendes, rémunérations, impôts, émissions de CO2, recours au plastique, projets controversés, droits humains et libertés syndicales, lobbying... L’Observatoire des multinationales et Basta ! publient aujourd’hui la deuxième édition de CAC40 : le véritable bilan annuel, une radiographie complète des grandes entreprises françaises, bien au-delà de leurs simples performances boursières.

    Dans CAC40 : le véritable bilan annuel, vous apprendrez notamment que :
    -  22 grandes entreprises ont augmenté leurs émissions de CO2 depuis la signature de l’Accord de Paris, dont certaines considérablement.
    -   Les dividendes et rachats d’actions, ainsi que les rémunérations patronales battent de nouveaux records (+15%, à 63,4 milliards d’euros, et +10%, à 5,63 millions d’euros en moyenne, respectivement), malgré des bénéfices en baisse.
    -   Ces dividendes profitent principalement à quelques gros actionnaires du CAC40 : grandes fortunes, fonds d’investissement mais également l’État français.
    -   Dans certaines entreprises, le niveau des inégalités est tel qu’un PDG gagne en un jour ce qu’un employé moyen du groupe gagnera en un an.
    -   Ces « champions » boursiers nationaux continuent à réduire leurs effectifs en France.
    Le rapport «CAC40 : le véritable bilan a
     nnuel » examine également des sujets sur lesquels les entreprises communiquent abondamment – le climat, l’égalité entre hommes et femmes, le recours au plastique – et montre que, au-delà de cette communication, les résultats demeurent trop souvent modestes, voire inexistants.

    Bonne lecture !
    L’équipe de Basta ! et de l’Observatoire des multinationales

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  • Etre parent à l'ère des écrans (

                                                                2019    304 p.   22 € 

       Les smartphones redessinent la vie des enfants et des jeunes. Mais le plus fabuleux système de communication jamais conçu conduit aussi à l'isolement et au stress. Les écrans (consoles, ordinateurs, téléphones, tablettes) nuisent parfois aux relations au sein de la famille, à son harmonie.
      Avec ce livre, Pierre Massot s'adresse aux parents et grands-parents et donne des outils pour défendre leurs rôles concurrencés par le numérique. Une fois informé de ce qui se trame derrière les écrans, vous saurez mieux protéger vos enfants des dangers réels qui les guettent.
      Grâce à trois questionnaires à partager en famille, vous pourrez faire le point sur l'usage des écrans, acquérir des repères pour, éventuellement, reprendre en main le numérique au sein de votre foyer.
      Plus de 120 suggestions pratiques vous aideront à atteindre vos objectifs. Dans cet ouvrage, le contexte numérique du foyer est étudié au même titre que les moyens d'en garder le contrôle. Sont aussi considérées les pratiques éducatives des adultes vis-à-vis des écrans, qui conditionnent très tôt l'usage qu'en feront les enfants.
      L'auteur s'intéresse également à la dimension émotionnelle du rapport aux écrans, à la fois tellement prégnante et si mal comprise. Les émotions sont décryptées, celles des enfants et celles des parents, afin d'apaiser la communication familiale. Pratique et concret, cet ouvrage est une véritable « boîte à idées ». Il propose une vision de la parentalité à l'ère du numérique qui ne cède rien aux fondamentaux de l'éducation, telle la ré conciliation entre l'amour et l'autorité. Dans la famille, ne laissons plus les écrans faire écran.
     
      Pierre Massot est consultant en ressources humaines (spécialisé en pédagogie et management) et exerce comme psychopraticien et coach. Pionnier de la digital détox en France, il accompagne les personnes pour des séjours de déconnexion. Il intervient ponctuellement en collèges et lycées pour aborder la question des écrans avec les parents.

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  • 2018    174 p.    14 €

      Oui, nous pouvons vivre mieux – tous ! Voilà un propos à contre-courant du discours ambiant quand il est question de santé ou de protection sociale. Les inégalités sociales et territoriales se creusent, le défi cit de l'Assurance maladie persiste, le modèle de solidarité collective hérité de 1945 s'essouffle... Tout cela est vrai. Devons-nous pour autant nous résoudre à voir s'installer un système de protection à deux vitesses ?
       Non, affirment ici deux acteurs engagés : un militant mutualiste de longue date et un chercheur spécialiste de la question sociale, qui défendent une approche non lucrative de la santé – la santé envisagée dans une acception large, car on ne saurait être bien dans son corps et dans sa vie sans un logement digne, un revenu décent, un égal accès à l'éducation et aux loisirs...
       Leur constat : face aux transformations de la société (carrières discontinues, vieillissement de la population, explosion des maladies chroniques, etc.), l'État ne peut plus tout. Leur solution : constituer un " pôle des solidarités actives ". Une alliance pour et par l'action des structures historiques de l'économie sociale et solidaire et de nouvelles entités tournées vers l'intérêt général.
       Nourrissant leur échange de nombreux exemples et de propositions (une politique de santé réorientée vers la prévention, un socle de droits universels garanti, une reconnaissance européenne des modèles alternatifs, etc.), les auteurs dessinent une société plus juste et désirable. Une société d'égalité possible. 

      Stéphane Junique est président d'Harmonie Mutuelle et de VYV Care, vice-président du groupe VYV et vice-président de la Fédération nationale de la Mutualité française. 

      Timothée Duverger est maître de conférences associé à Sciences Po-Bordeaux et chercheur associé au Centre Émile-Durkheim, auteur notamment de L'Économie sociale et solidaire. Une histoire de la société civile en France et en Europe de 1968 à nos jours (Le Bord de l'eau, 2016).

       Entretiens réalisés par Jean Chezaubernard, rédacteur en chef d' Essentiel Santé Magazine


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  • La pollution est bonne pour les affaires, selon le patron de L'Oréal

    https://www.huffingtonpost.fr/entry/pollution-bonne-affaires-patron-loreal_fr

    C'EST LA VIE 18/09/2019

    Même s'il ne l'encourage pas, Jean-Paul Agon, PDG de L'Oréal, estime que la pollution en ville encourage la consommation de produits de beauté

    Chesnot via Getty ImagesJean-Paul Agon, PDG de L'Oréal depuis 41 ans

    POLLUTION - La pollution est bonne pour les affaires, selon Jean-Paul Agon, patron de L’Oréal. Même s’il a nuancé en ajoutant “ne pas l’encourager”, ses propos ont évidemment fait réagir.

    Dans une interview donnée au site Marketwatch, celui qui travaille pour L’Oréal depuis 41 ans explique que “quand vous habitez en ville, votre peau, vos cheveux, sont plus sollicités que si vous viviez dans une zone rurale, vous avez donc plus besoin de shampoings, d’après-shampoings, de soins pour la peau; de crèmes hydratantes, d’anti-UV, etc. La vie urbaine signifie plus de socialisation et plus de socialisation signifie une plus grande consommation de produits de beauté.”

    Dans cette interview, le patron de 63 ans ajoute qu’en plus de la pollution, les réseaux sociaux, notamment Instagram, ne sont pas en reste.

    “Plus vous vous rendez beau en ligne, plus vous devez prendre soin de vous quand vous sortez parce que si, quand des gens vous rencontrent, ils découvrent que vous êtes complètement différents de ce à quoi ils pensaient, vous avez un problème”, selon lui. Jean-Paul Agon fait ainsi un lien direct entre le fait d’utiliser des filtres sur Instagram et d’acheter des produits cosmétiques.

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  • <info@colibris-lemouvement.org>

    Lancement du MOOC Zéro Déchet 

    Nous n’avons jamais produit autant de déchets (570 kg par an et par personne en France), et pourtant savons-nous vraiment d’où ils viennent et ce qu’ils deviennent ? Nous achetons, consommons, jetons, sortons notre gros sac gris et, miracle ! un camion le fait disparaître !

    La gestion de nos poubelles tient du casse-tête : la mise en décharge et l’incinération génèrent des pollutions massives des sols, de l'eau, et de l'air. Le recyclage envoie cartons, plastiques, déchets électroniques à l'autre bout du monde…

    En amont, nos sociétés extraient toujours plus de ressources pour produire nos futurs déchets : pétrole, charbon, métaux, terres rares… La simple fabrication d’un manteau nécessite plus de 100kg de matières premières !

    Alors, que faire ? Passez à l'action ! Adoptez la culture "zero waste" : zéro déchet, zéro gaspillage !

    Avec le MOOC Zéro Déchet, une formation en ligne gratuite, vous comprendrez les impacts environnementaux, sociaux et économiques de nos déchets. Vous découvrirez les 5R, une méthode simple pour réduire vos déchets et décupler votre créativité ! Vous pourrez la mettre en pratique dans votre quotidien, et partager avec les autres participants vos nouvelles idées, trucs et astuces !
    Vous participerez à une expérience hybride, à la fois en ligne et en présentiel, via des rencontres locales et des défis.

    Le Zéro Déchet, c'est une démarche à la fois individuelle, collective et politique, pour revoir en profondeur notre mode de vie, et devenir acteur d’une société plus respectueuse de la nature, de notre santé, et de notre porte-monnaie !

    Le MOOC Zéro Déchet est réalisé par l’Université des Colibris en partenariat avec l’association Zero Wa ste France, association de référence sur la question de la réduction des déchets à la source.

    Les inscriptions sont ouvertes ! 

    Temps nécessaire : entre 1h et 2h par semaine, à votre rythme !

