• L’œuvre négative du néocolonialisme français et européen en Afrique. Les Accords de Partenariat Économique (APE) : De la Françafrique à l’Eurafrique

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        Maghreb Online | 12 janvier 2020

       L’œuvre négative du néocolonialisme français et européen en Afrique. Les Accords de Partenariat Économique (APE) : De la Françafrique à l’Eurafrique

        par Saïd Bouamama

        Au moment où se « négocient » les indépendances des colonies françaises d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest, la France met en place « un système de coopération » c’est-à-dire souligne le juriste Guy Feuer « un ensemble organisé et articulé d’éléments plus ou moins interdépendants[i] ». Le « traité de coopération et de défense » que la France signe formellement avec ses colonies est bâtit selon une architecture et un contenu unique. Il inclut l’ensemble des domaines de coopération (zone Franc, coopération commerciale et douanière, coopération culturelle, coopération militaire, etc.). Ce système s’impose en bloc pour l’ancienne colonie comme le souligne de manière paternaliste le premier ministre Michel Debré le 15 juillet 1960 s’adressant au futur président de l’État gabonais : « On donne l’indépendance à condition que l’État s’engage une fois indépendant à respecter les accords de coopération signés antérieurement : il y a deux systèmes qui entrent en vigueur en même temps : l’indépendance et les accords de coopération. L’un ne va pas sans l’autre[ii]. »

    La nature néocoloniale de ces accords sera explicitement reconnue par le président Giscard d’Estaing 15 ans plus tard lors d’une interview concernant le sommet Franco-Africain du 10 mai 1976 : « Il faut enlever au concept de coopération la notion d’impérialisme sous toutes ses formes[iii]. » Il est vrai que cet aveu se faisait dans un contexte de combat de nombreux pays du tiers-monde pour un « nouvel ordre économique mondial ». Après avoir traité dans notre livraison précédente la partie consacrée à la zone Franc de ces accords de coopération, penchons-nous sur le volet commercial, économique et douanier.

    La « coopération » est la continuation de la colonisation par d’autres moyens
    [iv]

    « L’histoire des accords franco-africains et malgaches ne se sépare pas de celles du groupe de Brazzaville, de l’UAM et de l’OCAM[v] » rappelle le juriste Guy Feuer. Le groupe de Brazzaville est constitués par 11 Etats francophones en décembre 1960 « de tendance modérée très favorable à la coopération avec la France[vi] » souligne l’historien burkinabé Yakouba Zerbo. Ces Etats constitueront l’Union Africaine et Malgache (UAM) en septembre 1961 qui se transforme en Organisation Commune Africaine et Malgache (OCAM) en février 1965. Ces regroupements apparaissent en réponse et en contrepoids des États africains dénonçant le néocolonialisme qui se regroupent au sein du groupe de Casablanca en janvier 1961[vii]. L’affrontement est immédiat entre les deux groupes sur la question de l’indépendance de l’Algérie, les membres du groupe de Brazzaville soutenant leur ancien colonisateur dans l’enceinte des Nations Unies alors que ceux du groupe de Casablanca soutiennent les nationalistes algériens. C’est dans ce contexte marqué par la guerre d’Algérie et par l’émergence d’une Afrique progressiste que s’élaborent les accords de coopération. Le leader Ghanéen Kwame Nkrumah décrit comme suit cette période de transition :

    L’impérialisme quand il se trouve en face de peuples militants des anciens territoires coloniaux d’Asie, d’Afrique, des Caraïbes et d’Amérique Latine, change de tactique. Sans hésitation, il se débarrasse de ses drapeaux et même de certains de ses représentants les plus haïs. Ceci veut dire, proclame-t-il, qu’il « donne » l’indépendance à ses anciens sujets, et que cette indépendance sera suivie d’une « aide » accordée à leur développement. Sous le couvert de phrases de ce genre, il met pourtant au point d’innombrables méthodes pour réaliser les objectifs qu’il atteignait naguère grâce au simple colonialisme. C’est l’ensemble de ces tentatives pour perpétuer le colonialisme sous couvert de « liberté » que l’on appelle néo-colonialisme[viii].

    La coopération envisagée n’est donc que la poursuite de la dépendance sous de nouveaux atours. Les responsables politiques de l’époque ne s’en cache d’ailleurs pas à commencer par le premier ministre que nous avons cité plus haut et par le Général De Gaulle. Celui-ci revient sur les objectifs de la « coopération » dans une série d’intervention du début de la décennie 60. Ces allocutions télévisées que l’on peut voir sur le Web en consultant le site de l’INA (conférence de presse du 11 avril 1961[ix], conférence de presse du 31 janvier 1964[x], allocution du 16 avril 1964[xi], etc.) répète une même série d’arguments : fierté de l’œuvre accomplie dans les colonies, nécessité de poursuivre l’œuvre civilisatrice, changement d’époque rendant nécessaire la décolonisation, coopération comme relais pour garder des zones d’influences politiques et économiques face aux concurrents, etc. La coopération gaulliste est bien un projet de maintien de la dépendance dans une forme moins décrédibilisée et moins délégitimée que la colonisation directe.

