• Bonjour,

    Après le TAFTA et le CETA, vous croyiez avoir tout vu en matière d’accords de commerce ? Et bien non, puisque l’Union européenne a dans ses tiroirs bien d’autres accords de libre-échange en cours de négociation avec le Japon, le Mexique, l’Indonésie, le Vietnam et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay). Le but de ces différents accords discutés dans le plus grand secret ? Supprimer tous les obstacles au commerce. Quitte à menacer les droits des consommateurs, l’environnement, l’agriculture, l’alimentation (OGM, pesticides, etc) et même nos processus démocratiques ! 

    C’est ce que révèlent foodwatch et PowerShift aujourd’hui en publiant une nouvelle étude intitulée «Le commerce à tout prix ? » 

    http://www.foodwatch.org/fr/s-informer/topics/traites-ceta-et-tafta/actustraitetransatlantique/accords-de-commerce-europeens-une-hypocrisie-francaise/

    Tout ceci se passe alors même qu’Emmanuel Macron avait pris des engagements pour rendre ces accords de libre-échange plus transparents et respectueux de l’environnement, de notre alimentation et de notre santé. Notre rapport démontre qu’il n’en est rien, et dénonce l’hypocrisie du gouvernement.
     

    .Très concrètement, voici 3 exemples des effets négatifs possibles de ces nouveaux accords : 

    •     Importations de viande de bœuf et de soja d’Amérique latine : l’accord Mercosur entraînerait une augmentation importante de la production et des exportations de viande de bœuf et de soja vers l’Union européenne. Or dans cette région l’impact du développement de l’élevage et de l’agriculture intensifs sur la déforestation et l’utilisation massive d’herbicides comme le glyphosate sont bien connus
    • Pesticides et Japon : le Japon utilise plus de pesticides que l’Europe. Avec le projet d’accord de libre-échange, des produits alimentaires avec des niveaux de résidus de pesticides plus élevés pourraient être importés dans l’Union européenne. Et tant pis pour la santé des consommateurs européens.
    •     Huile de palme en provenance d’Indonésie : l’Indonésie est le plus grand producteur d’huile de palme au monde, et espère augmenter ses exportations vers l’UE avec l’accord en cours de négociation. Cet accord pourrait ainsi aggraver l’impact catastrophique de l’expansion de plantations de palmiers à huile en Indonésie sur la forêt, le climat et les droits sociaux. Cela est d’autant plus vrai que cet accord, comme les autres, n’a pas de chapitre sur le développement durable contraignant. 

    Et tout ceci se négocie en toute opacité en ce moment même, loin des yeux des citoyens européens. Inquiétant, n’est-ce pas ?
    Face à l’hypocrisie du gouvernement qui passe sous silence des projets antidémocratiques et dangereux, comptez sur foodwatch pour continuer le combat et défendre vos droits à la fois en tant que consommateur et citoyen. 

    Si Emmanuel Macron veut vraiment une Europe démocratique et « qui protège », il faut qu’il s’assure que les négociations des accords de libre-échange en cours soient stoppées et que la politique commerciale européenne soit complètement revue pour servir l’intérêt général, et pas les intérêts privés des multinationales. 

    A bientôt pour la suite et merci de votre soutien ! 

    L’équipe foodwatch

    Ps : Vos dons sont le moteur de nos actions. foodwatch refuse toute subvention publique ou contribution d’entreprises qui pourraient présenter le moindre conflit d’intérêt. Cette indépendance fait notre force. Pour continuer notre combat et que notre voix collective ait encore plus de poids,nous avons besoin de vous !
    66% du montant de votre don est déductible de vos impôts, dans la limite de 20% de votre revenu imposable.


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  • L'oxygène quitte les océans : les zones mortes ne cessent de s'étendre et de se multiplier
     https://www.notre-planete.info/actualites/68-

     Au cours des 50 dernières années, la proportion de zones de haute mer dépourvues de tout oxygène a plus que quadruplé. Quant aux sites à faible teneur en oxygène situés près des côtes, y compris les estuaires et les mers, ils ont été multipliés par 10 depuis 1950. Les scientifiques estiment que la teneur en oxygène va continuer à chuter dans ces deux types de zones au fur et à mesure que la Terre se réchauffera. Les chercheurs du groupe de travail international Global ocean oxygen network (GO2NE) mis en place par l'Unesco et comprenant un chercheur du Laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiales (LEGOS/OMP, UPS / CNRS / CNES / IRD) viennent de démontrer que pour mettre un terme à ce déclin, il est nécessaire de limiter le changement climatique et la pollution par les nutriments.

    Près de la moitié de l'oxygène sur notre planète vient de l'océan. Cependant, les effets combinés de la surcharge en nutriments et du changement climatique augmentent considérablement le nombre et la taille des "zones mortes" en haute mer et en eaux côtières, où le niveau d'oxygène n'est plus suffisant pour assurer la survie de la majeure partie de la vie marine.

    Dans les "zones mortes" traditionnelles, comme celles de la baie de Chesapeake (Etats-Unis) et de la mer Baltique, la teneur en oxygène atteint des niveaux si bas que beaucoup d'animaux meurent asphyxiés. Comme les poissons évitent ces zones, leur habitat se réduit et ils se retrouvent plus exposés aux prédateurs et à la pêche. Or les auteurs font remarquer que le problème dépasse de loin le seul phénomène des "zones mortes". Même de plus petites baisses en oxygène peuvent freiner la croissance des espèces, entraver leur reproduction et entraîner des maladies voire la mort. Le changement des teneurs en oxygène peut aussi déclencher le rejet de substances chimiques dangereuses telles que le protoxyde d'azote, un gaz à effet de serre jusqu'à 300 fois plus puissant que le dioxyde de carbone, et le sulfure d'hydrogène toxique. Si certaines espèces peuvent effectivement prospérer dans ces zones, il n'en est pas de même de la biodiversité dans son ensemble.

    Dans les eaux côtières, la pollution par les nutriments provenant des terres crée des proliférations algales qui consomment énormément d'oxygène lorsqu'elles meurent et se décomposent.

    image: https://www.notre-planete.info/actualites/images/biodiversite/zones-mortes-oceans.png

    Sites côtiers où les charges en nutriments ont causé ou exacerbé la décroissance du contenu en oxygène jusqu’à des concentrations < 2 mg/l (< 63 µmol/l) (points rouges) et zones de minimum d’oxygène à 300 m de profondeur (concentrations en dégradé bleu). Carte construite à partir des données de R. Diaz, et du World Ocean Atlas (2009), qui couvre les 50 dernières années, mise à jour par les membres du GO2NE de IOC-UNESCO.
    - Licence : DR

    Le changement climatique est le principal responsable de ce phénomène en haute mer. Le réchauffement des eaux de surface empêche l'oxygène d'atteindre les profondeurs de l'océan. De plus, lorsque l'océan se réchauffe, il retient moins d'oxygène alors que la faune vivant dans les eaux plus chaudes a un besoin en oxygène plus important.

    D'après les scientifiques, la survie de l'humanité est également en jeu. Il n'est pas garanti que les activités de pêche artisanale puissent se délocaliser lorsque le manque d'oxygène détruira leurs récoltes ou fera fuir les poissons. Les récifs coralliens, qui sont une attraction touristique majeure pour de nombreux pays, peuvent également disparaître par manque d'oxyg


    Un océan sain est vital à la pérennité de notre planète
    . Celui-ci contribue à l'économie locale, nationale et mondiale avec plus de 350 millions d'emplois à travers le monde. L'économie bleue ouvre d'immenses opportunités, notamment dans les pays en développement, à travers les énergies renouvelables, le tourisme, l'aquaculture, ou encore les biotechnologies. La désoxygénation constitue ainsi une menace pour tous ces bénéfices que l'homme tire des écosystèmes marins.Certaines zones de pêche pourraient bénéficier du phénomène, du moins sur le court terme. La pollution par les nutriments peut en effet stimuler la production de nourriture pour les poissons. Par ailleurs, lorsque les poissons se retrouvent obligés de se regrouper pour fuir les zones à faible teneur en oxygène, il devient plus facile de les pêcher. Mais sur le long terme, cela pourrait conduire à la surpêche et ainsi nuire à l'économie.

       Quelles solutions face à l'extension des zones mortes dans les océans ?

    Pour faire face aux faibles teneurs en oxygène, les scientifiques estiment que le monde doit adopter une approche en trois points :

    Diminuer la pollution par les nutriments et le changement climatique

    En réduisant de façon drastique l'utilisation d'engrais agricoles et les émissions de gaz à effet de serre. Bien qu'aucune de ces problématiques ne soit simple ou facile, les étapes nécessaires à la victoire peuvent profiter à la population ainsi qu'à l'environnement. De meilleurs systèmes septiques et d'assainissement peuvent protéger la santé humaine et éviter la pollution de l'eau

    Protéger les espèces marines les plus vulnérables et les ressources océaniques

    Bien que l'augmentation du nombre de zones à faible teneur en oxygène semble inévitable dans certaines régions, il est crucial de protéger les pêcheries à risque de facteurs de stress supplémentaires. Selon l'équipe du GO2NE, cela se traduirait par la création d'aires marines protégées ou de zones de pêche interdite précisément dans les zones où la faune se réfugie pour échapper à la baisse d'oxygène dans son habitat d'origine ; ou bien pêcher des espèces qui ne sont pas aussi menacées par la désoxygénation.

    Améliorer la surveillance des teneurs en oxygène à travers le monde

    Les scientifiques savent à peu près quelle quantité d'oxygène l'océan pourrait perdre à l'avenir, mais pas où ces zones de désoxygénation se situeront exactement. Une surveillance renforcée, particulièrement dans l'hémisphère sud, des travaux expérimentaux pour mieux comprendre les processus responsables et affectés par la désoxygénation, ainsi que le développement de modèles numériques avancés aideront à déterminer les points géographiques les plus à risque, et à identifier les solutions les plus efficaces.