    Programme

    Chapitre 1 : Embarquement

    • Module 1 : Si on soulevait le couvercle
    • Module 2 : Ça déborde, au secours !

    Chapitre 2 : les Principes d’une pratique Zéro Déchet

    • Module 3 : Refuser
    • Module 4 : Réduire
    • Module 5 : Réemployer
    • Module 6 : Recycler
    • Module 7 : Redonner à la terre
    • Module 8 : Bilan des 5R

    Chapitre 3 : On passe à l’action

    • Module 9 : Stop au gaspillage alimentaire
    • Module 10 : En finir avec le plastique !
    • Module 11 : La high-tech a-t-elle un futur ? Et si l’avenir était plutôt low-tech ?
    • Module 12 : Le défi du 6ème R, "Rien de Neuf"

    Chapitre 4 : Conclusion

    • Module 13 : le Zéro Déchet, ça continue après le MOOC !

    Formateurs

    • Jérémie Pichon, co-auteur de La Famille (presque) Zéro Déchet,
    • Baptiste Monsaingeon, auteur de Homo Detritus,
    • Héloïse Bertrand,co-responsable de la ressourcerie L'Alternative,
    • Julien L'Home Organizer,
    • Eugénie Delarivière, designer et chef de projet Emmaüs Alternative,
    • Clara Hoyeau, ingénieure en agronomie et maître-composteur,
    • Laetitia Vasseur, présidente de l'association HOP Halte à l'Obsolescence Programmée,
    • Valentine Cancel, chargée des relations adhérents et partenariats de Zero Waste France
    • Laura Châtel, responsable plaidoyer Zero Waste France
    • Pauline Imbault, coordinatrice de la Maison du Zéro Déchet
    • Marine Foulon, chargée de communication Zero Waste France
    • Thibault Turchet, responsable des affaires juridiques Zero Waste Franc

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  • Le secteur laitier indien menacé par de nouveaux accords commerciaux

    Nouveautés de GRAIN | 27 juin 2019

      Les 150 millions de petits producteurs laitiers, les coopératives locales et les réseaux de petits vendeurs indiens ont fait du pays le premier producteur mondial de lait et en ont assuré l’autosuffisance. Les quelques multinationales qui dominent l’industrie laitière mondiale ne sont encore que des acteurs marginaux en Inde et seule une infime fraction des produits laitiers est importée dans le pays ou exportée. Toutefois, plusieurs nouveaux accords commerciaux qui répondent aux intérêts des multinationales, tels que le Partenariat économique global régional (RCEP) ou les accords proposés avec l’Europe, risquent de modifier radicalement le paysage et d’éliminer les petits producteurs laitiers indiens.

      Le gouvernement indien négocie actuellement des accords de libre-échange (ALE) faisant intervenir tous les principaux pays exportateurs de produits laitiers, et ces produits sont un élément clé de la plupart de ces discussions. Des conglomérats mondiaux tels que Lactalis (France), Fonterra (Nouvelle-Zélande) et Nestlé (Suisse), ainsi que de grandes sociétés financières, prévoient que l’Inde poursuivra la libéralisation de son secteur laitier et ils ont commencé à acheter des installations laitières locales ou à créer des coentreprises. Ces accords de libre-échange ouvriront probablement l’Inde aux importations en provenance des multinationales géantes de l’industrie laitière et leur permettront de prendre le contrôle de la production locale.

      Le grand nombre de productrices laitières dans les zones rurales de l’Inde, ainsi que les millions de femmes et d’hommes qui fournissent et commercialisent des produits laitiers dans les zones urbaines, seront les premières victimes des importations en franchise de droits de produits laitiers en provenance d’Europe, de Nouvelle-Zélande et d’Australie dans le cadre de cette nouvelle vague d’ALE. Les femmes sont également à la base des coopératives laitières dans toute l’Asie du Sud, et ces dernières seront détruites à mesure qu’un plus grand nombre de multinationales s’implanteront et domineront ce secteur.

       Ce dossier actualisé de GRAIN évalue les enjeux des négociations commerciales en cours pour les producteurs et les vendeurs de produits laitiers indiens, et les consommateurs auxquels ils fournissent ces produits. 

    Télécharger le rapport : https://grain.org/e/6271

    Aidez-nous à diffuser le message ! Tweets suggérés :

    • La production laitière en Asie du Sud n’est pas une industrie : c’est un moyen de subsistance pour 150 millions de petits exploitants agricoles, de paysans sans terre et d’éleveurs. Les méga ALE comme le #RCEP menacent leur survie, affirme GRAIN : https://grain.org/e/6271
    • L’Inde doit se retirer du #RCEP et exclure la production laitière de tous les accords de libre-échange. Un nouveau rapport de @GRAIN_org explique pourquoi : https://grain.org/e/6271
    • #Lactalis et #Fonterra renforcent leur implantation en #Inde. Des accords commerciaux comme le #RCEP et l’ALE UE-Inde leur donneront plus de pouvoir, ce qui signera la mort des petits producteurs de lait. Un nouveau dossier de @GRAIN_org : https://grain.org/e/6271 
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  • Doit-on préférer l'eau en bouteille ou l'eau du robinet pour notre santé ?

      Christophe Magdelaine / notre-planete.info

    Article mis à jour le 09 septembre 2019

    Eau du robinet ou eaux en bouteilles?

      Si cette question est tranchée d'un point vue environnemental, la conclusion est bien plus ardue lorsque l'on s'intéresse aux contaminants de l'eau (nitrates, pesticides, métaux lourds...) et notamment les microplastiques qui souillent maintenant notre planète.

      Doit-on consommer de l'eau du robinet ou de l'eau en bouteille ? La réponse n'est pas si évidente.   Ecologiquement, la mise en bouteille, son transport et la gestion des déchets est polluant et énergivore mais qu'en est-il de la qualité de l'eau que nous buvons ? En France, consommer de l'eau du robinet, dans un pays qui se targue d'avoir les meilleurs contrôles qualité au monde pourrait nous conforter dans ce choix.

    L'eau du robinet contient des nitrates et pesticides

    Cependant, les cours d'eau sont très pollués en France, principalement à cause des nitrates et des pesticides. C'est pourquoi, l'eau du robinet peut présenter des valeurs significatives de pesticides, et de nitrates. En 2015, 61,8 % de la population française disposait d'une eau de distribution avec une concentration maximale en nitrates[1] inférieure à 25 mg/L (Ministère de la Santé, 2016). Autrement dit, 38 % des Français pouvaient boire une eau du robinet avec des valeurs en nitrates comprises entre 25 et 50 mg/l, là où la plupart des eaux en bouteille (eaux minérales naturelles et eaux de source) restent en dessous de 5 mg/l et ne contiennent pas de pesticides... Soulignons que plus de 90 % des cours d'eau en France sont contaminés par des pesticides, pesticides que l'on retrouve ensuite dans l'eau du robinet.

      En témoigne une analyse urinaire de détection du glyphosate effectuée en 2019 par une personne qui ne mange que des produits bio mais boit de l'eau du robinet. Ses résultats ont montré une contamination assez élevée en glyphosate.

    Quid de l'aluminium dans l'eau du robinet ?

    Autre sujet d'inquiétude : l'aluminium, un métal présent naturellement sur Terre que l'on retrouve partout : dans les organismes vivants, le sol, l'eau... Sa concentration dans l'eau du robinet, non renseignée dans les analyses, a fait l'objet de suspicions quant à son lien avec la maladie d'Alzheimer qui touche maintenant 900 000 personnes en France. En fait, dans l'état actuel des études sur la question : "il ne peut être envisagé d'association causale entre l'exposition à l'aluminium via l'eau du robinet et maladie d'Alzheimer", a réaffirmé l'ARS en 2014.

    L'eau du robinet altérée par l'état des canalisations

    En 2016, l'association Que Choisir publiait une enquête alarmante sur la qualité réelle de l'eau du robinet en ajoutant un critère important : l'état des canalisations qui délivrent l'eau courante et la présence de composants toxiques comme le plomb, le cuivre, le nickel et le chlorure de vinyle. Si l'initiative est louable, elle manque cruellement de points de contrôle comme le souligne Que Choisir : "pour la recherche du plomb, du cuivre, du nickel, du chlorure de vinyle et de l'épichlorhydrine, le prélèvement de l'eau se fait fréquemment au robinet des consommateurs. Par conséquent, leur présence dans une analyse ne signifie en aucun cas que cette pollution affecte l'ensemble du réseau ou de la ville, car elle peut ne concerner par exemple que certains branchements du réseau, certains immeubles ou logements." Ce qui signifie que la qualité de l'eau du robinet dépend principalement de l'état des canalisations en aval, dans notre logement.

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  •  
     

    Vous pensez que les multinationales ont atteint un niveau de pouvoir disproportionné et dangereux ? 

      Qu’elles profitent de toutes les opportunités qui leur sont offertes pour accroître leurs profits au détriment du reste de l’humanité et de la planète ?

    Que leur impunité alimente le sentiment d’injustice sociale, fiscale, écologique et la colère populaire ?

    Qu’on ne doit plus laisser faire en libérant toujours plus de monde de leur emprise néfaste ?

    Alors aidez-nous à les court-circuiter. 

    OK, mais par quoi on commence ?

    Une première action des plus simples : mettre «  hors service  » certaines d’entre elles les 12 et 13 octobre prochain dans le cadre de la semaine mondiale d’actions contre l’impunité des multinationales.