    Il suffit de jeter un regard sur un de ces accords (copie conforme des autres) pour saisir les mécanismes de cette dépendance maintenue sur les plans économiques, commercial et douanier. En voici quelques exemples :

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  • https://www.francetvinfo.fr/monde/asie/incendies-en-australie/six-chiffres-qui-montrent-la-gravite-des-incendies-en-australie_         

     Six chiffres qui montrent la gravité des incendies en Australie

     

    Un feu de broussailles à Moruya, dans l'Etat australien de Nouvelle-Galles du Sud, le 4 janvier 2020. (PETER PARKS / AFP

     L'état d'urgence a été déclaré dans le sud-est de l'Australie, où plusieurs brasiers menacent la population et les habitations.

    L'Australie continue de brûler. Le Premier ministre Scott Morrison a fait appel, samedi 4 janvier, à 3 000 militaires réservistes pour lutter contre les feux de forêt, qui dévastent le pays depuis déjà quatre mois. "Cette décision permet d'avoir plus d'hommes sur le terrain, plus d'avions dans le ciel, plus de navires en mer", a déclaré le chef du gouvernement, critiqué pour sa gestion de la crise.

    L'état d'urgence a été décrété dans le sud-est de l'île-continent, la région la plus peuplée. Alors que les conditions météorologiques menacent d'aggraver la situation, franceinfo revient sur cette saison catastrophique des incendies en Australie.

    1Au moins 24 personnes tuées

    Depuis le début de la saison des incendies en septembre, 24 personnes, dont trois pompiers volontaires, ont perdu la vie. Deux nouvelles victimes ont été découvertes sur l'île Kangourou, samedi matin, précise le Guardian (en anglais). Il s'agit d'un pilote d'avion de 78 ans de son fils, un chirurgien de 43 ans. Leurs corps ont été découverts dans une voiture brûlée, sur l'autoroute. Les enquêteurs supposent qu'ils ont été pris au piège par les flammes alors qu'ils tentaient de s'enfuir.

    Un homme a par ailleurs été tué, samedi, alors qu'il tentait de sauver des flammes la maison d'un ami. Les autorités australiennes, qui redoutent que le bilan humain s'aggrave, dénombrent en outre six personnes disparues.

    2Six millions d'hectares de végétation brûlés

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  • Comment des pesticides interdits en Europe se retrouvent dans nos jus, notre café et nos assiettes via le Brésil

    par Guy Pichard 2 juillet 2019   Basta !

    Champion du monde de la consommation de pesticides, le Brésil semble vouloir conserver son titre si peu honorifique avec le président Bolsonaro aux commandes. Le consommateur européen pourrait regarder cela de loin, se pensant à l’abri derrière les normes sanitaires plus restrictives de son continent. En fait, cela nous concerne aussi directement. Car des pesticides interdits en Europe continuent d’y être fabriqués puis sont exportés vers le Brésil, qui nous les renvoie ensuite parmi les tonnes de soja, de café, de raisin, ou d’oranges importées chaque année du Brésil vers la France et le reste de l’Europe. Explications.

    239 pesticides supplémentaires ont été légalisés et mis sur le marché au Brésil depuis l’arrivée au pouvoir du président d’extrême-droite Jair Bolsonaro, le 1er janvier 2019. Plus d’un par jour ! Un record qui vient s’ajouter à celui d’être le premier consommateur de pesticides au monde, avec plus de 500 000 tonnes par an. En 2017, le Brésil représentait même 18 % du marché mondial des pesticides. La très importante présence de groupes agricoles industriels et de leurs lobbys jusqu’au sein du parlement brésilien explique cette course folle. Mais à quel prix ? Une personne meurt presque tous les deux jours au Brésil intoxiquée par les pesticides [1]. Évidemment, les travailleurs agricoles sont les plus exposés. Un drame sanitaire que la nouvelle ministre de l’Agriculture brésilienne, Tereza Cristina da Costa, explique par le fait que, selon elle, « les travailleurs agricoles font un mauvais usage des produits ».

    Avant d’entrer au gouvernement de Bolsonaro, Tereza Cristina da Costa dirigeait l’association des « ruralistes » au Parlement brésilien. Ce groupe rassemble députés et sénateurs qui portent les intérêts de l’agrobusiness. Dans la même veine, la ministre a défini les pesticides comme « une sorte de médicament », et ajouté que « les plantes sont malades et nécessitent ces médicaments ». Mais d’où viennent ces soi-disant médicaments qui tuent les travailleurs agricoles et que le Brésil asperge sur ses terres par centaines de milliers de tonnes ? Une partie de ces pesticides est produite sur le continent européen, par des entreprises européennes, puis exportée au Brésil. Certains de ces produits ne sont destinés qu’à l’exportation. Cela pour une raison simple : ils sont tellement toxiques que leur utilisation est interdite en Europe.