    C'est un problème que l'on peut résoudre. Mettre fin au changement climatique requiert un effort à l'échelle globale, mais même des actions locales peuvent aider à réduire la désoxygénation due à la pollution par les nutriments, comme dans la baie de Chesapeake où la pollution par l'azote a diminué de 24 % grâce à un meilleur traitement des eaux usées, de meilleures pratiques agricoles et une meilleure législation comme le Clean Air Act. Bien que certaines zones à faible teneur en oxygène existent toujours, la zone morte de Chesapeake est en train de disparaître. Faire face au changement climatique peut sembler plus décourageant mais c'est une étape incontournable pour arrêter la baisse du niveau d'oxygène dans l'océan.

    Les zones mortes se multiplient dans le monde entier à cause des activités humaines, c'est pourquoi nous avons besoin d'y répondre d'un point de vue global. L'initiative internationale du GO2NE peut aider aux niveaux local, régional et international à trouver des solutions d'adaptation et, espérons-le, à réduire l'impact et l'étendue des zones à faible teneur en oxygène dans l'océan.

      Le Global ocean oxygen network (GO2NE) est un groupe de travail scientifique organisé par la Commission océanographique intergouvernementale, qui fait partie de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO). Mis en place en 2016, ses membres, originaires du monde entier, sont engagés à fournir une vision globale et multidisciplinaire de la désoxygénation, conseillant les décideurs politiques sur les façons de contrer ce phénomène et de préserver les ressources marine


    En savoir plus sur https://www.notre-planete.info/actualites/68-extension-zones-mortes-oxygene-oceans#X8cWLaLjEBru1ShA.99


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  • Des millions de gens dans la pauvreté extrême (4 $ par jour) aux États-Unis et dans les pays riches

    Psychomédia  
     28 janvier 2018

    « On pourrait penser que la sorte de pauvreté extrême qui préoccupe une organisation mondiale comme les Nations Unies a disparu depuis longtemps aux États-Unis. Pourtant, le rapporteur spécial sur l'extrême pauvreté et les droits de l'homme, Philip Alston, a récemment fait sur une tournée d'enquête au pays et publié un rapport (http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=22533&LangID=E) sur l'extrême pauvreté au pays », souligne Angus Deaton dans le New York Times. (https://www.nytimes.com/2018/01/24/opinion/poverty-united-states.html)

    Il est professeur d'économie aux universités de Princeton et de Californie du Sud et lauréat du prix Nobel d'économie 2015.

    " Personne aux États-Unis n'est aussi pauvre aujourd'hui qu'un pauvre en Éthiopie ou au Népal ? », écrit-il. « Il se trouve que de telles comparaisons sont récemment devenues beaucoup plus faciles. En octobre, la Banque mondiale a décidé d'inclure les pays à revenu élevé dans ses estimations mondiales des personnes vivant dans la pauvreté. Nous pouvons maintenant faire des comparaisons directes entre les États-Unis et les pays pauvres. »

    Selon la Banque mondiale, 769 millions de personnes vivaient avec moins de 1,90 dollar par jour en 2013. De ce nombre, 3,2 millions vivent aux États-Unis et 3,3 millions dans d'autres pays à revenus élevés (la plupart en Italie, au Japon et en Espagne).

    Mais le seuil de 1,90 dollar ne tient pas compte de réalités spécifiques aux pays riches. L'économiste d'Oxford Robert Allen a récemment estimé, pour ces pays, des seuils de pauvreté absolue fondés sur les besoins qui correspondent plus précisément au seuil de 1,90 dollar pour les pays pauvres. Il a estimé que la moyenne se situait à 4 dollars par jour, explique Deaton. Lorsque nous comparons la pauvreté absolue aux États-Unis à celle de l'Inde ou d'autres pays pauvres, nous devrions utiliser 4 $ aux États-Unis et 1,90 $ en Inde.

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  • Le 1 % s'accapare 82 % de la richesse mondiale : et en France ?

    Psychomédia 
     le 22 janvier 2018

    Comme chaque année à l'occasion du Forum économique mondial de Davos en Suisse, Oxfam interpelle les élites.

    « Des richesses engendrées l’année dernière, 82 % ont profité aux 1 % les plus riches de la population mondiale, alors que les 3,7 milliards de personnes qui forment la moitié la plus pauvre de la planète n’en ont rien vu », indique Oxfam dans son rapport «  Partager la richesse avec celles et ceux qui la créent ».

      Une minorité fortunée « accumule d’immenses richesses, tandis que l’immense majorité des travailleurs ne touche pas sa juste part qui lui permette d’accéder à un niveau de vie décent ».

    « En 12 mois, la richesse des milliardaires a augmenté de 762 milliards de $. Soit sept fois le montant qui permettrait de mettre fin à la pauvreté extrême dans le monde. »

    « Il ne faut que quatre jours au PDG de l’une des cinq premières marques mondiales du textile pour empocher ce qu’une ouvrière du secteur au Bangladesh mettra une vie entière à gagner ».

    « Porter les salaires des 2,5 millions d’ouvrières et ouvriers du textile vietnamiens à un niveau décent coûterait 2,2 milliards de dollars par an. Cela équivaut à un tiers des sommes versées aux actionnaires par les cinq plus grands acteurs du secteur du textile en 2016. »

    En France, « l’année dernière, les 10 % les plus riches détenaient plus de la moitié des richesses nationales quand les 50 % les plus pauvres se sont partagé seulement 5 % du gâteau. Au sommet de la pyramide, la richesse des milliardaires français a été multipliée par trois en 10 ans et seuls 32 milliardaires français possèdent désormais autant que les 40 % les plus pauvres de la population française. »

    « La France se distingue en se présentant comme la championne d’Europe de la rémunération de ses actionnaires : 44 milliards d’euros de dividendes ont ainsi été reversés en 2017 par les entreprises du CAC 40 à leurs actionnaires. C’est trois fois plus qu’il y a 15 ans, tandis que le salaire moyen n’a augmenté que de 14 % en France au cours de la même période. Les écarts sont ainsi particulièrement significatifs au sein même des entreprises françaises et dans leur chaîne de production : le PDG de Sanofi gagne par exemple en moins d’une journée le salaire annuel moyen d’un français. »

    Oxfam propose notamment d'introduire un impôt mondial sur la fortune des milliardaires pour contribuer au financement des objectifs de développement durable.

    Psychomédia avec sources : Oxfam InternationalOxfam FranceRapport Oxfam

     Voyez également :


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  •  

    La guerre des métaux rares (Guillaume PITRON)

                                                                2018    296 p.   20 €

      Transition énergétique, révolution numérique, mutation écologique... Politiques, médias, industriels nous promettent en choeur un nouveau monde enfin affranchi du pétrole, des pollutions, des pénuries et des tensions militaires.

       Cet ouvrage, fruit de six années d'enquête dans une douzaine de pays, nous montre qu'il n'en est rien ! En nous émancipant des énergies fossiles, nous sombrons en réalité dans une nouvelle dépendance : celle aux métaux rares. Graphite, cobalt, indium, platinoïdes, tungstène, terres rares ces ressources sont devenues indispensables à notre nouvelle société écologique (voitures électriques, éoliennes, panneaux solaires) et numérique (elles se nichent dans nos smartphones, nos ordinateurs, tablettes et autre objets connectés de notre quotidien).

       Or les coûts environnementaux, économiques et géopolitiques de cette dépendance pourraient se révéler encore plus dramatiques que ceux qui nous lient au pétrole. Dès lors, c'est une contre-histoire de la transition énergétique que ce livre raconte - le récit clandestin d'une odyssée technologique qui a tant promis, et les coulisses d'une quête généreuse, ambitieuse, qui a jusqu'à maintenant charrié des périls aussi colossaux que ceux qu'elle s'était donné pour mission de résoudre.

       Journaliste pour Le Monde Diplomatique, Géo ou National Geographic (il est notamment lauréat de l'édition 2017 de Prix Erik Izraelewicz de l'enquête économique, créé par Le Monde), Guillaume Pitron signe ici son premier ouvrage. La géopolitique des matières premières est un axe majeur de son travail. Il intervient régulièrement auprès du parlement français et de la Commission européenne sur le sujet des métaux rares.

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  • 2016     384 p.    9,80 € (en Poche)

       ll y a beau temps que l'Afrique est mal partie. Mais voici aujourd'hui qu'elle accède au rang de terrain de manœuvre privilégié des luttes d'influences planétaires, de champ de bataille des intérêts multinationaux, et qu'un gigantesque safari politico-économique fait l'enjeu de toutes les convoitises.

       Jean Ziegler étudie ici, à travers les convulsions de la construction des États africains, à travers l'idéologie et l'action de certains mouvements armés de libération, la tragédie historique d'un continent qui, du pillage colonial aux plus récentes curées néo-colonialistes, n'a cessé d'être mis en pièces.
     

      Rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation (2000-2008), Jean Ziegler est actuellement vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Il a notamment publié :

       -Les Nouveaux Maîtres du monde et 

       -Destruction massive. Géopolitique de la faim.


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  • Interview - Lucie Tétégan, présidente de l’ADEPA

    Posted in:  Côte d'Ivoire
     En même temps qu’on parle de l’accaparement des terres, c’est important de parler de l’accaparement des eaux.
    Pôleafrique.info | 26 décembre 2017

    Interview / Fêtes de fin d’année- Lucie Tétégan, présidente de l’Association ouest africaine pour le développement de la pêche artisanale (ADEPA) : « Il faut éviter d’acheter le poisson longtemps congelé »

    Interrogée en marge de l’atelier de formation sur les directives de la gouvernance foncière de la FAO à l’endroit des acteurs de la société civile tenu à Abidjan du 18 au 20 décembre 2017, Lucie Tétégan, présidente de l’Association ouest africaine pour le développement de la pêche artisanale (ADEPA) insiste sur les conséquences de la pêche illicite.

    Lorsqu’on évoque la gouvernance foncière, vous insistez sur la pêche artisanale. Pourquoi cela est-il important pour vous ?

    En même temps qu’on parle de l’accaparement des terres, c’est important de parler de l’accaparement des eaux parce que les eaux sont situées sur des territoires. En plus des eaux, nous avons les terres environnantes qui entourent les eaux. Des pêcheurs vivent sur ces terres et leur milieu de travail, ce sont les eaux. Dans ces eaux, il y a des conflits.