    Comment participer

        -Commandez gratuitement un kit d’affiches avant le 1er octobre

    PNG - 250.2 ko

    •   - Téléchargez et imprimez l’affiche A4 pour vous préparer à agir partout en France ;
    • https://france.attac.org/IMG/pdf/hs.pdf?pk_campaign=Infolettre-2113&pk_kwd=france-attac-org-img-pdf-hs-pdf
    •  
    • - Faites un don pour financer la campagne.
    •   - Faites circuler ce mail pour qu’un maximum de monde passe à l’action.

    Informez-nous

    Des dizaines d’actions vont être organisées partout en France. Si vous souhaitez organiser une action prés de chez vous ou être mis en relation avec un groupe local qui prépare déjà une action envoyez-nous un mail.

    Où coller les affiches ?

    • > Sur les distributeurs de billets de BNP Paribas, une des pires banques du monde ;
    • > Sur les pompes à essence de Total, pétrolier pollueur multirécidiviste ;
    • > Sur les « lockers » d’Amazon, le géant du e-commerce prêt à tout détruire pour vendre ses produits.
      => Suivez ce lien pour trouver une/des cibles près de chez vous-.
    • https://france.attac.org/se-mobiliser/stop-impunite/operation-hors-service/article/trouver-une-cible-pour-l-action-hors-service

    Pourquoi ces 3 multinationales et pas les autres ?

    Parce qu’il faut bien commencer par certaines parmi les pires, tout en envoyant un signal clair aux autres.

    Comment agir ?

    L’action est d’une simplicité enfantine : il suffit de trouver l’écran d’un appareil de la cible pour y coller une affiche au format A4 avec deux morceaux de scotch.

    Si vous voulez en faire plus, vous pouvez créer des affiches géantes pour les banques ou des habillages complets pour les pompes à essence ou les lockers.

    Si vous êtes plus nombreus·e·s et motivé·e·s, vous pouvez aussi organiser des animations issues de notre kit action ou inventer les vôtres.

    Pourquoi ça va marcher ?

    • > Parce que c’est une action simple, qui n’appartient à personne et qui est reproductible et adaptable à l’infini ;
    • > Parce que cette action est perturbante mais présente un risque juridique très limité ;
    • > Parce que si elle est réalisée par des milliers de personnes, elle peut avoir un véritable impact ;
    • > Parce que nous nous adressons à un public large que nous voulons interpeller : d’accord ou pas, l’important, c’est que le gens se posent les bonnes questions en appelant le numéro présent sur l’affiche ou en suivant le lien Internet qui leur donnera des ressources et des moyens d’agir ;
    • > Parce que ce n’est que le premier pas d’un projet des plus ambitieux : libérer toujours plus de monde de l’emprise des multinationales.

    Pourquoi à ce moment là ?

    La prochaine session de négociation du traité ONU sur les multinationales et les droits humains aura lieu du 14 au 18 octobre à Genève, tandis qu’à Vienne, l’Union européenne et les États membres risquent de pousser pour renforcer et pérenniser le système de justice parallèle des multinationales (ISDS), et la création d’une cour mondiale réservée aux multinationales pour attaquer les États.

    Ce sera l’occasion de mener des actions avec les organisations impliquées dans la campagne Stop Impunité pour mettre en pleine lumière l’impunité des multinationales et appeler la France et l’Union Européenne à soutenir le traité ONU.

    On garde le contact

    Pour participer à ces actions ou aux suivantes envoyez-nous votre contact par mail.

    <attacfr@attac.org>

     

    Attac France — 2019

    Attac France              21 ter rue Voltaire
     

    75011 PARIS                    France

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  • Ma vie zéro déchet, mode d’emploi

    Céline Mouzon 08/07/2019

    Consommateurs, villes, festivals et même multinationales : tout le monde court après le zéro déchet. Est-ce la porte d’entrée pour une transition écologique et sociale ? A certaines conditions.

    Si vous voyez une personne refuser le papier du pain à la boulangerie, sortir un sac en toile au moment des courses, ou préciser au serveur qu’elle ne veut pas de paille dans son verre, il y a de fortes chances qu’elle soit engagée dans une démarche zéro déchet. « Au départ, le zéro déchet consiste à réduire le volume de sa poubelle. Si on va plus loin, c’est ne pas gaspiller. Le mot anglais waste ne distingue pas déchet et gaspillage », indique la chercheuse en marketing Valérie Guillard. Et d’illustrer : « Je peux donner mes vêtements usagés à Emmaüs tout en allant sur l’appli Vinted acheter d’occasion des vêtements dont je n’ai pas besoin : je suis dans le zéro déchet, pas dans le zéro gaspillage. »

    Agir en amont et en aval

    L’association Zéro Waste France (ZWF), elle, défend une vision globale et ambitieuse : « Le zéro déchet, c’est autant agir en aval sur les déchets qu’on n’a pas pu éviter qu’en amont pour éviter de les produire », argumente Julie Sauvêtre, de ZWF. Un habitant de l’Hexagone jette en moyenne plus de 400 kg d’ordures par an. Le chiffre monte à près de 600 kg dès qu’on ajoute les déblais, gravats, déchets verts et tout ce qui va à la déchetterie. Si l’on s’intéresse aux ressources utilisées, il faut compter 14 tonnes par an et par habitant : ce chiffre ne comprend pas que des déchets, mais permet d’intégrer les déchets cachés dans la fabrication des produits. La production mondiale de plastique, destinée pour 40 % aux emballages, augmente en moyenne de 4,5 % par an depuis 1990. Il y a urgence.

                                         A lire Alternatives Economiques n°392 - 07/2019

                                                                 12 idées pour tout changer

    Justement, le zéro déchet est tendance. A Paris, la mairie a lancé une expérimentation d’un an, « Rue Zéro Déchet », engageant les 6000 résidents et commerçants de la rue de Paradis, dans le 10e arrondissement, en partenariat avec Zéro Waste France. Dans un autre genre, Carrefour, l’entreprise de recyclage Terracycle et 25 multinationales (Milka, Coca Cola, Lesieur…) proposent depuis mai une plate-forme d’e-commerce Loop (« boucle » en anglais), où les emballages des produits livrés sont consignables. De ce côté-là, on s’en doute, le mot d’ordre n’est pas la déconsommation.

    Pourquoi une telle vogue ? « Les déchets sont visibles par tout un chacun, contrairement à l’extinction des espèces ou au CO2 dans l’atmosphère. La poubelle, on la voit diminuer. C’est pour ça que le zéro déchet marche si bien », défend Jérémie Pichon, co-auteur de Famille (presque) zéro déchet. L’économiste Isabelle Cassiers attribue le succès des pratiques alternatives de frugalité à la désaliénation qu’elles permettent d’enclencher : en sortant d’une logique de croissance économique, les gens « se réapproprient leur destin. Ils prennent le temps de se poser les questions essentielles des finalités de leur action et du sens de leur vie »1.

    Par quoi commencer ?

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  • 2006  124 p.  8 € (Poche)

        De modernité à gouvernance en passant par transparence, réforme, crise, croissance ou diversité : la Lingua Quintae Respublicae (LQR) travaille chaque jour dans les journaux, les supermarchés, les transports en commun, les " 20 heures " des grandes chaînes, à la domestication des esprits. Comme par imprégnation lente, la langue du néolibéralisme s'installe : plus elle est parlée, et plus ce qu'elle promeut se produit dans la réalité. Créée et diffusée par les publicitaires et les économistes, reprise par les politiciens, la LQR est devenue l'une des armes les plus efficaces du maintien de l'ordre.
      Ce livre décode les tours et les détours de cette langue omniprésente, décrypte ses euphémismes, ses façons d'essorer les mots jusqu'à ce qu'ils en perdent leur sens, son exploitation des " valeurs universelles " et de la " lutte antiterroriste ". Désormais, il n'y a plus de pauvres mais des gens de condition modeste, plus d'exploités mais des exclus, plus de classes mais des couches sociales. C'est ainsi que la LQR substitue aux mots de l'émancipation et de la subversion ceux de la conformité et de la soumission.

      Éric Hazan est un écrivain, éditeur et médecin.

    Il est né d'une mère apatride née en Palestine et d'un père juif originaire d’Égypte. Son père, l'éditeur Fernand Hazan, est le fils d’Émile Hazan, qui avait fondé sa maison d'édition en 1927 à Paris.

    Très tôt engagé politiquement, il s'engage aux côtés du FLN durant la guerre d'Algérie. En 1975, devenu chirurgien cardiovasculaire, et membre fondateur de l’Association médicale franco-palestinienne, il se rend au Liban alors en pleine guerre, pour servir de médecin à cette armée que l’on appelait à l’époque les "Palestino-progressistes".

    À la quarantaine, il devient éditeur. Il préside à la destinée des éditions d’art fondées par son père mais qu’il abandonne quatorze ans plus tard, en 1992, après le rachat par le groupe Hachette et la prépondérance de la logique comptable.

    En 1998, il fonde les éditions La Fabrique pour lutter contre la concentration de l'édition, puis se tourne vers l'écriture. Il a également été traducteur (notamment des œuvres d'Edward Said).