    La route des pesticides toxiques : de l’Europe au Brésil, puis du Brésil à l’Europe

    « Beaucoup de groupes industriels vendeurs de produits pesticides sont européens. Or, une grande partie des produits qu’ils vendent au Brésil est interdite dans leur propre pays », explique Larissa Mies Bombardi, géographe et professeure à l’Université de São Paulo. Elle étudie depuis près de dix ans la question des pesticides dans son pays. À partir des données des importations de pesticides au Brésil, de leur utilisation dans les différentes régions et pour les différentes cultures, et des données d’exportations de ces produits, elle a élaboré un Atlas des usages des pesticides au Brésil, et leurs connexions avec l’Europe. Un travail inédit pour alerter l’opinion publique européenne et brésilienne sur la dangerosité des nombreux produits consommés et exportés par son pays vers notre continent.

    Toutes les données et chiffres de son recueil viennent de sources publiques. « L’idée de cet atlas est de dénoncer les contradictions de ce système », poursuit-elle. Car, en matière de pesticides comme de matériel militaire, l’Europe n’est pas avare d’hypocrisie. Ainsi, cette année, le Royaume-Uni a fourni aux agriculteurs brésiliens plus de 200 tonnes de paraquat, un herbicide interdit en Europe depuis 2007 [2]. « Des études ont prouvé que l’exposition chronique au paraquat pouvait provoquer à long terme les dommages suivants : altération des fonctions pulmonaires, dermatose de la peau, maladies neuro-dégénératives », souligne l’ONG suisse Public Eye au sujet des effets toxiques de ce produit. De même, l’Italie a vendu au Brésil en 2019 plus de 200 tonnes d’un herbicide interdit dans l’Union européenne depuis 2004 : l’atrazine. Pour un montant d’un peu plus de 750 000 dollars (660 000 euros) [3].

    Au moins 25 substances toxiques interdites en Europe vendues par Bayer et BASF au Brésil

    L’Allemagne n’est pas en reste, avec comme têtes de gondole les deux géants de la chimie Bayer et BASF. De 2016 à 2019, les deux firmes ont vu leurs ventes de pesticides interdits en Europe mais destinés au Brésil bondir : +50 % de ventes pour Bayer et + 44 % pour BASF. Au moins une douzaine de substances toxiques interdites en Europe sont vendues par Bayer au Brésil, sous différentes marques de pesticides [4]. « En 2016, j’avais entrepris d’examiner les produits que Bayer vend au Brésil. Nous avons renouvelé cet examen trois ans plus tard. Résultat : le nombre de produits que Bayer vend au Brésil et qui sont interdits dans l’Union européenne n’a pas diminué, mais a au contraire augmenté entre 2016 et 2019 », signalait l’activiste allemand Christian Russau en avril 2019 devant les actionnaires de Bayer lors de l’AG annuelle de la multinationale chimique. Christian Russau est membre de l’Association des actionnaires critiques (Dachverband Kritische Aktionäre), un groupe d’activistes allemands qui tente d’alerter sur les méfaits des entreprises allemandes en matière environnementale, de paix, de conditions de travail. Il est aussi fin connaisseur du Brésil [5].

    L’ONG allemande a réalisé le même travail pour l’autre grande entreprise allemande qui vend des pesticides au Brésil, BASF. Les conclusions sont similaires. En 2016, BASF a vendu au Brésil neuf pesticides bannis dans l’Union européenne. En 2019, ce nombre est monté à treize.… [6]

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  • Huile de palme, conditions de travail, monoculture : les effets néfastes de Nutella sur les travailleurs et la nature

     

    par Olivier Favier 27 décembre 2019

    La multinationale qui fabrique la célèbre pâte à tartiner est accusée d’exploiter des travailleurs agricoles, d’abuser de l’huile de palme qui contribue à la déforestation et, depuis peu, de pousser à l’accaparement des terres en Italie. Deuxième volet de notre enquête sur Ferrero.

    Dès que l’on quitte Alba, le fief de la filiale italienne de Ferrero, la clémence est bien moindre. Au printemps 2019, pour la première fois, les ouvriers de l’usine française de Villiers-Écalles décrochent pendant une semaine sur le plus grand site de production au monde. Quelques mois plus tôt, des supermarchés qui se sont livrés à du dumping sur la marque Nutella se retrouvent confrontés à de véritables émeutes, ravivant une critique déjà ancienne sur les vices cachés du produit : une forte proportion de sucres rapides suscitant l’addiction et apparentant davantage la célèbre pâte à tartiner aux sodas et aux produits des fast-foods qu’à un met simple et sain pour le quotidien des enfants.

    Dès 2011, une mère de famille californienne a poursuivi la marque en justice pour publicité mensongère parce que celle-ci décrit son produit-phare comme « bon pour la santé » et le donne en « exemple de petit-déjeuner équilibré et savoureux ». Pour mettre fin à cette procédure, Ferrero accepte l’année suivante de se délester de quelques trois millions d’euros. À Toulouse, en 2016, la mort d’une fillette de trois ans par étouffement avec un jouet Kinder ouvre en France un débat jusque-là esquivé : est-il opportun d’introduire un corps étranger dans un objet alimentaire, qui plus est à destination des enfants ? Aux États-Unis, la question a été résolue en amont, en vertu d’une loi remontant à 1938. L’importation de « Kinder surprise », y compris à titre privé, y est tout simplement interdite.

