• un orang-outan

     

    L’île de Bornéo est depuis des années ravagée par la déforestation, notamment à des fins de production d’huile de palme. Ceci n’est évidemment pas sans conséquence : la faune et la flore en pâtissent de la plus cruelle des manières.

    Avec l’énergie du désespoir, un orang-outan a tenté de repousser tant bien que mal un bulldozer en train de détruire sa forêt… sans succès.

    Ces tristes images, immortalisées par une caméra, font actuellement le tour du monde.

      Vidéo (29 secondes sur https://aidersonprochain.com/borneo-orang-outan-foret/)

        Les images sont dramatiquement affligeantes. Nous sommes à Bornéo, et un bulldozer en plein travail vient d’abattre un arbre. Perché sur celui-ci se trouvait un orang-outan, complètement désarçonné. Désespéré à l’idée de voir son habitat naturel être ainsi dévasté, il s’élance le long du tronc de l’arbre fraîchement coupé pour attaquer le bulldozer, et tenter de le faire reculer. Bien sûr, l’animal est impuissant face à la bête de ferraille, et n’a d’autre choix que de prendre la fuite. Ou du moins essayer de prendre la fuite, entouré qu’il est par deux hommes, et désormais déboussolé, sans sommet sur lequel grimper.

      Récemment, un reportage du Grand JD (https://www.demotivateur.fr/article/la-derniere-video-du-grand-jd-sur-la-foret-de-borneo-un-fantastique-outil-de-responsabilisation-a-voir-absolument-pour-consommer-plus-intelligemment-)

       dévoilait habilement les terribles conséquences de la production de l’huile de palme sur l’environnement, sur les hommes et les animaux vivant à Bornéo, que l’on ne peut que vous inviter à regarder si ce n’est pas déjà fait.


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  • Rapport du WWF sur la biodiversité : "On ne prend pas la mesure de ce qui va nous arriver"

    https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/biodiversite/rapport-du-wwf-sur-la-biodiversite-on-ne-prend-pas-la-mesure-de-ce-qui-va-nous-arriver

    Gilles Bœuf, biologiste et professeur à l'université Pierre et Marie Curie, a réagi au rapport du WWF et estime que nous sommes "dans une imprévoyance totale". 

    Le biologiste Gilles Bœuf en mars 2015.                      Le biologiste Gilles Bœuf en mars 2015.  (JACQUES DEMARTHON / AFP)


    Édité par Thomas Pontillon franceinfo Radio France 

    publié le 30/10/2018

    Selon le rapport Planète Vivante 2018 du WWF sur la biodiversité, la disparition massive d'espèces devient de plus en plus critique. Gilles Bœuf, biologiste et professeur à l'université Pierre et Marie Curie, considère qu'on "ne prend pas du tout la mesure et l'ampleur du problème" a-t-il estimé sur franceinfo.

    franceinfo : Après le rapport du WWF sur la biodiversité, peut-on dire que l'on est en train de scier la branche sur laquelle on est assis ?

    Gilles Bœuf : On est dans une imprévoyance totale. En 2002, lors du sommet de Johannesburg, le président Chirac disait "Notre maison brûle et on regarde ailleurs". On s'engageait alors pour 2010 à arrêter l'effondrement de la biodiversité. En 2010, on se réunit à Paris, et on se rend compte qu'on a échoué, alors on dit "Ce n'est pas grave, on repousse ça pour 2020". Or aujourd'hui, comme le dit très bien le rapport du WWF, c'est bien pire qu'en 2010, alors quand va-t-on réussir, la dernière semaine de 2019 ? Non, on ne prend pas du tout la mesure et l'ampleur du problème. On parle beaucoup du climat, c'est très bien, les gens ont peur du changement climatique, mais on ne prend pas la mesure de ce qui va nous arriver avec l'effondrement du nombre d'individus dans les populations vivantes.

    Est-ce que ce sont les prémices d'une extinction de masse ?

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  • Entretien

    En finir avec les tribunaux d’arbitrage d’investissement

    04/12/2018
    https://www.alternatives-economiques.fr//finir-tribunaux-darbitrage-dinvestissement/00087149?utm  
        Mathilde Dupré Chargée de campagne pour la responsabilité dans les accords commerciaux à l'institut Veblen

       Le 11 décembre prochain à 22 h 30, Arte diffusera « Quand les multinationales attaquent les états », un film documentaire réalisé par Laure Delesalle (enquête de Claire Alet et Cécile Ancieu) sur les tribunaux d’arbitrage d’investissement.

       Ce documentaire sera disponible pendant 60 jours sur arte.tv, en partenariat avec Alternatives Economiques. Mais d’ores et déjà, ce film peut être visionné en avant-première dès aujourd’hui via le lien ci dessous.

       A l’occasion de cette sortie, nous publions un entretien sur l’arbitrage d’investissement. Ce système qui entrave la capacité des Etats à réguler, commence à être remis en cause. Mais pas en Europe, déplore Mathilde Dupré.

    Vous êtes très critique vis-à-vis des tribunaux d’arbitrage d’investissement (ISDS en anglais). Pourquoi ?

    Ce mécanisme, prévu par des accords internationaux, permet aux investisseurs étrangers, quand ils considèrent que les décisions des pouvoirs publics nuisent à leurs intérêts, d’attaquer les Etats devant des tribunaux spéciaux, composés d’avocats d’affaires, et d’exiger des compensations financières pour leur manque à gagner, y compris sur des profits futurs. Fin 2017, il avait généré pas moins de 855 plaintes connues et le montant moyen des indemnisations allouées aux investisseurs s’élevait à 454 millions de dollars. Ces poursuites sont alimentées par une véritable industrie de l’arbitrage privé, composée d’arbitres, d’avocats et de fonds d’investissement, qui se rémunèrent en pourcentage des compensations versées par les Etats.

    La Commission européenne est en train de préparer une réforme au travers de la création d’une Cour multilatérale d’investissement. Va-t-elle dans le bon sens ?

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  • 2016      90 p   .10 €

      La domination techno-scientifique du monde atteint un tel degré que ses effets dépassent en ampleur les modifications du climat et de l'environnement par les forces de la nature. À cette emprise, nos société répondent qu'il n'est pas de problème qui ne puisse recevoir une solution technique. Loin de sauver la planète ou la croissance, la nouvelle révolution industrielle - basée sur les soi-disant technologies « vertes », les réseaux de l'information ou encore les nano-bio-technologies - est un mirage qui accélère la fragilité de nos sociétés. Nous savons que la trajectoire actuelle mène au désastre. Alors pourquoi semblons-nous incapable de la modifier ?

       Né en 1973, Luc Richard est parti s'installer à Pékin en 2002. Il parle désormais chinois couramment, et pige pour quelques journaux qui lui commandent des articles sur la Chine. Il a circulé dans tout le pays, tel un vagabond, à plusieurs reprises : il n'hésite jamais à aborder les gens et à discuter avec eux. Il a également publié aux éditions Mille et une nuits, en collaboration,

       -La Chine sera-t-elle notre cauchemar ? : les dégâts du libéral-communisme en Chine et dans le monde (2005),

       -Pékin 2008 : pourquoi la Chine a déjà gagné (2008) et

       -Le Vampire du milieu : comment la Chine nous dicte sa loi (2010).


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  •    Chaque jour, près de 93% des enfants de moins de 15 ans dans le monde (soit 1,8 milliard d'enfants) respirent un air si pollué que leur santé et leur développement sont gravement mis en danger. Nombreux sont ceux qui vont en mourir : l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime qu'en 2016, 600 000 enfants sont décédés d'infections aiguës des voies respiratoires inférieures dues à la pollution de l'air.. organisée par l'OMS sur la pollution de l'air et la santé[1].

     Plus de 90% des enfants dans le monde respirent un air pollué

    © Christophe Magdelaine / www.notre-planete.info - Licence : Tous droits réservés

    À l'échelle mondiale, 93% des enfants de moins de 15 ans dans le monde sont exposés à des niveaux de particules fines dans l'air ambiant (PM2,5) supérieurs aux niveaux préconisés par les lignes directrices de l'OMS sur la qualité de l'air, parmi lesquels 630 millions d'enfants de moins de cinq ans, et 1,8 milliard d'enfants de moins de 15 ans.

    Dans les pays à revenu faible et intermédiaire du monde entier, 98% des enfants de moins de cinq ans sont exposés à des niveaux de particules fines dans l'air ambiant (PM2,5) supérieurs aux niveaux préconisés par les lignes directrices de l'OMS sur la qualité de l'air. Par comparaison, dans les pays à revenu élevé, 52% des enfants sont exposés à des niveaux supérieurs aux niveaux recommandés par l'OMS.

    Plus de 40% de la population mondiale – dont 1 milliard d'enfants de moins de 15 ans – est exposée à des niveaux élevés de pollution de l'air à l'intérieur des habitations, essentiellement dus aux techniques et combustibles polluants utilisés pour cuisiner.

    Environ 600 000 décès chez des enfants de moins de 15 ans ont été attribués aux effets conjoints de la pollution de l'air ambiant et de l'air à l'intérieur des habitations en 2016.

    Sur le même sujet : (sur https://www.notre-planete.info/actualites/3-enfants-mortalite-pollution-air-monde)
    • Résultats du programme Apheis sur la pollution atmosphérique
    • La pollution atmosphérique augmente le risque d'avoir des bébés de faibles poids et autistes
    • Protégeons les enfants des radiofréquences présentes dans les gadgets électroniques
    • 48 000 morts par an à cause de la pollution de l'air en France

    Cumulées, la pollution de l'air intérieur due à la cuisson des aliments et la pollution de l'air ambiant (extérieur) causent plus de 50% des infections aiguës des voies respiratoires inférieures chez les enfants de moins de cinq ans dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

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  • Acheter autant de vêtements pollue plus que le trafic aérien et maritime mondial réunis

    En l'espace de 15 ans, la consommation occidentale de vêtements a doublé, alors que nous les conservons deux fois moins longtemps. A l'occasion de la Semaine Européenne de Réduction des Déchets (SERD) du 17 au 25 novembre 2018, France Nature Environnement s'est penchée de plus près sur les impacts de l'industrie textile sur l'environnement.

    Chaque année, c'est plus de 100 milliards de vêtements et accessoires qui sont vendus à travers le monde : une consommation qui a doublé en seulement 15 ans et qui illustre le nouveau phénomène de la « mode jetable » ou « fast fashion ». Cette addiction à la mode et à l'achat compulsif de vêtements se traduit par de lourdes conséquences environnementales.

    La mode, l'une des industries les plus polluantes au monde

    Entre l'utilisation de substances chimiques et/ou nocives pour la production et la fabrication des fibres, le gaspillage des ressources provoqué par la surconsommation de vêtements, et la pollution générée par les kilomètres parcourus par un vêtement avant d'arriver en boutique, la mode est clairement l'une des industries les plus polluantes au monde.

    Ainsi, l'industrie de la mode produit 20% des eaux usées mondiales et 10% des émissions mondiales de carbone, soit plus que l'ensemble des émissions provenant des vols internationaux et de la navigation maritime.
    En outre, la teinture des textiles est le deuxième pollueur d’eau dans le monde, selon le rapport de la Fondation Ellen MacArthur.

    A titre d'exemple, du champ (de coton) à la boutique, un jean peut parcourir jusqu'à 1,5 fois le tour de la Terre (65 000 km) et nécessitera 2 000 litres d'eau pour être fabriqué.

    Une fois dans nos placards, l'entretien de nos vêtements, spécifiquement des fibres synthétiques, est à l'origine de 500 000 tonnes de plastiques largués dans l'océan par an, soit l'équivalent de 50 milliards de bouteilles en plastique...

    Sur le même sujet : (https://www.notre-planete.info/actualites/3594-vetements_environnement)
    • Comment s'habiller de manière écologique ?
    • Des substances chimiques toxiques dans les vêtements de 14 grandes marques
    • Des vêtements toxiques chez Zara ? Greenpeace monte au créneau

    A chaque lavage, les fibres synthétiques rejettent des microparticules de plastique, qui, trop fines pour être filtrées par les centrales d'épuration, sont évacuées dans les cours d'eau. Résultat : chaque année, 500 000 tonnes de micro-plastiques finissent leur course dans les océans, soit l'équivalent de 50 milliards de bouteilles en plastique. Ces fibres vont alimenter les fameux "continents de déchets".

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  • https://www.futura-sciences.com/planete/personnalites/environnement-celine-deluzarche-1390/

    Céline DELUZARCHE, journaliste

    Deux rapports mettent en lumière l'impact de notre consommation en matières premières sur les forêts tropicales. L'exploitation des cultures de cacao, de caoutchouc, de l'huile de palme ou de soja détruit ainsi des millions d'hectares à l'autre bout de la planète sans que nous en ayons conscience.

    « Au cours des cinq dernières années, la France a potentiellement contribué à déforester 5,1 millions d'hectares, soit environ deux fois la superficie de la Bretagne, à travers ses importations de sept matières premières (soja, cacao, bœuf & cuir, huile de palme, caoutchouc naturel, bois et pâte à papier). Cela signifie qu'en 50 ans, nous avons potentiellement déforesté une surface équivalente à la superficie de la France métropolitaine, ailleurs dans le monde », alerte le WWF dans un rapport publié le 8 novembre 2018. 

    L'agriculture, responsable de 3/4 de la destruction des forêts tropicales

    Œuvrant pour la protection des forêts et de la biodiversité, l'association Envol Vert a, elle aussi, calculé « l'empreinte forêt » des Français pour neuf produits (soja, huile de palme, hévéa, viandes blanche et rouge, œufs, cuir, café et cacao) pour parvenir au résultat de 352 m2. « C'est ainsi l'équivalent de quatre logements moyens français qui sont déboisés pour répondre aux besoins d'un Français moyen », avance l'association. Or, selon Forest Trends, 49 % de la déforestation dans les pays tropicaux s'expliquent par la conversion illégale de terres en exploitations agricoles à vocation commerciale. Dans un cas sur deux, cette production est destinée à satisfaire la demande des pays industrialisés.

     
     
    L’empreinte forêt nette est calculée en multipliant le volume de consommation par la surface brute nécessaire pour la production (emprunte brute), pondérée par le risque de déforestation. Ainsi, l’empreinte brute du bois et du papier est assez importante, mais ces produits proviennent davantage de forêts gérées durablement que du soja ou de l’hévéa. © Envol Vert

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  • Supermarchés, dégagez de l’Afrique ! Les systèmes alimentaires du continent se débrouillent très bien sans eux 

    GRAIN | 08 November 2018 | Reports, Corporations & trade

    Matilda Moses vend des tomates au Tudu Market, à Accra, au Ghana. Photo : Yepoka Yeebo

    Matilda Moses vend des tomates au Tudu Market, à Accra, au Ghana. Photo : Yepoka Yeebo

    Les systèmes alimentaires d’Afrique sont l’ultime frontière pour les multinationales et la grande distribution alimentaire. La plupart des Africains continuent de consommer un régime sain à base d’aliments traditionnels produits par des millions de petits producteurs, d’un bout à l’autre du continent. Mais la situation est en train de changer peu à peu, tandis que la grande distribution alimentaire mondiale adopte de nouvelles stratégies pour renforcer sa présence sur le continent, sous l’impulsion brutale de certaines chaînes de supermarchés multinationales. La subsistance de millions de petits vendeurs et de producteurs locaux est remise en cause ; la santé des populations et la diversité des cultures alimentaires traditionnelles sont elles aussi en danger. Les gouvernements africains ne font que favoriser l’expansion des supermarchés, mais les petits vendeurs, les agriculteurs et les consommateurs urbains s’unissent pour défendre leurs systèmes alimentaires locaux.