    Il est notamment l’auteur de:

      -"Chronique de la guerre civile" (La fabrique, 2004),

      -"Changement de propriétaire, la guerre civile continue" (Seuil, 2007),

      -"L'Invention de Paris" (Seuil, 2002),

      -"Une histoire de la Révolution française" (2012),

      -"Une traversée de Paris" (2016).

    Il est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.

    Source : wikipedia

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  •  Un article de Philippe Herzog 2 septembre 2019

    Ceci est un document de travail, fruit d’une réflexion mûrie cet été. Plaidoyer pour une compréhension systémique de la récession dé sormais inéluctable, il présente et organise un ensemble de questions et de principes en vue de solutions viables et partagées.l ne faut pas se voiler la face : la récession est inéluc table . Ce sera la deuxième grande crise de l’économie globale, la première ayant éclaté en 2008. Les profes sionnels des marchés l’anticipent, les politiques n’alertent pas encore l’opinion publique mais l’angoisse va se nouer. Les moyens d’éviter une catastrophe existent, mais l’on peut craindre que la récession ne soit de longue durée. Les moyens d’éviter une catastrophe existent, mais on peut craindre que la récession ne soit de longue durée.En 2008 les banques centrales ont bien réagi pour stabili-ser le système bancaire et financier, et les Etats-Unis et la Chine ont lancé sans retard de grands plans de relance. Aujourd’hui ces capacités de réaction sont beaucoup plus limitées, et la culture, les principes qui ont permis aux ins titutions de faire face à la crise en 2008 n’ont pas sensible-ment changé. Or le contexte n’est plus du tout le même. Les conflits géopolitiques engendrent des ruptures dans les chaînes internationales de production et de commerce qui semblaient stables, des processus de dé-globalisation appa raissent, qui plongent les investissements productifs dans l’incertitude. L’impératif écologique et la révolution numé rique affectent tous les anciens business models, et heu-reusement la nécessité d’un nouveau régime de croissance se fait jour. Mais elle exigera des investissements d’intérêt public massifs pour les infrastructures des biens communs qui ne sont pas compatibles avec les exigences de rentabi lité financière, et que les Etats auront bien du mal à mettre...

     

    Pour lire la suite, cliquez ici

     


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  • L'ARTICLE :

    La pollution de l’eau, un fléau mondial pour l’économie et la santé

    MSN Actualités – Coralie Schaub

    Un rapport choc et très détaillé de la Banque mondiale, publié mardi, souligne que la détérioration de la qualité de l’eau potable touche l’économie et la santé des populations de tous les pays, qu’ils soient riches ou pauvres.

    Pour la première fois, un lien clair, net, sans appel, est fait entre «l’invisible crise» que constitue la pollution de l’eau, et l’économie. Dans un rapport choc publié mardi, la Banque mondiale estime que la détérioration de la qualité de l’eau touche l’ensemble des pays, riches comme pauvres, et «réduit d’un tiers la croissance économique potentielle des zones fortement polluées et menace le bien-être humain et environnemental».

    Lire la suite de l’article : https://www.msn.com/fr-fr/actualite/environnement/la-pollution-de-leau-un-fléau-mondial-pour-léconomie-et-la-santé/ar-AAG7K5x?ocid=News#page=2(ci-dessous)

    Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 26

    SANJAY KANOJIA Un homme remplit un récipient avec de l'eau potable provenant d'une pompe à main partiellement immergée sur les rives inondées de la rivière Yamuna, à Allahabad, en Inde, le 21 août.

    Un rapport choc et très détaillé de la Banque mondiale, publié mardi, souligne que la détérioration de la qualité de l'eau potable touche l'économie et la santé des populations de tous les pays, qu'ils soient riches ou pauvres.

    Pour la première fois, un lien clair, net, sans appel, est fait entre «l’invisible crise» que constitue la pollution de l’eau, et l’économie. Dans un rapport choc publié mardi, la Banque mondiale estime que la détérioration de la qualité de l’eau touche l’ensemble des pays, riches comme pauvres, et «réduit d’un tiers la croissance économique potentielle des zones fortement polluées et menace le bien-être humain et environnemental».

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  •   D'après une nouvelle étude, les flocons blancs qui tombent sur les Alpes et l'Arctique ne contiennent pas que de la neige : de minuscules particules de plastique ont aussi été détectées.

      https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/neige-il-neige-microplastiques-alpes-arctique-

    16/08/2019

    Les flocons blancs présents sur les pistes ne sont pas toujours ce que vous croyez. De minuscules particules de plastique, transportées par le vent puis déversées par la neige, ont été détectées dans l'Arctique et les Alpes, selon une étude publiée dans la revue américaine Science Advances qui réclame des recherches urgentes pour évaluer les risques sanitaires de cette découverte.

    Nous savions déjà que des millions de tonnes de déchets plastiques se déplacent dans les rivières et les océans, où ils se décomposent progressivement en plus petits fragments sous l'action des vagues et des rayons ultraviolets du Soleil. Mais cette nouvelle étude a révélé que les particules microplastiques peuvent être transportées sur de grandes distances dans l'atmosphère. Ces débris de moins de cinq millimètres de longueur sont ensuite déversés loin de leur lieu d'origine par les précipitations, en particulier la neige, ont découvert des scientifiques de l'Institut allemand Alfred Wegener et de l'Institut suisse de recherche sur la neige et les avalanches.

    Des risques inconnus pour la santé humaine

    « Il est évident que la majeure partie des microplastiques présents dans la neige provient de l'air », a expliqué Melanie Bergmann, auteure principale de l'article. Melanie Bergmann et ses collègues ont utilisé une technique d'imagerie infrarouge pour analyser des échantillons prélevés entre 2015 et 2017 sur de la glace flottante dans le détroit de Fram, au large du Groenland.

    Ils les ont ensuite comparés à des échantillons prélevés dans les Alpes suisses reculées et à Brême, dans le nord-ouest de l'Allemagne. Les concentrations de microparticules dans l'Arctique étaient significativement plus faibles que dans les sites européens, mais toujours importantes. Melanie Bergmann a précisé que peu de travaux avaient été réalisés pour déterminer les effets de l'exposition à ces particules. « Mais une fois que nous avons déterminé que de grandes quantités de microplastiques peuvent également être transportées par voie aérienne, la question se pose naturellement de savoir si et dans quelle mesure nous les inhalons », a-t-elle dit, soulignant la nécessité de mener d'urgence des recherches sur les effets sur la santé humaine et animale.

      Qu'est-ce qu'un microplastique?

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  • Pour l’interdiction du glyphosate !

    https://www.leslignesbougent.org/petitions/interdiction-glyphosate/?

      Le 27 novembre 2017, Emmanuel Macron s’était engagé à interdire le glyphosate sur le sol français « au plus tard dans les 3 ans » [1]. Mais déjà le 28 mai dernier, son gouvernement avait secrètement demandé aux parlementaires de ne pas l’inclure dans la loi [2]. Finalement, c’est ce jeudi 24 janvier 2019 que le verdict est tombé. Emmanuel Macron annonce que le glyphosate ne sera pas interdit, malgré sa promesse aux Français. [3]

      Selon lui, « Il n’y a aucun rapport indépendant ou pas indépendant qui a montré que [le glyphosate] était mortel ». Pourtant depuis 50 ans, des associations de citoyens ont tout sacrifié pour dénoncer ce poison : On observe une explosion du nombre de cancers, des hyperthyroïdies, des fausses couches, des malformations congénitales, etc. – même le Centre International de Recherche contre le Cancer vient de ranger le glyphosate au rang des « cancérogènes probables ».

       Et pourtant, les géants de l’industrie chimique continuent de répandre chaque année des milliers de tonnes de ce dangereux pesticide sur nos champs, nos rivières, et sur ce que nous mangeons. Ce coup de poignard d’Emmanuel Macron dans le dos des Français, nous ne pouvons pas l’accepter. Nous ne voulons plus que notre santé et celle de nos enfants passent après les intérêts financiers des géants de l’industrie chimique. Aujourd’hui, nous exigeons que le gouvernement tienne les engagements pris devant les Français. Et que le glyphosate soit interdit une fois pour toutes.

       Il y a urgence. Pendant que nous adressons cette pétition au gouvernement, les multinationales BASF, Monsanto, Syngenta, etc., s’activent dans les coulisses de la Commission européenne, afin de trouver des parades pour continuer à commercialiser leurs produits hautement toxiques à base de glyphosate. Ces multinationales ont déjà fait la preuve de leur puissance d’action qui leur permet de convaincre les plus hauts personnages des institutions et de remporter des batailles :

      •La propre conseillère scientifique du président de la Commission européenne a tout fait pour bloquer le processus visant à protéger les citoyens des perturbateurs endocriniens sous la pression des lobbys. [4]

       •Récemment, la Commission européenne a donné 18 mois de sursis au célèbre RoundUp de Monsanto, malgré la forte suspicion du caractère cancérigène de cet herbicide. [5] Désormais, par cette pétition, NOUS REFUSONS de jouer les cobayes pour augmenter les profits des multinationales de la chimie. NOUS REFUSONS que les autorités censées nous représenter transigent avec le plus élémentaire principe de précaution alors que les risques sur la santé sont documentés.

       NOUS EXIGEONS que les preuves indiscutables d’innocuité (absence de danger) soient apportées par des experts indépendants pour que les sociétés Monsanto, Bayer, Syngenta et Cie puissent commercialiser leurs produits. C’est pourquoi nous vous demandons, Monsieur le Ministre, d’agir pour empêcher ces multinationales de nous empoisonner et de prendre des mesures concrètes pour interdire une fois pour toute l’usage du glyphosate sur notre territoire français. Nos vies, nos enfants, notre Terre valent plus que les profits des entreprises de Big Chimie. Je vous prie de croire, Monsieur le ministre, à l’expression de ma considération distinguée.