    Une image ternie

    Une autre polémique récurrente, du moins hors d’Italie où elle n’a pas touché le grand public, tourne autour de l’usage de l’huile de palme, devenue en France un des symboles de la « malbouffe » et de la déforestation. Peu coûteuse, elle est un des composants essentiels de la Nutella dont les concurrents se sont souvent démarqués par des produits affichant la mention « garanti sans huile de palme ». Ferrero n’a pourtant pas renoncé à son mode de production, cherchant à démontrer les vertus nutritives de cette matière première et défendant un modèle de production durable, certifié par un label dont les entreprises bénéficiaires sont à la fois juge et partie.

    Contrairement à ses rivaux, Ferrero ignore aussi le marché du « bio », jugeant sans doute le secteur négligeable eu égard à la masse des consommateurs séduits par le faible coût de la marque. En 2016 enfin, les emballages individuels, l’une des constantes des produits Ferrero, sont incriminés par l’ONG allemande Foodwatch car ils déposent sur les aliments des substances potentiellement cancérogènes. Sur ce point aussi, l’entreprise se contente de répondre que ses procédés de fabrication sont conformes aux normes en vigueur.

    Comme son père avant lui, Giovanni Ferrero est l’homme le plus riche d’Italie

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  • Plongée aux origines de la multinationale qui a inventé le Nutella

     

    par Olivier Favier 26 décembre 2019

    La famille Ferrero, la plus riche d’Italie, a bâti sa fortune grâce au Nutella, devenu le produit phare de sa multinationale. Nous vous emmenons à la découverte des coulisses pas forcément très reluisantes de cette success-story.

    Pour qui voudrait connaître Alba, modeste commune de la province de Cuneo, dans la région du Piémont, il n’est sans doute pas inutile, encore aujourd’hui, de se plonger dans les œuvres de l’un des plus grands écrivains italiens de sa génération, Beppe Fenoglio, qui écrivit sur la ville et les collines qui l’entourent, les Langhe, des nouvelles et des romans où il est question de pauvreté, de résistance et d’amour.

    À une heure de train de Turin, la capitale régionale, Alba bénéficie depuis 2016 de trente liaisons quotidiennes, par la grâce de la famille Ferrero qui en a fait la condition pour le retour au bercail de ses équipes dirigeantes. Elle est célèbre en Italie pour avoir été la première ville à se libérer seule de l’oppresseur fasciste, donnant naissance à une République partisane éphémère, dont l’histoire forme le cadre d’un récit de son grand écrivain, I ventitre giorni della città di Alba [Les vingt-trois jours de la ville d’Alba]. Malgré cette heure de gloire, elle n’est guère alors qu’une bourgade endormie au milieu d’un territoire rural oublié. Jusqu’au « miracle économique » des années 1960, une bonne partie de sa jeunesse rêve alors d’un avenir meilleur au-delà des frontières.

    Alba est pourtant bien située, presque à mi-parcours entre Gênes et Turin, deux des sommets - le troisième étant Milan - de ce que l’on nomme le « triangle industriel » italien. Si Turin peut compter depuis 1899 sur la puissance de la Fiat pour fournir du travail au prolétariat local ou aux paysans fuyant la misère du Mezzogiorno, si d’autres petites villes comme Ivrea sont les berceaux de fleurons de l’économie cisalpine tel qu’Olivetti, Alba semble obstinément frappée par La Malora, « le mauvais sort », lui aussi décrit par Beppe Fenogli

    Ce dernier, d’ailleurs, travaillera jusqu’à sa mort précoce, en 1963, en lien avec le monde agricole, vendant du vin à l’étranger. C’est l’une des seules richesses locales, encore sous-exploitée, avec la production de truffes. « J’écris, aurait-il dit un jour à son épouse, parce que dans cinquante ans, tout le monde aura oublié qu’ici on crevait de faim. »

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  • Des sacs plastiques retrouvés à 11 000 mètres de profondeur au fond de la fosse des Mariannes

        Ces sacs plastiques se situent à 11 000 mètres de profondeur sous l'océan.   @Jamstec

      Les contes et légendes ont toujours imaginé que les abysses abritaient, le Léviathan, Charybde et Scylla, le Kraken ou même Cthulhu. Finalement, le monstre qu’on y découvre est né de la main de l’homme : c’est le plastique. On en trouve jusqu’au fond de la fosse des Mariannes dans l’océan Pacifique… à 11 kilomètres sous la surface.

      Qui aurait l’idée de vivre au sein de sa propre poubelle ? L’Humanité visiblement. Car il n’y a plus un recoin du globe qui n’a pas été souillé. Les écosystèmes et ressources naturelles des grands fonds océaniques sont à peine explorés et encore moins connus. Pourtant, déjà, on y trouve des vieilles machines à laver, des pneus, des vêtements et du plastique.

        Depuis plus de 30 ans, le Japan Agency for Marine-Earth Science and Technology (JAMSTEC), une agence nippone qui catalogue le vivant sur terre et dans les océans, a fait une triste compilation. Elle référence les objets humains retrouvés sur le plancher océanique à l’occasion de plongées scientifiques. Dans une liste enrichie de photos et de vidéos, le Jamstec a mis cette compilation en ligne à la disposition de tous.