    Quel type de conflit ?

    Nos Etats signent des accords avec des pêcheurs industriels. Et ces bateaux de pêche industrielle entrent dans les eaux territoriales. Les eaux territoriales sont délimitées. Il y a la partie réservée à la pratique de la pêche artisanale. Les petits bateaux ne peuvent pas aller loin. Quand les gros bateaux finissent de prendre les poissons en haute mer, ils s’incrustent dans la partie réservée à la pêche traditionnelle et s’accaparent le poisson.

    Quelles sont les conséquences de ce type de conflit en mer ?

    Lire la suite...


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  • https://www.youtube.com/watch?v=R9OVpxQ0Nrw

      

    Frites de Mc Donald = 14 ingrédients

    Pour ceux qui imaginaient que les frites c’était des pommes de terre de l’huile et du sel, et quels ingrédients, un ramassis de toxicité.

    A voir et à diffuser.


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  •  Les PLAGES PARADISIAQUES DE BALI EN ÉTAT D'URGENCE FACE AUX DÉCHETS CHARRIÉS PAR L'OCÉAN

       Longtemps, les plages bordées de palmiers le long de la rive de Kuta Beach à Bali ont fait office de paradis pour touristes. Mais le sable blanc est maintenant jonché de tant de détritus charriés par l'océan Indien qu'un état d'"urgence déchets" a été déclaré.

    Chaque jour, 700 employés de nettoyage et 35 camions ramassent environ 100 tonnes d'ordures sur les plages pour aller les déverser dans une décharge proche.   SONNY TUMBELAKA / AFP

       Des emballages en plastique et d'autres ordures envahissent les plages de Bali où les touristes se prélassent au soleil et se baignent, pendant que des surfeurs glissent sur des vagues qui acheminent toutes sortes de détritus sur l'île la plus touristique d'Indonésie.

       "Quand je veux me baigner, ce n'est pas très agréable...", raconte à l'AFP Vanessa Moonshine, touriste autrichienne au bord d'une plage du district de Kuta Beach, dans le sud de l'île. "Je vois beaucoup de détritus ici, tous les jours, tout le temps. Ca vient toujours de l'océan, c'est vraiment horrible". Les monticules qui s'accumulent sur les plages nuisent à la réputation de Bali, présentée comme une île de rêve aux eaux turquoise, et mettent en exergue le problème des ordures en Indonésie.

       Quatrième pays le plus peuplé au monde avec quelque 255 millions d'habitants, cet archipel d'Asie du Sud-Est est le deuxième producteur mondial de déchets marins après la Chine, avec 1,29 million de tonnes par an jetées en mer, qui provoquent des dégâts immenses sur les écosystèmes et la santé.

       A Bali, le phénomène s'est aggravé au point que les autorités locales ont déclaré en novembre un état d'"urgence déchets" le long d'une rive de six kilomètres comprenant les plages de Kuta, Jimbaran et Seminyak, districts les plus fréquentés de l'île - qui a déjà accueilli plus de cinq millions de touristes cette année.

       Chaque jour, 700 employés de nettoyage et 35 camions ramassent environ 100 tonnes d'ordures sur les plages pour aller les déverser dans une décharge proche. "Des personnes en combinaisons vertes collectent des déchets, mais le lendemain la situation est la même", constate le touriste allemand Claus Dignas, affirmant que la quantité de détritus charriés par l'océan augmente à chaque fois qu'il vient passer des vacances à Bali.

    La coalition Océans propres

       Le problème s'accentue pendant la saison des pluies, de novembre à mars, quand des vents forts et courants marins entraînent les déchets sur les plages et que des rivières en crue en charrient vers la côte, explique Putu Eka Merthawan, de l'agence locale pour la protection de l'environnement.

       "Les déchets dérangent les touristes d'un point de vue esthétique mais le problème du plastique est bien plus grave que cela: des microplastiques peuvent contaminer les poissons qui, s'ils sont mangés par des humains, peuvent provoquer des problèmes de santé comme le cancer", explique le chercheur.

       Pour lutter contre ce fléau, l'Indonésie a rejoint la quarantaine de pays qui participent à la campagne de l'ONU "Océans propres" lancée début 2017 pour lutter contre les déchets marins.

      Le gouvernement indonésien s'est engagé à réduire les déchets en plastique marins de 70 % d'ici à 2025. Il entend augmenter le recyclage des détritus - quasi inexistant pour le moment -, lancer des campagnes de nettoyage et réduire l'utilisation des sacs en plastique dans le commerce de détail.

      Pour Eka Hendrawa, il faudrait même "interdire les sacs en plastique dans les magasins" et mobiliser mieux la population : "le gouvernement central devrait accentuer la campagne visant à réduire l'utilisation d'emballages en plastique".

       A Bali, là aussi, le gouvernement régional "devrait allouer plus de fonds budgétaires pour sensibiliser le public à la protection des cours d'eau et à la nécessité de ne pas y jeter de déchets", estime-t-il.

       La Rédaction avec AFP    © 2018 Novethic - Tous droits réservés


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  • Apple reconnaît avoir bridé ses smartphones et est traîné en justice pour obsolescence programmée

    Le géant américain est accusé d'obsolescence programmée sur ses iPhone.

     

    [Mise à jour le 27 décembre 2017] Pour la première fois, Apple a reconnu avoir volontairement ralenti la vitesse du processeur de ses anciens iPhone pour préserver leurs batteries. La marque à la pomme a été obligée de s’expliquer face à la déferlante de critiques. Mais pas sûr que ce sursaut de transparence parvienne à calmer les esprits de clients qui se sentent menés en bateau. Des plaintes collectives ont été déposées aux États-Unis, en Israël et désormais en France.

      [Mise à jour] En plus du lancement des class-action aux Etats-Unis et en Israël, une plainte a été déposée en France par l'association Hop (Halte à l'obsolescence programmée), en se basant de la loi de 2015 qui interdit l'obsolescence programmée. 

    Ne vous réjouissez pas trop vite si le Père Noël a déposé cette année un iPhone sous votre sapin… Vous pourriez déchanter à la prochaine mise à jour logicielle. Une fois encore, de nombreux clients se sont plaints de ralentissements sur leurs iPhone 6 ou 7 après avoir effectué une telle opération. Des éléments vérifiés et corroborés par un développeur sur la plateforme Geekbench.(https://www.geekbench.com/blog/2017/12/iphone-performance-and-battery-age/)

    Face à la polémique qui ne cessait d’enfler depuis dix jours et aux accusations d’obsolescence programmée, la marque à la pomme a fini par avouer qu’elle ralentissait effectivement ses anciens modèles depuis près d'un an. Non pas, explique-t-elle, pour forcer ses clients à acheter des modèles récents mais pour régler des problèmes de batteries récurrents sur les anciens modèles (mauvaise indication de la jauge, autonomie très limitée, extinctions subites…).

    Deux plaintes collectives déposées

    "Les batteries lithium-ion perdent leur capacité à répondre aux pics de consommation quand il fait froid, qu'elles sont faiblement chargées ou qu'elles vieillissent", a expliqué Apple. "C’est pourquoi la marque a introduit une fonctionnalité de lissage des pics de consommation dans sa mise à jour afin d'éviter que les appareils s'éteignent de manière inattendue et endommagent les composants électroniques."

    Apple a donc choisi de réduire la performance des appareils, sans en informer auparavant l’utilisateur à qui on aurait pu laisser le choix, pour préserver les batteries et in fine la durée de vie de ses smartphones. Mais en réduisant la vitesse du processeur, le géant incite indirectement les usagers à se tourner vers de nouveaux modèles plus performants. Le géant américain aurait pu par ailleurs proposer un vaste - et coûteux - plan de remplacement de ces batteries.

    Ses explications n’ont en tout cas pas réussi à convaincre. Deux plaintes collectives ont été déposées outre-Atlantique, accusant Apple d’avoir agi de manière "trompeuse, immorale et contraire à l'éthique". Plus largement, c’est la conception de ces appareils qui pose problème. Le géant américain a généralisé l’utilisation de batteries fixées, rendant les téléphones difficilement réparables, alors qu’elles étaient auparavant amovibles. À contre-courant, des marques comme Fairphone, misent au contraire sur un portable durable, éthique et …modulaire. (http://www.novethic.fr/actualite/social/consommation/isr-rse/fairphone-2-le-telephone-durable-et-equitable-commercialise-par-orange-144856.html)

       Concepcion Alvarez @conce1     © 2017 Novethic - Tous droits réservés


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  • Paradis fiscaux : on va y arriver !

    23/11/2017    Guillaume Duval Rédacteur en chef d'Alternatives Economiques 

     

    Venant après beaucoup d’autres, le scandale des « Paradise papers » a confirmé s’il en est besoin la centralité des paradis fiscaux dans le fonctionnement du capitalisme contemporain. Cette question est la première qu’il faut régler si nous voulons une mondialisation mieux régulée. Elle est aussi le principal obstacle à lever pour réorienter la construction européenne, minée par le dumping fiscal.

    Mission impossible ? Non. Les paradis fiscaux ne pèsent jamais grand-chose sur le plan géopolitique : si la France et l’Allemagne se mettent d’accord, il n’y a pas besoin d’envoyer beaucoup de divisions pour mettre le Luxembourg au pas. Et il est en réalité aisé de savoir ce qui s’y passe. C’est même devenu nettement plus facile aujourd’hui avec des transactions électroniques, que naguère avec des valises de billets, comme nous l’ont montré la NSA et Edward Snowden.

    En fait, la seule raison pour laquelle on ne s’est pas attaqué plus tôt aux paradis fiscaux, c’est parce que les dirigeants des grands Etats ne souhaitaient pas faire de peine à leurs riches, qui financent souvent aussi leurs campagnes électorales, ni à leurs entreprises multinationales. Mais la crise de 2008 a changé la donne. Elle a beaucoup dégradé les finances publiques des grands Etats tout en dopant les mouvements « populistes ». Ceux-ci surfent notamment sur l’injustice croissante de systèmes fiscaux qui taxent davantage les pauvres, parce qu’ils ne peuvent pas bouger, que les riches et les multinationales.