       Amicalement, Florent Cavaler

    <alertes.sante@mail.infolettre-ipsn.fr>

       [1https://www.nouvelobs.com/politique/20180529.OBS7349/sortie-du-glyphosate-ce-sera-fait-d-ici-trois-ans-promet-griveaux.html
    [2] https://www.nouvelobs.com/planete/20180529.OBS7374/interdiction-du-glyphosate-les-63-deputes-qui-ont-vote-contre-l-inscription-dans-la-loi.html
    [3] https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/01/25/le-president-renonce-a-sa-promesse-d-interdire-le-glyphosate-en-2021_5414363_823448.html
    [4] http://www.actu-environnement.com/ae/news/perturbateurs-endocriniens-la-commission-europeenne-condamnee-pour-retard-definition-25900.php4
    [5] http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/glyphosate-la-commission-europeenne-prolonge-de-18-mois-l-autorisation-de-vente_1719533.html


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  • Une récompense pour une chercheuse de haut niveau soucieuse de transférer les connaissances scientifiques au plus grand nombre.

     

    Qui est Ana SOTO?

    Madame Anne Souyris, Adjointe à la Maire de Paris chargée de la santé et des relations avec l’AP-HP, remettra le 1er juillet, la médaille Grand Vermeil à Ana SOTO, Professeure de Biologie à l’Université Tufts de Boston. La Ville de Paris lui remettra cette distinction afin de l’honorer pour son rôle pionnier dans la découverte de la perturbation endocrinienne.

      La notion de Perturbateurs Endocriniens (PE) a été forgée à l’issue de la rencontre de Wingspread tenue du 26 au 28 juillet 1991 à l’initiative de Theo Colborn, à l’époque responsable scientifique du WWF USA. Cette rencontre qui a réuni 20 autres scientifiques représentant 15 disciplines scientifiques, dont Ana Soto pour la biologie, a débouché sur une déclaration de consensus qui a ouvert la voie à une des plus grandes découvertes de la biologie contemporaine.

      Le rôle d’Ana Soto dans la déclaration de Winspread a été central. Elle en a été une des rédactrices. Ses recherches menées en partenariat avec Carlos Sonnenschein s’inscrivent dans le cadre plus général de la carcinogénèse (processus de formation des cancers).

      Ana Soto a été l’une des pionnières à approcher le cancer comme un problème de développement en postulant, avec le Professeur Carlos Sonnenschein (Tufts University School of Medicine), la théorie du champ d’organisation tissulaire de la carcinogenèse (La société des cellules, Syllepse, 2006).

      En distinguant la professeure Ana Soto, Paris récompense une carrière scientifique exemplaire, tout entière consacrée à la progression des connaissances scientifiques mais aussi au transfert de ces connaissances dans la société. Elle affirmerait ainsi sa volonté de peser de tout son poids pour contribuer à une meilleure protection de la santé humaine et la santé de l’écosystème.

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  • EDITO

    EN FINIR AVEC LE « CIRCULEZ Y A RIEN À VOIR »

    Réseau Environnement Santé - 47 avenue Pasteur 93100 Montreuil FR

    contact@reseau-environnement-sante.net

    Semaine particulièrement chargée pour un début juillet …

    1) Réunion du comité de suivi dans l’affaire des bébés sans bras au cours de laquelle ont été présentées les conclusions du comité scientifique, lesquelles débouchent sur un banal « Circulez, y a rien à voir ». Il n’y a pas d’agrégats dans l’Ain. Il suffisait pour cela de réduire la période d’observation…Les causes environnementales n’ont pas été examinées en 6 mois au motif de revoir la littérature scientifique. Les hypothèses évoquées pollution de l’eau, traitements agricoles sont écartées…

    2) Réunion du Groupe Santé Environnement pour préparer le futur Plan National Santé Environnement : constat sévère des Inspections générales Santé et Développement Durable sur l’absence de résultats quantifiables mais néanmoins long débat pour savoir si l’on sait suffisamment de choses sur le lien santé environnement pour agir….

    3 ) La Protection Maternelle et Infantile en danger : cri d’alarme lancé par la députée Michèle Peyron qui préconise de refonder l’institution forte de ses 10 000 salariés sur la prévention. Au moment où il est devenu de plus en plus évident que la santé d’un individu se joue en grande partie pendant la grossesse et la petite enfance, l’institution dont c’est spécifiquement la mission voit ses budgets diminuer de 4 % …Jamais le décalage sur la santé environnementale, entre la prise de conscience de la société et les institutions n’a été aussi fort. Aucune raison d’être pessimiste, au contraire, car dans le même temps, la campagne Villes et Territoires Sans Perturbateurs Endocriniens progresse à grands pas. De nouvelles villes rejoignent le mouvement ….

    Le Conseil Départemental du Tarn a voté à l’unanimité un Plan Départemental de Lutte contre les Perturbateurs Endocriniens et une convention formalise le soutien apporté par le RES à la réalisation de ce plan. Un colloque « Enfance et Perturbateurs Endocriniens » est programmé pour le 20 novembre à Albi. Le 27 novembre aura lieu à Paris une réunion des Villes signataires sur le sujet des critères d’éco-conditionnalité. La société civile se mobilise en prenant appui sur les collectivités locales et envoie le message : c’est possible d’agir pour faire reculer l’épidémie de maladies chroniques et protéger les générations futures. C’est une très bonne nouvelle !

    Par André Cicolella
    Président du Réseau Environnement Santé


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  • La souveraineté alimentaire est la seule solution au chaos climatique pour l’Afrique

    : GRAIN <news@grain.org>  31/07/2019)

      La crise climatique va engendrer des chocs plus fréquents et plus graves dans l’approvisionnement alimentaire mondial au cours des prochaines décennies et exposer ainsi les pays tributaires des importations à un risque accru de flambée des prix et de pénurie de produits alimentaires. En raison de sa croissance démographique et de l’augmentation de la facture de ses importations alimentaires, l’Afrique est particulièrement menacée. Un nouveau rapport de GRAIN montre pourquoi des mesures doivent être prises pour mettre en place des systèmes alimentaires locaux et supprimer la dépendance croissante vis-à-vis des importations de céréales et d’autres aliments de base.

      Le rapport constate que les gouvernements et les bailleurs de fonds ont malheureusement perdu les dix dernières années à mettre en œuvre des politiques et des programmes ratés visant à soutenir des entreprises agro-industrielles. Non seulement ces politiques et programmes n’arrivent pas à réduire les importations de produits alimentaires de l’Afrique ni à aider les agriculteurs africains à s’adapter au changement climatique, mais ils soutiennent également les multinationales de l’alimentation et de l’agro-industrie responsables du dumping des produits alimentaires excédentaires en Afrique et de la production d’une grande partie des gaz à effet de serre dans le monde.

      Les agriculteurs, les pêcheurs et les éleveurs nomades d’Afrique élaborent déjà des méthodes agroécologiques pour atténuer les changements climatiques et renforcer la résilience face aux phénomènes climatiques extrêmes. Le rapport constate qu’ils peuvent facilement nourrir tout le continent, même face à la crise climatique qui se développe. Mais ils ne peuvent pas le faire lorsque leurs terres, leurs forêts, leurs semences et leurs stocks halieutiques sont accaparés par de grandes entreprises et lorsque leurs gouvernements, sous la pression de puissances étrangères, appliquent des lois, des réglementations et des accords commerciaux favorables aux entreprises qui sabotent la production et les marchés locaux et aggravent le réchauffement climatique.

      Le rapport de GRAIN appelle les mouvements pour la justice climatique et les producteurs alimentaires africains à unir d’urgence leurs efforts pour éliminer la dépendance de l’Afrique aux importations de produits alimentaires et parvenir à la souveraineté alimentaire sur le continent. Il appelle également à une profonde transformation du système alimentaire mondial à l’extérieur de l’Afrique afin de parvenir à des réductions rapides et drastiques des émissions de GES, en passant d’un modèle favorisant la production industrialisée pour l’exportation de produits bon marché, à un modèle basé sur une production agroécologique et des systèmes alimentaires locaux.

    Lire le rapport complet sur https://grain.org/e/6297

    Aidez-nous à diffuser le message ! Tweets suggérés :

    • La #SouverainetéAlimentaire est la seule solution au chaos climatique pour l’Afrique. Un nouveau rapport de @GRAIN_org est sorti : https://grain.org/e/6297
    • Les gouvernements africains doivent rechercher l’autosuffisance alimentaire en soutenant la production locale et l’#agroécologie, et non les entreprises agroalimentaires et le commerce international. En savoir plus avec le nouveau rapport de GRAIN_org : https://grain.org/e/6297
    • Les mouvements pour la #JusticeClimatique et les petits agriculteurs africains doivent unir leurs forces pour démanteler le système alimentaire des multinationales et parvenir à la #SouverainetéAlimentaire sur tout le continent. https://grain.org/e/629

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  • Obésité et diabète : la ruse de Coca-Cola

     

    Chère lectrice, cher lecteur

    De plus en plus de consommateurs dans le monde commencent à se détourner des sodas produits par Coca-Cola, aussi bien les classiques que leurs nouvelles déclinaisons à base d’édulcorants : Coca light, zéro, Coca-Cola Life (stévia), etc.