    On est en juillet 2018 et les petits vendeurs du marché de Gueule-Tapée, un marché très animé de Dakar, au Sénégal, sont furieux : ils viennent d’apprendre que le maire du quartier a l’intention de démolir leur marché pour construire un centre commercial de quatre étages à la place. Pour ne rien arranger, une partie du centre serait, selon les médias, occupée par Auchan, le géant français de la distribution.

    « Il va passer sur nos cadavres, mais cela ne passera pas, » déclare Mbaye Ndiaye, le président du comité de gestion du marché.[1] Les vendeurs de Gueule-Tapée organisent rapidement un sit-in ; chaque vendeur arbore un tee-shirt rouge portant le slogan « Auchan dégage ! ».

    Le slogan « Auchan dégage ! » est repris en réalité d’un autre groupe de vendeurs qui, quelques semaines plus tôt, a lancé une campagne au marché Castor, dans un autre quartier de Dakar. Ils ne pouvaient plus supporter la façon dont Auchan détournait leurs clients, en vendant certains produits alimentaires à des prix impossiblement bas .

    « À Auchan ils vendent même des tas de Daakhaar (gingembre) et presque la quasi-totalité des autres épices en détail. Ce qui fait que nous ne voyons plus de clients dans nos marchés. Les clients du marché Castor ont tous été détournés par Auchan. À ce rythme, ce ne sont pas les commerçants sénégalais qui vont faire faillite, mais les marchés et après, l’économie du pays, » déplore Leyti Sène, secrétaire général du collectif Auchan dégage nouvellement formé.[2]

    « Nous sommes prêts à nous battre, » affirme Mohamed Moustapha Leye, un autre membre du collectif Auchan dégage. « Il en va de notre survie. Même les mamans qui vendaient de petites choses au détail n’ont plus de clients. »[3]

    Un commerçant sénégalais de Gueule Tapée inquiet pour son activité. Photo : Dave Design

    Un commerçant sénégalais de Gueule Tapée inquiet pour son activité. Photo : Dave Design

    Auchan n’est pas la première ni la seule chaîne de supermarché à essayer de s’implanter en Afrique de l’Ouest. Mais la stratégie qu’il tente d’appliquer est nouvelle. Les autres distributeurs étrangers présents dans la région, comme Carrefour et Casino, ont concentré leurs efforts sur l’importation d’aliments de luxe à destination d’une riche élite qui ne constitue pas plus de 5 à 10 % de la population. Ils se sont installés dans les quartiers plus aisés, en proposant une sélection d’articles et de prix qui reflète la stratégie de leurs magasins européens. Ces distributeurs ont réussi à saisir une partie de la part de marché des petits vendeurs dans les villes africaines, mais le pourcentage est toujours resté peu important.

     « Nous ne sommes pas élitistes mais très qualitatifs, » explique Gilles Blin, directeur du secteur alimentaire pour Mercure International, en contrat d’affiliation avec Casino pour les opérations de distribution en Afrique. « Nous répondons aux attentes des classes moyennes et supérieures qui souhaitent trouver dans nos magasins les mêmes produits qu’en France. »[4]

    La stratégie d’Auchan est très différente : au Sénégal, l’entreprise a établi 25 supermarchés et magasins de proximité discount dans le pays, ciblant les quartiers populaires urbains que les autres distributeurs étrangers ont évités. Auchan s’attaque ouvertement aux clients actuellement desservis par les petits vendeurs locaux de produits alimentaires. L’entreprise compte sur le volume des ventes, et non sur les marges, pour réaliser ses bénéfices.

    « Notre vœu est de proposer des magasins modernes, propres, climatisés, garantissant la sécurité alimentaire et offrant des prix au moins comparables à ceux que l’on peut trouver sur le marché, » indique Laurent Leclerc, le PDG des filiales d’Auchan au Sénégal. « Si l’on arrive à faire cela, on obtiendra tous les clients du Sénégal ! »[5]

    L’expansion d’Auchan se poursuit déjà dans les pays voisins, la Mauritanie et le Ghana, sur la base de la même stratégie et a fait des émules chez les autres distributeurs étrangers. Casino a ainsi récemment commencé à déployer ses propres magasins discount au Sénégal, via sa chaîne Leader Price.

    Mais l’agressivité de la politique d’Auchan a provoqué un retour de manivelle. Les petits vendeurs sont les premiers à ressentir les effets et ce sont eux qui ont lancé les protestations, ce qui a rapidement convergé vers un rejet beaucoup plus large de la prise de contrôle du système alimentaire du pays par les entreprises étrangères.

    À juste titre, les gens s’inquiètent à l’idée que cette invasion de chaînes de supermarchés va provoquer la ruine des moyens de subsistance des petits vendeurs, détruire les marchés pour les producteurs locaux et encourager la population à abandonner la nourriture traditionnelle en faveur des produits transformés soi-disant “bon marché”. Il est aussi évident pour les gens que l’argent généré par l’économie alimentaire du pays est destiné à passer dans les poches des actionnaires de ces entreprises étrangères et dans celles des multinationales qui fournissent les produits alimentaires stockés sur leurs étagères.

    Les autorités gouvernementales ne semblent pas avoir pris la mesure du problème. Au Sénégal et dans d’autres pays africains aujourd’hui ciblés par les multinationales de la distribution, l’absence de réglementation pour protéger les populations de ces entités toutes-puissantes est flagrante. Le fait que l’une des principales exigences du collectif Auchan dégage soit tout simplement que leur gouvernement produise la preuve qu’il a au moins évalué les répercussions de l’expansion des grands supermarchés en dit long sur le sujet.

    La triste réalité est que les gouvernements africains s’intéressent bien davantage à la régulation et la criminalisation des petits marchés et des vendeurs de rue qui fournissent au continent la grande majorité de son alimentation. Si un tsunami de supermarchés doit déferler sur les rivages du continent, les gouvernements africains ne sont absolument pas prêts. Les gens vont devoir réagir pour défendre leurs systèmes alimentaires, comme le font les Sénégalais.

    Les supermarchés ont du mal à envahir l’Afrique

    La "vague des supermarchés" n’a pas encore réussi à submerger l’Afrique sub-saharienne, comme cela s’est passé dans d’autres coins du monde. Après des dizaines d’années de tentatives, les chaînes de supermarchés ne sont parvenues qu’à conquérir un gros morceau de l’espace de la distribution alimentaire en Afrique du Sud et dans une moindre mesure, dans certains pays voisins. Elles ont obtenu quelques succès dans certains pays d’Afrique du Nord, mais, même là, leur part dans l’ensemble du marché alimentaire reste limitée.

    Tableau 1 : les principales chaînes multinationales de supermarchés présentes en Afrique

    De manière générale, à l’exception de l’Afrique du Sud, les supermarchés n’ont pas réussi à pénétrer profondément les marchés alimentaires africains et ont été relégués à la marge des élites sociales. Ils n’ont pas pu rivaliser avec les marchés populaires si dynamiques, ces marchés qu’on qualifie souvent d’« informels ».

    La grande majorité des Africains continuent à acheter leur nourriture sur les marchés de plein air et dans les petits stands de rue. En-dehors de l’Afrique du Sud et du Kenya, ces marchés locaux et ces petits vendeurs représentent entre 80 et 90 % de la totalité des ventes alimentaires.[6] Même au Kenya, l’un des pays africains où les supermarchés sont les plus développés, les supermarchés ne contrôlent que 5 % des ventes de fruits et légumes frais.[7] En Côte d'Ivoire, cible favorite des supermarchés en Afrique francophone, les supermarchés ne comptent que pour 10 % de la totalité des ventes alimentaires, voire seulement 2 à 3 % selon certaines études.[8]

    En ce qui concerne les plats préparés, les Africains préfèrent de loin acheter chez des vendeurs de rue plutôt que dans la grande distribution. Dans beaucoup de pays africains, la cuisine de rue représente une des meilleures sources d’énergie et de protéines, y compris pour les enfants (voir tableau 2). Au Nigeria, par exemple, les gens comptent sur la cuisine de rue pour plus de la moitié du total de leur apport journalier en protéines.[9]

    Tableau 2 : Contribution de la cuisine de rue à l’apport énergétique journalier d’un adulte dans une sélection de villes et de pays africains [10]

    Ville ou Pays Pourcentage de l’apport énergétique journalier (AEJ) fourni par la cuisine de rue
    Abeokuta, Nigeria 50,3 % AEJ pour les hommes ; 48,3 % AEJ pour les femmes
    Ouagadougou, Burkina Faso 46 % AEJ
    Nairobi, Kenya 27–36 % AEJ pour les hommes ; 13–22 % AEJ pour les femmes
    Ouganda 22,4–25,6 % AEJ
    Bamako, Mali 18,3 % AEJ
    Cotonou, Bénin 40 % AEJ pour les enfants
    Nairobi, Kenya 13,4–22,4 % AEJ pour les enfants
    Bamako, Mali 18,3 % AEJ pour les enfants
    Zones rurales du Kenya 13,5–20,8 % AEJ pour les hommes ; 12,8–17,3 % AEJ pour les femmes

    Même dans un centre urbain tel que Maputo, en Mozambique, où les supermarchés sont nombreux, plus de 90 % des ménages achètent leur nourriture à des petits vendeurs de rue au moins une fois par semaine, et beaucoup de gens le font tous les jours.[11] Il en va de même à Nairobi, l’une des principales cibles urbaines africaines pour les supermarchés en Afrique : plus de 80 % de la nourriture achetée dans la ville provient de petits vendeurs.[12] À Accra, où les supermarchés se multiplient rapidement, une étude récente indique que 73 % des participants préfèrent encore acheter leur nourriture sur les marchés traditionnels, tandis que seuls 8,7 % préfèrent les supermarchés.[13]

    Selon la recherche disponible, ce que les gens achètent principalement au supermarché, ce sont les articles de base en vrac, les aliments transformés et les plats préparés, mais ils le font à intervalle irrégulier, seulement une ou deux fois par mois. La plupart des Africains achètent à manger quotidiennement ou presque et continuent pour cela à s’appuyer sur les petits magasins et les marchés locaux, même en Afrique australe où le taux de pénétration des supermarchés est pourtant assez élevé.[14]

    Comment expliquer cette situation ? Elle s’explique en partie par la proximité des petits magasins et des petits marchés et le fait qu’on peut s’y procurer des petites quantités. C’est un élément essentiel pour des clients qui n’ont qu’un petit budget ou qui ne disposent que rarement d’espaces de rangement et de réfrigération chez eux. Un autre point important, selon les chercheurs, est que les vendeurs locaux acceptent souvent de faire crédit. Mais un autre facteur essentiel reste le prix : les vendeurs et les marchés locaux ont tendance à vendre moins cher que les supermarchés, même en Afrique du Sud, où le secteur du commerce formel est pourtant très développé.

    Une étude menée à Durban, en Afrique du Sud, a montré que le prix moyen des produits dans les supermarchés était de 76 % plus élevé que chez les petits vendeurs. La différence de prix était « particulièrement marquée dans les produits frais ». Sur un panier de 9 articles de base dont des oignons, des tomates et des pommes de terre, les consommateurs payaient entre 112 et 125 % de plus dans un supermarché que chez un petit vendeur.[15]

    Fragilisation des systèmes alimentaires africain

    Photo : Aldelano

    Photo : Aldelano

    L’autre avantage des marchés alimentaires populaires d’Afrique sur les supermarchés réside dans leurs liens avec les petits agriculteurs et les sources de nourriture locales. Dans leur majorité, les supermarchés n’ont ni la capacité ni la volonté de se fournir auprès de ces chaînes d’approvisionnement locales. Ils imposent des normes et des exigences qui ne sont absolument pas en phase avec les petits agriculteurs qui fournissent 80 pour cent de la production alimentaire du continent. Les petites fermes ont tendance à produire des cultures traditionnelles fondées sur des variétés de semences locales, ce qui peut plaire aux consommateurs locaux, mais ne correspond pas à la notion de “qualité” chère aux supermarchés.

    Certains supermarchés ont tenté de développer des chaînes d’approvisionnement locales en faisant travailler les agriculteurs pour eux, conformément à leurs normes. Mais cette approche n’a pas très bien réussi. Mercure International, le partenaire de Casino, a récemment essayé de mettre en place un programme d’approvisionnement local pour sa chaîne de supermarchés Prosuma en Côte d'Ivoire, incluant un contrat détaillé et la fourniture de semences et d’intrants chimiques. Le projet a échoué avec 90 % des participants.[16]  

    Les petites entreprises alimentaires locales ont également beaucoup de mal à se conformer aux diverses normes et exigences des supermarchés, comme l’étiquetage, le conditionnement, les systèmes de paiement différé ou les taxes à payer pour faire parvenir leurs produits jusqu’aux étagères du supermarché.[17] Les supermarchés préfèrent stocker les marques importées des entreprises alimentaires multinationales qu’ils connaissent déjà.

    « Ils nous jugent sur les prix et l’image de marque et ils oublient que nous sommes tout nouveaux. Et on est en concurrence avec les marques mondiales parce que le marché est libéralisé. On est en concurrence avec American Garden, Heinz et des produits du Kenya. Il faut se rappeler que certains de ces produits existent depuis plus de 50 ans, » déplore Dorothy Kimuli, propriétaire de l’entreprise ougandaise qui produit la Kim’s Chilli Sauce.

