• Anticancer du sein (Dr B. Arnal-Morvan, Martine Laganier )

    2015      184 p.   12,90 €

        Comment prévenir ou mieux vivre la maladie en atténuant les symptômes douloureux des traitements ? Le Dr Bérengère Arnal et Martine Laganier proposent pistes et conseils pratiques pour faire les bons choix : mieux s'alimenter, agir sur son environnement, faire de l'exercice, gérer son stress, être attentive aux médicaments que l'on prend, etc.
      Vous saurez aussi comment mieux supporter les traitements allopathiques (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie) grâce à la phytothéarpie, à l'homéopathie, à l'oligothérapie ou encore à l'aromathérapie.

       Le docteur Bérengère Arnal-Morvan est gynécologue-obstétricienne et phytothérapeute. Elle est fondatrice de l'association «Au sein des femmes», dédiée à la prévention et à l'accompagnement du cancer du sein.

       Martine Laganier a longtemps oeuvré pour la liberté et les droits des femmes dans le domaine de la santé. Elle a été journaliste pendant trente ans à Alternative-Santé, mensuel de défense et d'information des consommateurs de soins médicaux.

    Le Docteur Bérengère Arnal se définit comme gynécologue allopathe qui prescrit avant tout de la phytothérapie et de l'homéopathie. Pour FemininBio, elle revient sur les origines du cancer du sein, les modes de prévention primaire. Son discours passionné et affûté est un message primordial pour toutes les femmes.

    Entretien avec  Stéphanie Jarroux  pour http://www.femininbio.com/sante-bien-etre/actualites-et-nouveautes/cancer-du-sein-entretien-passionne-avec-berengere-arnal

    cancer du sein, entretien avec Bérengère Arnal 

                                             Pourquoi parler d’épidémie dans le cadre du cancer du sein (c'est aussi le titre de votre ouvrage co-écrit avec le Pr Henri Joyeux : comment enrayer l'épidémie des cancers du sein ?)

    Le terme a en effet été très critiqué par les confrères et par les journalistes. Pourtant, il a été repris d’un article d’une journaliste du Figaro et justifié dans l'ouvrage anti-cancer de David Servan-Schreiber, dans lequel il dit, "il y a une épidémie de cancer dans le mode occidental."

    Techniquement on parle d’épidémie lorsqu’il y a une augmentation rapide de cas d’une maladie.
    L’augmentation des cancers du sein, du poumon, du colon, de la prostate, des mélanomes, des lymphomes, des tumeurs cérébrales se fait selon un mode épidémique ».

    Le nombre de cancer du sein est en augmentation constante et chez des femmes de plus en plus jeunes :

    • une femme sur 8
    • plus de 50 000 nouveaux cas par an

    Rappelez-nous les principales causes du cancer du sein

    • La génétique, gènes identifiés BCRA1 et 2, représente moins de 10% des cas. 
    • Les hormones, des pilules contraceptives aux THM, oestrogènes mais aussi progestatifs de synthèse autres que la progestérone micronisée, elles ont été classifiées par le CIRC en août 2005 comme substances cancérigènes de type 1 au même titre que l’amiante.
    • La sur-alimentation, le sur-poids, l'obésité.
    • Une mauvaise nutrition, trop de sucres rapides, de graisses hydrogénées, de graisses saturées, de viandes rouges, de produits laitiers, pas assez de légumes et fruits, des cuissons inadéquates.
    • Les médicaments hyperprolactinémiants de l’anxiété, de la déprime du sommeil.
    • Le stress chronique.
    • Le manque d’exercice physique.
    • Le tabagisme chronique, l’alcoolisme.
    • Les xéno-oestrogènes de l’environnement (pesticides, matières plastiques dont l’action est majorée par la bio-accumulation des métaux lourds). 

    Quelles sont les principales mesures de prévention du cancer du sein : 

    Je dirais que la prévention est à 5 niveaux :

    • Pas trop d’hormones de synthèse, pas plus de 10 ans dans la vie d'une femme, les éviter si la mère a eu un cancer du sein.
    • Changer d'alimentation.
    • Ne pas fumer.
    • Pratiquer une activité physique régulière pour éliminer et transpirer, la sueur élimine les pesticides.
    • Se méfier de l’exposition aux xéno-oestrogènes et aux radiations électro-magnétiques.

    Entrons plus dans les détails des 2 points suivants : les hormones et l'alimentation.

    Les hormones

    • Pour la contraception

    La femme ne devrait pas prendre plus de dix ans une pilule oestro-progestative. Privilégier les pilules de 2ème génération présentant les dosages les plus faibles et les nouvelles pilules composées d'hormondes bio-identiques (17 beta oestradiol). 

