La déclaration considère que “les principaux PE sont le bisphénol A, les phtalates, les pesticides, les polluants organiques persistants tels que PCB, polybromés et dioxines “ , c’est-à-dire les substances retrouvées dans l’étude française.

  L’exemple du Bisphénol A apporte la démonstration concrète que Santé Publique France est en contradiction avec ces avis.  Le BPA est retrouvé chez 74 % des femmes enceintes dans l’étude française. La moyenne est de 0,69 µg/l , mais pour 5 % des femmes le niveau est supérieur à 5,28 µg/l.

  S’agissant des études expérimentales, la déclaration de Chapel Hill en 2006 résumait les effets sanitaires liés au BPA surtout après exposition pendant la grossesse: “cancer du sein, cancer de la prostate, diabète de type 2 et obésité, atteinte de la reproduction (abaissement de l’âge de la puberté), problèmes neuro-comportementaux…. ”.  Ceux-ci peuvent  survenir à des niveaux correspondant aux niveaux mesurés en France.

  S’agissant des effets chez l’adulte, les études menées aux Etats Unis par l’agence fédérale américaine CDC à partir des résultats de l’enquête NHANES (cette étude a servi de modèle à l’étude française ELFE) montrent que ce niveau de contamination correspond par rapport au groupe le moins contaminé à une multiplication par 4 du taux d’artériopathie , par 3 du taux de diabète, par 2 du taux d’obésité,  d’hypertension, et de syndrome métabolique.

  «Jamais l’humanité n’a été confrontée à un fardeau aussi important de maladies en lien avec le système hormonal : cancers du sein, du testicule, de l’ovaire ou de la prostate, troubles du développement du cerveau, diabète, obésité, non-descente des testicules à la naissance, malformations du pénis et détérioration de la qualité spermatique » comme l’ont rappelé les scientifiques qui ont signé la pétition « Halte à la manipulation de la science. »  « Il est urgent d’agir sur les causes identifiées comme les principaux Perturbateurs Endocriniens, comme le recommande la Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens, conclut André Cicolella. »

  C’est un appel à la mobilisation qui doit découler de l’analyse des résultats de l’étude française et non l’inverse. Le RES demande aux Ministres de la Santé et de l’Ecologie une réunion du comité de suivi de la Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens pour examiner les conséquences à tirer de cette enquête. 

Références :

Executive Summary to EDC-2: The Endocrine Society’s Second Scientific Statement on Endocrine-Disrupting Chemicals. Gore AC et al Endocr Rev. (2015)

Chapel Hill bisphenol A expert panel consensus statement: integration of mechanisms, effects in animals and potential to impact human health at current levels of exposure. vom Saal FS et al Reprod Toxicol. 2007 Aug-Sep;24(2):131-8

Etudes issues du programme NHANES de l’agence fédérale américaine CDC

Relationship between urinary bisphenol A levels and prediabetes among subjects free of diabetes. Sabanayagam C, Teppala S, Shankar A.Acta Diabetol. 2013 Aug;50(4):625-31

Urinary bisphenol A and obesity in U.S. children.Bhandari R, Xiao J, Shankar A.Am J Epidemiol. 2013 Jun 1;177(11):1263-70.

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Bisphenol A and peripheral arterial disease: results from the NHANES.Shankar A, Teppala S, Sabanayagam C.Environ Health Perspect. 2012 Sep;120(9):1297-300.

Urinary bisphenol A and hypertension in a multiethnic sample of US adults. Shankar A, Teppala S.

J Environ Public Health. 2012;2012:481641.

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