    Seule l’île de Trinité-et-Tobago refuse encore d’appliquer l’obligation mise en place d’échanges d’informations entre Etats

    Du coup, les dirigeants des grands pays ont été obligés de s’attaquer au dossier. Cela s’est traduit par les travaux du G20 et de l’OCDE sur le sujet. Avec des résultats : actuellement, seule l’île de Trinité-et-Tobago, dans les Caraïbes, refuse encore d’appliquer l’obligation mise en place d’échanges d’informations entre Etats. Parallèlement, les Etats-Unis, avec l’affaire UBS, sont parvenus à casser en deux ou trois ans seulement l’un des obstacles a priori les plus solides sur le chemin du règlement de ce dossier : le secret bancaire suisse. Les « Paradise Papers » soulignent certes qu’on reste encore très loin du compte en la matière, mais si la pression des opinions publiques se maintient, on peut et on va y arriver


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  • Entretien   Lucas Chancel : « Les inégalités ont progressé partout, mais pas au même rythme »  (14/12/2017)

    Lucas Chancel Co-directeur du Laboratoire sur les inégalités mondiales et de WID.world

      La connaissance des inégalités à l’échelle mondiale progresse. Une équipe de chercheur, dont Facundo Alvaredo, Lucas Chancel, Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Gabriel Zucman, présente ce matin à l’Ecole d’économie de Paris (PSE) le « World Inequality Report 2018 ». Un document qui s’appuie sur des données exclusives sur les inégalités de revenu et de patrimoine, produites dans le cadre du projet WID.world. Entretien avec Lucas Chancel, co-directeur du Laboratoire sur les inégalités mondiales et de WID.world.

    Encore des chiffres sur les inégalités ! Est-ce que le sujet n’est pas déjà suffisamment couvert ?

    Pas du tout ! Les données originales que nous mobilisons permettent de mettre en avant plusieurs résultats nouveaux. Le premier concerne ce qui se passe dans le bas de la distribution des revenus dans les pays riches. Jusqu’à présent, on s’est surtout focalisé sur les évolutions concernant les 1 % du haut car on ne disposait pas de données fiables et de long terme sur les classes moyennes et populaires. Ainsi, si l’on compare ce qui s’est passé en Europe et aux Etats-Unis depuis 1980, on note dans les deux cas une montée des hauts revenus. Mais on ne constate pas en Europe l’effondrement des classes populaires et d’une partie de la classe moyenne que l’on observe de l’autre côté de l’Atlantique.

    « On ne constate pas en Europe l’effondrement des classes populaires et d’une partie de la classe moyenne observé aux Etats-Unis »

    Concernant les pays émergents, on y souligne généralement la réduction de la pauvreté, en particulier du fait du développement de l’Asie. Certes, les populations du bas de l’échelle ont bénéficié de la croissance mais de manière tout à fait différente entre la Chine, l’Inde ou le Brésil. Enfin, à partir du moment où l’on peut apprécier les dynamiques du bas de l’échelle et celles dans les émergents, une image plus fiable des inégalités entre individus au niveau mondial apparaît. Celle-ci nous indique que si les inégalités ont progressé partout, les évolutions ont été très différentes selon les pays, ce qui montre qu’il est possible de les maîtriser.

    Des niveaux d’inégalités différents

    Part des revenus détenue par les 10 % les plus aisés, en %, en 2016
     

    Au cours des dernières décennies, les inégalités ont crû partout dans le monde. Mais de manière différenciée en fonction des régions. C’est en Europe qu’elles sont les plus faibles. La preuve que les institutions nationales (fiscalité, services publics, etc.) jouent un rôle important dans la possibilité de maîtriser les inégalités.

    Les inégalités entre pays ont eu tendance à se réduire au cours des dernières décennies. La montée des inégalités que souligne votre rapport tient donc à l’accroissement des inégalités à l’intérieur des pays ?

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  • Les cadences éreintantes d’Amazon

    «Merci de vous rendre au bureau des managers.» Elodie Kahit, préparatrice de commandes chez Amazon, voit s’afficher cette injonction sur son boîtier qui lui indique où aller chercher puis scanner les produits dans l’entrepôt. Son supérieur hiérarchique désapprouve le temps trop important qu’elle passerait à ne pas travailler. « Il y a des périodes où, selon les managers, faut pas trop aller aux toilettes. Sinon on doit demander », dénonce celle qui est également déléguée CGT pour le site de Chalon-sur-Saône.

    « Il y a des périodes où, selon les managers, faut pas trop aller aux toilettes. Sinon on doit demander

    Sous couvert d’anonymat, un représentant d’Amazon remet en cause la version d’Elodie Kahit, et lui reproche de surfer sur la vague de l’émission Cash investigation du 26 septembre qui a mis en lumière les conditions de travail chez Lidl et Free. Pourtant, ces accusations, déjà formulées publiquement par la déléguée syndicale, n’ont pas donné lieu à des poursuites pour diffamation.

    Accélération des cadences

    Ce qui ne signifie pas non plus que l’interdiction d’aller trop souvent aux toilettes soit une pratique institutionnalisée pour les quelque 5500 salariés permanents revendiqués par le géant américain du commerce en ligne qui vient d’inaugurer un site de tri, à Boves, en Picardie et qui ouvrira encore un nouvel entrepôt l’année prochaine, à Brétigny-sur-Orge. « Qu’on m’empêche d’aller aux toilettes, ça ne m’est jamais arrivé », affirme pour sa part Enora1, 22 ans, intérimaire qui a quitté l’entrepôt de Montélimar l’an passé après une tendinite au bras, sur lequel elle dit avoir « reforcé ». Elle déclare avoir été amenée contre son gré à faire du « packing », c’est-à-dire assembler des produits dans des cartons, alors qu’elle voulait rester mobile.

    Quelle que soit la méthode employée, c’est surtout l’accélération des cadences qui est régulièrement pointée par syndicats et salariés de la filiale Amazon France logistique qui a réalisé sur la seule activité des entrepôts 297 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016, le groupe ne communiquant pas sur ses résultats globaux2.

    Amazon envoie des courriers de sensibilisation au domicile des salariés pour pointer leur manque de productivité et appeler à augmenter la cadence

    Des griefs que l’on retrouve aussi dans le livre d’immersion En Amazonie. Infiltré dans le « meilleur des mondes »3. Les managers d’Amazon sont, selon nos informations, formés quelques semaines au siège social européen, au Luxembourg, à la culture de la marque. Outre les rappels à l’ordre par les managers, Amazon envoie également des « courriers de sensibilisation » au domicile des salariés pour pointer leur manque de productivité et appeler à augmenter la cadence. 

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  • L'expropriation. Incarnée.

    Soutenez LIVIA

    Voici Livia, à côté de sa maison au Brésil.

    Il y a cinquante ans, une forêt luxuriante se trouvait à sa place. Puis les intrus sont arrivés. Peu à peu, son peuple, les Guarani, a été repoussé en périphérie : littéralement en bordure d'une autoroute.

    Sa sœur, son neveu et son oncle ont été tués sur la route. Elle n'a accès ni à l'eau potable ni à des soins de santé. La forêt, dont son peuple a pris soin durant des millénaires, a disparu ; ils ne peuvent donc pas cueillir de plantes médicinales ni enseigner la chasse et la pêche à leurs enfants. Il n'est pas étonnant que les Guarani soient touchés par l'un des taux de suicide les plus élevés au monde.

    Faites un don ponctuel pour donner à Livia une chance de retourner sur sa terre :   https://survivalinternational.fr/donner/livia

    Lorsque les membres de sa communauté protestent, ils sont attaqués. Les éleveurs et la police détruisent leurs cabanes. Leurs leaders sont assassinés.



    Depuis vingt ans, son peuple vit ainsi. Des milliers d'autres personnes vivent dans des conditions similaires.

    Nous pensons que c'est un scandale. Nous faisons tout notre possible afin d'obtenir justice pour Livia et faire en sorte qu'un avenir meilleur s'offre à elle.

    Depuis des décennies, avec l'appui de nos sympathisants, nous faisons pression, développons des campagnes et manifestons aux côtés des Guarani, qui luttent pour leur survie. Ils nous ont transmis ce message : « Nous voulons vous remercier pour votre soutien. Nous vous remercions du fond du cœur. »

    Nous devons poursuivre cette lutte. Mais nous ne pouvons rien faire sans votre aide. Nous n'acceptons pas de dons provenant de gouvernements ou d'entreprises aux activités douteuses : nous dépendons entièrement de personnes telles que vous.

    De la part de Livia, et de tout le monde à Survival : merci.

    Avec mes sincères salutations,

    Fiore Longo


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  •  [ INFOGRAPHIE] Paradise Papers : 45 % des bénéfices des multinationales envolés dans les paradis fiscaux

    En 2015, plus de 600 milliards d’euros ont transité par des paradis fiscaux, en Irlande, à Hong Kong ou encore aux Bermudes. Cela représente 45 % des bénéfices réalisés par les multinationales à travers le monde, selon le groupe d'enquêteurs à l'origine des Paradise Papers. Avec des conséquences importantes pour les États : l’Union européenne perd ainsi un cinquième de ses recettes fiscales sur les sociétés.  

       ike, Apple, Facebook, Google mais aussi Total, Engie ou encore Dassault. Les grands groupes pratiquent massivement l’optimisation fiscale agressive. À en croire les estimations de l’économiste Gabriel Zucman (1), qui a réalisé une analyse pour le Consortium International des journalistes d'investigation à l’origine des Paradise Papers, 45 % des bénéfices des multinationales réalisés à l’étrangers transitent par des paradis fiscaux.  

    En 2015, ce sont 627 milliards d’euros qui se sont envolés vers des paradis fiscaux en Europe, dans les Caraïbes ou encore à Hong Kong. Cela représente un cruel manque à gagner pour les États, notamment pour les États-Unis, pour l’Allemagne ou encore la France. Mais cela impacte également fortement les pays en développement dans lesquels 8 millions de vies pourraient être sauvées avec seulement un tiers de cette somme (2).   