    Ce morceau de machine a été repéré à 7 500 mètres de profondeur dans la fosse du Japon.

    Sur 5 010 plongées, les scientifiques ont compté plus de 3 500 déchets ou débris, dont un tiers de micro-plastiques, c'est-à-dire de plus de cinq millimètres. Ainsi, vous trouverez une tête de mannequin à 6 277 mètres dans la fosse du Japon, des canettes à 7 324 mètres aux Iles Okinawa… Pire, il y a plusieurs sacs plastique posés à 10 898 mètres de profondeur dans la fosse des Mariannes. Ce gouffre, le plus profond de la planète, atteint 11 000 mètres.

    Des matériaux à usage unique

    Se basant sur cet inventaire, le Jamstec et le Global Oceanic Data Center (GODAC) ont publié une étude dans Science en avril 2018. Les chercheurs y estiment la densité à 17 à 335 déchets par kilomètre carré entre 1 000 et 6 000 mètres de profondeur. Ils ajoutent que 89 % de ces objets sont des matériaux à usage unique comme des sacs plastique ou des emballages. Au-delà de 6 000 mètres de profondeur, ce taux atteint même 92 %.

    "La pollution plastique est en train de devenir l'une des menaces les plus sérieuses pour les écosystèmes océaniques", affirment les chercheurs. "Les leaders mondiaux, les scientifiques et les communautés reconnaissent la nécessité de mesures de gestion urgentes pour la durabilité des écosystèmes marins", veulent-ils croire.

    Reste que le travail est énorme. Selon un rapport de Greenpeace, ces dix dernières années, le monde a produit plus de plastiques que durant les 100 années précédentes. Nous produisons en moyenne 300 millions de tonnes de plastique par an, dont 8 et 12 millions de tonnes finissent dans nos océans.

    Ludovic Dupin @LudovicDupin     © 2018 Novethic - Tous droits réservés


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  • En Amazonie (

    2013   168 p.   15 €

      Pour son pic d’activité, à l’approche des fêtes de Noël 2012, Amazon recrute des milliers d’intérimaires. Pour la première fois en France, un journaliste décide d’infiltrer un entrepôt logistique du géant du commerce en ligne. Il intègre l’équipe de nuit. Après avoir souscrit au credo managérial et appris la novlangue de l’entreprise, c’est la plongée dans la mine : il sera pickeur, chargé d’extraire de leurs bins (cellules) des milliers de « produits culturels », amassés sur des kilomètres de rayonnages, marchandises qu’il enverra se faire emballer à la chaîne par un packeur, assigné à cette tâche.

      Chaque nuit, le pickeur courra son semi-marathon, conscient de la nécessité de faire une belle performance, voire de battre son record, sous le contrôle vigilant et constant des leads (contremaîtres), planqués derrière des écrans : ils calculent en temps réel la cadence de chacun des mouvements des ouvriers, produisent du ratio et admonestent dès qu’un fléchissement est enregistré...

      Bienvenue dans le pire du « meilleur des mondes », celui qui réinvente le stakhanovisme et la délation sympathiques, avec tutoiement. Plus de quarante-deux heures nocturnes par semaine, en période de pointe. Un récit époustouflant. Jean-Baptiste Malet nous entraîne de l’autre côté de l’écran, une fois la commande validée. La librairie en ligne n’a plus rien de virtuel, l’acheteur ne pourra plus dire qu’il ignorait tout de la condition faite aux « amazoniens ».

       Jean-Baptiste Malet est journaliste. Âgé de vingt-six ans, il est l’auteur d’un premier livre : Derrière les lignes du Front (Golias, 2011). 

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    Quand Amazon transforme ses recrues en "robots"

    Créé le 03-05-2013  - Mis à jour le 09-05-2013

    Embauché comme intérimaire de nuit par le centre logistique de Montélimar, un journaliste raconte son quotidien dans "En Amazonie" (Fayard). Edifiant !


    L'entrepôt Amazon de Montélimar : 36.000 m2 de hangar, entre 20 et 25 kilomètres de marche pendant 7 heures pour les "pickers"... (Sipa)

    L'entrepôt Amazon de Montélimar : 36.000 m2 de hangar, entre 20 et 25 kilomètres de marche pendant 7 heures pour les "pickers"... (Sipa)

    C'est parce qu'il voyait ses librairies préférées fermer, à Toulon, que Jean-Baptiste Malet, 26 ans, s'est intéressé au libraire en ligne américain Amazon. "Je voulais voir ce qui remplaçait ces lieux de convivialité qui me tenaient à cœur." Journaliste à "Golias", l'amoureux des livres a voulu interviewer les travailleurs de l'entrepôt Amazon de Montélimar. En vain. Les employés de la multinationale de l'e-commerce sont contractuellement tenus au secret le plus strict. "L'idée que des employés drômois ne puissent s'exprimer alors que le Code du Travail le leur permet m'a choqué", raconte Jean-Baptiste. En Amazonie (Jean-Baptiste MALET)

    J.B. Malet, 26 ans, journaliste à "Golias".(David Latour. DR)

    Du coup, il se fait embaucher pour la saison de Noël 2012, quand l'entrepôt de Montélimar recrute 1.200 intérimaires en plus de ses 350 CDI. Commence alors l'incroyable découverte, "de l'autre côté de l'écran", des rouages du champion mondial de la logistique pour commerce électronique. L'enquête fourmille de détails inédits sur la condition de ces nouveaux prolétaires, dont nous créons tous les jours les jobs, à coups de clics.