    L’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (ACDIC) a effectué une étude des produits stockés sur les étagères des supermarchés, aussi bien étrangers que nationaux, à Yaoundé la capitale du Cameroun. Il en est ressorti que les produits locaux ne représentaient que 2 % du total.[18] Une autre étude concernant les supermarchés ghanéens et étrangers au Ghana a révélé que les produits importés étaient quatre fois plus nombreux que les produits locaux.[19]

    Casino admet que la majorité des produits vendus dans ses supermarchés africains sont importés ; dans son magasin de la République démocratique du Congo, c’est le cas de plus de 80 % des produits. Chose incroyable, le magasin Casino de RDC importe tous ses fruits et légumes frais de France et d’Afrique du Sud ! [20]

    Carrefour est l’un de ces supermarchés qui se targuent de faire de gros efforts pour s’approvisionner localement ; il a aujourd’hui un contrat avec 180 fournisseurs locaux pour son grand hypermarché d’Abidjan. Mais cela ne correspond quand même qu’à 10 % de la totalité de ses ventes.[21]

    Cependant, les supermarchés comprennent que leur dépendance des importations leur complique la tâche s’ils veulent toucher le consommateur africain moyen. Quand on lui a demandé s’il songeait à ouvrir des épiceries discount Netto en Afrique, le PDG de l’enseigne de distribution française les Mousquetaires, a répondu : « Sûrement pas des Netto. Étant donné le poids et le prix des produits importés, une enseigne au positionnement discount ne peut pas rivaliser avec les prix du commerce informel en Afrique. »[22]

    Comment Auchan s’y prend-il donc ? La stratégie d’Auchan pour les supermarchés discount au Sénégal coïncide – et elle en dépend aussi - avec une expansion parallèle des marques d’aliments transformés étrangers en Afrique et avec l’émergence d’un petit nombre de grandes entreprises de transformation alimentaires basées en Afrique. Les magasins discount Atac d’Auchan au Sénégal stockent des aliments transformés de Nestlé en même temps que des produits fournis sous contrat par des entreprises de transformation nationales en plein essor comme Patisen, Saprolait, Finamark et Kirène. (Voir encadré : les “paniers alimentaires ” d’Auchan). Pour la volaille, Auchan négocie avec Sedima, le plus gros producteur de volaille du pays, malgré les rumeurs accusant Sedima d’être derrière la récente décision gouvernementale de lever les barrières douanières sur les importations de poulet congelé.[23]

     

    Quand des supermarchés comme Auchan parlent de chaînes d’approvisionnement locales en Afrique, ils font référence en réalité à une simple transplantation des chaînes qu’ils ont développées dans d’autres pays avec les grandes entreprises alimentaires multinationales qui sont leurs partenaires. Pour eux, les systèmes et les réseaux de distribution existants qui répondent actuellement aux besoins alimentaires des Africains n’ont guère d’intérêt. Il suffit de voir la réaction du responsable des opérations africaines du distributeur français Système U, quand on lui pose la question de la dépendance de l’entreprise aux importations : « L'approvisionnement local se développe dans certains pays africains, mais la production agroalimentaire sur place reste très insuffisante, malgré l'implantation de quelques usines de multinationales, » indique-t-il.[24]

    Faire évoluer les régimes alimentaires vers les aliments hautement transformés

    Photo : ReutersPhoto : Reuters

     

    Il est bien connu que les supermarchés encouragent la consommation d’aliments “ultra-transformés”, ces produits conditionnés comme les boissons gazeuses et les biscuits à forte teneur en sel, sucre et huile végétale.[25] On sait aussi que la consommation de ces produits est la cause de nombreux problèmes sanitaires, tout particulièrement l’augmentation des taux d’obésité et de diabète de type 2 qui touche aujourd’hui une grande partie de la planète.[26] L’Afrique a été moins affectée par ces problèmes parce que les aliments et les régimes traditionnels perdurent et qu’on y consomme moins d’aliments hautement transformés. Dans l’ensemble, les modèles diététiques en Afrique sont plus sains qu’en Amérique du Nord, en Europe et dans les autres parties du monde où les supermarchés exercent un degré de contrôle important sur les ventes alimentaires dans le commerce de détail.[27]

    Mais tout cela est en train de changer et au fur et à mesure que les supermarchés et les entreprises alimentaires multinationales se déploient sur tout le continent, les Africains consomment de plus en plus de ces dangereux aliments transformés.

    L’expérience vécue par l’Afrique du Sud avec les supermarchés devrait servir de mise en garde à tous les autres pays africains. L’expansion des supermarchés en Afrique du Sud a commencé dans les années 1990. Aujourd’hui, les supermarchés y contrôlent entre 50 et 60 % des ventes alimentaires de détail, soit de loin le chiffre le plus élevé de toute l’Afrique. Pour les chercheurs, c’est la croissance des supermarchés qui a préparé le terrain à la consommation d’aliments ultra-transformés, comme les boissons gazeuses et les biscuits, qui se poursuit depuis quelques dizaines d’années. La consommation par tête d’habitant d’aliments conditionnés et de boissons gazeuses a augmenté de plus de 50 % durant cette période, et le Sud-Africain moyen ne peut plus se permettre un régime à base d’aliments sains, comme les fruits et légumes frais.[28]

    Il semble que les supermarchés soient déjà en train de provoquer des conséquences similaires tandis qu’ils se multiplient dans d’autres régions d’Afrique. Une étude récente sur les consommateurs ghanéens a montré que l’un des facteurs décisifs qui poussent les gens à faire leurs courses au supermarché était l’accès à un prix raisonnable aux aliments transformés, qui sont au cœur des ventes des supermarchés. L’auteur de l’étude émet un avertissement : les supermarchés encouragent les changements diététiques en faisant préférer les aliments transformés à forte teneur en graisses aux fruits et légumes frais.[29] De même, selon les chercheurs, inquiets de l’augmentation des taux d’obésité et de diabète de type 2 au Kenya causée par la consommation accrue d’aliments hautement transformés, c’est la « supermarchandisation » des systèmes alimentaires du pays qui est à blâmer.[30]

    Les « paniers alimentaires » d'Auchan

    Les paniers alimentaires familiaux, dont Auchan fait la promotion à des prix discount dans ses magasins Atac au Sénégal, sont entièrement composés de produits transformés et d’aliments secs provenant de multinationales et de grandes entreprises alimentaires sénégalaises. Le panier « Classique simple » contient un sac de riz thai cassé de la marque Royal Umbrella (qui vient du groupe thaïlandais Charoen Pokphand), un litre d’huile végétale (du groupe français Avril), une boîte d’un kilo de sucre en morceaux (du groupe Mimran qui appartient à une famille française), un bocal de Nescafé (Nestlé) et deux sacs de lait en poudre (encore Nestlé). Avec le panier « Classique Plus », les clients ont droit en plus à une boîte de chocolat en poudre (de Cadbury Schweppes) et 60 cubes de bouillon Maggi (Nestlé) ainsi qu’à un pot de pâte à tartiner de Patisen, une multinationale alimentaire basée au Sénégal et une boîte de concentré de tomate de la marque SOCAS, une société franco-sénégalaise qui est le premier transformateur de tomates du pays. Le panier « Classique Plus » contient aussi un sac de 5 kilos d’oignons, l’unique légume frais de tous les paniers alimentaires.

    Pour en savoir plus : https://afrimarket.sn/auchan.html

    Politique de la porte ouverte pour les supermarchés, répression policière pour les petits vendeurs

    Les agriculteurs, les pêcheurs, les petits éleveurs, les ouvriers agricoles, les petits vendeurs et transformateurs de produits alimentaires qui fournissent au continent la majeure partie de son alimentation, méritent des applaudissements. Malgré tous les obstacles rencontrés dans un contexte de pauvreté structurelle profonde, ils fournissent aux Africains des régimes qui sont parmi les plus sains de la planète. Les systèmes alimentaires qu’ils ont bâtis et conservés constituent également les principales sources d’emploi et de subsistance du continent, en particulier pour les femmes. Et ceci est valable aussi pour les zones urbaines. Ainsi, à Nairobi, la première activité génératrice de revenu pour les femmes des communautés pauvres est la vente de fruits et légumes.[31]

    Malgré le rôle essentiel joué par les systèmes alimentaires populaires pour procurer aux Africains nourriture et moyens de subsistance, ceux-ci font constamment l’objet d’attaques de la part des gouvernements.

    « Alors que je me dépêche de sortir de la ville, les gars de l’Autorité municipale de Kampala [Kampala Capital City Authority] m’arrivent par derrière ; l’un d’eux me pousse si fort que je trébuche un peu et lâche un mscheew [juron]! Kumbe, [entre temps] ils s’attaquent aux vendeurs, renversent un jiko [poêle au charbon de bois] jettent le charbon et quelques gonja rôties [bananes plantain] par terre, renversent des haricots et des pois par ci par là, renversent les pâtisseries et les et les mandazi [donuts] de quelqu’un, cheei, ça court de tous les côtés chez les vendeurs, ils ont vraiment semé la pagaille, ces mauvais hommes… Je me précipite devant eux et je commence à avertir tous les vendeurs en vue que les méchants arrivent. Wueh, il fallait voir comme ces vendeurs sont bien préparés, ils s’éparpillent en l’espace de quelques secondes après avoir ramassé leurs marchandises ! Et le sourire sur mon visage tandis que j’en avertissais de plus en plus ! C’était mon devoir envers la nation ! »

    Publié sur Facebook par Juliet Nabwire de Kampala, en Ouganda (2 mars 2018) [32]

    Des employés des autorités de la capitale de Kampala chassent un vendeur de rue du centre-ville le 25 octobre 2018, au cours d’une expédition de répression où 20 vendeurs de cuisine de rue ont été arrêtés et ont vu leur propriété détruite ou confisquée.

    Des employés des autorités de la capitale de Kampala chassent un vendeur de rue du centre-ville le 25 octobre 2018, au cours d’une expédition de répression où 20 vendeurs de cuisine de rue ont été arrêtés et ont vu leur propriété détruite ou confisquée.

    Dans toute l’Afrique, dans les grandes villes comme Kampala, en Ouganda, les petits vendeurs de rue font face à une persécution toujours plus sévère pour vendre leurs produits dans les rues de la ville ou dans les quartiers d’affaires. Les autorités de Kampala affirment qu’elles ne font qu’essayer de réduire « le chaos et la congestion » et qu’elles vont proposer aux marchands des « espaces alternatifs organisés » situés hors des quartiers du centre. Mais les espaces alternatifs proposés chargent des prix élevés et sont trop éloignés des consommateurs ; les marchands n’ont donc guère d’autre choix que de retourner dans le centre, où ils sont constamment harcelés par la police de Kampala.[33]

    Nairobi et Lagos ont aussi mis en application des interdictions similaires concernant les vendeurs “informels” au sein des principaux quartiers commerciaux et ont essayé de reléguer les marchands de la ville dans des zones alternatives – Nairobi par toute une série de mesures au cours des 15 dernières années, et Lagos en 2016 en imposant de manière soudaine une interdiction totale de vendre dans la rue. De son côté, Accra a lancé un « exercice de décongestion » cette année pour se débarrasser des petits marchands dans les rues et sur les trottoirs du centre-ville.[34] Dans ces villes, les marchands de nourriture se retrouvent donc dans la même position : ils sont obligés de travailler de manière illégale, sous la menace constante du harcèlement policier.[35]

    Et pourtant, alors que les petits vendeurs de nourriture en Afrique doivent s’adapter à un nombre croissant de lois et de règlements, peu d’obstacles sérieux viennent entraver l’expansion des supermarchés sur le continent.

    Des décennies de programmes d’ajustements structurels, imposés par les banques de développement international et les bailleurs de fonds étrangers, ont laissé leur trace : il y a moins de restrictions légales sur les investissements étrangers dans les pays d’Afrique sub-saharienne que dans n’importe quelle autre région.[36] Une étude récente de la Banque mondiale concernant 24 pays d’Afrique sub-saharienne révèle que plus de la moitié n’ont que très peu, voire pas du tout, de restrictions sur les investissements étrangers, notamment dans la grande distribution.[37] Les lois relatives au contenu et à l’approvisionnement locaux qui existent dans d’autres parties du monde sont absentes en Afrique ou ne sont pas appliquées. Il n’y a quasiment pas de protections légales pour les entreprises alimentaires locales qui vendent aux puissants distributeurs multinationaux. En Ouganda par exemple, quand les deux grands distributeurs kenyans Nakumatt et Uchumi se sont effondrés en 2017 et 2018, ils avaient plus de 180 millions de dollars de dettes ; leurs petits fournisseurs ougandais se sont retrouvés sans aucun recours juridique pour récupérer les sommes qui leur étaient dues.[38]

    Au Sénégal, où la législation nationale est très mal équipée pour faire face à l’agressivité de l’expansion des distributeurs européens, le Conseil des ministres du pays a accepté d’adopter un décret pour réguler les supermarchés, le 1er août 2018. Mais les mouvements sociaux sont sceptiques : le décret avait été préparé à huis clos un mois plus tôt et à la mi-septembre le gouvernement refusait encore de rendre public le texte du décret.[39]

    Les mouvements sociaux sénégalais indiquent également que leur gouvernement a récemment signé avec l’Union européenne un Accord de partenariat économique (APE) qui fait le jeu de la grande distribution européenne. L’accord, qui implique plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, force le Sénégal à faire tomber graduellement toutes les barrières pour permettre l’entrée des produits alimentaires européens bon marché et subventionnés qui dominent les étagères des distributeurs européens.[40] Ce genre d’APE avec l’UE  n’est que l’un des nombreux accords de libéralisation bilatéraux et multilatéraux ou des accords régionaux qui accablent les pays africains, les obligeant à ouvrir leurs frontières aux importations de nourriture et facilitant pour les supermarchés l’expansion de leur chaînes d’approvisionnement dans de nouveaux territoires.

    La création en 2008 de la zone de libre-échange de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) a ainsi permis au géant sud-africain des supermarchés Shoprite de s’étendre hors du territoire national. La chaîne a aujourd’hui 308 épiceries sur le continent en dehors de l’Afrique du Sud, dont 90 pour cent se trouvent dans des pays de la SADC.[41] En 2009, l’année où la zone de commerce de la SADC a pris effet, les tarifs préférentiels de la SADC ont fait économiser à Shoprite une somme estimée à 12 millions de dollars sur les livraisons de produits sud-africains aux magasins Shoprite installés dans les autres pays de la SADC.[42]

    Dehors, les supermarchés !

    Manifestation des membres du collectif « Auchan dégage » à Dakar, en 2018. Photo : Dave Design

    Manifestation des membres du collectif « Auchan dégage » à Dakar, en 2018. Photo : Dave Design

    Il serait dangereux de présumer que le taux de pénétration, actuellement assez peu important, des supermarchés dans les systèmes alimentaires africains signifie qu’ils n’ont pas l’intention de s’étendre sur le continent ou qu’ils vont se contenter de servir les 10 % de consommateurs africains qui peuvent se permettre d’acheter des importations de luxe dans des centres commerciaux clinquants. Certaines des plus grandes chaînes de supermarchés, et les multinationales alimentaires qui sont leurs fournisseurs, ciblent de plus en plus les populations urbaines pauvres d’Afrique dans leurs prévisions de croissance, comme on le voit clairement avec Auchan au Sénégal.

    Laurent Leclerc, directeur d’Auchan Sénégal, est convaincu que les supermarchés multinationaux comme le sien vont bientôt remplacer les petits vendeurs pour fournir l’essentiel de l’alimentation en Afrique. « Le boutiquier, dit-il, aura toujours sa place pour vendre le service de dépannage pour l’ensemble des clients qui vont descendre de chez eux en disant il me manque un produit pour faire un plat du soir, ma bouteille de gaz, etc. »[43]  Mais selon lui, les supermarchés auront bientôt la mainmise sur l’organisation de la distribution alimentaire dans tout le continent.

