• Chlordécone/Glyphosate...

    Chère amie,
    Cher ami,

    Aux Antilles, on compte les morts empoisonnés au chlordécone…

    Cette histoire ressemble à un scénario de film.

    Le chlordécone est un pesticide qui a été utilisé entre les années 1970 et 1990 contre le charançon noir des bananiers.

    Personne ne se doutait que les Antilles allaient bientôt avoir un problème bien plus grave que celui des charançons…

    Retour sur une histoire obscure

    En 1993, après 20 ans d’utilisation régulière, le chlordécone est interdit parce qu’on s’est « aperçu » qu’il était ultra-toxique.

    En réalité, on connaît sa toxicité depuis le début des années 70.

    Le ministère de l’agriculture de l’époque avait déjà refusé 2 fois l’homologation du chlordécone pour cause de « dangerosité pour la santé animale ». Le chlordécone a même été classé cancérogène probable dès 1979 par l’Organisation Mondiale de la Santé (l’OMS)

     Mais à force de lobbying, le gouvernement français a fini par l’autoriser, expliquant qu’il était vraiment efficace (tu m’étonnes).

    En France, il est interdit en 1990, mais une dérogation a permis aux Antilles françaises de continuer à l’utiliser jusqu’en 1993, où il a fini par être interdit totalement.

    Mais il n’a pas fini de faire parler de lui… !

    Bien au contraire, les accidents n’ont cessé de se multiplier : cancer, affections neurologiques, troubles testiculaires…

    Aux Antilles, le poison coulera pendant des siècles…

    Mais presque trente ans plus tard, il ne devrait pourtant pas y avoir de problème…

    Détrompez-vous : il y en a plus que jamais.

    Une avalanche de cancers s’est abattue sur les Antilles, et les habitants sont frappés les uns après les autres. Les anciens ouvriers des bananeraies (qui étaient en contact direct avec le chlordécone) sont les plus touchés, mais loin d’être les seuls…

    Les sols sont contaminés pour des siècles par ce pesticide ultra-toxique, perturbateur endocrinien et reconnu comme neurotoxique, reprotoxique (pouvant altérer la fertilité) et cancérogène.

    Aujourd’hui, le chlordécone a quitté les sols des bananeraies et s’est rependu dans toutes les Antilles, contaminant toutes les plantes, animaux, poissons… qui se trouvaient sur sa route.

    La nature des sols Antillais et la structure chimique du chlordécone font qu’il continuera à dégrader l’environnement pour plusieurs centaines d’années encore…

    A ce jour, nous ne disposons d’aucune technique de dépollution suffisamment efficace pour mettre un terme à cette pollution.

    Dans certaines zones maritimes, les pêcheurs renoncent à pêcher le poisson, tant la concentration de chlordécone est importante.

    A titre d’exemple, les Antilles ont aujourd’hui le record mondial de cancer de la prostate, avec 277 cas pour 100 000 hommes chaque année.

    Selon l’agence nationale française de santé publique, 95 % des Guadeloupéens et 92 % des Martiniquais seraient aujourd’hui contaminés au chlordécone.

    Chlordécone/Glyphosate : apprenons des erreurs du passé

    Si cette affaire vous dit quelque chose, c’est que l’histoire du chlordécone est en tout point similaire à ce qui se passe actuellement avec le glyphosate, dont la réputation n’est plus à faire. Le glyphosate (Round’up) est un pesticide dont la toxicité est connue, qui fait déjà de nombreuses victimes, et qui continue à être vendu.

    Le cas du chlordécone nous donne un bon exemple des conséquences que pourrait avoir le glyphosate dans les années à venir, d’autant que ses zones d’épandage ne se limitent pas, comme le chlordécone, à un archipel !

    Le glyphosate a été répandu sur tous les continents : c’est l’herbicide le plus vendu au monde…

    Et les conséquences en sont d’ores et déjà observables : cancers, malformations, affections neurologiques, destruction de la biodiversité…

    En Amérique du Sud notamment, près des cultures de soja, des villages entiers y sont exposés. Après un épandage de glyphosate par avion, les habitants racontent que leurs lèvres bleuissaient, leur langue s'épaississait. Des poules mouraient. Chats et chiens perdaient leurs poils. Les abeilles disparaissaient et les oiseaux se faisaient rares.

    Vous l’avez compris : il est déjà trop tard pour empêcher le glyphosate de nous nuire. Il a déjà imprégné nos sols, notre eau, et il commence peu à peu à répandre la mort autour de lui.

    Mais plus nous réagirons vite, en boycottant ce genre de pratique et en exigeant des élus qu’il soit interdit pour de bon, plus nous préserverons un tant soit peu l’avenir de nos enfants !

    Bien à vous,

    Éric Müller

    Les Dossiers de Santé & Nutrition est une publication de SNI Editions.


    SNI Éditions, CS 70074, 59963 Croix Cedex, FRANCE


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