    Un "process" qui gère les moindres détails   

       "Je ne veux que des gens supermotivés !" Dès la première réunion d'information de En Amazonie (Jean-Baptiste MALET)deux heures dans l'agence d'intérim Addeco de Montélimar, la présentatrice insiste, toutes les quinze minutes : les candidats sont "libres de s'en aller" s'ils ne se sentent pas à la hauteur. Leur mission ? Effectuer des tâches ultrarépétitives, par vacations de sept heures payées 9,725 euros brut de l'heure (le smic étant à 9,43 euros).

                                            Le badge Amazon de J.B. Malet

    Il n'y a que quatre types de postes, attribués une fois pour toutes, en trois équipes (5h50-13h10, 13h40-21h, 21h30-4h50) : ceux qui reçoivent la marchandise (les eachers), ceux qui la rangent dans les rayonnages de cette forêt métallique qui couvre le hangar de 36.000 mètres carrés (les stowers). Ceux qui prennent les produits dans ces casiers pour préparer les commandes (les pickers), ceux qui les emballent (les packers).

    Il y a tout ce vocabulaire anglais à maîtriser : inbound, outbound, damage, bins, slam, associates, leaders... Il y a cette devise, sortie du "Meilleur des Mondes" : "Work hard, have fun, make history" ("Travaille dur, amuse-toi, écris l'histoire"). La vie de "l'associé" est codifiée selon des "process" qui gèrent le moindre détail : la vitesse maximum des voitures sur le parking (15 km/h), la manière de se garer (en marche arrière), le tutoiement obligatoire (censé susciter la confiance), la manipulation des chariots (interdiction de reculer), la façon d'y empiler les articles (par taille, code-barres au-dessus).

    Entre 20 et 25 kilomètres de marche par vacation

    Le travail est ultrapénible : même si son parcours est optimisé par un logiciel, le picker marche entre 20 et 25 kilomètres par vacation. Douleurs dans le dos, le cou, le poignet, les cuisses... "Il y a aussi ces longs moments, le plus souvent vers 3h30 pour ma part, où les jambes se pétrifient», écrit Jean-Baptiste. Pis : compte-tenu des distances et des screenings antivol, les deux pauses de vingt minutes ne se traduisent que par cinq minutes maximum sur une chaise !

    Tout cela n'a probablement rien d'illégal, sauf peut-être l'envoi d'un contrat deux semaines après l'embauche ou l'absence de visite médicale ou d'infirmerie la nuit. Mais pourquoi, se demande l'auteur, subventionner les emplois précaires de cette multinationale, à qui une optimisation fiscale permet de payer peu d'impôts en France et de concurrencer sauvagement nos libraires et autres marchands, traditionnels ou électroniques ?

    Leurs machines à scanner sont les "flics électroniques"

    Selon Malet, Amazon transforme ses recrues en "robots" hébétés, soumis à des objectifs de productivité croissants. Leurs machines à scanner sont les "flics électroniques" qui transmettent des informations, contrôlées en temps réel par des leaders, eux-mêmes sous la pression de managers.

    Comme dans un mauvais jeu de télé-réalité, de semaine en semaine, seuls les plus performants sont gardés. Et les rares élus qui atteignent, dixit Amazon, "les standards élevés qui peuvent paraître irréalisables aux yeux de certains", décrochent un CDI. Un vrai Graal pour ces bataillons de chômeurs en galère. "Ce boulot chez Amazon, c'est vraiment de la merde... mais il n'y a que ça !", résume l'un d'eux. Voilà un livre qui ne sera peut-être pas disponible sur la liseuse Kindle d'Amazon.

    >Article publié dans "le Nouvel Observateur" du 2 mai 2013.


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  •   Samedi 29 Juin 2013          Nathalie Gathié  (Marianne)

    Ils viennent trimer sur les chantiers, dans les transports ou les abattoirs, pour 3 à 6 € l'heure, au mépris de toutes les règles de sécurité. Et le plus légalement du monde. Car ces travailleurs "low cost" sont tous européens.

     

    20 MINUTES/SIPA
    20 MINUTES/SIPA
    Augusto de Azevedo Monteiro voulait gagner sa vie. Il l'a perdue. Maçon détaché en France par EYP, une boîte portugaise, cet ouvrier usinait sur l'air très en vogue de la sous-traitance à bas coût dans la gadoue d'un chantier de Spie Batignolles, à Villeneuve-la-Garenne. Le 6 décembre, il est mort écrasé par une dalle qu'un coffrage hâtif à force de cadences infernales n'a pas su contenir.