    Il est important que les Africains réalisent que leurs systèmes alimentaires sont menacés. Quand les supermarchés se répandent dans de nouveaux pays, ils détruisent les systèmes alimentaires, en ruinant les petits marchands et les petits transformateurs alimentaires et en brisant les liens que les petits producteurs, les éleveurs et les pêcheurs ont tissés avec les marchés urbains. Ils mettent à mal les cultures alimentaires locales, encourageant les gens à préférer aux aliments traditionnels à base d’ingrédients entiers des aliments hautement transformés avec leurs calories vides. Certes ils ont de quoi attirer les clients avec des produits d’appel, mais à long terme ils sont plus chers que les marchés de plein air et les stands de rue, ce qui fait que les gens ont plus difficilement accès à une nourriture saine.

    C’est ce que les promoteurs des supermarchés appellent le « développement » et la « modernisation » des systèmes alimentaires. Ils soutiennent qu’ils ne font qu’utiliser le marché libre pour aider les gens à faire face à la cherté de la vie.[44] Mais en réalité les gouvernements africains ont le choix. Ils peuvent laisser les grandes chaînes de supermarchés mondiales exploiter leurs avantages politiques, juridiques et économiques pour prendre la main sur les systèmes alimentaires locaux ou bien prendre des mesures simples pour protéger les systèmes alimentaires locaux et leur permettre de prospérer.

    Ils pourraient commencer par établir des tarifs douaniers pour protéger les producteurs et les transformateurs locaux contre le dumping d’importations de denrées subventionnées et de piètre qualité. Prenons le cas des produits laitiers. Suite à la suppression des quotas laitiers par l’UE, et à la baisse générale de la consommation de lait en Europe, les entreprises laitières européennes déversent leur excédent de production en Afrique, principalement sous la forme de lait en poudre qui est ensuite reconstitué avec des graisses végétales.[45] Les exportations européennes de lait en poudre en Afrique ont triplé depuis 2009, provoquant des effets dévastateurs pour les producteurs locaux.

    « Il y a un véritable dumping du lait européen sur le marché africain » dénonce Adama Diallo, le président de l’Union nationale des mini-laiteries et Producteurs de Lait local au Burkina Faso (UMPL-B). [46]

    Centre commercial à Kampala, 2018. Les supermarchés multinationaux ont tendance à ouvrir des centres commerciaux en Afrique en même temps que se développent les restaurants multinationaux de type restauration rapide comme KFC.

    Centre commercial à Kampala, 2018. Les supermarchés multinationaux ont tendance à ouvrir des centres commerciaux en Afrique en même temps que se développent les restaurants multinationaux de type restauration rapide comme KFC.

    La situation est particulièrement désespérée pour les producteurs laitiers locaux d’Afrique de l’ouest, où les membres de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (ECOWAS) ont un accord avec l’Europe pour maintenir les tarifs relatifs aux importations de lait en poudre sous la barre des 5 %. Et la situation va encore empirer quand l’APE avec l’Europe signé par ces pays prendra effet et que les tarifs seront réduits à zéro.

    Comme l’a montré l’expérience du Kenya, des tarifs forts sont nécessaires pour protéger les producteurs et les marchands africains de produits laitiers contre le dumping du lait en poudre. Avec de tels tarifs, la production locale peut se développer et fournir aux consommateurs urbains des produits sûrs, nourrissants et de bien meilleure qualité que les produits imposés à l’Afrique par les multinationales.[47] Le même argument s’applique à d’autres aliments, comme la viande et les céréales. Le cas de la volaille en Côte d'Ivoire offre un autre exemple du rôle décisif joué par les tarifs douaniers quand il s’agit de soutenir la production et l’approvisionnement locaux.[48]

    Les gouvernements africains doivent aussi cesser de harceler le secteur soi-disant « informel ». Les petits marchands, qui sont surtout des femmes, ont besoin d’être respectés et soutenus pour le travail qu’ils accomplissent : ils procurent aux gens une nourriture de qualité et garantissent la subsistance des petits producteurs africains. ll est encourageant de voir que dans certaines villes, les femmes qui vendent dans la rue s’organisent pour lutter contre la répression gouvernementale. En juillet 2018, à Madina, dans la banlieue d’Accra, 2 000 femmes vendeuses ont refusé de se soumettre à un ordre d’éviction, disant qu’elles ne quitteraient pas les lieux qu’elles occupaient, tant que le conseil municipal ne leur aurait pas fourni un nouvel espace de travail plus sûr qui soit accessible à leurs clients. Après des mois de campagne, le conseil municipal a finalement accepté de leur fournir un nouvel espace avec toilettes, éclairage public, stockage, un bureau, un poste de sécurité et une crèche.

    Les Africains vont devoir pousser leurs gouvernements dans cette direction. Le mouvement sénégalais Auchan dégage est une source d’inspiration. Il illustre la façon dont les petits vendeurs, les producteurs et les consommateurs urbains peuvent s’unir pour défendre les systèmes alimentaires locaux et lutter contre l’expansion des supermarchés et des multinationales de l’alimentation. Comme on le voit, ce genre de campagne implique d’engager des actions directes ciblant les supermarchés et soutenant les aliments locaux, mais aussi d’être en lien avec des mouvements plus larges contre les APE et les autres forces structurelles qui perpétuent la domination coloniale en Afrique.


    [1]   "Marché Gueule Tapée : « le Maire Va Passer Sur Nos Cadavres Si… »," Sen360 : 5 juillet 2018 : https://news.sen360.sn/societe/marche-gueule-tapee-le-maire-va-passer-sur-nos-cadavres-si-1081395.html

    [2]    "Contre la colonisation du marché sénégalais: «Auchan dégage» lancé par les commerçants de Castors," Senxibaar, 26 juin 2018 : http://www.senxibaar.com/actualite/contre-monopolisation-marche-senegalais-auchan-degage-lance-commercants-de-castors/

    [3]     Olivier Liffran, "Sénégal : Auchan accusé de nuire au petit commerce," Jeune Afrique, 4 juillet 2018 : http://www.jeuneafrique.com/588593/economie/senegal-auchan-accuse-de-nuire-au-petit-commerce/

    [4]      "Spécial Afrique : entretien avec Gilles Blin, directeur alimentaire de Mercure International, affilié Casino et U," Linéaires, 3 février 2016 : http://www.lineaires.com/LA-DISTRIBUTION/Les-actus/Special-Afrique-entretien-avec-Gilles-Blin-directeur-alimentaire-de-Mercure-International-affilie-Casino-et-U-47970

    [5]                Bintou Bathily, "Afrique subsaharienne : quand Auchan se mesure aux petits marchands," Jeune Afrique, 2 juillet 2015 : http://www.jeuneafrique.com/mag/241295/economie/afrique-subsaharienne-quand-auchan-se-mesure-aux-petits-marchands/

    [6]    AT Kearny, "Retail in Africa, Still the Next big thing," 2015 : https://www.atkearney.com/documents/10192/6437503/Retail+in+Africa.pdf/b038891c-0e81-4379-89bb-b69fb9077425

    [7]     Hungry Cities, "The Urban Food System of Nairobi, Kenya," Report No. 6, 2017 : http://hungrycities.net/wp-content/uploads/2017/11/HC6.pdf

    [8]         Marie-José Neveu Tafforeau, "Grande distribution : quelles opportunités pour les filières agroalimentaires locales ? Enquête en Côte d’Ivoire," FARM, mars 2017 : http://www.fondation-farm.org/zoe/doc/notefarm10_grdedistri_mars2017.pdf

    [9]     Nelia Patricia Steyn, "Nutritional contribution of street foods to the diet of people in developing countries: a systematic review," Journal of Public Health Nutrition, 17 (6): 2013: https://www.cambridge.org/core/services/aop-cambridge-core/content/view/2B44AB4E6EF5D992DAD8AEE39B5E5F0F/S1368980013001158a.pdf/nutritional_contribution_of_street_foods_to_the_diet_of_people_in_developing_countries_a_systematic_review.pdf

    [10]              https://www.cambridge.org/core/services/aop-cambridge-core/content/view/2B44AB4E6EF5D992DAD8AEE39B5E5F0F/S1368980013001158a.pdf/nutritional_contribution_of_street_foods_to_the_diet_of_people_in_developing_countries_a_systematic_review.pdf

    [11]              Hungry Cities, "The Urban Food System of Nairobi, Kenya," Report No. 6, 2017: http://hungrycities.net/wp-content/uploads/2017/11/HC6.pdf

    [12]              Hungry Cities, "The Urban Food System of Nairobi, Kenya," Report No. 6, 2017: http://hungrycities.net/wp-content/uploads/2017/11/HC6.pdf

    [13]              Alexandra Therien, “The Impact of the Rise of Supermarkets on Household Urban Food Security: A Case Study of Accra, Ghana,” Thesis presented to The University of Guelph, janvier 2017:https://atrium.lib.uoguelph.ca/xmlui/bitstream/handle/10214/10248/Therien_Alexandra_201702_MA.pdf?sequence=1

    [14]              Voir African Food Security Urban Network (AFSUN): https://www.afsun.org/

    [15]      C. Skinner and G. Haysom, "The informal sector’s role in food security: A missing link in policy debates? Working Paper 44. Cape Town: PLAAS, UWC and Centre of Excellence on Food Security, 2016: http://www.plaas.org.za/sites/default/files/publications-pdf/WP44%20SkinnerHaysom.pdf

    [16]      Marie-José Neveu Tafforeau, "Grande distribution : quelles opportunités pour les filières agroalimentaires locales ? Enquête en Côte d’Ivoire," FARM, mars 2017 : http://www.fondation-farm.org/zoe/doc/notefarm10_grdedistri_mars2017.pdf

    [17]   Voir par exemple Reena das Nair, "How SA's big supermarket chains keep out small suppliers," 3 février 2017 : https://www.fin24.com/Opinion/how-sas-big-supermarket-chains-keep-out-small-suppliers-20170203

    [18]  Omer Mbadi, "Cameroun : face à Carrefour, les supermarchés fourbissent leurs armes," Jeune Afrique, 19 juillet 2017 : http://www.jeuneafrique.com/mag/455320/economie/cameroun-face-a-carrefour-supermarches-fourbissent-leurs-armes/

    [19]    USDA GAIN Report, "Ghana", 22 mai 2017 : https://www.pma.com/~/media/pma-files/retail-foods-report-_accra_ghana_5222017.pdf?la=en

    [20] Julien Clémençot, "Distribution : MIM, de l’ambition en rayon pour l’Afrique de l’Ouest, Jeune Afrique, 7 mars 2012 : http://www.jeuneafrique.com/142721/economie/distribution-mim-de-l-ambition-en-rayon-pour-l-afrique-de-l-ouest/

    [21]     Marie-José Neveu Tafforeau , "Grande distribution : quelles opportunités pour les filières agroalimentaires locales ? Enquête en Côte d’Ivoire," FARM, mars 2017: http://www.fondation-farm.org/zoe/doc/notefarm10_grdedistri_mars2017.pdf ; "Quand Carrefour aide les filières locales," Les Échos, 22 décembre 2015 : https://www.lesechos.fr/21/12/2015/LesEchos/22091-067-ECH_quand-carrefour-aide-les-filieres-locales.htm#I3OycdOKloZBwl5X.99

    [22]  "Thierry Vetter, directeur général de Geprocor, filiale export des Mousquetaires", Les Linéaires, 5 février 2016 : http://www.lineaires.com/LA-DISTRIBUTION/Les-actus/Special-Afrique-Thierry-Vetter-directeur-general-de-Geprocor-filiale-export-des-Mousquetaires-47994

    [23]   Bintou Bathily, "Afrique subsaharienne : quand Auchan se mesure aux petits marchands," Jeune Afrique, 2 juillet 2015 : http://www.jeuneafrique.com/mag/241295/economie/afrique-subsaharienne-quand-auchan-se-mesure-aux-petits-marchands/  

    [24]    " Yves Petitpas, président de U Export, en charge des magasins U dans les Dom-Tom et à l'étranger," Les Linéaires, 4 février 2016: http://www.lineaires.com/LA-DISTRIBUTION/Les-actus/Special-Afrique-Yves-Petitpas-president-de-U-Export-en-charge-des-magasins-U-dans-les-Dom-Tom-et-a-l-etranger-47975

    [25]              Voir par exemple PP Machado et al., "Price and convenience: The influence of supermarkets on consumption of ultra-processed foods and beverages in Brazil," Journal of Appetite, septembre 2017 : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28526478

    [26]   Voir le rapport d’enquête du New York Times, "How Big Business Got Brazil Hooked on Junk Food," 16 septembre 2017 : https://www.nytimes.com/interactive/2017/09/16/health/brazil-obesity-nestle.html

    [27]   Fumiaki Imamura, Renata Micha, Shahab Khatibzadeh, Saman Fahimi, Peilin Shi, John Powles, Dariush Mozaffarian, "Dietary quality among men and women in 187 countries in 1990 and 2010: a systematic assessment", Lancet Glob Health 2015;3: e132–42: https://www.thelancet.com/action/showPdf?pii=S2214-109X%2814%2970381-X

    [28]    Lisa-Claire Ronquest-Ross, Nick Vink, Gunnar O. Sigge, "Food consumption changes in South Africa since 1994,"  S Afr J Sci. 2015;111(9/10), Art. #2014-0354: http://dx.doi.org/10.17159/sajs.2015/20140354

    [29]     Alexandra Therien, "The Impact of the Rise of Supermarkets on Household Urban Food Security: A Case Study of Accra, Ghana", Thesis presented to the University of Guelph, janvier 2017: https://atrium.lib.uoguelph.ca/xmlui/bitstream/handle/10214/10248/Therien_Alexandra_201702_MA.pdf?sequence=1

    [30]    Kate Lyons, "Supermarkets are creating an obesity crisis in African countries, experts warn," Guardian, 3 octobre 2017 : https://www.theguardian.com/global-development/2017/oct/03/supermarkets-creating-obesity-crisis-african-countries-experts-warn-middle-class-malnutrition?CMP=twt_gu

    [31]   C. Skinner and G. Haysom, "The informal sector’s role in food security: A missing link in policy debates? Working Paper 44. Cape Town: PLAAS, UWC and Centre of Excellence on Food Security, 2016: http://www.plaas.org.za/sites/default/files/publications-pdf/WP44%20SkinnerHaysom.pdf

    [32]              L’original a été légèrement modifié pour rendre la langue plus facilement compréhensible à une audience internationale.

