• Il y a du Prozac dans le saumon

    Chère lectrice, cher lecteur

    Faut-il croire que le saumon est un poisson triste, déprimé, qui traîne ses idées noires dans des bassins d’élevage surpeuplés ?

    Remarquez, quand on voit l’environnement des fermes d’élevage, il y a de quoi avoir le blues :


                                               Un bassin d’élevage de saumons

    Voilà une « hypothèse » qui expliquerait pourquoi des chercheurs ont trouvé récemment… des traces d’antidépresseur (Prozac) en faisant des prélèvements sur des saumons du Pacifique, au nord-ouest des Etats-Unis [1].

    Des saumons élevés au Prozac ??? Tout va très bien, madame la Marquise…

    Effrayant cercle vicieux

    En réalité, les chercheurs n’ont pas juste relevé des traces de Prozac dans les tissus de ces poissons.

    Ils ont trouvé 40 différents produits chimiques parmi lesquels la Metformine, un antidiabète, ou encore un biocide comme le Triclosan, largement utilisé dans les produits de soin (savons, déodorants, dentifrice etc.), le tout à des niveaux qui pourraient « altérer le développement, la reproduction et le comportement » des saumons.

    Mais comment est-ce possible ?

    Il s’agit en fait de médicaments consommés par l’homme, qui sont rejetés dans les eaux usées et qui finissent par se retrouver dans la mer, l’écosystème des saumons [2].

    Des études passées ont déjà montré que des résidus de médicaments dans les eaux usées ingérées par les poissons (notamment des anxiolytiques), entraînent chez eux de profonds bouleversements du comportement comme une activité accrue, une sociabilité réduite et une plus grande voracité [3].

    Pour résumer, la déprime de l’être humain entraîne celle du poisson, poisson qui se retrouve finalement dans notre assiette où sa consommation accentue encore un peu son effet déprimant sur notre santé…

    La boucle est bouclée. Et les conséquences, d’après les chercheurs, peuvent être « graves et durables ».

    Choses désagréables à savoir sur le poisson

    À tel point que dans certaines régions particulièrement polluées, les autorités conseillent ouvertement de ne pas manger trop de poisson pêché localement.

    C’est le cas notamment dans le Kentucky, aux Etats-Unis, où la Direction de la santé publique a mis en garde récemment contre la consommation de poissons pêchés dans les lacs et rivières de l’Etat.

    En cause ici, la pollution au mercure provenant des centrales électriques qui se déplace à travers l'air et se dépose dans l'eau.

    Résultat : les scientifiques ont comptabilisé que plus d'un quart des poissons y contenaient du mercure à des niveaux dépassant le critère de dangerosité pour la santé humaine.

    À des doses de mercure supérieures à la moyenne (plus de 5 µg/L), les fonctions cérébrales telles que le temps de réaction, le jugement et la parole peuvent être altérées. À des expositions très élevées (supérieures à 15 µg/L), le mercure peut affecter votre capacité à marcher, à parler, à penser et voir clairement.

    Les risques sont encore plus forts chez les enfants et les femmes enceintes, avec plus de fausses couches si elles mangent des fruits de mer contaminés au mercure. Manger des aliments contaminés au mercure peut même modifier les chromosomes.

    La situation, évidemment, n’est pas limitée aux rivières et mers des Etats-Unis.

      D’autres chercheurs ont fait le même constat dans de nombreux endroits du monde. La liste des poissons à éviter en raison de leur teneur en polluants n’en finit plus de s’allonger ; avec le saumon d’élevage, on trouve aussi :

    requins, lamproies, espadons, baudroies ou lottes, loup de l'Atlantique, bonite, anguille et civelle, empereur, hoplostète orange ou hoplostète de Méditerranée, grenadier, flétan de l'Atlantique, cardine, mulet, brochet, palomète, capelan de Méditerranée, pailona commun, raies, grande sébaste, voilier de l'Atlantique, sabre argent et sabre noir, dorade, pageot, escolier noir ou stromaté, rouvet, escolier serpent, esturgeon et thons [4].

     OK. On mange quoi, alors ?

    C’est tout ? Mais on mange quoi alors ?

    D’abord, on peut commencer par ne pas jeter tous les saumons dans le même panier. Le saumon d’Alaska et le saumon rouge sauvage ne sont jamais issus d’élevage, et leur teneur en oméga-3 est excellente.

    Le risque de contamination du saumon d’élevage est plus faible, en raison d’un cycle de vie plus court (environ 3 ans).

    Vous pouvez aussi vous intéresser aux petits poissons gras, comme les sardines, maquereaux, harengs ou anchois.

    Souvent, les gens croient qu’ils n’aiment pas ça, mais c’est parce qu’ils ne connaissent pas les bonnes recettes ou parce qu’ils n’ont pas été habitués à en manger, surtout les plus jeunes.