    "Coût humain"

    "Ces révélations très choquantes sont symptomatiques des pratiques généralisées d'évasion fiscale des entreprises multinationales qui, à l'aide de leurs armadas de conseillers fiscaux, exploitent les failles du système fiscal international pour payer le moins d'impôts possible. Quand une petite minorité d'individus et des entreprises multinationales s'enrichissent grâce à l'évasion fiscale, ces pratiques ont un coût humain pour tous : pertes de recettes fiscales, hausse des impôts injustes pour compenser, moindre accès aux services publics", dénonce Manon Aubry, porte-parole d’Oxfam.   

      

    Vers une liste noire au sein de l'Union européenne

    Les ONG plaident pour la mise en place d’un reporting public pays par pays appliqué à toutes les multinationales, les obligeant à publier leurs données financières avec une ventilation par pays (y compris les paradis fiscaux). La création de registres publics de propriété effective permettrait également de renseigner publiquement leurs véritables bénéficiaires.

    Enfin, l’urgence reste d’établir une liste crédible des paradis fiscaux alors que celle de l’OCDE ne compte qu’un pays, Trinité-et-Tobago. Une liste noire européenne doit voir le jour d’ici la fin de l’année, a promis Pierre Moscovici, le commissaire européen à la Fiscalité, après les révélations sur les Paradise Papers. Elle devrait comprendre "de 12 à plusieurs dizaines de noms" et est annoncée pour le 5 décembre. Mais aucun des pays de l’Union n’y figurera…

    L'évasion fiscale coûte chaque année 60 à 80 milliards d'euros à la France, soit l'équivalent du budget de l'Education nationale. Oxfam a lancé une pétition (3) adressée à Emmanuel Macron pour lui demander de prendre des mesures concrètes afin de mettre fin à l'ère des paradis fiscaux. Elle a pour l’instant reçu un peu plus de 20 000 signatures. 

    Concepcion Alvarez, @conce1    © 2017 Novethic - Tous droits réservés

    (1) Voir l'étude de Gabriel Zucman

    (2) Voir l'étude publiée dans The Lancet 

    (3) Signer la pétition d'Oxfam

     


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  • Les paradis fiscaux : un problème systémique

    Christian Chavagneux 06/11/2017
    https://www.alternatives-economiques.fr//paradis-fiscaux-un-probleme-systemique/00081468

    Révélations après révélations, les paradis fiscaux apparaissent pour ce qu’ils sont : une infrastructure clé du capitalisme contemporain. C’est ce que viennent démontrer, encore une fois, les Paradise Papers, une nouvelle enquête (1) réalisée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ). Au-delà des riches et célèbres, la mondialisation ne pourrait pas fonctionner sans ces territoires, c’est ce que montre cette nouvelle exploration des circuits mondiaux d’opacité.

    Une nouvelle enquête internationale

    Face à la finance mondialisée, le journalisme d’investigation sait mettre ses ressources en commun (96 médias dans 67 pays mobilisés) pour nous fournir une nouvelle enquête sur les pratiques fiscales douteuses des particuliers et des entreprises. Cette fois, c’est par l’intermédiaire d’une analyse des comportements du cabinet d’experts Appleby, fournisseur international de services fiscaux depuis plus d’un siècle. S’y ajoutent des données issues d’un plus petit cabinet singapourien, Asiaciti trust, ainsi que des registres confidentiels d’immatriculation des sociétés dans une vingtaine de paradis fiscaux.

    Symbole de l’opacité offerte à ses clients, les enquêteurs du journal Le Monde (2)  ont du mal à localiser le siège social du cabinet, perdu entre les Bermudes, Jersey et l’île de Man ! Les premiers éléments révélés de l’enquête mettent en évidence des comportements de dissimulation de nombreuses personnalités liées aux Présidents américains et russes, au Premier ministre canadien (et à d’anciens politiciens de ce pays) ainsi qu’à des dirigeants politiques dans de nombreux pays émergents (Brésil, Mexique, Inde, Indonésie…).

    Symbole de l’opacité offerte à ses clients, le siège social du cabinet Appleby est perdu entre les Bermudes, Jersey et l’île de Man !

    En attendant d’autres informations sur les entreprises : Le Monde promet des choses sur des multinationales françaises, l’ICIJ évoque de grandes banques (Barclays, Goldman Sachs, BNP Paribas) parmi les clients d’Appleby et met en avant les noms de Nike ou du trader de matières premières Glencore parmi les utilisateurs des compétences du cabinet. Ainsi que de la firme Apple, ce qui intéressera sûrement la Commission européenne dans son combat contre l’optimisation fiscale agressive mise en œuvre par cette société.

    Le décryptage des 13,6 millions de documents récupérés ne nous apprend rien de nouveau sur le fonctionnement du monde des paradis fiscaux. Mais il permet, encore une fois, de confirmer trois résultats importants.

    Un phénomène de grande ampleur

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  •                                                                          2017   192 p.   19 € (Belin)

      Depuis déjà près de 40 ans, ils ont envahi notre quotidien sans que l'on s'en aperçoive... Et pour cause : les nanomatériaux, qui entrent dans la composition de très nombreux produits, sont plus petits qu'un virus !

      Leurs étonnantes propriétés séduisent les industriels qui profitent d'un vide juridique pour les intégrer partout : près de 3 000 nanoproduits sont maintenant commercialisés : des vêtements à l'électroménager, en passant par les voitures, l'informatique... Jusque dans nos cosmétiques et nos aliments ! Et c'est là que la situation se complique : leur taille nanométrique les rendent problématiques pour notre santé.

        Si la dimension des risques est primordiale, elle laisse de côté plusieurs aspects tout aussi importants de la question « nano » : l'histoire des nanoproduits, leurs propriétés souvent étonnantes, les motivations de leur découverte et de leur utilisation dans des produits très divers, leurs intérêts potentiels ou avérés pour la société, les façons dont les chercheurs les étudient, les débats scientifiques en cours, ou encore les difficultés à suivre les nanomatériaux le long des chaînes de fabrication de façon à étiqueter lisiblement les produits (traçabilité).

      Le sujet est repris de temps à autre dans les médias, notamment à propos des produits agroalimentaires et cosmétiques, ravivant les inquiétudes sur les conséquences de l'exposition à des nanoparticules que l'on suppose toxiques, comme en témoigne la présence de nanoparticules dans de nombreux produits alimentaires.

      Au travers d'exemples, cet ouvrage raconte comment les nanoproduits en sont venus à occuper une place majeure dans notre civilisation industrielle, et pourquoi ils sont à la fois fascinants et problématiques :

      « Le titane : promesses et risques d'un dépolluant » ;

      « Une peau hâlée grâce à des nanomatériaux ? » ;

      « Des balles magiques aux nanomédicaments » ;

      « Le carbone dans tous ses états… » ;

      « Vous reprendrez bien une cuillerée de nanoparticules ? » ;

      « Le nano-argent : une valeur qui monte ou qui descend » ;

      « L'ère des nanocomposites » ;

      « Tracer un nanomatériau est-il plus difficile qu'aller sur Mars ? » …

      Une excellente approche, claire, agréable et encore rare sur un sujet qui ne manquera pas d'occuper une place de plus en plus importante dans l'avenir des produits industriels et les études sanitaires liées. 

        Jean-Jacques Perrier est journaliste scientifique et co-coordinateur du forum NanoRESP, collectif d'information sur les nanotechnologies et les nanomatériaux (www.nanoresp.fr).


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  • desert-Namibie                                 Désert de Namibie
                                                         Crédit : Katja / Pixabay - Licence :

    Les sécheresses font plus de victimes et provoquent plus de déplacements de populations que cyclones, inondations et séismes réunis. Ces catastrophes naturelles, moins spectaculaires, sont pourtant moins médiatisées.

    Depuis les années 1970, les superficies touchées par la sécheresse ont doublé, et ce sont souvent les femmes, les enfants et les personnes âgées qui payent le plus lourd tribut.

    A ce jour, 168 pays (sur 197) se disent touchés par la désertification, processus de détérioration des sols dans les régions arides qui se répercute sur la production alimentaire et qui est exacerbé par la sécheresse.

    Sécheresse : définition

    D'après la définition des climatologues, on parle de sécheresse lorsqu'il n'y a pas eu de précipitations sur une zone pendant une longue période. La sécheresse ne sera pas déclarée de la même façon selon les pays et leur climat; par exemple :

    • en France, on parlera de "sécheresse absolue[1]" lorsqu'il n'y aura pas eu de pluie pendant 15 jours consécutifs au minimum ;
    • aux Etats-Unis, si une zone étendue reçoit seulement 30 % de précipitation ou moins que d'habitude pendant au moins 21 jours, alors on parlera de sécheresse ;
    • en Australie, lorsque qu'un terrain reçoit moins de 10 % de précipitation par rapport à la moyenne annuelle, il est déclaré en état de sécheresse ;
    • en Inde, il faut que les précipitations annuelles soient inférieures de 75 % aux normales saisonnières.

    La sécheresse ne doit pas être confondue avec l'aridité[2]. En effet, une région aride peut connaître des épisodes de sécheresse. Le manque de pluie sera une caractéristique permanente du climat de la zone aride. Il s'agit généralement de régions où la pluie est rare et les températures sont élevées. La sécheresse sera donc un phénomène ponctuel sur une zone.

    Les différents types de sécheresse

    Il existe plusieurs types de sécheresses :

    • la sécheresse météorologique correspondant à un déficit prolongé de précipitations ;
    • la sécheresse agricole qui se caractérise par un déficit en eau dans les sols d'une profondeur maximale de 2 mètres, qui a un impact sur le développement de la végétation. Ce type de sécheresse va dépendre des précipitations reçues sur la zone, ainsi que de l'évapotranspiration[3] des plantes. Cette sécheresse sera donc sensible au climat environnant, soit l'humidité, les précipitations, la température ambiante, le vent mais aussi le sol et les plantes ;
    • la sécheresse hydrologique se manifeste lorsque les cours d'eaux (nappes souterraines, lacs ou rivières) montrent un niveau anormalement bas. Les précipitations vont être un facteur clé, mais aussi du type de sol contenant les cours d'eau, selon s'il est perméable ou non ce qui va jouer sur l'infiltration et le ruissellement de l'eau.