    [33]  Amos Ngwomoya, "Minister Kamya wants vendors off city streets in 2 months," Daliy Monitor, 2 octobre 2016 : http://www.monitor.co.ug/News/National/Minister-Kamya-wants-vendors-off-city-streets-months/688334-3401414-hlo74v/index.html

    [34]     Nellie Peyton, "Ghana's market women score win against forced eviction," Reuters, 20 septembre 2018 : http://www.thisisplace.org/i/?id=560a9056-ea46-4a87-b4ca-d343dd47932c

    [35]   Hungry Cities, "The Urban Food System of Nairobi, Kenya," Report No. 6, 2017: http://hungrycities.net/wp-content/uploads/2017/11/HC6.pdf; Emmanuel Akinwotu, "From hawkers to criminals: how the Lagos ban on street selling hurts the city," Guardian 3 août 2016 : https://www.theguardian.com/cities/2016/aug/03/hawkers-criminals-lagos-ban-street-selling

    [36]    World Bank, "Investing Across Borders," 2010: http://iab.worldbank.org/~/media/FPDKM/IAB/Documents/Overview-IAB.pdf

    [37]  World Bank, "Starting a Foreign Investment Across Sectors," November 2013L http://iab.worldbank.org/~/media/FPDKM/IAB/Documents/FDI-Starting-a-Foreign-Investment.pdf

    [38]              "Allan Olingo, What next for troubled Uchumi and Nakumatt?", The East African, 22 septembre 2017 : http://www.theeastafrican.co.ke/business/What-next-for-troubled-Uchumi-and-Nakumatt/2560-4107908-105g73z/index.html

    [39]              FRAPP, "Transformons « Auchan dégage », « Non au APE », « France dégage » en vote contre le système et Macky (communiqué)", 12 septembre 2018 : https://www.impact.sn/Transformons-Auchan-degage--Non-au-APE--France-degage-en-vote-contre-le-systeme-et-Macky-communique_a10768.html

    [40]              FRAPP, "Transformons « Auchan dégage », « Non au APE », « France dégage » en vote contre le système et Macky (communiqué)", 12 septembre 2018 : https://www.impact.sn/Transformons-Auchan-degage--Non-au-APE--France-degage-en-vote-contre-le-systeme-et-Macky-communique_a10768.html

    [41]  Shoprite Business Overview: https://www.shopriteholdings.co.za/content/dam/MediaPortal/LatestIntegrateReport/IR2017/3_5932_Shoprite_IR_2017E_Distribution_Of_Operations_%26_The_Group.pdf . Voir aussi GRAIN, "Les habits neufs du colonialisme : les accords de partenariat économique entre l’UE et l’Afrique," 21 août 2017 : https://www.grain.org/article/entries/5778-les-habits-neufs-du-colonialisme-les-accords-de-partenariat-economique-entre-l-ue-et-l-afrique

    [42]    Nick Charalambides, "What Shoprite and Woolworths can teach us about Non-Tariff Barriers in Southern and Eastern Africa," South African Institute of International Affairs, octobre 2013 : https://www.researchgate.net/publication/272151268_What_Shoprite_and_Woolworths_can_teach_us_about_Non_Tariff_Barriers_in_Southern_and_Eastern_Africa

    [43]   "Laurent Leclerc, Directeur d'Auchan Sénégal " On dérange les commerçants mais..."' Senpresse, 15 juillet 2018 : http://senpresse.com/societe/103-societe/2769-laurent-leclerc-directeur-d-auchan-senegal-on-derange-les-commercants-mais

    [44]  Kamagaté Issouf, "Lutte contre la cherté de la vie : Des supermarchés dans la mouvance," Fratmat, 4 novembre 2016 : https://www.fratmat.info/index.php/economie/item/35251-lutte-contre-la-cherte-de-la-vie-des-supermarches-dans-la-mouvance

    [45]   "Cécile Barbière, "Au Sénégal, la production laitière cherche sa voie," EURACTIV, 27 septembre 2018 : https://www.bilaterals.org/?au-senegal-la-production-laitiere&lang=en

    [46] Cécile Barbière, "Comment l’UE exporte sa crise du lait vers l’Afrique, EURACTIV, 1er mars 2018 : https://www.euractiv.fr/section/agriculture-alimentation/news/comment-lue-exporte-sa-crise-du-lait-vers-lafrique/

    [47]       GRAIN, "La grande arnaque du lait", 16 décembre 2011, https://www.grain.org/article/entries/4435-la-grande-arnaque-du-lait

    [48]   Voir l’article "Poulet ivoirien : la filière se remplume," France Info, 1er mai 2018: https://www.francetvinfo.fr/sante/alimentation/poulet-ivoirien-la-filiere-se-remplume_2732591.html


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  • https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/environnement-10-chiffres-montrent-monde-va-crouler-sous-dechets-

    Céline DELUZARCHE journaliste

    Affolant ! 70 % de déchets en plus d'ici 30 ans : c'est le cri d'alerte lancé par la Banque mondiale dans son dernier rapport. Cette hausse est d'autant plus alarmante qu'elle se produira en grande partie dans les pays en développement, où les déchets sont souvent mal pris en charge et sources de pollution. Voici 10 graphiques pour tout comprendre de la crise des ordures qui s'annonce.

    Emballages, nourriture périmée, vieux vêtements et appareils obsolètes... Plus nous consommons, plus nous générons de déchets. Cela n'est pas sans conséquence sur notre santé, ni sur l'environnement, car si ces milliards de tonnes d'ordures sont relativement bien gérées dans les pays riches, elles finissent le plus souvent dans des décharges à ciel ouvert dans les pays qui n'ont pas les capacités de les collecter et les traiter. La Banque mondiale lance un appel pour réagir.

    3,4 milliards de tonnes de déchets par an en 2050

    La production annuelle de déchets municipaux (déchets ménagers et autres déchets pris en charge par une commune ou une collectivité territoriale) dépasse déjà les 2 milliards de tonnes par an. En raison de l'urbanisation rapide, de l'augmentation du niveau de vie et de la croissance démographique, ce volume risque d'augmenter de 70 % pour atteindre les 3,4 milliards de tonnes en 2050, d'après la Banque mondiale. En Afrique subsaharienne, les pays devront même faire face à un triplement de la masse des déchets, avec plus de 516 millions de tonnes contre 174 aujourd'hui. Une catastrophe, d'autant plus que ces pays disposent de peu d'infrastructures pour gérer cet afflux.

    0,74 kg de déchets par jour pour chaque habitant de la planète

    Chaque habitant produit en moyenne 0,74 kg de déchets par jour. Un chiffre qui cache de fortes disparités, de 0,11 kg au Lesotho à 4,50 kg aux Bermudes. Ces écarts sont fortement liés au niveau de développement : plus le niveau de vie est élevé, plus la population consomme des produits préparés, générant plus d'emballages à jeter. Bien qu'ils ne représentent que 16 % de la population mondiale, les pays développés génèrent ainsi 34 % de déchets de la planète. Cette production progresse aussi avec l'urbanisation.

    44 % de déchets organiques

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  • Des communautés de la RDC déposent une plainte auprès d’une banque de développement allemande pour résoudre un conflit foncier centenaire avec une société d’huile de palme .

    Grain

    RIAO-RDC, GRAIN, WRM, FIAN Allemagne, urgewald, CCFD-Terre Solidaire, CNCD-11.11.11, FIAN Belgique, SOS Faim, Oxfam Solidarité/teit, Entraide et Fraternité, AEFJN (Belgique), The Corner House (Grande-Bretagne), Global Legal Action Network | 07 November 2018 | Media releases, Land 

    RIAO-RDC, accompagné par les organisations allemandes FIAN et urgewald, au siège de DEG à Cologne, en Allemagne, pour déposer une plainte contre Feronia Inc, pour le compte de neuf communautés de la République Démocratique du Congo.

    RIAO-RDC, accompagné par les organisations allemandes FIAN et urgewald, au siège de DEG à Cologne, en Allemagne, pour déposer une plainte contre Feronia Inc, pour le compte de neuf communautés de la République Démocratique du Congo.

    Neuf communautés de la République démocratique du Congo ont accompli un geste historique cette semaine en déposant une plainte auprès du mécanisme de plaintes* de la banque de développement allemande (Deutsche Investitions- und Entwicklungsgesellschaft, DEG). Les communautés veulent une solution à ce conflit foncier qui remonte à la période coloniale belge avec une société d’huile de palme que finance actuellement un consortium de banques de développement européennes dirigé par DEG.

    En 1911, l’administration coloniale belge avait unilatéralement octroyé au Lord Leverhulme de Grande-Bretagne une concession foncière gigantesque d’un million d’hectares couvrant les territoires de ces communautés et de nombreux autres. Leverhulme, avec le soutien de l’armée belge, utilisa le travail forcé et la répression violente pour extraire l’huile de palme des forêts pour ses usines de savon Sunlight au Royaume-Uni et avec le temps construisit plusieurs plantations de palmier à huile dans la zone de concession qui par la suite passerait sous le contrôle du géant multinational de l’alimentation Unilever. En 2009, Unilever a vendu sa filiale de plantations de palmiers à huile en RDC, Plantations et Huileries du Congo (PHC), ainsi qu’un portefeuille de contrats de concession contestés d’une superficie totale de plus de 100 000 hectares, à Feronia Inc., une société canadienne sans expérience avec les plantations.

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  •   

    2017    254 p.   18 €

      Attac s’est associé à l’Institut de recherche critique en design Civic city pour publier son dernier livre, Notre monde à changer ! Ce bel ouvrage est le résultat d’une habile réinterprétation graphique, par Ruedi Baur et son équipe, des données économiques, analyses et propositions politiques portées par Attac.

      Les montants de l’évasion fiscale, la répartition des richesses et les inégalités dans le monde ou encore les conséquences des dérèglements climatique sont mis en images grâce à un système numérique de représentation de figurines créé par l’atelier Intégral Ruedi Baur en hommage au système Isotype développé en 1925 par le socio-économiste autrichien Otto Neurath et le graphiste allemand Gerd Arntz.

       Dans le cadre d’un projet graphique pour la Biennale d’Art Contemporain, Manifesta 11 qui s’est déroulée en 2016 à Zurich et qui avait pour thème « what people do for money  », l’atelier Intégral Ruedi Baur avait développé un système numérique de représentation de figurines. Celui-ci se voulait être un hommage au système Isotype développé en 1925 par le socio-économiste autrichien Otto Neurath et le graphiste allemand Gerd Arntz.
    Du design d’information qui avait pour objectif de rendre plus intelligible les statistiques en les sortant de leur abstraction. Cette Biennale terminée, se posait la question de la manière de donner une autre réalité politique à ces représentations humaines. Après discussion avec l’éditeur Lars Müller intéressé par la publication du projet, Ruedi et Vera Baur s’adressent à l’association Attac en leur proposant de concevoir avec eux un livre sur l’état économique, social, écologique et politique du monde. Ainsi a débuté une brève mais intense aventure de quelques mois dont le résultat se trouve dans Notre monde à changer ! Les données issues de diverses statistiques choisies comme les propositions politiques d’Attac furent réinterprétées graphiquement par Ruedi Baur et son équipe dans le cadre d’une collaboration fructueuse entre Attac et Civic city.

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  • Infographie] 60 % des populations d’animaux sauvages sur Terre ont disparu en 40 ans

      Les alertes n’en finissent plus de se succéder. Après le secrétaire général de l’ONU et les experts du Giec, le WWF révèle le mercredi 31 octobre son rapport Planète vivante, panorama de la biodiversité mondiale. Et encore une fois, l’ONG s’inquiète de la disparition de millions d’espèces en raison de la pression toujours plus forte des activités humaines sur la nature.

    Manchots adelie espece menacee WWF naturepl com Edwin Giesbers Les manchots Adalie de l'Antarctique font partie des espèces particulièrement menacées et en déclin.
    @WWF - Edwin Giesbers

        Une nouvelle fois, le WWF tire la sonnette d’alarme sur l’état de notre planète. Dans son rapport Planète Vivante 2018, réalisée tous les deux ans, l’ONG a calculé qu’en 40 ans, 60 % des populations d’animaux sauvages sur Terre ont disparu : poissons, mammifères, oiseaux, amphibiens et reptiles.

       "Les espèces n’ont jamais décliné à un rythme si rapide, qui est aujourd’hui cent à mille fois supérieur que celui calculé au cours des temps géologiques", indiquent les experts. En cause, les activités humaines. Agriculture intensive, dégradation des sols, surpêche, dérèglement climatique, pollution plastique pèsent aujourd’hui sur la biodiversité en contribuant à la perte et à la dégradation des habitats naturels et à la surexploitation des ressources.

    Infographie Planète vivante

        Seules 10 % des terres préservées en 2050 

       "Nous sommes face à une grande accélération de la pression exercée par l’Homme sur les écosystèmes : la demande en ressources naturelles tout comme en énergie explose. L’empreinte écologique mondiale, qui mesure l’impact des activités humaines sur les ressources naturelles, a doublé en un demi-siècle", alertent encore les auteurs du rapport.

       À ce jour, seulement un quart des terres ont échappé aux activités humaines. Un chiffre qui devrait chuter à 10 % en 2050 si l’on ne change rien. Mais en s’attaquant au capital naturel de la planète, c’est l’humanité elle-même qui se met en danger, prévient l’ONG. "Si l’on devait payer pour de l'air frais, de l’eau potable, pour l’alimentation, le montant serait estimé à 125 000 milliards de dollars par an, soit une fois et demi le PIB mondial", a calculé le WWF.

       New Deal pour la nature

       “Nous sommes en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis, car notre modèle de développement est fondé sur ce capital naturel gratuit. Il est donc indispensable de reprendre le contrôle sur cette accélération de la disparition de la nature. Pour cela, nous devons faire de la biodiversité une priorité internationale et parvenir en 2020 à un New Deal pour la nature", appelle Pascal Canfin, directeur général du WWF France.

        La France accueillera au printemps prochain la septième session du groupe d'experts mondial sur la biodiversité, du 29 avril au 4 mai 2019, ainsi que le congrès mondial de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) à Marseille en 2020. Cette même année, la Chine accueillera la COP15 de la biodiversité, l’équivalent de la COP21 pour le climat.

         Concepcion Alvarez, @conce1   © 2018 Novethic - Tous droits réservés 


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  • https://www.futura-sciences.com/planete/videos/ocean-danger-face-exploitation-pollution-humaine- (à copier-coller dans votre barre d'adresse)

     Dans cette vidéo, Isabelle Autissier, la présidente du WWF France répond à nos questions sur la biodiversité marine. Elle évoque ici l'exploitation des ressources marines par l'Homme et les risques liés à la pollution plastique.

    Abonnez-vous à la lettre d'information Vidéos : nos vidéos qui sortent vraiment du lot.
     

    La première partie de la vidéo est consacrée à la thématique de l'utilisation industrielle de l'océan. Pour Isabelle Autissier, les animaux marins peuvent se reproduire efficacement sans l'intervention humaine. Elle pense donc qu'il faut respecter ces rythmes de reproduction naturels et avoir une utilisation raisonnée des ressources de l'océan.