    Ces petits poissons sont pourtant très intéressants car ils sont les plus riches en acides gras oméga-3, qui offrent d’innombrables bienfaits pour la santé [5]. Ils contiennent aussi d’intéressants apports de vitamine D, de sélénium, de phosphore et de protéines de haute qualité.

    Les petits poissons rendent intelligent

    Les oméga-3 des petits poissons sont riches en DHA (acide docosahéxaéonique), indispensable au fonctionnement du cerveau : 97 % des 14 % d’oméga-3 contenus dans le cerveau sont du DHA. Il participe à la transmission de l’influx nerveux entre les neurones.

    Ils permettent de ralentir le déclin cognitif avec l’âge. Le DHA a aussi des fonctions non spécifiques qui lui permettraient également de contribuer à un effet protecteur contre les maladies neurodégénératives, c’est-à-dire la maladie d’Alzheimer, le Parkinson, la sclérose en plaques et bien d’autres.

    Mais ce n’est pas tout :

    Les petits poissons améliorent la vue : un taux élevé de DHA limiterait de 68 % le risque de dégénérescence maculaire liée à l’âge. Dans la rétine, 93 % des oméga-3 sont du DHA [6].

    Ils améliorent fortement le sommeil des enfants : une nouvelle étude de l’Université d’Oxford indique que des niveaux élevés de l’acide gras oméga-3 DHA sont associés à un meilleur sommeil chez l’enfant et qu’un supplément d’oméga-3 chez les enfants qui dorment mal favorise le sommeil.

    Les enfants qui ont pris des oméga-3 ont dormi près d’une heure (58 minutes) de plus et ont eu 7 fois moins d’épisodes d’éveil par nuit que les enfants qui prenaient un placebo.

    Enfin, des études montrent que les acides gras oméga-3 présents dans les poissons gras diminuent le risque d’infarctus. Il y a plus de 30 ans, on avait déjà remarqué que les Esquimaux et les Japonais (notamment les habitants de l’île d’Okinawa), gros consommateurs de poissons, avaient très peu d’infarctus du myocarde.

    Les petits poissons aiment les femmes enceintes

    Point particulier qui concerne les femmes enceintes.

    Le DHA est un constituant essentiel des membranes des cellules nerveuses et il est nécessaire à la maturation du cerveau, du système nerveux et de la rétine du fœtus. Près de 70 % de la fabrication du cerveau a lieu durant les 3 derniers mois de grossesse et il faut particulièrement surveiller les apports durant cette période.

    Mais les réserves maternelles d’acides gras avant la conception ont aussi leur importance, elles sont lentes à se constituer et seront transférées en majeure partie au bébé. Si elles ne sont pas suffisantes, la maman pourrait se trouver après l’accouchement avec un taux très bas, favorisant le risque de dépression post-partum [7]…

    Lors de la grossesse, les végétariennes ou les femmes qui ne mangent pas de poisson doivent impérativement prendre un complément alimentaire d’oméga-3 (issus de poissons ou d’algues pour les végétariens), ces derniers étant tous filtrés pour éliminer 90 % des polluants.

    Julien Venesson, rédacteur en chef d’Alternatif Bien-Être, le journal de référence sur la nutrition, conseille un apport minimal de 300 mg par jour de DHA, avec un apport idéal plutôt situé autour de 600 mg minimum.

    Infos Produits

    OM3 9 mois (isodisnatura) : 01 56 62 41 92 – www.isodisnatura.fr

    Omegabiane DHA (Pileje) : 02 40 83 86 37 – www.commander-pileje.fr
    Oméga-3 végétal (Finndal) : 08 05 11 19 43 – www.flinndal.fr
    Formule Oméga-3 (EPA + DHA + ALA) des laboratoires Cellinov www.cellinnov.com

    Santé !

    Gabriel Combris (PureSanté <news@pure-sante.info )  

      Sources :

    [1] Contaminants of emerging concern in a large temperate estuary

    [2] Le parcours des eaux usées

    [3] Dilute Concentrations of a Psychiatric Drug Alter Behavior of Fish from Natural Populations

    [4] Consommation de poissons et exposition au méthylmercure

    [5] Un excellent article sur le DHA ou les vertus de l’oméga-3 au quotidien à lire ici:

      http://www.consoglobe.com/dha-cg

    [6] Arterburn LM et al. Am J Clin Nutr 2006, 83 : 1467S-76S

    [7] Hibbeln JR. Seafood consumption, the DHA content of mothers' milk and prevalence rates of postpartum depression: a cross-national, ecological analysis. 2002; 15-29 - The Journal of Affective Disorders 69(11-3)


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