    Dans le fond, cela n’a rien d’étonnant ; les études se multiplient pour dénoncer les liens entre sodas, obésité et diabète. On sait depuis longtemps qu’une cannette de Coca « normale » n’est rien d’autre que du sucre déguisé en liquide (équivalent de 7 morceaux de sucre pour 33 cl). Mais récemment, deux mises en garde ont été publiées par des organisations officielles à propos des produits soi-disant light :

    • l’Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments a publié en 2015 un rapport indiquant que les édulcorants n’avaient « aucun effet bénéfique sur le contrôle glycémique des personnes diabétiques ».
    • Pire, d’après l’Inserm, « le risque de diabète de type 2 est plus élevé lorsqu’on consomme des boissons light plutôt que des boissons sucrées “normales” ».

    Face à cette situation, les stratèges de Coca ont eu une idée.

    « Arrêter de vendre de la m… » ??? comme l’aurait suggéré le regretté Jean-Pierre Coffe.

    Ce n’est pas la piste qui a été retenue.

    Le site Internet Foodwatch.org a révélé que la société avait choisi de redorer son image en arrosant financièrement un nombre impressionnant de chercheurs, médecins, nutritionnistes, diététiciens etc. qui tous, curieusement, prétendent désormais, la main sur le cœur, que les boissons light sont « plutôt bénéfiques » pour la santé.

    De la corruption ???? Halte là ! Ça s’appelle « financer la science ».

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  • Ses paroles pleines de bon sens font du bien, la planète est en danger mais l’académicien garde espoir, les jeunes ont plus conscience que nos générations du danger qui guette, c’est d’eux que viendront les solutions.

    Interview sur Le Parisien à lire absolument

    http://foodandsens.com/non-classe/michel-serre-ce-sont-les-systemes-economiques-qui-detruisent-la-planete/

    michel serres

    L’historien des sciences Michel Serres, 88 ans, accuse l’économie de détruire la planète. Photo S. Picard pour Le Parisien Week-End

    LE PARISIEN WEEK-END. Pionnier de l’écologie, l’académicien plaide en faveur d’un cadre juridique pour protéger l’environnement. Un projet exposé en 1990 dans son essai « Le Contrat naturel », aujourd’hui réédité. Il y a urgence.

    Dans le petit jardin de la maison de Michel Serres, à Vincennes, le marronnier est malade. « Depuis trois ans, il ne donne plus de marrons, ni de fleurs », regrette l’historien des sciences et académicien de 88 ans. « Il n’y a plus de merles, de mésanges, ni de moineaux non plus », ajoute cet intellectuel pionnier de l’écologie, qui faisait paraître, il y a vingt-huit ans, Le Contrat Naturel, un plaidoyer pour doter la nature de droits. Alors que paraît une nouvelle édition de cet essai, l’auteur de Petite Poucette renouvelle son appel à agir pour la planète. Avant qu’il ne soit vraiment trop tard.

    Dans la préface de votre ouvrage, vous affirmez que, si nous ne changeons pas nos coutumes, notre économie et notre politique, le monde court au désastre. Est-ce inévitable ?

    MICHEL SERRES. Je ne suis pas catastrophiste. Les gens le sont volontiers aujourd’hui, influencés par les médias qui n’annoncent que des attentats, des accidents, alors que la violence ne cesse de baisser. Mais le problème de la planète est toutefois très sérieux. La communauté scientifique tire la sonnette d’alarme depuis trente ans déjà. Mais plus personne ne l’écoute.

    A la fin des années 1990, il y avait un trou dans la couche d’ozone dû à l’utilisation de certains produits. Dès que l’on a arrêté de les utiliser, le trou s’est comblé. Par conséquent, on peut agir sur le monde, il n’y a pas de doute. Les scientifiques proposent des solutions. Mais ils sont un peu désarçonnés face à la société telle qu’elle est.

    Je vais vous dire, rien n’est plus léger que le vrai. Rien n’est plus inefficace que la vérité. La vérité pèse très peu par rapport au mensonge, la fausseté, l’émotivité, à tout ce que nous entendons. Si quelqu’un se lève et dit la vérité, personne ne le croit. La vérité est très légère. Très légère.

    Comment expliquez-vous cette indifférence ?

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  • 2017     128 p.    10 €

        Méconnu du grand public et inclassable pour les spécialistes, Albert Hirschman a notamment introduit l'idée de " croissance déséquilibrée " en économie. Axées sur les notions de développement et d'émergence, ses analyses portant sur l'action collective ont également de remarquables répercussions en sociologie et en sciences politiques. Ce livre est une invitation à découvrir ou à relire ce grand auteur, une référence majeure pour quiconque croit en l'unité des sciences sociales.

       Albert Otto Hirschman (1915-2012) s'est distingué par ses recherches en sciences sociales au sens large, à la croisée de l'économie, de la sociologie, de la science politique, de l'histoire et de la philosophie. Ses livres sont presque tous devenus des classiques : Défection et prise de parole, Les Passions et les intérêts, Bonheur privé, action publique, Deux Siècles de rhétorique réactionnaire. Cette partie de son œuvre, la plus reconnue, ne doit pas masquer son apport à l'économie du développement.
       Hirschman a choisi de mettre l'accent, en la valorisant, sur l'étonnante capacité d'adaptation des collectivités humaines. Son œuvre le rattache à la tradition qui, dans les sciences sociales, se préoccupe moins de la rationalité ou de l'irrationalité des conduites humaines que de leur part de créativité.
    Ce livre est une invitation à découvrir ou à relire ce grand auteur, dont l'engagement personnel fut exemplaire. Une référence majeure pour quiconque croit en la fécondité des sciences sociales lorsqu'elles s'affranchissent des frontières disciplinaires.

       Cyrille Ferraton est maître de conférences à l'université Paul-Valéry Montpellier 3 (ARTDev – UMR 5281). Il a publié Associations et coopératives. Une autre histoire économique (Érès, 2007) et La Propriété (Larousse, 2009).
       Ludovic Frobert est directeur de recherche au CNRS (Maison française d'Oxford). Il a récemment publié Le Solitaire du ravin. Pierre Charnier (1795-1857), prud'homme tisseur et canut (ENS éditions, 2014) et codirigé le volume Quand les socialistes inventaient l'avenir (1825-1852) (La Découverte, 2015).


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  • [Infographie] Derrière les soldes, le coût environnemental et social des vêtements

    https://www.novethic.fr/actualite/environnement/pollution/isr-rse/infographie-derriere-les-soldes-le-cout-environnemental-et-social-des-vetements-  09/07/2019

    Alors que les soldes battent leur plein, Novethic revient sur les dessous de la fabrication des vêtements en suivant les traces d’un t-shirt de la culture du coton à la fin de sa vie. Son empreinte environnementale et sociale est loin d’être anodine.

    Silhouette of a man irons and different clothes vector istock aquamarine paint   Tout au long de son cycle de vie, le t-shirt produit un effet environnemental non négligeable sur l'environnement.
    @aquamarine_paint

      Cet été encore, difficile de ne pas craquer devant les petits prix affichés par les magasins de vêtements à l’occasion des soldes. Et pourtant, celles-ci séduisent de moins en moins les consommateurs. Pour une partie de la population, ce nouveau comportement s’explique par l’impact environnemental des vêtements.

      De l’eau, des produits chimiques et des émissions de gaz à effet de serre

      Et pour cause. Il suffit de remonter la chaîne de production d’un simple t-shirt pour comprendre son coût écologique et environnemental. Dès la culture du coton, celui-ci est important. Il ne faut pas moins de 3 800 litres d’eau pour produire un kilo de coton, la matière naturelle végétale la plus utilisée par l’industrie textile (un quart de la production des fibres textiles vient du coton), loin devant le chanvre ou le lin, pourtant bien moins gourmands en eau et pouvant pousser dans les pays occidentaux comme la France. Pour produire un t-shirt, l’Ademe a calculé que cela équivaut à 70 douches.

      Par ailleurs, le blanchiment du coton exige des produits chimiques comme le chlore ou des azurants tandis que sa teinture requiert souvent d'employer des métaux lourds comme du plomb ou du chrome, toxiques. Cela affecte la santé des travailleurs.

      Si la production est l’étape la plus impactante en termes environnemental, la distribution n’est pas en reste. Car il n’est pas rare que la fabrication d’une pièce sollicite plusieurs continents. Un simple t-shirt peut être conçu en France, fabriqué en Ethiopie, se vendre au Portugal et avoir utilisé du coton ouzbek.

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  • Pourquoi l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne mobilise autant contre lui

    PAR SOPHIE CHAPELLE 22 JUILLET 2019

    https://www.bastamag.net/Ceta-libre-echange-commerce-climat-boeufs-OGM-multinationales-assemblee-nationale

        En appelant à examiner et ratifier « au plus vite » l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, Emmanuel Macron donne carte blanche aux multinationales pour imposer leur droit, au risque de surcroît d’aggraver le réchauffement climatique. Les députés français peuvent cependant encore s’y opposer, à l’occasion du vote à l’Assemblée nationale le 23 juillet, et alors que la majorité LREM a du mal à convaincre dans ses propres rangs. Voici les cinq raisons pour lesquelles ce traité suscite une si forte opposition.