    Pas de pilule oestro progestative chez une fille dont la mère a un cancer du sein ou le moins longtemps possible. 

    Prôner la pose de petits stérilets chez les nullipares, encouragements officiels des autorités sanitaires de santé depuis 2005 et des stérilets de taille normale chez les femmes ayant eu des enfants. Il s'agit de stérilets au cuivre et pas à la progestérone de synthèse sauf en cas de règles très abondantes.

    Refuser les contraceptions orales anciennes pour la plupart remboursées, dont la plus dosée a 40 ans d’existence. Elles sont encore prescrites aux toutes jeunes filles du fait du remboursement.

    • Pour les traitements

    Encourager les médecines complémentaires, plus particulièrement la phytothérapie hormonale et l’homéopathie, tout à fait efficaces dans la majeure partie des pathologies gynécologiques hormonales. Il est important de corriger les états d’hyperoestrogénie qui sont délétères pour le sein.

    L'alimentation

    Privilégier l’alimentation méditerranéenne, riche en acides gras polyinsaturés, bio ou raisonnée, de saison, circuits de distribution courts, cuisson vapeur douce, être attentifs aux modes de conservation.

    En ce qui concerne les produits laitiers de vache, en résumé, nous sommes dans une civilisation de sur-consommation de produits laitiers de vache.
     
    En premier lieu, souvent,  la consommation d'un produit laitier en fin de repas se fait souvent à la place de celle d'un fruit frais.

    En second lieu, les produits laitiers de vache contiennent des facteurs de croissance puissants (qui servent à faire grossir le veau et à ne pas le rendre très intelligent par ailleurs) qui étaient autrefois détruits quand on faisait bouillir le lait. 

    Ces 3 facteurs de croissance sont EGF, IGF, TGF, Epidermal Insulin et Transforming grow factors. Ils ne sont pas forcément bons pour la santé humaine au quotidien et pour la santé du sein. 

    En bref, et cela fâche certains :

    • On peut trouver pas mal de pesticides dans le lait et dans la dioxine.
    • Un certain nombre de personnes n’ont pas la lactase pour digérer le lait.
    • D’autres présentent des intolérances à la caséine. 
    • Les graisses du lait sont de mauvaises graisses saturées : les produits laitiers acidifient le milieu donc ne participent pas à la minéralisation bien au contraire ; alors que légumes et fruits alcalinisent le milieu et sont bénéfiques pour la minéralisation.

    Mieux vaut consommer plus de fruits frais, moins de produits laitiers de vache, plus de produits laitiers de petits animaux chèvre et brebis et de "laits"ou jus végétaux, mais tout cela dans un concept d’alimentation variée, 40 aliments différents par semaine.

    En quoi la sophrologie peut-elle aider une femme atteinte d’un cancer ?
     
    Une femme atteinte d’un cancer du sein est blessée dans son intégrité physique, physiologique et psychologique. Son schéma corporel est détruit, d’autant plus si elle a subi une mutilation comme une mammectomie.

    La démarche de la sophrologie permet une réappropriation du corps dans l’éveil de la globalité afin de retrouver une nouvelle intégrité, un nouveau schéma corporel.
    Le niveau sophronique, proche de l’hypnose permet sur le support de la respiration consciente de revivre chaque zone du corps dans son histoire, de dépasser les souffrances et de recréer l’harmonie.
    La sophrologie se pratique en individuel ou en groupe. Un travail du Pr Marty à Villejuif a montré que des femmes atteintes de cancer du sein qui se regroupent pour parler, être ensemble ont moins de récidives moins de métastases.
    L’association Au sein des femmes que j’ai créé en mars 2007 a plusieurs objectifs. Avant tout lutter pour la prévention primaire du cancer du sein telle que nous l’avons définie et informer sur la possibilité d'associer des thérapeutiques naturelles aux traitements lourds du cancer qui sont incontournables. 

     Que dire à une jeune femme en préventif ?

    • Le moins possible de contraception orale.
    • Avoir un premier bébé avant 28 ans.
    • Allaiter six mois minimum.

    Que dire à une femme plus mature ?

    • Préférer le stérilet au cuivre avant la ménopause.
    • En préménopause et à la ménopause , éviter les traitements progestatifs de préménopause puis le THM (traitement hormonal de la ménopause), se soigner en médecines complémentaires : phytothérapie pour l’hormonal notamment et homéopathie.

    Que dire à une femme atteinte d’un cancer ?