    Les causes des sécheresses

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  • De l'agent orange au glyphosate, comment Monsanto a tout fait pour couper l'herbe sous le pied de ses détracteurs

    Une enquête du "Monde" a montré comment le géant des produits phytosanitaires a contré les études sur la dangerosité du glyphosate, composant de l'herbicide Roundup. Et ce n'est pas la première fois que la firme américaine utilise ce type de méthodes très controversées. 

    Une marche contre Monsanto à Marseille, le 20 mai 2017.        Une marche contre Monsanto à Marseille, le 20 mai 2017. (CITIZENSIDE / AFP)

    Carole Bélingard    France Télévisions

           Mis à jour le 24/10/2017 
     

     http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/pesticides/de-l-agent-orange-au-glyphosate-comment-monsanto-a-tout-fait-pour-couper-l-herbe-sous-le-pied-de-ses-detracteurs_2405936.html#xtor=EPR-51-[de-l-agent-orange-au-glyphosate-comment-mon

    Un géant des produits phytosanitaires à la réputation sulfureuse. En 2016, Monsanto a dégagé un chiffre d'affaires de plus de 13 milliards de dollars. Notamment grâce à son produit phare : le glyphosate présent dans le désherbant Roundup. Les Etats-membres de l'Union européenne doivent décider, mercredi 25 octobre, du renouvellement, ou non, du glyphosate pour les dix prochaines années. Mais la firme ne se résume pas au glyphosate. Monsanto, fondé à Saint-Louis dans le Missouri (Etats-Unis), en 1901, s'est d'abord distingué en devenant le numéro 1 mondial dans la production de la saccharine, un édulcorant artificiel. Rapidement, l'entreprise s'est diversifiée dans la fabrication d'herbicides, puis les biotechnologies. Et les scandales ont commencé à fleurir.

    Franceinfo revient en cinq histoires sulfureuses sur la trajectoire de cette firme américaine en passe d'être rachetée par un autre géant de l'agrochimie, l'allemand Bayer.

    Le scandale de "l'agent orange"

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  •  13 octobre 2017

    Et si, en fusionnant avec Bayer, Monsanto échappait à la justice

     La journaliste Marie-Monique Robin craint que le mariage entre Bayer et Monsanto permette à ce dernier d'échapper aux milliers de plaintes des victimes du glyphosate. Juridiquement pourtant, une fusion obligerait Bayer à répondre aux actes de Monsanto. Reste à savoir si le rapprochement entre les deux multinationales prendra bien cette forme.

      Les manifestations et plaintes visant Monsanto se multiplient à travers le monde.
      Marie-Monique Robin, capture d'écran du documentaire Le Roundup face à ses juges

    C''est le mariage de deux géants. D'un côté, le spécialiste des médicaments, Bayer, de l'autre, celui des pesticides et des OGM, Monsanto. Une fusion très décriée qui permettrait à la nouvelle entreprise d'avoir le monopole (1)  sur plusieurs activités de ces deux secteurs. Mais derrière ces intérêts commerciaux, cette union est-elle une stratégie pour permettre à Monsanto d'échapper à la justice ? C’est ce que soupçonne la journaliste d’investigation et réalisatrice du documentaire Le Roundup face à ses juges,(2) 

     Marie Monique Robin.

    "C’est surprenant de voir que Bayer accepte de payer 59 milliards d’euros pour une firme qui ne les vaut pas. Monsanto ne va pas très bien, il est en train de licencier des milliers de personnes et son chiffre d’affaires s’élevait à 15 milliards d’euros l’année dernière", explique la réalisatrice.

    Échapper à des milliards de dollars d'indemnisation

    Monsanto pourrait ainsi avoir accepté de fusionner avec Bayer pour ne plus avoir à répondre de ces actes devant la justice. De fait, le géant est de plus en plus visé par des plaintes mettant en cause les effets du glyphosate, l’agent actif de son désherbant le plus vendu au monde, le Roundup.

    Aux États-Unis, 3 500 agriculteurs, maraîchers et jardiniers en ont déposé une. Et le nombre de plaignants pourrait grimper à 10 000. "Le dossier des avocats est complet. Des documents internes montrent que la firme savait que le glyphosate était cancérigène, qu’elle a manipulé les agences de réglementation, qu’elle a payé des scientifiques pour dire et écrire n’importe quoi… Des milliards de dollars pour indemniser les victimes sont en jeu", estime Marie Monique Robin.

    Juridiquement, Bayer devra répondre des actions de Monsanto

    Pour l’instant, la Commission européenne enquête sur le projet de fusion, craignant que ce rachat contrevienne aux règles de concurrence de l’Union européenne (3) et mène "à des prix plus élevés, une qualité inférieure, moins de choix et moins d’innovation". Dans une lettre coécrite avec l’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage, Marie Monique Robin a également demandé à Bruxelles de plancher sur la responsabilité juridique de Monsanto après la fusion. "Il faut qu’on ait la certitude que Bayer endossera tous les litiges de Monsanto", souligne la journaliste.

    Juridiquement, si le rachat se fait sous forme de fusion, "Bayer vient au droit de Monsanto", explique en termes juridiques à Novethic François Lafforgne, avocat de l’agriculteur charentais Paul François dont Monsanto a été reconnu responsable de son intoxication. "L'entreprise devra donc répondre des plaintes", traduit-t-il.

    "Ce rachat est très opaque, on n’est même pas sûr que ça soit une fusion !"

    "Bayer récupère le passif et l’actif de Monsanto", ajoute Charles Joseph-Oudin, l’avocat des victimes du Médiator, de la Depakine, des contraceptifs Essure.(4) "C’est obligatoire dans le cas d’une fusion, il ne peut y avoir de dérogation".

    Une analyse dont convient l’avocate et ancienne ministre Corinne Lepage, mais qui ne freine pourtant pas ses craintes. "Ce rachat est très opaque, on n’en connaît pas les modalités. On n’est même pas sûre que ça soit une fusion !", estime-t-elle.

    De manière générale, ce rapprochement est vu d'un mauvais oeil par la société civile car elle permettra de "rendre des personnes malades avec les pesticides de Monsanto et de les soigner avec les médicaments de Bayer. Un juteux commerce", conclut Marie-Monique Robin.  

    Marina Fabre @fabre_marina       © 2017 Novethic - Tous droits réservés

     (1) (http://www.novethic.fr/empreinte-terre/sante-environnementale/isr-rse/fusion-bayer-monsanto-une-menace-pour-la-sante-et-l-environnement-143957.html)

    (2) (http://www.novethic.fr/gouvernance-dentreprise/entreprises-controversees/isr-rse/video-les-coulisses-du-tribunal-de-monsanto-1)

    (3)  (http://www.novethic.fr/gouvernance-dentreprise/entreprises-controversees/isr-rse/l-europe-inquiete-de-la-fusion-bayer-monsanto-lance-une-enquete-approfondie-144751.html)

    (4) (http://www.novethic.fr/empreinte-terre/sante-environnementale/isr-rse/bayer-stoppe-la-commercialisation-des-implants-essure-en-france-144828.html)


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  • 2012   668 p.

      L'écotoxicochimie, est une nouvelle branche de l'écologie qui se propose d'aborder les atteintes néfastes des produits chimiques sur l'environnement et la santé, à partir des données récentes de la chimie et de la biologie, en s'appuyant sur la toxicochimie, discipline d'interface élaborée en 1979.Les hydrocarbures, famille de base des composés organiques, ont été sélectionnés comme première approche dans Écotoxicochimie -

      -Applications aux hydrocarbures. Ces produits chimiques sont à l'origine de la carbochimie et de la pétrochimie et leur prise en compte a permis de jeter les bases d'une prévention des risques aussi bien toxicochimiques qu'écotoxicochimiques. Risques liés en particulier à toutes les pollutions hydrocarbonées qui devraient être beaucoup mieux encadrées, tant en milieu domestique que dans les milieux de travail ou dans l'environnement. Ainsi ces hydrocarbures sont impliqués dans des pollutions maritimes retentissantes, qui restent malheureusement toujours d'actualité.

      Si les pollutions engendrées par l'exploitation maritime du pétrole sont également très inquiétantes, un autre sujet apparaît de plus en plus préoccupant avec l'extraction du gaz et des huiles de schiste, dont la technique mise en œuvre faisant appel à la fracturation hydraulique horizontale, est constituée d'un véritable cocktail chimique à faire frémir bien des toxicologues avertis...

      Sans précédent dans la littérature scientifique, toutes les propriétés toxiques des composés les plus utilisés sont présentées clairement dans cet ouvrage.

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  •                                                             2017    288 p.    18 €

       Le glyphosate, principe actif du Roundup, produit phare de la marque Monsanto, a été reconnu " cancérogène probable " pour l'homme en 2015. En octobre 2016, s'est tenu à La Haye le procès du puissant herbicide, ouvrant la voie juridique vers une reconnaissance du crime d'" écocide ". Dans ce livre choc, Marie-Monique Robin retrace le déroulement du procès et donne à comprendre les ressorts de l'un des plus grands scandales sanitaires et environnementaux de l'histoire moderne.