    La seconde partie de l'interview est consacrée à la pollution plastique des océans. Isabelle Autissier explique qu'il existe une pollution généralisée de l'océan. Les déchets plastique sont consommés par des oiseaux, des poissons, et donc par l'Homme qui se trouve au sommet de la chaîne alimentaire. Or les plastiques sont des perturbateurs endocriniens qui peuvent être à l'origine de problèmes de santé. Comme cette pollution est due uniquement à l'Homme, celui-ci doit absolument limiter son utilisation du plastique au quotidien. Si rien n'est fait, en 2050, il pourrait y avoir dans l'océan plus d'objets en plastique que de poissons !

    © Shutterstock


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  • Author: GRAIN    17 October 2018

    Translations: English    Short URL: /e/6044

      L’accaparement des terres est désormais considéré comme un crime contre l’humanité. Mais peu d’accapareurs finissent en prison. Bien au contraire, quand on cherche sur le site spécialisé farmlandgrab.org des informations sur les procès, poursuites, condamnations ou emprisonnements liés aux transactions foncières, ce qu’on trouve principalement, ce sont des histoires de communautés locales accusées d’agissements illicites pour avoir défendu leur propre territoire contre des entreprises toutes-puissantes ! Et pourtant, les liens entre le crime, la corruption et ceux qui effectuent ces transactions de terres agricoles sont bien réels.

    En 2013, dans l’annexe d’un rapport sur un cas d’accaparement des terres dans le nord du Sénégal impliquant des investisseurs italiens soupçonnés de blanchiment d’argent, GRAIN publiait un résumé d’autres cas d’accaparement dans le monde où la signature d’importantes transactions foncières était susceptible de dissimuler des mouvements de fonds illicites.

    Nous avons appris récemment que plusieurs de ces cas ont donné lieu à des poursuites en justice ou des actions menées par les autorités des pays concernés et nous avons décidé de présenter une brève mise à jour des derniers développements. La bonne nouvelle, c’est que dans certains cas, on a pu mettre fin à ces crimes. La mauvaise, c’est que la tendance générale des hommes d’affaire et des politiciens corrompus à se servir des transactions foncières pour s’enrichir de manière illégale se confirme. Ceci est vrai également dans d’autres secteurs touchant au foncier, comme les ressources forestières. Depuis notre liste de 2013, un grand nombre d’autres cas ont été révélés. Voici ci-dessous quelques-uns des mieux documentés.

    Bárcenas : aujourd’hui en prison

    En 2013, nous avions fait état des soupçons qui touchaient l’ancien trésorier du Parti Populaire au pouvoir en Espagne, Luís Bárcenas. Bárcenas était soupçonné d’avoir utilisé, à des fins de blanchiment, une plantation de citronniers de 3000 hectares (ha) située dans le nord de l’Argentine et appartenant à une société du nom de La Moraleja S.A.

    Des liens étroits

    Photo : El País

    Photo : El País

    La Moraleja est tristement célèbre en Argentine. La société a été établie en 1978 durant la dictature militaire de Juan Carlos Onganía par le secrétaire d’Onganía et une société panaméenne, la RedWood Finance & Investment Corp. RedWood était représentée par Ángel Sanchís Perales, trésorier du Parti Populaire espagnol pendant le gouvernement de Manuel Fraga Iribarne. (Le fils aîné de Sanchís, Ángel Rafael Sanchís Herrero, est l’actuel président de la société.) Au cours des 40 dernières années, La Moraleja a maintenu des liens étroits avec les dirigeants répressifs argentins. On l’a très bien vu quand en février 2018 la société a envoyé ses condoléances à l’occasion des obsèques de Luciano Benjamín Menéndez, l’un des généraux argentins de sinistre mémoire les plus brutaux. Ce n’est qu’alors que le public a appris que le fils du général, Martín Horacio Menéndez, était le PDG par interim de La Moraleja.

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  • Un milliard de dollars de Harvard dans un fiasco lié aux terres agricoles 

    GRAIN et Rede Social de Justiça e Direitos Humanos | 06 September 2018 | Land, Reports 

    https://www.grain.org/article/entries/6014-un-milliard-de-dollars-de-harvard-dans-un-fiasco-lie-aux-terres-agricoles

    Vous pouvez lire un article sur ce rapport sur Bloomberg Business Week (en anglais)

     Harvard dans un fiasco lié aux terres agricoles

        L’un des principaux acquéreurs de terres agricoles au monde est sur la sellette en raison de conflits fonciers, de destruction de l’environnement et d’investissements à risque. Un nouveau rapport de GRAIN et de Rede Social de Justiça e Direitos Humanos1 présente, pour la première fois, une analyse exhaustive des investissements controversés de l’Université Harvard dans les terres agricoles au niveau mondial.

           Le rapport constate que:

    • Le Fonds de dotation de Harvard a dépensé environ un milliard de dollars pour faire l’acquisition d’environ 850 000 hectares de terres agricoles à travers le monde, faisant de l’Université l’un des investisseurs agricoles les plus importants et les plus géographiquement diversifiés du monde.
    • Les acquisitions de terres agricoles de Harvard se sont faites sans faire preuve de diligence raisonnable et ont contribué au déplacement et à l’intimidation de communautés traditionnelles, à la destruction de l’environnement et à des conflits liés à l’eau. Les conséquences de ces ententes sont particulièrement désastreuses au Brésil où le Fonds de dotation de Harvard a fait l’acquisition de près de 300 000 ha de terres dans le Cerrado, la savane qui possède la plus importante biodiversité mondiale.
    • Les investissements opaques de Harvard ont engendré des rémunérations exceptionnelles pour les administrateurs du Fonds et les partenaires d’affaires, mais ont échoué en tant que stratégie d’investissement pour l’Université.

    Le rapport exhorte les étudiants, le personnel enseignant et les anciens étudiants de Harvard

    • à exiger que le Fonds de dotation de l’Université cesse l’ensemble de ses investissements dans les terres agricoles
    • qu’il prenne des mesures immédiates pour résoudre les conflits fonciers liés à ses propriétés foncières actuelles
    • et qu’il s’assure que les communautés affectées soient indemnisées adéquatement pour les dommages subis.
    Palmerina Ferreira Lima devant sa maison dans le village de  Melancias, État de Piauí, Brésil. (Foto: Rosilene Miliotti / FASE)

    Palmerina Ferreira Lima devant sa maison dans le village de Melancias, État de Piauí, Brésil. (Foto: Rosilene Miliotti / FASE)

     

    « L’eau. C’est terminé. »

     

    Palmerina Ferreira Lima est une femme âgée de 77 ans vivant à Melancias, un village situé sur les rives de la rivière Uruçuí Preto dans l’État brésilien de Piauí. Depuis plus de 100 ans, sa communauté, située dans la partie nord de la région du Cerrado, a bien vécu grâce aux terres fertiles, à la savane luxuriante et aux eaux abondantes. Mais ces bons jours sont maintenant de l’histoire ancienne.2

    Il y a quelques années, de puissants entrepreneurs clôturèrent les terres entourant le village et érigèrent d’immenses plantations industrielles de soja. La communauté de Palmerina fut coupée des terres dont ils dépendaient depuis des générations pour nourrir leur famille. Ils commencèrent par la suite à souffrir de nouveaux problèmes de santé causés par la pulvérisation aérienne de pesticides, lesquels se propagent des fermes jusqu’à leurs demeures. Les pesticides ont aussi détruit leurs récoltes et contaminé leurs sources d’eau locales. Ces nombreuses rivières et sources, qui étaient jadis abondantes et poissonneuses, s’assèchent dû à la déforestation et à l’irrigation sur les plantations.

    « L’eau. C’est terminé. Il n’en reste presque plus. Nous avons peur de mourir de soif. Si seulement ces projets prenaient fin, l’eau reviendrait. Mais ils ne s’arrêtent pas. Ils s’arrêteront probablement lorsque la rivière sera à sec », raconte Palmerina.

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  • lE PRIX NOBEL D’ÉCONOMIE REVIENT À DEUX AMÉRICAINS POUR LEURS TRAVAUX SUR LE LIEN ENTRE ÉCONOMIE ET CLIMAT

    https://www.novethic.fr/actualite/environnement/climat/isr-rse/le-prix-nobel-d-economie-revient-a-deux-americains-pour-leurs-travaux-sur-le-lien-entre-economie-et-rechauffement-climatique

    Le jour où le groupe d’experts onusien du climat, le GIEC, lance une alerte mondiale sur le réchauffement, la Banque de Suède remet son prix "en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel", dit Prix Nobel, à deux Américains qui ont établi les relations fondamentales entre l’activité économique et le climat. Selon le jury, les deux hommes ont œuvré à conjuguer "l'économie mondiale et bien-être de la population".

    Prix Nobel d economie 2018 HenrikMontgomery TTNewsAgency AFPLe prix Nobel d'économie 2018 est attribué à deux américains : Paul Romer et William Nordhaus.
    @HenrikMontgomery/TTNewsAgency/AFP

    Allier innovation, climat et économie pour plus de croissance verte : le 50e prix Nobel d'économie a été attribué lundi aux Américains Paul Romer et William Nordhaus qui ont modélisé les vertus et nuisances de l'activité économique sur le climat.

    Favoris du Nobel depuis plusieurs années, les co-lauréats "ont mis au point des méthodes qui répondent à des défis parmi les plus fondamentaux et pressants de notre temps : conjuguer croissance durable à long terme de l'économie mondiale et bien-être de la population de la planète", a indiqué l'Académie royale des sciences.

    Notion de "Croissance durable"

    Paul Romer, chercheur de 62 ans, est ancien économiste en chef de la Banque mondiale. Il est connu pour avoir théorisé "la croissance endogène" dès 1986, montrant comment l'innovation et le progrès technique participent de manière importante à la croissance. Ce modèle a été adapté dans les recherches de William Nordhaus pour l'innovation verte et à l'idée d'une croissance durable.

    Il a notamment mis en avant le rôle des forces économiques et des régulations dans "l'inclination" des entreprises à innover. "Nombreux sont ceux qui pensent que la protection de l'environnement est si coûteuse et difficile à mettre en œuvre qu'ils préfèrent ignorer le problème, voire nier son existence", a déclaré à l'académie Paul Romer, aujourd'hui enseignant à la Stern School of Business de l'université de New York.

    Prédiction des politiques climatiques

    Son compatriote William Nordhaus, 77 ans, professeur à l'université de Yale, s'est spécialisé dans la recherche des conséquences économiques du réchauffement climatique. Il a été le premier, dans les années 1990, à modéliser le lien entre l'activité économique et le climat en conjuguant les théories et l'expérience tirées de la physique, de la chimie et de l'économie. Ces travaux font aujourd'hui autorité pour prédire ou quantifier les conséquences des politiques climatiques, par exemple la taxe carbone.

    La remise du prix Nobel d'économie coïncide avec la publication d'un rapport de 400 pages par les experts climat de l'ONU (Giec) qui expose les nombreux effets déjà à l'œuvre, et notamment la menace d'emballement au-delà d'1,5°C de réchauffement (par rapport aux niveaux préindustriels) : vagues de chaleur, extinctions d'espèces, ou déstabilisation des calottes polaires, source de montée des océans sur le long terme.

    Ludovic Dupin avec AFP      © 2018 Novethic - Tous droits réservés


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  • Libre-échange

    L’arbitrage, une justice d’exception

     https://www.alternatives-economiques.fr//larbitrage-une-justice-dexception/00085813?utm_source=emailing&utm_medium=email&utm_campaign=NL_Quotidienne%2F04092018

    Claire Alet 04/09/2018                         

    Assis devant son bureau, d’où il a une vue panoramique sur les toits de Paris, l’avocat Emmanuel Gaillard raconte : « 50 milliards de dollars sont le montant le plus élevé attribué jusqu’à présent par un tribunal d’arbitrage d’investissement international. » Et c’est lui, star du domaine, qui a fait gagner cette somme en 2014 aux ex-actionnaires de droit britannique du groupe pétrolier Ioukos, en dédommagement d’une expropriation de ses biens par les autorités russes [1].

    Les tribunaux d’arbitrage d’investissement sont un mécanisme permettant à un investisseur étranger d’attaquer en justice un Etat lorsque celui-ci a pris une mesure nuisant à son investissement. Dans le cas d’une expropriation directe par un pouvoir autoritaire, le montant semble certes faramineux, mais la procédure ne soulève pas de question particulière de légitimité. Mais qu’en est-il lorsque Philip Morris attaque l’Uruguay au motif que son projet de mise en place d’avertissements sur les paquets de cigarettes porterait atteinte au droit de propriété du cigarettier ? Ou lorsqu’une entreprise minière canadienne demande 16 milliards de dollars à la Colombie pour avoir déclaré « parc national naturel » la partie de la forêt amazonienne où la firme avait un projet de concession de mine d’or, de fait annulé ?

    Ces tribunaux d’arbitrage, de plus en plus contestés, ont été au coeur de la bataille entourant les négociations du traité de libre-échange entre l’Europe et le Canada, le Ceta. Ils restent l’un des principaux obstacles, aux yeux de ses détracteurs, à la ratification par la France de ce traité qui devrait être soumis au Parlement en 2019, après les élections européennes.

              1/ Les tribunaux d’arbitrage, c’est quoi ?

    L’arbitrage d’investissement est un mécanisme juridique qui vise à régler un différend entre un Etat et un investisseur étranger, essentiellement des multinationales. Il est apparu dans les années 1950, sur fond de guerre froide, pour éviter que de tels contentieux dressent deux Etats l’un contre l’autre, si celui dont relevait l’entreprise prenait sa défense. Il s’agissait aussi de protéger les capitaux conservés par les anciens colonisateurs contre les gouvernements des Etats nouvellement indépendants. Mais c’est à partir des années 1990 que ces tribunaux, souvent appelés investor-state dispute settlement (ISDS), se sont développés, bien au-delà des cas d’expropriation violente.

    Le recours aux tribunaux d’arbitrage est prévu par plus de 3 000 traités internationaux, de libre-échange ou d’investissement.      
     

    Aujourd’hui, le recours à ces tribunaux ad hoc est prévu par plus de 3 000 traités internationaux, de libre-échange ou d’investissement. Leurs décisions s’imposent aux Etats signataires. Un tribunal est composé non pas de juges, mais d’arbitres qui, en pratique, sont des avocats d’affaires. L’investisseur nomme un arbitre, l’Etat le sien, et les parties se mettent d’accord sur un troisième qui présidera le tribunal. De nombreuses audiences – qui ne sont pas publiques – se déroulent au siège du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi), à Washington ou à Paris, mais aussi dans des hôtels de luxe.

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  • Jean Ziegler : « Le système capitaliste financier globalisé détruit le monde »

    Un article très clair par ce spécialiste très éclairé, dans la suite de la démission de Nicolas Hulot.

    « Ce n’est pas le ministre de l’écologie qui détient le pouvoir, mais les oligarchies financières ».

    Cela correspond tout à fait à ce que disait Nicolas Hulot en annonçant sa démission.