    C’est la dernière ligne droite pour la ratification – ou non – par la France du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta), en cours de négociation depuis dix ans. Suite à l’examen du texte le 17 juillet, un vote en scrutin public aura lieu à l’Assemblée nationale ce 23 juillet. « Il est encore possible de stopper le traité », veulent croire ses opposants, qui appellent les députés à le refuser et prévoient de publier ce que chacun aura voté. Il y a deux ans, une majorité d’eurodéputés français de tous bords politiques s’étaient opposés au Ceta au Parlement européen [1].

    Qu’en est-il du rapport de force au Palais Bourbon ? L’ensemble de la gauche (PS, PCF, LFI) y est opposée, ainsi que la majorité des Républicains. Certains députés « marcheurs » et leurs alliés centristes ont déjà annoncé leur intention de voter contre le traité. D’anciens élus écologistes ayant rallié La République en marche pourraient aussi s’abstenir, ainsi que des élus Modem en plein doute. Des députés canadiens appellent aussi leurs homologues français à s’y opposer, leur pays ayant déjà ratifié le traité.

    Le Ceta a réuni un arc de force très large contre lui. 72 organisations allant des défenseurs de l’environnement et des droits humains, aux professionnels des filières d’élevage, aux associations de consommateurs et aux syndicats de travailleurs, ont signé une déclaration commune appelant à ne pas le ratifier. Plus de 300 000 messages ont déjà été envoyés en ce sens aux parlementaires. Dans une lettre ouverte publiée la veille du vote, Nicolas Hulot, ancien ministre de la Transition écologique et solidaire, demande aux députés d’« avoir le courage de dire non ». Voici les cinq grandes raisons qui alimentent cette mobilisation.

    Raison n°1 : un accord qui favorise le réchauffement climatique

    Le climat est le grand absent des 1596 pages du traité. C’est l’une des conclusions du rapport de la commission d’experts mandatée par le gouvernement, présidée par l’économiste Katheline Schubert [2]. La course aux exportations entre les deux côtes de l’Atlantique va inexorablement générer davantage de gaz à effet de serre. Cela est contradictoire avec les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris visant à rester en-deça des 1,5°C de réchauffement [3]. Le Canada se félicite d’ailleurs d’avoir accru de 63 % ses exportations de combustibles fossiles, lors des douze premiers mois de la mise en application provisoire du Ceta [4].

    Emmanuel Macron s’était engagé à « tirer toutes les conséquences » du rapport Schubert, y compris en « faisant modifier le texte ». Or, l’accord entré en application provisoire depuis septembre 2017 n’a pas bougé d’un iota [5]. Aucun dispositif n’est prévu pour conditionner sa mise en œuvre à la réduction des effets négatifs générés en matière écologique ou sociale. Pour se prémunir des critiques, le gouvernement fait valoir un « veto climatique ». L’idée est que chaque pays puisse faire valoir les principes de préservation de l’environnement face aux éventuels investisseurs, dans le contexte d’un affrontement au sein des tribunaux d’arbitrage. Mais les récentes discussions entre organisations de la société civile et les services de Bercy pointent les failles du dispositif [6]. Concrètement, il ne sera pas possible de déroger aux règles du commerce international au nom du climat.

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    Raison n°2 : un accord au détriment des agriculteurs et de la protection des consommateurs

    Les agriculteurs français redoutent la pression économique à venir, alors que le texte prévoit la suppression progressive de droits de douanes sur des dizaines de milliers de tonnes de bœuf et de porc. Rien n’est prévu en ce qui concerne l’utilisation de farines animales ou de maïs et soja génétiquement modifiés [7]. Rien non plus sur le bien être animal ou l’utilisation d’activateurs de croissance comme les antibiotiques. « On ne peut exclure que les imprécisions du Ceta conduisent à l’arrivée sur le marché européen de produits autorisés en vertu d’une réglementation ne prenant pas en compte le principe de précaution », redoute le rapport Schubert [8].

    Le rapporteur du texte, Jacques Maire, ne démord pas d’un supposé « effet positif pour la plupart de nos filières agricoles ». Lors de l’examen en commission des affaires étrangères le 9 juillet, le député LREM a mis en avant le bénéfice économique du Ceta pour la France : le solde net des exportations vers le Canada est passé de 400 à 450 millions d’euros depuis la mise en œuvre partielle du traité. Alors que les Français consomment 1,5 million de tonnes de viande bovine chaque année, le Canada n’en aurait exporté que 119 tonnes dans l’hexagone. Soit presque rien.

    Le pire est à venir, selon les détracteurs de l’accord. Car le Canada n’aurait pas encore eu le temps d’adapter ses élevages à l’exportation vers l’Union européenne, en créant des filières qui suppriment notamment les hormones de croissance dans l’alimentation des bovins. « Le Canada saura, très vite, remplir ce contingent important qu’il a si durement négocié », prédisent les organisations de la société civile dans leur lettre ouverte. La pression sur les éleveurs européens pourrait être d’autant plus forte que de nouveaux quotas en augmentation sont négociés sur d’autres accords comme celui avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay).

    Raison n°3 : un accord qui pourrait compliquer la relocalisation de l’économie

    Les collectivités locales qui favorisent une relocalisation de l’économie, développent l’approvisionnement de leurs cantines avec des aliments biologiques et locaux, ou remunicipalisent des biens communs comme l’eau ou l’énergie, redoutent que cet accord ne vienne entraver leurs choix politiques. Il vient ajouter une nouvelle couche de contraintes juridiques et pourrait compliquer davantage la mise en œuvre de politiques favorisant l’économie locale des deux côtés de l’Atlantique.

    Le chapitre 19 du Ceta prévoit de nouvelles obligations et procédures dans la passation des marchés publics. Les principes de non-discrimination et de transparence pourraient encourager encore davantage les acteurs publics à retenir le prix comme critère essentiel de sélection des offres, et à reléguer au second plan la plus-value sociale et environnementale.

    - A lire sur le sujet : ces collectivités locales qui se déclarent « zones libres » et privilégient les alternatives locales face au néolibéralisme global.

    Raison n°4 : un traité qui élève le droit des multinationales au dessus de celui des États

    Depuis le 21 septembre 2017, le Ceta est appliqué dans sa quasi totalité. C’est notamment le cas de sa partie commerciale, qui avait uniquement besoin de l’aval du Parlement européen. En revanche, les fameux tribunaux d’arbitrage figurent parmi les dispositions qui ne sont pas encore entrées en vigueur, et sur lesquelles doivent se prononcer les députés ce 17 juillet. Ces tribunaux permettent aux investisseurs privés d’attaquer des décisions publiques qu’ils jugent défavorables (tous nos articles sur le « mécanisme de règlement des différents entre États et investisseurs » dit "ISDS").

    Les États-Unis et le Canada, qui avaient été les premiers pays industrialisés à se doter entre eux d’un mécanisme d’arbitrage entre investisseurs et États, dans le cadre de l’Alena (accord de libre-échange nord américain), ont justement décidé, en octobre 2018, de l’abandonner. « Le coût est de plus de 300 millions de dollars pour le contribuable canadien, en compensations et en frais juridiques, a expliqué Chrystia Freeland, la ministre canadienne des affaires étrangères. L’arbitrage élève le droit des entreprises au dessus de ceux des gouvernements souverains. En le supprimant, nous avons renforcé la capacité de notre gouvernement à réguler dans le sens de l’intérêt général, et de protéger la santé publique et l’environnement ».

    Pourquoi, dans ces conditions, réintroduire ce mécanisme dans l’accord entre l’Union européenne et le Canada ? Une fois l’accord ratifié, tout retour en arrière pourrait s’avérer extrêmement difficile, puisque des clauses dites « crépusculaires » prévoient que ces tribunaux pourraient exister encore vingt ans après une éventuelle dénonciation de l’accord [9]. Au total, 41 811 entreprises américaines, via leurs filiales au Canada [10], seront dotées de nouvelles possibilités d’attaquer des lois et réglementations dans les États membres de l’Union européenne [11].

    Raison n°5 : c’est la dernière fois que les parlementaires peuvent se prononcer sur le volet commercial des accords

    Pour que le Ceta entre en vigueur de manière définitive et complète – et notamment pour que le chapitre créant des tribunaux spéciaux prenne effet –, il faut encore que tous les États membres de l’UE, via leurs parlements, ratifient le traité. Pour l’heure, moins de la moitié des États membres l’ont fait. Si les députés français votent contre, il est bien difficile de savoir comment la situation pourrait évoluer.

    La Commission européenne s’est désormais organisée pour que les Parlements nationaux n’aient plus à se prononcer sur le volet commercial de tels accords. Les futurs accords de libre-échange, avec le Vietnam par exemple, relèveront désormais de la seule compétence des eurodéputés. Le 11 juin dernier, dans une allocution, Emmanuel Macron avait dit ne plus vouloir « d’accords commerciaux internationaux qui alimentent le dumping social et environnemental »« En tant que dirigeant européen, je le refuserai partout où je n’aurai pas les garanties sur ce point » déclarait-il. Pour les organisations opposés à cet accord, ne pas ratifier le Ceta est la seule option sérieuse dont disposent les parlementaires, afin d’« obtenir une réforme du mandat commercial européen et ainsi répondre aux aspirations de millions de citoyens ».

