• Effets indésirables - Victimes des médicaments (Clotilde CADU)

                                                                2016   240 p.  17,50 € 

      On n'entend jamais leur voix. Les affaires sanitaires ont beau faire la Une des journaux, les rapports parlementaires ont beau s'enchaîner, les victimes d'effets indésirables restent peu reconnues et peu protégées. Ces dernières années, des scandales médiatisés ont permis de braquer les projecteurs, le temps d'un instant, sur les victimes du Mediator, du Distilbène, des pilules de 3e et 4e génération.

      Mais aucune étude ne recense précisément les victimes de médicaments, à peine sait-on qu'elles existent. Quelques estimations: 13 à 18 000 morts, 150 000 hospitalisations annuelles liées à des accidents médicamenteux, 76 817 effets indésirables déclarés à l'Agence nationale de sécurité du médicaments (en 2013).

       Qui sont ces victimes d'effets indésirables ?
      Quelle est leur histoire, leur parcours ? Comment se battent-elles ?

      La route vers la reconnaissance de leur préjudice est un véritable parcours du combattant. Pendant des années, elles se heurtent à un système médical et judiciaire qui peinent à prendre en compte le droit des victimes de médicament. Entre les préjugés de certains médecins, la puissance des laboratoires pharmaceutiques, le parapluie juridique que constitue la notice du médicament, nombre d'entre elles se découragent.

      Mais malgré les obstacles, 15 ans de procédure, d'appels, de pourvois en cassation, des femmes et des hommes continuent à se battre pour que soit reconnu le droit des victimes. Avec, parfois, au bout du compte, une victoire.
        Enquête et portraits.

      À 27 ans, Clotilde Cadu est journaliste à Marianne, spécialisée sur les questions de santé. Elle sort ici son premier ouvrage.  

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    La journaliste évoque le "déni" dont souffrent les victimes.
    (http://www.europe1.fr/emissions/l-invite-d-europe-1-nuit/clotilde-cadu)

       Près de 150.000 personnes hospitalisées après la prise de médicaments. "Les chiffres (qui remontent à plusieurs années) sont déjà effrayants et il est possible que la réalité le soit encore plus." Dans son ouvrage Effets indésirables, victimes des médicaments*, la journaliste Clotilde Cadu lève le voile sur une réalité assez effrayante.

    "Dans les 13.000 ou 18.000 morts constatées après la prise de médicaments, il y a un certain nombre de décès qui sont, hélas, inévitables, mais il semblerait selon les estimations de plusieurs chercheurs sur ces questions-là qu'un tiers soit évitable", relève la journaliste de Marianne. "Soit parce que le médicament n'avait pas d'efficacité ou qu'il provoquait plus d'effets indésirables que de bénéfices, ou qu'il a été mal prescrit, ou trop longtemps ou en dehors des indications. Un tiers évitable, ça fait pas loin de 6.000 personnes."

    Dans son ouvrage, Clotilde Cadu évoque plusieurs dossiers sensibles de ces dernières années, comme les pilules de troisième génération, et constate une chose : "Les patients victimes de médicaments osent maintenant en parler, mais ça reste encore compliqué, il y a encore une certaine omerta. Il y a un déni". Et pour la journaliste, il s'agit là du "véritable scandale dans toute cette histoire". "Les victimes de médicaments, toutes celles qui disent : 'j'ai eu un éventuel problème avec ce médicament', on les renvoie très souvent dans les cordes, en leur disant : 'ce n'est pas possible, c'est dans votre tête','vous avez mangé quelque chose qui ne va pas', etc. C'est là-dessus que je voulais alerter, pour ces personnes laissées sur le bord du chemin", insiste Clotilde Cadu.

    "Des résistances". La journaliste constate une évolution, notamment dans l'émergence d'un certain volontarisme politique sur ces questions. "J'ai l'impression qu'il y a des mesures qui sont en train de se mettre en place d'un point de vue législatif, avec la loi (Xavier) Bertrand (du nom de l'ancien ministre de la Santé, Les Républicains). Il y a la loi (Marisol) Touraine (ministre de la Santé). Après le séisme du Mediator, on a quand même renforcé des mesures en termes de transparence sur les liens que pouvaient entretenir certains médecins avec des laboratoires, que certains agents travaillant à l'agence du médicament pouvaient entretenir, ça prend du temps, parce que ce sont des choses qui sont ancrées. Mais, ça prend du temps, il y a des résistances."

         Par Pierre DE VILNO  

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