    « Pour le sociologue et altermondialiste suisse, la démission de Nicolas Hulot illustre la faiblesse des institutions démocratiques face au capitalisme financier globalisé. Une absence de contre-pouvoir qui entraîne mépris du bien commun et destruction progressive de la planète et de la biodiversité ».

    Il est clair qu’un régime comme celui de la France qui tente de soutenir et de suivre le système financier mondial ne peut pas concrètement agir en faveur de l’écologie, puisqu’il soutient le système qui détruit la nature. Hypocrisie, manipulation, immaturité de conscience, je vous laisse choisir. Mensonge dans tous les cas.

    Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 221

    De l’air irrespirable, une eau polluée, une nourriture empoisonnée… La Terre est en sursis, les hommes tombent malades, et pourtant un ministre de l’Ecologie démissionne du gouvernement français parce qu’il se sent impuissant face aux lobbys. Jean Ziegler, homme politique, altermondialiste et sociologue ne dénonce pas ces derniers qu’il appelle des «larbins» mais tout le système capitaliste, responsable selon lui de la destruction de la planète.

    Vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme des Nations unies depuis 2009 et ancien rapporteur spécial auprès de l’ONU sur la question du droit à l’alimentation dans le monde, il vient de publier le Capitalisme expliqué à ma petite fille (en espérant qu'elle en verra la fin, (éditions du Seuil, 2018).

    Que révèle la démission de Nicolas Hulot sur l’écologie et la politique ?
     

    Dans son interview à France Inter, Nicolas Hulot a prononcé une phrase-clé : «C’est un problème de démocratie : qui a le pouvoir ?» Qui, en effet, a le pouvoir dans nos démocraties ? La réponse est claire : le capital financier globalisé. Ce n’est donc pas un gouvernement qui détient le pouvoir en la matière, et encore moins un ministre de l’Ecologie, aussi courageux soit-il.Nos démocraties ne peuvent-elles donc rien faire contre le pouvoir de la finance ?

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  • Six résidus de pesticides sur dix retrouvés dans notre alimentation suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, affirme Générations futures

    https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/pesticides

    L'association Générations futures appelle les autorités publiques, après la publication d'un rapport, à prendre des actions pour assurer leur disparition de notre agriculture.  

    Commentaire. Alimentation : six résidus de pesticides sur dix retrouvés dans nos assiettes suspectés d’être des perturbateurs endocriniens

    Et ils sont actifs et toxiques, même à faibles doses. Il n’y a pas de doses inoffensives.

    Générations futures : https://www.generations-futures.fr/wp-content/uploads/2018/09/rapport-exppert-10-efsa-residus-pe-alimentation-310818.pdf

    Les perturbateurs endocriniens au menu ? En juillet dernier, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a publié un rapport sur la présence de pesticides dans l’alimentation européenne : plus de 96% des échantillons analysés se situaient dans les limites légales. Mais, dans un rapport publié mardi 4 septembre, Générations futures assure que plus de six résidus de pesticides sur dix détectés lors de ces analyses sont "suspectés" d’être des perturbateurs endocriniens. L'association appelle les autorités publiques à prendre des actions pour assurer leur disparition de notre agriculture. On vous détaille les enseignements de ce rapport.

    Quels sont les résultats de cette étude ?

    Générations futures s'est appuyée sur le dernier rapport (PDF en anglais) sur la présence de pesticides dans les aliments, publié par l'Efsa en juillet. L'Autorité européenne de sécurité des aliments a compilé les analyses réalisées en 2016 au sein des 28 pays de l'Union européenne, ainsi qu'en Norvège et en Islande, sur 84 657 échantillons de nourritures : des légumes, des fruits, des noix, des céréales, des aliments pour nourrissons...

    Plus de la moitié des aliments concernés (50,7%) ne comportaient aucun résidu de pesticide quantifiable. Mais, dans les autres produits testés, les analyses avaient pu permettre de détecter un total de 109 843 résidus différents. Générations futures a croisé ces résultats avec une liste de perturbateurs endocriniens "potentiels" établie par TEDX (en anglais), l’organisation créée par la scientifique Theo Colborn à l’origine de la découverte des phénomènes de perturbation endocrinienne. Cette liste regroupe 1 457 molécules ou familles de molécules qui ne sont pas forcément considérées comme des perturbateurs endocriniens avérés par les autorités, mais pour lesquelles au moins une étude universitaire publiée dans une revue scientifique a montré un effet de perturbation endocrinienne.

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  •   Le chantier naval de Saint-Nazaire produit des paquebots, pas des porte-conteneurs de 50 000 boîtes. Le ministre démissionnaire Nicolas Hulot s’est emmêlé les pinceaux en voulant dénoncer le trafic mondialisé.

     https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/saint-nazaire

    « Quand on se réjouit de voir sortir de Saint-Nazaire un porte-conteneurs qui va porter 50 000 conteneurs, c’est une superbe performance technologique. Est-ce bon pour la planète, la réponse est non. »

    L’ex-ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot a cité à tort la ville des Chantiers de l’Atlantique, mardi 28 août, sur France Inter. Nicolas Hulot voulait dénoncer les conséquences de la mondialisation et de la pollution liée au trafic maritime, mais il s’est trompé de cible.

    Des bateaux fabriqués en Asie

    Saint-Nazaire construit des paquebots, pas des porte-conteneurs. Il y a plus de dix ans qu’on ne construit plus ici des navires de commerce. Et il s’agissait plutôt de méthaniers voire de pétroliers.

    Les porte-conteneurs, de conception beaucoup plus simple que les paquebots, sont aujourd’hui quasiment tous fabriqués en Asie.

      Les paquebots d’aujourd’hui ne sont pas exempts de responsabilité en matière de rejets polluants. | archives

    Cela n’exonère pas les navires de croisière de la question des rejets polluants : « Un paquebot pollue autant qu’un million de voitures, en termes d’émissions de particules fines et de dioxyde d’azote », rapporte une étude de France nature environnement.

    En parlant de Saint-Nazaire, le ministre aurait pu vouloir évoquer le trafic du port maritime. Mais là encore, ce n’est pas la bonne échelle : les porte-conteneurs qui viennent décharger ici ont pour l’instant une capacité de 4 000 boîtes seulement. Ce n’est pas le cas du Havre, Rotterdam ou Anvers qui accueillent de vrais monstres flottants.

    Le trafic maritime reste très polluant

    On est de toute façon loin des 50 000 conteneurs empilés sur un seul navire. En effet, le plus gros porte-conteneurs jamais construit est sorti d’un chantier naval sud-coréen cette année, avec une capacité de 21 000 conteneurs.

    Reste que le trafic maritime est effectivement gros générateur de pollution. « Les quinze plus gros navires présents sur les mers du globe répandent à eux seuls, plus de soufre que toutes les voitures en circulation sur la planète et cela sans aucun système de filtration », révélait, il y a déjà dix ans, le journal britannique The Guardian.


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  • 60 % des grands fonds de pension publics ne prennent toujours pas en compte le risque climat

    https://www.novethic.fr/actualite/finance-durable/isr-rse/

    Les 100 plus grands fonds de pensions publics au monde investissement moins de 1 % de leurs actifs dans la transition bas-carbone. Plus grave encore, ils sont plus de 60 % à ignorer les répercussions financières du changement climatique sur leurs portefeuilles, au risque de s'exposer à des litiges. 

    Time for change pixabay Les plus grands fonds de pension publics au monde ont investi moins de 1 % de leurs actifs dans la transition bas-carbone.
    @Pixabay

    63 % des plus grands fonds de pension publics monde ne prennent pas ou presque pas en compte le risque climat. C’est ce que révèle une nouvelle étude de l’Asset Owners Disclosure Project (AODP), une initiative de l’association pour l’investissement responsable ShareAction. Dans une étude publiée le lundi 10 septembre, les auteurs établissent un classement des 100 plus grands fonds de pension publics (qui pèsent à eux tous 11 000 milliards de dollars) en fonction de leur application des recommandations du groupe de travail sur l’information financière relative au changement climatique (TCFD) du Conseil de stabilité financière.

    Dans le haut du classement, avec un 'AAA', on trouve le suédois AP4, juste devant le Fonds de Réserve pour les Retraites (FRR), seul fonds de pension français du top 100 mondial. Le New York State Common Retirement Fund et le néerlandais ABP, occupent les 3e et 4e places. Mais derrière ce peloton de tête la majorité des fonds obtient de très mauvaises notes. "Les caisses de retraite ont pourtant le devoir de servir l'intérêt à long terme de leurs membres, ce qui n'est pas le cas si l'argent qu'elles investissent s'épuise avec la santé de la planète. Il est grand temps que l'industrie passe à l'action", réagit Felix Nagrawala, analyste à l'AODP.

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  • Short URL: https://farmlandgrab.org/2837
     
    Humanité Dimanche | 9 août 2018   par Michel Husson
     
      Les investisseurs internationaux mettent le grappin sur les terres cultivables de la planète. Dans des pays où il n’y a pas de droits de propriété solidement établis, ces achats se traduisent pour les paysans par des expulsions pures et simples. [1]   L’achat de terres par des investisseurs étrangers est l’une des nouvelles formes de la mondialisation. Ce phénomène a pris une ampleur particulière après le boom des prix agricoles de 2007-2008. On parle d’accaparement des terres et en anglais de land grabbing, un terme plus critique, qui implique l’idée de mainmise.   Une grande opacité entoure les accords et il est donc difficile de mesurer l’ampleur exacte du phénomène. Les deux sources disponibles – soit la base de données Land Matrix établie par l’International Land Coalition et celle de l’ONG Grain – convergent pour estimer que la surface concernée est de l’ordre de 30 à 37 millions d’hectares (soit entre 300 000 et 370 000 km2).
        Un enchevêtrement opaque des investissements  
    Les données de Land Matrix montrent le caractère très généralisé du phénomène. À peu près tous les pays – hormis ceux d’Amérique du Nord et d’Europe de l’Ouest – sont concernés comme « receveurs ». Mais, et c’était a priori moins évident de manière intuitive, c’est tout aussi vrai pour les pays « émetteurs ». Cela veut dire qu’il existe des investissements croisés au sein d’une même région du monde, notamment en Afrique. La carte ci-dessous montre la répartition géographique des accords.
      Du côté des principaux pays investisseurs, on trouve en tête les États-Unis, avec 8,2 millions d’hectares recensés. La Chine ne vient qu’en quatrième position, après la Malaisie et Singapour. Du côté des pays « receveurs », tous les continents du Sud sont concernés, avec notamment la République démocratique du Congo, le Brésil et l’Indonésie, auxquels il faut ajouter l’Ukraine et la Russie. 

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  • La qualité de l'eau de nos rivières constitue un enjeu majeur, tant d'un point de vue sanitaire qu'environnemental. Régulièrement, des rapports d'associations ou d'organismes variés nous alarment à ce sujet. Plus de 90 % des rivières de France seraient polluées.

    https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/eau-rivieres-france-sont-elles-polluees

      Réglementations limitées et absence de sensibilisation des citoyens. Dans les années 1970, la situation des rivières de France en matière de pollution était sans conteste déplorable. Les pratiques agricoles intensives et les rejets domestiques et industriels continuent de fragiliser le réseau hydrographique assez dense de notre pays.

    Présence de substances nocives dans les rivières françaises

    Selon un rapport de l'association Robin des Bois, chaque année, plus de 60.000 tonnes d'hydrocarbures sont ainsi déversées dans les rivières de France. Il ne s'agit malheureusement que d'une catégorie de substances parmi d'autres. Nos cours d'eau sont constamment contaminés. Herbicides, insecticides, pesticides, etc. Ils contiennent des matières nocives et parfois même, en quantité. Selon l'UFC-Que Choisir, en 2017, la concentration en pesticides dépassait ainsi la norme définie pour l'eau potable dans la moitié des cours d'eau de notre pays. La qualité des eaux est cruciale, pour la faune et la flore, et bien sûr une ressource utilisée pour notre eau potable.

    L’Homme, responsable de la pollution des rivières françaises

    De nombreux éléments sont à l'origine de la pollution des rivières de France. En tout premier lieu figure l'agriculture intensive et industrielle par l'emploi des pesticides. Elle est suivie de près par l'entretien des jardins et de la voirie. On trouve ensuite certains aménagements plutôt dangereux pour l'environnement, à l'instar des réseaux routiers, des barrages ou encore de l'urbanisation de sites naturels. Viennent enfin les fuites d'hydrocarbures et autres solvants pétroliers qui sont déversés dans les rivières de France. À ne pas oublier non plus, une forme de pollution dite historique, une pollution au mercure, au plomb ou au cadmium par exemple, qui s'est depuis longtemps accumulée au fond des rivières.

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  • Malgré les plans pour la réduire de moitié pour 2018, l'utilisation des pesticides continue d'augmenter (France)

       Psychomédia     Publié le 18 août 2018
      En France, malgré le lancement de deux plans Ecophyto depuis 2008 pour réduire de 50 % l'usage des

    Réduction des pesticides?...

    pesticides en agriculture pour 2018, puis pour 2025, leur utilisation a augmenté de 12 % entre 2014 et 2016, indique un communiqué conjoint des ministères de l'Agriculture, de la Santé, de l'Écologie et de la Recherche.

       C'est davantage que la hausse (+9,4 %) observée de 2013 à 2014.

       Globalement, l'augmentation a été de 12,4 % par rapport à 2009, rapporte France Nature Environnement.

       « Sur ces 10 dernières années, les structures censées accompagner les agriculteurs vers la sortie des pesticides n’ont même pas réussi à stabiliser leur utilisation… et ce malgré le demi-milliard mobilisé », commente l'association.

    Le 27 juillet, le comité d'orientation stratégique et de suivi (COS) du plan Ecophyto était réuni au ministère de l'Agriculture. Il a annoncé un plan Ecophyto 2+, la sortie du glyphosate en 3 ans et l’interdiction des néonicotinoïdes.

    Ce plan sera soumis à la consultation publique à l'automne prochain et publié avant fin 2018.

    Il intégrera le « plan d'action sur les “produits phytopharmaceutiques” et une agriculture moins dépendante aux pesticides » qui a été présenté en avril et reprendra le « plan d'action de sortie en trois ans du glyphosate » présenté en juin.

    « Certes le gouvernement a annoncé des mesures, mais il ne faut pas que ce soit l’arbre qui cache la forêt. Au-delà de l’interdiction des molécules les plus préoccupantes, l’objectif est la réduction globale et drastique de l’usage des pesticides en France » a souligné Claudine Joly de France Nature Environnement.

    « L'outil Ecophyto est intéressant mais la sortie des pesticides ne se fera pas sans l'activation d'autres leviers économiques et règlementaires nécessaires pour obtenir une mobilisation de l'ensemble de la profession », estime-t-elle.

    Pour plus d'informations, voyez les liens plus bas.(sur Psychomédia)

    Psychomédia avec sources : Ministère de l'Agriculture, France Nature Environnement, La Dépêche.
    Tous droits réservés.