    Enfant d'Esposende, ville voisine de Braga irriguée par la crise et ses misérables affluents, Augusto de Azevedo Monteiro avait 35 ans, une famille et plus un euro rouillé en poche. Les 565 € brut de son dernier Smic flambés, ses allocations chômage taries, il avait opté pour une mission en France. « Notre pays agonise et nous constituons une main-d'œuvre bon marché, confie une salariée francophone d'EYP. On sait que Spie fait appel à nous parce que nous coûtons moins que nos concurrents français. »

    Roumaines, polonaises, espagnoles ou portugaises, les plaques d'immatriculation des camionnettes de société ou d'agences d'intérim alignées sur le parking de Villeneuve-la-Garenne disent la géographie de la crise. A en croire le communicant de Spie, pourtant, « EYP a été préféré à deux candidats hexagonaux pour des raisons de disponibilité, rien d'autre ! » Les Portugais parlent plus clair : « Nous n'avons presque plus de clients locaux et, quand c'est le cas, ils n'honorent pas leurs factures, tranche l'employée d'EYP. Spie au moins paie nos prestations : la détresse des uns fait les bonnes affaires des autres, c'est comme ça...»

    L'(a)moralité de cette histoire, les bâtisseurs français l'ont bien comprise : faute de pouvoir délocaliser leurs chantiers, ils importent à grandes pelletées des ouvriers certifiés low cost par des entreprises sous-traitantes ou des agences d'intérim implantées dans des territoires où le coût du travail s'évalue en nèfles. C'est « malin », c'est légal, c'est européen.

     

    En 1996, les crânes d'œuf de Bruxelles bétonnent une directive autorisant le « détachement temporaire de travailleurs » entre pays de l'UE. Alimentée par la disette qui sévit au sud, facilitée par les écarts de niveau de vie entre anciens et nouveaux entrants, la braderie tourne depuis le milieu des années 2000 à l'opération déstockage. Soldes à l'année, prix discount garantis. « Cette pratique est compétitive car ces salariés voyageurs restent assurés dans l'Etat d'établissement de leur employeur, avance Fabienne Muller, chercheuse en droit social à l'université de Strasbourg. Or, pour un non-cadre, les cotisations patronales varient de 38,9 % en France à 24,6 % en Espagne, 18,3 % en Pologne, pour tomber à 6,3 % à Chypre ! » Inutile de tyranniser les calculettes pour comprendre qu'entre le détachement et les employeurs français l'attraction est fatale.

    De 10 000 en 2000, les pèlerins du turbin sont, selon le ministère du Travail, 145 000 aujourd'hui. « Ils permettent aux entreprises utilisatrices de réaliser une économie allant jusqu'à 25 % », note un inspecteur du travail. Juteux, oui, mais pas assez. En février 2011, un rapport parlementaire éclaire la face cachée du phénomène et porte le nombre de détachés à 435 000 : moult itinérants, dont un tiers tribulent dans le BTP, échappent en effet aux statistiques à force de magouilles.

    « Les Français avaient l'air de Playmobil tellement ils étaient protégés. »

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  • Chers amis lecteurs, chères amies lectrices,

    https://www.bastamag.net/IMG/pdf/cr_2019_def.pdf?utm_source=Base+de+donn%C3%A9es+Basta

     

     

    Dividendes, rémunérations, impôts, émissions de CO2, recours au plastique, projets controversés, droits humains et libertés syndicales, lobbying... L’Observatoire des multinationales et Basta ! publient aujourd’hui la deuxième édition de CAC40 : le véritable bilan annuel, une radiographie complète des grandes entreprises françaises, bien au-delà de leurs simples performances boursières.

    Dans CAC40 : le véritable bilan annuel, vous apprendrez notamment que :
    -  22 grandes entreprises ont augmenté leurs émissions de CO2 depuis la signature de l’Accord de Paris, dont certaines considérablement.
    -   Les dividendes et rachats d’actions, ainsi que les rémunérations patronales battent de nouveaux records (+15%, à 63,4 milliards d’euros, et +10%, à 5,63 millions d’euros en moyenne, respectivement), malgré des bénéfices en baisse.
    -   Ces dividendes profitent principalement à quelques gros actionnaires du CAC40 : grandes fortunes, fonds d’investissement mais également l’État français.
    -   Dans certaines entreprises, le niveau des inégalités est tel qu’un PDG gagne en un jour ce qu’un employé moyen du groupe gagnera en un an.
    -   Ces « champions » boursiers nationaux continuent à réduire leurs effectifs en France.
    Le rapport «CAC40 : le véritable bilan a
     nnuel » examine également des sujets sur lesquels les entreprises communiquent abondamment – le climat, l’égalité entre hommes et femmes, le recours au plastique – et montre que, au-delà de cette communication, les résultats demeurent trop souvent modestes, voire inexistants.

    Bonne lecture !
    L’équipe de Basta ! et de l’Observatoire des multinationales

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  • La pollution est bonne pour les affaires, selon le patron de L'Oréal

    https://www.huffingtonpost.fr/entry/pollution-bonne-affaires-patron-loreal_fr

    C'EST LA VIE 18/09/2019

    Même s'il ne l'encourage pas, Jean-Paul Agon, PDG de L'Oréal, estime que la pollution en ville encourage la consommation de produits de beauté

    Chesnot via Getty ImagesJean-Paul Agon, PDG de L'Oréal depuis 41 ans

    POLLUTION - La pollution est bonne pour les affaires, selon Jean-Paul Agon, patron de L’Oréal. Même s’il a nuancé en ajoutant “ne pas l’encourager”, ses propos ont évidemment fait réagir.