    Avant tout, faire confiance à la médecine allopathique : chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie, anti-hormonothérapie sont incontournables.
    Les médecines complémentaires comme leur nom l’indique vont permettre d’accompagner, de mieux supporter ; d’espérer agir sur une moindre fréquence des récidives et des métastases.
    Il faut donc supprimer les facteurs de risque, CHANGER IMPERATIVEMENT la nutrition, la façon de gérer les émotions, stopper le tabac
    Mes conseils pour toutes les femmes
    • Pas plus de dix ans de pilule.
    • Choisir les pilules les moins dosées 20 gamma d'ethinyl estradiol dans les pilules de 2ème génération ou celles contenant un oestrogène bio identique le 17 bêta oestradiol. 

    • Proscrire les pilules remboursées trop anciennes.
    • Ajouter homéopathie, voire phytothérapie, nutrithérapie, pour meilleurs tolérance et métabolisme. La contraception orale au long cour induit des carences en minéraux et vitamines.
    • Préférer le stérilet au cuivre, même pour les femmes qui n'ont pas encore eu d'enfant.
    • Si la THM est incontournable, ne pas hésiter à ajouter la phytothérapie et l'homéopathie pour diminuer les doses, les effets secondaires, les temps de prise.
    Que recommandez-vous pour le dépistage ?
    • Commencer le dépistage plus tôt, à 35 ans.
    • Echographie mammaire systématique même si la mammographie est normale.
    • Echographie mammaire seule intermédiaire un an après une mammo-échographie normale (examen intermédiaire car pratique de la mammographie tous les 2 ans dans le cas où il n'y a pas d'antécédent maternel).

    Etre très vigilante quand la mère a un cancer du sein :

    • Faire une mammo-graphie numérique (délivre moins de rayons, équivalent de 8h d'avion) et échographie avant 30 ans et répéter cet examen tous les ans.
    • Préférer le stérilet même si la jeune femme n'a pas encore eu d'enfant.  

    Pouvez-vous rappeler les principaux conseils écologiques de prévention du cancer du sein ?

    • Prendre le moins d’hormones de synthèse possibles au cours de sa vie, choisir les moins dosées ou préférer les contraceptions mécaniques au cuivre.
    • Avoir son premier bébé avant 28 ans.
    • Allaiter ses enfants au moins six mois (conseils OMS).
    • Ne pas être en surpoids.
    • Avoir une activité physique régulière pour transpirer 2 à 3 fois par semaine.
    • Pratiquer une technique de relaxation : sophrologie, yoga, zen, méditation retraite, hypnose, psychanalyse, … pour apprendre à mieux gérer ses émotions.
    • Se mobiliser pour avoir une nutrition la plus saine possible, bio, légumes et fruits, poissons petits plutôt que gros qui concentrent les métaux lourds, huiles de colza, noix, soja, olive, viandes blanches plutôt que rouges, du riz complet, plus de légumineuses, des pains avec farines complètes, éviter les sucres rapides et les farines blanches, peu de produits laitiers de vaches mais chèvre et brebis, un ou deux verres de bon vin rouge par jour, du thé vert, des épices et condiments bio, cuire à la vapeur douce.

    Parlez-nous de votre combat pour votre association "Au sein des femmes"

    Au sein des femmes est une association créée par des professionnels de la santé et du bien être, et des femmes ayant ou ayant eu un cancer du sein.

    Elle a plusieurs objectifs  :

    • Informer sur les moyens de prévenir le cancer du sein au niveau individuel et au niveau national.
    • Confirmer la politique nationale de dépistage et individualiser la prise en charge en fonction des facteurs de risque de chaque femme. Informer les autres associations sur le cancer du sein en France qui ne se préoccupent que du dépistage et ne croient pas à la prévention primaire, hormis MISS, Mouvement d'Information sur la Santé du Sein. Tenter de fédérer toutes les actions. Ce sera difficile car les associations de dépistage du cancer du sein considèrent qu'il n'y a pas de prévention primaire de ce fléau.
    • Accompagner la femme atteinte d’un cancer du sein dans les diverses étapes de son parcours, dés l’annonce (accompagnement par la phytothérapie, l'homéopathie, préparer à la chirurgie, à la chimiothérapie, à la radiothérapie).
    • Mettre à sa disposition toutes les informations concernant l’intérêt des médecines non conventionnelles en complément de l’allopathie et dans le cadre de la prévention tertiaire (que mettre en place pour espérer limiter la récidive, les métastases ou un second cancer). 
    • Proposer des lieux de rencontres, de groupes de paroles et de relaxation par la Sophrologie Existentielle.
    • L’accent de l'association "Au sein des femmes" est mis sur la prévention primaire et la prévention tertiaire (c’est la grande différence avec la majorité des autres associations qui existent sur le cancer du sein, environ 50 en France.  Elles consacrent tout leur temps au dépistage que l'on nomme aussi prévention secondaire).

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