    Voyez également :
    • Puberté précoce : les pesticides sont la 1re hypothèse pour la forte incidence dans certaines régions (France)
      • Pesticides : classement des fruits et légumes les plus contaminés en France (raisins et céleri en tête)

      • Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent rapidement

        Définition européenne des perturbateurs endocriniens : la France cède à l’Allemagne sur les pesticides. 
       

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  •   Dauphins, tortues, poissons… Une "marée rouge" décime la population aquatique de Floride. 

    Marée rouge en Floride

    La marée rouge a tué plus de 100 tonnes d'animaux marins en quelques semaines.    @terryKelly

      Depuis quelques semaines, les organismes marins succombent au large de la Floride. Une bactérie sécréte un puissant neurotoxique, capable de tuer des animaux aussi imposants que des dauphins ou des lamantins. Si le phénomène est naturel, il est aggravé par l’agriculture intensive et la pollution.  

        Les autorités ont décrété l'état d'urgence en Floride, où une "marée rouge" dévastatrice noircit l'eau de mer et tue dauphins, tortues marines et poissons à un rythme effréné. Rien que ce mois-ci, plus de cent tonnes d'animaux marins ont été ramassées sur des plages désertes et empestées par une odeur nauséabonde autour de la ville de Sarasota, sur la côte ouest de la Floride, normalement très prisée des touristes.

    Depuis le 7 août, douze dauphins se sont échoués sur le rivage du comté, tous morts, un bilan équivalent à celui d'une année entière normalement. "C'est physiquement et mentalement épuisant", lâche Gretchen Lovewell, du Mote Marine Laboratory, en charge d'une équipe recueillant les tortues et les mammifères marins en détresse ou décédés.

    Un neurotoxique puissant

    La marée rouge, "red tide" en anglais, est un phénomène naturel provoqué par le Karenia brevis, un organisme unicellulaire microscopique surtout présent dans le Golfe du Mexique. Il relâche une neurotoxine puissante pouvant se propager dans l'air, causant migraines, toux et crises d'asthme chez l'homme.

    Le Karenia brevis se retrouve tout au long de l'année en faible quantité. Mais si ces organismes se multiplient, le péril est grand pour les animaux. Les tortues marines et les lamantins risquent de respirer leurs neurotoxines ou de mourir en ayant mangé des poissons ou des algues infectés.

    Aggravation du phénomène

    Le phénomène qui touche actuellement la Floride a débuté en octobre 2017, mais il s'est largement accentué ces dernières semaines, se propageant sur la côte ouest de l'État, de Tampa à Naples, sur une distance de 320 kilomètres.

    L'agriculture industrielle et un mauvais traitement des déchets peuvent favoriser la prolifération des algues toxiques, bleues ou vertes, un autre problème qui touche les eaux de Floride. Et il en serait de même pour la marée rouge, selon des experts.

    Après la dernière marée rouge d'envergure, en 2005-2006, les dauphins avaient continué à en souffrir, note Randall Wells. Seuls deux dauphins auraient été tués à l'époque à cause des toxines. Mais de très nombreux poissons étaient morts, poussant les cétacés affamés à se rabattre sur les filets de pêche, qui représentent pour eux un risque conséquent.

    Ludovic Dupin avec AFP       © 2018 Novethic - Tous droits réservés


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  • Jour du dépassement : à partir d'aujourd'hui, l'Humanité a vidé la Terre de ses ressources. 

      Ce mercredi 1er août marque le jour du dépassement de la Terre, le jour où l’humanité a consommé toutes les ressources que la planète est capable de produire en un an. Nous allons donc vivre à crédit jusqu'à la fin de l'année et "entamer" une seconde planète. Cette dette écologique s'alourdit d'année en année, même si elle progresse dans le calendrier à un rythme plus lent depuis une dizaine d'années.

        En France, le jour du dépassement de la Terre cette année est tombé le 5 mai.    @Pxhere

       Le 29 décembre en 1970, le 7 novembre en 1978, le 15 octobre en 1988, le 30 septembre en 1998, le 15 août en 2008 et le 1er août en 2018. En presque cinquante ans, l’Earth overshoot day - le jour du dépassement de la Terre en français - n’a cessé de grignoter des semaines dans le calendrier.

       Désormais, au bout de seulement sept mois, nous avons déjà consommé toutes les ressources que la planète est capable de produire en un an. À partir d’aujourd’hui, l’humanité vit à crédit jusqu’au 31 décembre et doit donc "entamer" une seconde planète, pour continuer à boire, à manger, à se chauffer, à se déplacer, à produire.

     

     

    Calculé par le Global Footprint Network, ce jour du dépassement de la Terre alerte chaque année états, citoyens et entreprises. Ce jour marque le moment où nous avons déjà émis plus de carbone que ce que les océans et les forêts ne peuvent absorber en un an. Nous avons pêché plus de poissons, coupé plus d’arbres, fait plus de récoltes, consommé plus d’eau douce que ce que la Terre a pu produire sur cette même période.

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  • Greenpeace Africa exhorte Halcyon Agri à stopper la destruction des moyens de subsistance des communautés et la biodiversité au Cameroun.

     26 Jul 2018

    Short URL: https://farmlandgrab.org/28327
    Posted in:  Cameroon Singapore

      Par Aurélien Mbarga

    Le 24 juillet 2018 à Yaoundé, Greenpeace Africa a rendu public un rapport sur la stratégie d’exploitation d’une entreprise sordide de caoutchouc basée au Cameroun, la société singapourienne Halcyon Agri et sa filiale camerounaise. Le rapport « Halcyon Agri: Le caoutchouc qui dévaste les forêt  » met à nu les conséquences des activités de Sudcam sur l’écosystème et sur les communautés locales et autochtones du sud du Cameroun.

    Les concessions de Sudcam sont situées dans la périphérie de la réserve  faunique du Dja, site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1987 en raison de sa valeur universelle exceptionnelle en matière de biodiversité végétale et faunique. La réserve faunique du Dja abrite quatorze espèces de primate et de mégafaune notamment  les éléphants de forêt, des buffles de forêt, des pangolins géants et des antilopes bongo. Avec une ceinture forestière de seulement 100 à 200 mètres séparant la plantation de Sudcam de la réserve faunique du Dja, le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO a identifié Sudcam comme étant une nouvelle menace sérieuse pour la réserve faunique du Dja.

    Sudcam a procédé au défrichage de 10 000 hectares de forêt dense tropicale — soit l’équivalent de 10 terrains de football par jour — pour faire place à une plantation d’hévéas entre 2011 et 2018. Sudcam est responsable de la nouvelle série de défrichage la plus dévastatrice de  l’agriculture industrielle dans le bassin du Congo. Au cours des derniers mois, le processus de défrichage a connu une accélération considérable.

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  • Saint-Domingue, submergé par une mer de plastique, prouve que nous avons saturé l’océan de nos déchets

    Marée de déchets plastiques...

    60 tonnes de déchets plastiques ont été retirées ces six derniers jours des plages de Saint-Domingue.
    @ParleyForOcean

    60 tonnes de déchets plastiques ont été retirées en 6 jours sur les plages de Saint-Domingue… en vain. Les grandes marées ont rejeté 12 000 tonnes de déchets sur Mumbai. Des phénomènes de plus en plus courants sur la planète signifiant que nous avons largement dépassé la capacité de nos océans à être notre poubelle.

      Vidéo de 41 s. sur: https://twitter.com/KOAA/status/1020722719611138048/video/1 (à reporter sur votre barre d'adresse)

       Décidément, l’océan n’accepte plus d’être la poubelle de l’Humanité. Il y a quelques jours, il recrachait sur Mumbai en Inde 12 000 tonnes de déchets. Actuellement, à 14 000 kilomètres de là, à Saint-Domingue, ce sont des dizaines de tonnes qui souillent les plages - censément paradisiaques - et qui flottent sur le littoral. Et la capitale de la République dominicaine n’est pas en mesure de faire face.

       C’est l’ONG Parley for Ocean qui a permis de mesurer l’ampleur du drame en diffusant une vidéo sur les réseaux sociaux. On y voit un tapis de déchets plastiques qui ondule au gré des vagues, sans que l’on ne parvienne jamais à voir la moindre goutte d’eau tant les détritus sont compacts. Ces six derniers jours, 60 tonnes de déchets ont déjà été récupérées, ce qui n’est rien en comparaison de ce que la mer charrie chaque jour vers le rivage.

      Au-delà de l’Inde et des Caraïbes, ce type de scène se multiplie ces dernières années. De telles quantités de déchets plastiques ont été observées au Honduras, à Bali et même en Arctique. Sans compter les cas d’animaux marins qui s’échouent sur la plage après avoir ingurgité des sacs et films plastiques, comme ce cachalot retrouvé mort sur une plage espagnole en avril dernier.

      Selon des études concordantes, il y aurait plus de 5 milliards d’objets plastiques flottant dans les océans de la planète, représentant au moins 250 000 tonnes de matières. Le célèbre surfer, Kelly Slater, engagé sur la protection des océans et des requins, a relayé la vidéo sur Instagram et cite l’apnéiste Kimi Wermer : "On nous a vendu le concept d'une société du tout-jetable : plus on est civilisés, plus tout doit être "pratique". Pourquoi faire la vaisselle quand on peut la jeter ? Pourquoi prendre soin des choses si on peut les jeter aussitôt ? On fabriquera ces choses pour pas chères qu’on jette ailleurs (…) Sauf qu'il n'y a pas de "ailleurs", Ça N'EXISTE PAS."

        Ludovic Dupin @LudovicDupin      © 2018 Novethic - Tous droits réservés

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  • Les lobbies agroalimentaires auditionnés à l'Assemblée : "Ça rappelle les pratiques de l’industrie du tabac."

    https://www.msn.com/fr-fr/actualite/r-evolutions/les-lobbies-agroalimentaires-auditionnés-à-lassemblée

    Anne Crignon   12/06/2018    (Nouvel Obs)

      Quatre représentants de l’industrie agroalimentaire étaient auditionnés jeudi matin à l’Assemblée nationale par la commission d’enquête sur l’alimentation industrielle et les produits ultratransformés, lesquels sont soupçonnés d’être la cause d’épidémies contemporaines, diabète, obésité, et de certains cancers, notamment celui du sein (1).  

    Il y avait là une porte-parole d’Alliance 7, organe de communication de la biscuiterie à la française et autres gourmandises comme les pastilles Vichy ou les calissons d’Aix. Et trois représentants de la toute-puissante Ania – l’Association nationale des industries agroalimentaires –, laquelle regroupe des petites et moyennes entreprises et dix-sept grandes fédérations françaises, comme la Fédération nationale de l’industrie laitière, la Fédération des ingrédients aromatiques alimentaires ou encore la Fédération des industriels charcutiers. L’Ania représente aussi les intérêts de multinationales : Coca-Cola, Danone, Mars, Kellogg’s, Neslé ou Lactalis, dont le PDG était, par le hasard du calendrier, entendu au même moment dans une salle voisine au sujet du lait infantile contaminé.  

    La directrice de l’Ania, Catherine Chapalain, est donc là, accompagnée de son directeur des affaires publiques de communication et de la directrice des questions d’alimentation et de santé. Les quatre invités prennent place dans le "sixième bureau" du Palais-Bourdon, petit auditorium lumineux, où les accueillent une poignée d’élus emmenés par Loïc Prud’homme, député La France insoumise de Gironde, à la tête de la commission.   

    L’Ania a déclaré à la Haute autorité de la transparence faire du lobbying en France pour le compte de 27 clients. C’est donc un acteur ultrapuissant, avec des relais parmi les députés et sénateurs : des correspondants permanents de l’industrie  au Parlement pourrait-on dire, qui reprennent dans certains de leurs amendements des passages entiers de textes rédigés par l’Ania (2). Ceci rend d’autant plus captivant le face-à-face entre ces talentueux "influenceurs" et l'intraitable Loïc Prud'homme.

    Le député prend en effet très au  sérieux les travaux d’Anthony Fardet, de l’Inra de Clermont-Ferrand, probablement en train de faire progresser d’un grand bond la recherche en nutrition avec la publication d’un  livre (2) sur les effroyables conséquences de la commercialisation puis la généralisation, partout dans le monde, d’une nourriture industrielle ultratransformée, laquelle s’est substituée peu à peu à la cuisine traditionnelle : plats préparés, céréales pour enfants, yaourts (soi-disant) aux "fruits" , pizzas congelées, soupes en brique, mayonnaise et ketchup, surimi, pain de mie et autres nuggets, qui finissent par nuire gravement à la santé dès lors que leur consommation est régulière.   

    Un lien entre aliments industriels et cancers

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  • Published: 03 Jul 2018

    Short URL: https://farmlandgrab.org/28273
    Posted in:  FIAN MATOPIBA

    FIAN International, Réseau pour la justice sociale et les humains et la Commission pastorale de la terre (CPT)

     La spéculation foncière mène à des violations des droits humains et à l'éco-destruction au Brésil

    Un nouveau rapport révèle comment les fonds de pension internationaux, les investissements étrangers et les institutions détruisent l'avenir des communautés rurales du nord-est du Brésil.

      L'avancée de l'agro-industrie dans la région de MATOPIBA (une zone d'environ 73 millions d'hectares qui s'étend sur les États brésiliens du Maranhão, Tocantins, Piauí et Bahía), soutenue par le capital international, détruit les moyens de subsistance des communautés rurales et érode considérablement la biodiversité locale.

      La région MATOPIBA est située dans la partie nord du Cerrado, une écorégion qui abrite 5% de la biodiversité mondiale. Moins connue que l'Amazonie, elle est tout aussi vitale pour l'écologie du pays et de la planète. Les communautés indigènes et traditionnelles qui y vivent ont développé des stratégies de survie et de coexistence avec cet écosystème et leurs pratiques et connaissances sont indispensables à la survie du Cerrado. Avec l'expansion de l'activité financière et de l'agriculture industrielle - en particulier le soja - cette écorégion atteint des taux de déforestation extrêmement élevés.

    Des conséquences graves pour la population locale

     Les communautés de la région de MATOPIBA sont déplacées de leurs terres et subissent une contamination généralisée du sol, de l'eau et du bétail par les produits agrochimiques. La violence à l'encontre des dirigeants communautaires est en hausse, tout comme les conflits sur l'eau.

      « L'accaparement des terres est principalement le fait d'acteurs locaux, mais ceux-ci sont soutenus par de l'argent provenant de l'étranger. La falsification des titres fonciers est au cœur de cette activité, en tant que moyen de simuler la propriété foncière, qui a été appropriée illégalement », explique Isolete Wichinieski de la Commission pastorale de la terre (CPT), une organisation brésilienne travaillant en étroite collaboration avec les communautés rurales. « Les populations locales détiennent rarement des titres fonciers officiels, mais la loi brésilienne reconnaît les droits qu'elles ont acquis en occupant et en utilisant leurs terres au fil des générations ».

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