    Sophie Chapelle

    [Edit] Cet article a été mis en ligne une première fois le 16 juillet. Il a fait l’objet de mises à jour le 22 juillet 2019.


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  • DANS L’ARCTIQUE, LE PERMAFROST FOND 70 ANS PLUS TÔT QUE PRÉVU ET C’EST UNE CATASTROPHE

    "Ce que nous avons vu était incroyable". Des chercheurs viennent de découvrir que le permafrost, l'épaisse couche de glace qui couvre 25 % de l'hémisphère nord, a fondu 70 ans plus tôt que prévu dans l'Arctique canadien. Or le permafrost abrite du carbone, du méthane et même du mercure. Il en libère de grandes quantités en fondant, accélérant le réchauffement climatique. 

    La fonte du permafrost participe au développement de la végétation et change les paysages.  Louise Farquharson / Université d’Alaska Fairbanks

        C’est une très mauvaise nouvelle pour le climat. Des chercheurs de l’université d’Alaska à Fairbanks aux Etats-Unis viennent de découvrir que le permafrost de l’Arctique canadien fond bien plus vite que ce qu’ils avaient prévu. La fonte est tellement rapide qu’elle a atteint le niveau de dégel prévu par les scientifiques en… 2090, soit 70 ans plus tôt qu’estimé.

    Des étés chauds en cause 

    "Ce que nous avons vu était incroyable", explique à Reuters Vladimir E. Romanovsky, professeur de géophysique et co-auteur de l’étude publiée dans la revue Geophysical Research Letters, "C’est une indication que le climat est maintenant plus chaud qu’à n’importe quel moment au cours des dernières 5 000 années ou plus".

    Les scientifiques rapportent que les îles arctiques canadiennes ont connu une série d’étés particulièrement chaude entre 2003 et 2016 entraînant des indices de dégels moyens supérieurs de 150 à 240 % à la normale de 1979 à 2000. Cela a provoqué un affaissement de 90 centimètres du sol par endroits en raison de la fonte du permafrost.

    Le permafrost libère de grande quantité de gaz à effet de serre

    Et cette nouvelle est encore plus mauvaise qu’on pourrait le croire. Car le permafrost, en fondant, libère des gaz à effet de serre. Les experts estiment que le permafrost renferme deux fois plus de carbone que l’atmosphère. Or,"les projections les plus pessimistes du Giec (Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat, NDR) avec un réchauffement à 4 ou 5 °C n’incluent pas les processus de dégel du pergélisol", explique Florent Dominé, le directeur de recherche au CNRS et spécialiste des interactions neige-climat-pergélisol.

    Autrement dit, la fonte du permafrost va accélérer le réchauffement climatique. D’autant que cette couche de glace ne renferme pas seulement du carbone, elle emprisonne également des stocks de mercure deux fois plus importants dans le permafrost que sur le reste de la Terre. Et ce n’est pas fini. Des chercheurs ont remarqué qu’en Sibérie, lorsque le pergélisol fond, il relâche des bulles de méthanes qui explosent provoquant des cratères de 70 mètres de profondeur. Or le méthane est un gaz à effet de serre, responsable du réchauffement, 20 à 25 fois plus important que le CO2. 

    Marina Fabre, @fabre_marina     © 2019 Novethic -   Tous droits réservés


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  • BRÉSIL : LA DÉFORESTATION EN AMAZONIE A AUGMENTÉ DE 88 % EN JUIN

    La déforestation en Amazonie, considérée comme le poumon de planète, avance à une vitesse folle. L'Agence spatiale brésilienne a comparé le mois de juin 2018 à celui de 2019 et a constaté que la déforestation avait augmenté de 88 % dans le pays de Jair Bolsonaro. Un recul qui constitue une menace pour la biodiversité et les peuples autochtones au moment où l'Union européenne vient de signer un accord de libre échange avec le Mercosur. 


                 Au cours des 11 derniers mois, 4 565 km² de forêt ont disparu.
        CC0
     

    Est-ce déjà l’effet Jair Bolsonaro ? Selon les données de l’agence spatiale brésilienne la déforestation dans la partie brésilienne de la forêt amazonienne a augmenté de 88 % en juin 2019 par rapport à juin 2018. 920 km² de forêts tropicales ont été détruites. Et le mois de juin est un indicateur d’une tendance plus profonde. Le National Institute for Space Research (INPE) du Brésil note ainsi "une hausse de 15,1 %" de déforestation entre août 2018 et juin 2019 par rapport à période août 2017-juin 2018. Au cours des 11 derniers mois, 4 565 km² ont disparu, une superficie équivalente à celle des Hautes-Pyrénées, note l’Agence Reuters.

    Le Président Jair Bolsonaro, investi en janvier 2019, a été élu avec le soutien des lobbys de l’agrobusiness. Il ne s’est jamais caché sur sa volonté de faire de l’Amazonie, un eldorado pour les investisseurs agricoles et miniers. "L’Amazonie est un caillou dans les bottes de cuir de Jair Bolsonaro", écrivait dans une tribune au Monde, en mai, l’archéologue Stéphen Rostain, "Le nouveau président brésilien a clairement affiché ses tendances de "démocrature", associées à des dérives climatosceptiques et une intraitable volonté de faire fructifier l’Amazonie, considérée comme inutile".

    Une menace pour la biodiversité et les peuples autochtones 

    Le Brésil abrite 60 % de la forêt amazonienne, considérée comme le poumon de la planète. Sa déforestation a bien sûr un effet sur la biodiversité, l’Amazonie étant un réservoir exceptionnel accueillant 40 000 espèces végétales, près de 1 300 espèces d’oiseaux ou encore 3 000 espèces de poissons. Mais c’est également le lieu de vie des peuples autochtones, de plus en plus menacés par la politique de déforestation. "Depuis l’élection de Jair Bolsonaro nous vivons les prémices d’une apocalypse", écrivaient 13 représentants de peuples autochtones le 10 avril dernier dans une tribune.

    Ces données sur la hausse de la déforestation interviennent au moment de la signature d’un traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, dont le Brésil fait partie. L’UE a concédé l’arrivée sur le territoire de 99 000 tonnes de bœuf par an à un taux douanier préférentiel de 7,5 %. Or, selon une étude de Greenpeace, l’élevage bovin est responsable de 80 % de la déforestation amazonienne. 

    Marina Fabre, @fabre_marina  © 2019 Novethic - Tous droits réservés


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  • Perdu dans le Pacifique Sud, ce confettis paradisiaque est devenu en l'espace de trente années, date à laquelle l'Unesco l'a inscrit au patrimoine mondial de l'humanité, un véritable piège pour les déchets en plastique. L'île Henderson a toujours bénéficié d'une riche faune marine en raison de sa position sur le passage d'un grand courant giratoire. Aujourd'hui, revers de la médaille, ce gigantesque tourbillon de courants ce gigantesque tourbillon de courants océaniques déverse ici une accumulation de débris en plastique produits sur Terre... sans discontinuer.

     L 'île Henderson a été inscrite par l'Unesco en 1988 sur la liste du patrimoine mondiale pour son « écologie pratiquement intacte ». Il a suffi de trente années pour que cet atoll désert du Pacifique, se retrouve aujourd'hui noyé sous un océan de déchets plastique. Une situation face à laquelle les scientifiques se disent démunis. Rattachée à la colonie britannique de Pitcairn, l'île se trouve à mi-chemin entre la Nouvelle-Zélande et le Pérou, distants d'environ 5.500 kilomètres. Mais en dépit de son isolement extrême, ce joyau a l'une des plus fortes concentrations de déchets plastiques au monde, en raison du jeu des courants océaniques.

     
    Un homme nettoie une plage de l'île Henderson dans le Pacifique, le 14 juin 2019. © Iain McGregor, Stuff, AFP, Archives

    « Nous y avons trouvé des débris provenant d'à peu près partout, explique Jennifer Lavers, une chercheuse basée en Australie qui a conduit le mois dernier une expédition sur l'île. Il y avait des bouoteilles et des boîtes, toutes sortes de matériel de pêche et les déchetsprovenaient, eh bien, de tous les pays que vous voulez, d'Allemagne, du Canada, des États-Unis, du Chili, d'Argentine, d'Équateur. » Pour la scientifique, le message est clair et démontre que chaque pays a une responsabilité dans la protection de l'environnement, jusque dans les endroits les plus reculés.

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  • Le « Jour du dépassement » arrive encore un peu plus tôt cette année et tombe le 29 juillet 2019 : à cette date, l'humanité a déjà consommé les ressources que la nature peut renouveler en un an. Elle vit donc désormais « à crédit » jusqu'à la fin de l'année. Cependant, l'indicateur retenu ne fait pas l'unanimité.Comme chaque année, l'ONG Global Footprint Network, qui publie un Atlas détaillant l'empreinte écologique de chaque pays, calcule et dévoile la date du Jour du dépassement qui marque le jour de l'année où l'humanité a épuisé les ressources renouvelables de la planète.

    Cela signifie qu'à l'échelle de la planète, nous avons pêché plus de poissons, abattu plus d'arbreset cultivé plus de terres que ce que la nature peut nous offrir au cours d'une année. Quant à nos émissions de gaz à effet de serre, elles ont été plus importantes que ce que nos océans et nos forêts peuvent absorber. Autrement dit, à partir d'aujourd'hui, l'humanité vit à crédit pour le reste de l'année, ce qui aura des conséquences pour les générations suivantes.

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