      Depuis plusieurs années, l'inquiétude ne cesse de croître quant aux dangers du pesticide le plus utilisé au monde dans les champs et les jardins : le glyphosate. D'autant qu'en 2015, le Centre international de recherche sur le cancer l'a déclaré " cancérigène probable " pour l'homme, contredisant ainsi les agences de santé américaines ou européennes qui avaient assuré l'innocuité du Roundup de Monsanto, puissant herbicide dont le principe actif est le glyphosate.
        Prolongeant son enquête retentissante de 2008 sur les dangers des produits toxiques de la firme américaine ( Le Monde selon Monsanto, livre et film), Marie-Monique Robin montre dans ce livre (et le film associé) que la dangerosité du glyphosate est plus grande encore qu'on le craignait. Dans le monde entier, il rend malades ou tue sols, plantes, animaux et humains, car l'herbicide est partout : eau, air, pluie, sols et aliments. Le produit, cancérigène, est aussi un perturbateur endocrinien, un puissant antibiotique et un chélateur de métaux. D'où autant d'effets délétères documentés ici par des entretiens très forts avec des victimes aux États-Unis, en Argentine, en France et au Sri Lanka, ainsi qu'avec de nombreux scientifiques.
        Ce livre choc révèle l'un des plus grands scandales sanitaires et environnementaux de l'histoire moderne. Il montre que, face à l'impuissance ou l'absence de volonté des agences et des gouvernements pour y mettre fin, la société civile mondiale se mobilise : en octobre 2016, s'est tenu à La Haye le Tribunal international Monsanto, où juges et victimes ont instruit le procès du Roundup, en l'absence de Monsanto, qui a refusé d'y participer. Donnant son fil conducteur au livre, ce procès a conduit à un avis juridique très argumenté, qui pourrait faire reconnaître le crime d'" écocide ", ce qui permettrait de poursuivre pénalement les dirigeants des firmes responsables. 

       Marie-Monique Robin, journaliste et réalisatrice, est lauréate du Prix Albert-Londres (1995). Elle a réalisé de nombreux documentaires et reportages tournés en Amérique latine, Afrique, Europe et Asie. Elle est aussi l'auteure de plusieurs ouvrages, dont, à La Découverte,

       -Escadrons de la mort, l'école française (2004, 2008),

       -L'École du soupçon (2006)

      et, en coédition avec Arte-Éditions, les best-sellers

       -Le Monde selon Monsanto (2008, 2009),

       -Notre poison quotidien (2011, 2013),

       -Les Moissons du futur (2012, 2014) et

       -Sacrée croissance ! (2014).


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  • 2014   256 p.   22 €

       Les nanotechnologies étaient censées rendre nos vies plus faciles, plus saines aussi. Mais le rêve vire au cauchemar : alors que des milliers de produits en contiennent déjà aujourd'hui (cosmétiques, aliments, vêtements, appareils ménagers...), leur toxicité se révèle redoutable. Comment protéger notre corps de l'envahissement par les nanos ? Comment combattre les lobbies qui font tout pour les propager ? Une enquête passionnante par l'auteur de
       -Menace sur nos neurones. 

    Un mot de l'auteur

       J'ai découvert que les industriels ont mis des nanos partout, dans les aliments, les cosmétiques, les vêtements, les jouets pour enfant... Alors j'ai enquêté pour savoir si les nanos sont toxiques. Résultat : les études montrent qu'une grande partie d'entre elles sont cancérigènes, mutagènes, neurotoxiques... Leur taille minuscule leur permet de franchir toutes les barrières de l'organisme et de faire du tourisme dans nos cellules, de jouer avec nos gènes, même de s'accumuler dans le cerveau. J'ai montré aussi comment les grands investisseurs dans les nanotechnologies ont obtenu que les gouvernements ferment les yeux sur le problème et leur débloquent même des milliards d'euros d'aides publiques chaque année, y compris en France, alors qu'on nous répète qu'il faut réduire les dépenses publiques... Ce livre brise le tabou pour tous ceux qui veulent savoir où ils ont mis des nanos et comment les éviter.

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  • Apple, Google, Microsoft sur le podium des marques les plus puissantes

    Les marques Apple, Google et Microsoft arrivent en tête du classement 2017 des 100 marques les plus puissantes du classement d'Interbrand publié le 25 septembre 2017, confirmant la progression des marques technologiques au détriment des autres secteurs.

    "Pour la cinquième année consécutive, Apple et Google détiennent les deux premières places", détaille l'agence de conseil aux marques du groupe publicitaire Omnicom dans un communiqué.

    La valeur de la marque Apple a gagné 3% à 184,154 milliards de dollars, et celle de Google de 6% pour atteindre 141,703 milliards de dollars.

    Et Microsoft arrive désormais en troisième position, avec une croissance de 10%, détrônant Coca Cola, relégué en 4ème position alors que la valeur de sa marque recule de 5%.

    Amazon, Samsung, Toyota et Facebook, ainsi que Mercedes-Benz et IBM constituent le reste du Top 10.

    Les 5 marques qui ont enregistré la plus forte croissance cette année sont Facebook (+48%), Amazon (+29%), Adobe (+19%), Adidas (+17%) et Starbucks (+16%).

    Par pays, la France est le troisième pays avec le plus de marques représentées dans ce classement, derrière les Etats-Unis (52 marques) et l'Allemagne (10 marques).

    Les huit marques françaises de ce classement sont Louis Vuitton, Hermes, Axa, L’Oréal, Danone, Cartier, Dior et Moët & Chandon.

    Interbrand signale aussi trois nouveaux entrants dans son cette année, Ferrari, à la 88ème place, Netflix, 78ème et Salesforce.com, 84ème.

    Pour établir son classement, Interbrand prend en compte trois critères: la performance financière des produits et services vendus sous la marque étudiée, le rôle de la marque et notamment son influence sur le choix du consommateur, et enfin la force de la marque, c'est-à-dire sa capacité à créer un avantage de marché et à sécuriser les revenus futurs de l'entreprise.


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  • "Le scandale du Fipronil est symptomatique d'un système qui marche sur la tête", selon Albert Ritzenthaler (CESE)

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    Le scandale des œufs contaminés au fipronil est la conséquence de la guerre des prix que se livrent distributeurs et industriels de l’agroalimentaire, selon Albert Ritzenthaler. Délégué CFDT, il est également membre de la section de l'agriculture, de la pêche et de l'alimentation au Conseil économique social et environnemental (CESE). Il est l’auteur d’un avis du CESE sur les circuits de distribution de l’agroalimentaire qu’il présentera aux États généraux de l’alimentation.  

    En quoi le scandale des œufs au fipronil reflète le dysfonctionnement du système agroalimentaire actuel ?

    Albert Ritzenthaler. Il est symptomatique de dérives économiques. Nous sommes dans un système qui marche sur la tête avec une espèce de course effrénée à la marge. Celle-ci, accentuée par la guerre des prix qui continue à sévir, favorise les scandales de ce type. Il y en aura certainement d’autres et certains sont probablement restés ignorés des consommateurs et des autorités. Dans le cas du Fipronil, les entreprises ont fraudé, contournant la réglementation qui interdit ce type de produit. Mais au-delà de la fraude, il faut bien voir que le système agroalimentaire actuel, basé sur une multiplicité de circuits internationaux de produits et sous-produits alimentaires (poudre d’œuf, de lait, minerais de viande), est aussi en cause.

    Pourquoi le cas du fipronil se démarque des autres, comme celui par exemple des lasagnes à la viande de cheval en 2013 ?

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  • Au Brésil, les sans-terres protestent contre Temer et l'agrobusiness
     
    Published: 31 Jul 2017
    Short URL: https://farmlandgrab.org/27346
    Posted in:  Brazil
          
    Le MST a occupé brièvement la propriété de l'ancien président de la confédération brésilienne de football à Rio de Janeiro - EPA

    Radio Vatican 31.7.2017

    Au Brésil, les sans-terres protestent contre Temer et l'agrobusiness

    (RV) Entretien - La propriété à Rio de Janeiro de l’ex-président de la Confédération brésilienne de football, des terres appartenant à un sénateur ou au ministre de l’agriculture : le Mouvement des paysans sans-terres (MST), au Brésil, a occupé ces propriétés ces derniers jours dans le cadre de sa campagne «Corrompus, rendez-nous nos terres». 15 000 membres ont pris part à ces actions emblématiques du combat de ce mouvement pour les paysans pauvres du Brésil.

    Ces opérations interviennent alors que le président Michel Temer fait face à la menace d’un procès pour corruption. Son sort dépend des députés qui peuvent le renvoyer vers la Cour suprême lors d’un vote le 2 août. Parmi les 513 députés, 211 sont directement liés au puissant lobby de l’agrobusiness. Or, depuis plusieurs mois, le gouvernement brésilien a pris une série de mesures allant dans le sens des intérêts de ce secteur économique incontournable dans le pays.

    C’est là que les dernières occupations de terres du MST et les dernières affaires de corruption au plus haut niveau se rejoignent. Les paysans sont les premières victimes de la politique menée depuis près d’un an par Michel Temer, arrivé au pouvoir après la destitution contestée de Dilma Rousseff. Ils dénoncent les liens entre la spéculation foncière, l’accaparement des terres et la corruption dans un pays, champion du monde des inégalités en matière de répartition des terres. La moitié des terres du pays est détenue par un pour cent de la population.

    A cela, s’ajoute une répression de plus en plus dure : 36 militants ont été tués depuis le début de l’année 2017. Un des dirigeants du MST a même été tué dans un hôpital par une milice armée en mars dernier. Face à la dégradation de la situation, le MST décide donc de se faire entendre une nouvelle fois. Hélène Chauveau, doctorante en géographie rurale à l’Université Lyon 2 Lumière, laboratoire d’études rurales, revient avec Xavier Sartre sur les liens entre le président Temer et l’agrobusiness et ses conséquences pour les sans-terres.


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  •   Des chercheurs d'Orb Media ont trouvé des matières plastiques dans des échantillons d'eau du robinet d'une douzaine de pays. Les États-Unis sont particulièrement touchés, mais la France, même si elle s'en sort un peu mieux, n'est pas épargnée. Une situation qui pourrait s'aggraver tant notre consommation de plastique ne cesse de croître.

     Une étude exclusive publiée par Orb Media et relayée par The Guardian ce 6 septembre fait froid dans le dos. Elle porte sur l’eau du robinet. Des échantillons d’eau d’une douzaine de pays ont été passés au crible par les chercheurs. Les résultats sont sans appel : 83 % des échantillons sont contaminés par des fibres plastiques.

    C’est aux États-Unis que les taux de contamination sont les plus élevés avec 94 % de fibres plastiques retrouvés dans les prélèvements. Ceux-ci proviennent de plusieurs sites symboliques : le Congrès, le siège de l’Agence de protection de l’environnement aux États-Unis et même la fameuse Trump Tower du Président. Sur le malheureux podium des eaux les plus contaminées, suivent de près l’Inde et le Liban.

    L'eau du robinet est largement contaminée par du plastique (Infographie : Guardian Graphic)

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  • Sierra Leone : l’Onu souhaite un renforcement de la protection des droits fonciers des populations 
     
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    Posted in:  Belgium | Bolloré | Luxembourg | SOCFIN | Sierra Leone
         
     
    M. Baskut Tuncak dénonce la faible protection des droits fonciers des communautés locales face aux multinationales dont la société luxembourgeoise Socfin.

    Agence Ecofin | 28 août 2017

    Sierra Leone : l’Onu souhaite un renforcement de la protection des droits fonciers des populations

    (Agence Ecofin) -- Lors d’une conférence de presse donnée au terme d’une mission de deux semaines qu’il a effectuée en Sierra Leone, un expert de l’Onu, M. Baskut Tuncak (photo), a dénoncé la faible protection des droits fonciers des populations indigènes face aux multinationales. En ligne de mire, la société luxembourgeoise Socfin, active dans l’exploitation de plantations de palmiers à huile.

    Rappelant les « nombreuses allégations d'appropriation de terre par Socfin », l’expert a notamment déclaré à l’AFP que pendant sa visite « il est également apparu clairement que le gouvernement doit accorder une plus grande attention aux problèmes des mines, artisanales ou industrielles » avant d’exprimer sa « sérieuse inquiétude quant à l'accès à la justice des personnes et des communautés pour défendre leurs droits et obtenir des réparations ».

    Comme début de solution, M. Tuncak a recommandé « une plus grande transparence sur les contrats passés entre les autorités et les groupes industriels exploitant les terres».


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  • Le Brésil ouvre 4 millions d’hectares de forêt amazonienne à l’exploitation minière.

     Le président brésilien Michel Temer vient d'abroger le statut de "réserve naturelle" à une partie de la forêt amazonienne. Quatre millions d'hectares de forêt sont désormais ouverts à l'exploitation minière. Une décision qui s'inscrit dans un vaste programme de déforestation. En 2016, celle-ci a explosé de 29 % par rapport à 2015. 


    Greenpeace
     Elle était classée "réserve naturelle" depuis 1984 mais Michel Temer n'en a cure. Le président brésilien vient d’ouvrir à l’exploitation minière quatre millions d’hectares de forêt amazonienne en abrogeant le statut de réserve naturelle à cette zone située dans le nord du pays. Jusqu’ici, seules les compagnies publiques pouvaient exploiter ce territoire.

    "La plus grande attaque contre l'Amazonie depuis ces 50 dernières années"

    Une décision qui n’est pas vraiment une surprise. Le ministère des Mines et de l’Énergie avait recommandé en avril "d’exploiter le potentiel minier de la région". La zone est riche principalement en or mais également en tantale, nickel, minerai de fer etc.

    "Ce décret est la plus grande attaque contre l’Amazonie depuis ces 50 dernières années", s’est insurgé le sénateur REDE (centre gauche) Randolfe Rodrigues. "Je n’ai jamais imaginé que le gouvernement puisse aller si loin". Ce dernier a déjà soumis une proposition de loi destinée à interdire l’exploitation minière dans la région et dit s’apprêter à déposer un recours contre le décret du gouvernement.

    En 1 an, une augmentation de 29 % de la déforestation en Amazonie

    Depuis la destitution de l’ancienne Présidente Dilma Roussef le 31 août 2016, les conservateurs ont pris les rênes du pays. Ils sont, depuis leur arrivée, accusés de brader la forêt amazonienne aux profits des lobbys de l’agrobusiness. Et pour cause, la déforestation s'est accélérée. Elle a augmenté de 29 % en 2016 par rapport à 2015. 8 000 kilomètres carrés de forêt amazonienne ont été détruits. Déjà en 2014, après plus d'une décennie de répit, la déforestation était repartie à la hausse (http://www.novethic.fr/empreinte-terre/ressources-naturelles/isr-rse/au-bresil-la-lutte-contre-la-deforestation-n-est-plus-une-priorite).

    Cette fois, le fonds pour la protection de la forêt amazonienne dont la Norvège est le principal bailleur, a décidé de réagir. Il a annoncé que les fonds destinés au Brésil seraient divisés par deux pour 2017.

    Des arguments économiques et des conflits d'intérêts

    Le décret publié le 23 août stipule cependant que l’abrogation du statut de réserve "ne remet pas en cause l’application de la loi concernant la protection de la flore et des territoires autochtone". Une mention difficilement tenable tant la déforestation est dévastatrice pour les écosystèmes et les populations autochtones (environ 1,5 million de personnes vivant en Amazonie).

    Le gouvernement porte l’argument économique en étendard de cette décision mais plusieurs ONG, dont Amazon Watch, dénonce surtout les conflits d’intérêts. Le ministre de l’Agriculture, Blairo Maggi, est également à la tête du premier producteur de soja au monde, rappelle Libération. Or, la déforestation sert principalement à l’exploitation du bœuf et du soja.
     

    Marina Fabre @fabre_marina    © 2017 Novethic - Tous droits réservés


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  • La grande distribution double ses marges sur les fruits et légumes bio.

       Comment expliquer l'écart de prix entre les fruits et légumes bio et leur équivalent issu de l'agriculture conventionnelle ? Certes les coûts de production sont plus élevés mais surtout, la grande distribution applique des marges brutes "exorbitantes", révèle une nouvelle étude de l'UFC Que Choisir. De manière générale, sur les fruits et légumes bio, les marges des enseignes sont 96% plus élevées que dans le conventionnel.

      Oui, les produits bio sont plus chers. Mais pourquoi ? C'est la question que s'est posée l'UFC Que Choisir. L'association de consommateurs a passé au crible 1 541 magasins de la grande distribution (https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-fruits-et-legumes-bio-les-sur-marges-de-la-grande-distribution-n45900/). Elle s'est focalisée sur un panier de 24 fruits et légumes coûtant en moyenne 368 euros quand il est issu de l'agriculture conventionnelle contre 660 euros en bio. Soit 79% plus cher, calcule l'association qui s'appuie sur les données du Réseau des nouvelles des marchés (RNM), organe dépendant de l'institut public FranceAgriMer.

    Sans surprise, cet écart s'explique en partie par le coût de production. "Le surcoût du bio au niveau agricole se justifie par l'absence de pesticides de synthèse et donc un rendement moins élevé mais aussi par une moindre mécanisation", explique Olivier Andrault, chargée de mission à l'UFC Que Choisir. Cependant; il précise que "le coût de la production n'est pas la principale raison de cet écart".

    Des marges 145% plus élevées pour la tomate bio

    Il faut aussi regarder du côté des marges brutes de la grande distribution. Selon les calculs de l'association, elles sont de 169 euros sur un panier conventionnel, contre 304 euros sur le panier bio. Presque le double ! "46% du surcoût du bio provient en réalité des 'sur-marges' réalisées sur le bio par les grandes surfaces", alerte l'UFC Que Choisir. "Cet écart est encore plus spectaculaire pour les deux produits frais les plus consommés du rayon : +145% pour la tomate et +163% pour la pomme !".

    Y a-t-il une raison à ces marges ? "Nous n'avons pas d'explication convaincante. On est dans l'ordre de la démesure", avance le président de l'UFC Que Choisir, Alain Bazot. Initialement, l'association a supposé que l'explication se trouvait dans la particularité des fruits et légumes bio qui sont plus périssables et plus sensibles aux manipulations. Or, le poireau, connu pour sa résistance, détient le record avec une surmarge de 191%.

    "Le consommateur subit une double peine sur les prix et la disponibilité"

    Malgré ces prix, la grande distribution est devenue le premier acteur de la bio, avec 42% de part de marché. Il faut dire que les enseignes n'ont pas lésiné sur la communication. "Plus de bio moins cher", claironne Leclerc ; "le bio à la portée de tous", se targue Carrefour ; "notre baguette bio ne coûte pas plus de blé", s'amuse Monoprix.

    Des slogans qui ne reflètent pas la réalité du marché, estime Alain Bizot. "L'offre bio est souvent un alibi. Le bio est porteur avec un marché de 7 milliards d'euros. Pourtant dans les rayons, les cagettes sont à moitié pleines". Selon l'UFC Que Choisir, près d'un magasin sur deux (43%) ne proposent pas de pommes et de tomates bio dans ces rayons.

    "Le consommateur subit une double peine sur les prix et la disponibilité : l'offre est indigente et les surmarges dissimulées sont aberrantes", déplore Alain Bizot. Or si les surmarges étaient divisées par deux, estime l'association, les ménages économiseraient à l'année jusqu'à 72 euros. Ce qui permettrait d'élargir l'accès au bio et d'augmenter ainsi les volumes vendus par la grande distribution et d'ouvrir les débouchés pour les producteurs. Bref, c'est un cercle vertueux. "Nous espérons que les consommateurs fassent pression et ne se laissent plus tromper", conclut Alain Bizot.

    La Fédération du Commerce et de la Distribution a réagi, le mercredi 30 avril dans un communiqué (http://www.fcd.fr/media/filer_public/88/26/882695d8-4e62-427a-af98-be70035d01db/cp_fcd_-_produits_bio_-_290817.pdf). Elle estime que l'étude "est totalement partiale et ne reflète pas la réalité du marché des GSA (Grandes Surfaces Alimentaires, ndrl). En effet, contrairement aux conclusions de cette étude, le taux de marge brute sur les fruits et légumes bio est en moyenne équivalent à celui pratiqué sur les fruits et légumes conventionnels." Prouvez-le, rétorque l'UFC que-choisir qui dénonce l'opacité du système. Avec la FNAB (Fédération nationale d'agriculture biologique), elle demande à l'Observatoire des prix et des marges de mener une enquête sur le sujet.

    Marina Fabre @fabre_marina

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