    Dans une interview donnée au site Marketwatch, celui qui travaille pour L’Oréal depuis 41 ans explique que “quand vous habitez en ville, votre peau, vos cheveux, sont plus sollicités que si vous viviez dans une zone rurale, vous avez donc plus besoin de shampoings, d’après-shampoings, de soins pour la peau; de crèmes hydratantes, d’anti-UV, etc. La vie urbaine signifie plus de socialisation et plus de socialisation signifie une plus grande consommation de produits de beauté.”

    Dans cette interview, le patron de 63 ans ajoute qu’en plus de la pollution, les réseaux sociaux, notamment Instagram, ne sont pas en reste.

    “Plus vous vous rendez beau en ligne, plus vous devez prendre soin de vous quand vous sortez parce que si, quand des gens vous rencontrent, ils découvrent que vous êtes complètement différents de ce à quoi ils pensaient, vous avez un problème”, selon lui. Jean-Paul Agon fait ainsi un lien direct entre le fait d’utiliser des filtres sur Instagram et d’acheter des produits cosmétiques.

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  • Le secteur laitier indien menacé par de nouveaux accords commerciaux

    Nouveautés de GRAIN | 27 juin 2019

      Les 150 millions de petits producteurs laitiers, les coopératives locales et les réseaux de petits vendeurs indiens ont fait du pays le premier producteur mondial de lait et en ont assuré l’autosuffisance. Les quelques multinationales qui dominent l’industrie laitière mondiale ne sont encore que des acteurs marginaux en Inde et seule une infime fraction des produits laitiers est importée dans le pays ou exportée. Toutefois, plusieurs nouveaux accords commerciaux qui répondent aux intérêts des multinationales, tels que le Partenariat économique global régional (RCEP) ou les accords proposés avec l’Europe, risquent de modifier radicalement le paysage et d’éliminer les petits producteurs laitiers indiens.

      Le gouvernement indien négocie actuellement des accords de libre-échange (ALE) faisant intervenir tous les principaux pays exportateurs de produits laitiers, et ces produits sont un élément clé de la plupart de ces discussions. Des conglomérats mondiaux tels que Lactalis (France), Fonterra (Nouvelle-Zélande) et Nestlé (Suisse), ainsi que de grandes sociétés financières, prévoient que l’Inde poursuivra la libéralisation de son secteur laitier et ils ont commencé à acheter des installations laitières locales ou à créer des coentreprises. Ces accords de libre-échange ouvriront probablement l’Inde aux importations en provenance des multinationales géantes de l’industrie laitière et leur permettront de prendre le contrôle de la production locale.

      Le grand nombre de productrices laitières dans les zones rurales de l’Inde, ainsi que les millions de femmes et d’hommes qui fournissent et commercialisent des produits laitiers dans les zones urbaines, seront les premières victimes des importations en franchise de droits de produits laitiers en provenance d’Europe, de Nouvelle-Zélande et d’Australie dans le cadre de cette nouvelle vague d’ALE. Les femmes sont également à la base des coopératives laitières dans toute l’Asie du Sud, et ces dernières seront détruites à mesure qu’un plus grand nombre de multinationales s’implanteront et domineront ce secteur.

       Ce dossier actualisé de GRAIN évalue les enjeux des négociations commerciales en cours pour les producteurs et les vendeurs de produits laitiers indiens, et les consommateurs auxquels ils fournissent ces produits. 

    Télécharger le rapport : https://grain.org/e/6271

    Aidez-nous à diffuser le message ! Tweets suggérés :

    • La production laitière en Asie du Sud n’est pas une industrie : c’est un moyen de subsistance pour 150 millions de petits exploitants agricoles, de paysans sans terre et d’éleveurs. Les méga ALE comme le #RCEP menacent leur survie, affirme GRAIN : https://grain.org/e/6271
    • L’Inde doit se retirer du #RCEP et exclure la production laitière de tous les accords de libre-échange. Un nouveau rapport de @GRAIN_org explique pourquoi : https://grain.org/e/6271
    • #Lactalis et #Fonterra renforcent leur implantation en #Inde. Des accords commerciaux comme le #RCEP et l’ALE UE-Inde leur donneront plus de pouvoir, ce qui signera la mort des petits producteurs de lait. Un nouveau dossier de @GRAIN_org : https://grain.org/e/6271 
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  • Doit-on préférer l'eau en bouteille ou l'eau du robinet pour notre santé ?

      Christophe Magdelaine / notre-planete.info

    Article mis à jour le 09 septembre 2019

    Eau du robinet ou eaux en bouteilles?

      Si cette question est tranchée d'un point vue environnemental, la conclusion est bien plus ardue lorsque l'on s'intéresse aux contaminants de l'eau (nitrates, pesticides, métaux lourds...) et notamment les microplastiques qui souillent maintenant notre planète.

      Doit-on consommer de l'eau du robinet ou de l'eau en bouteille ? La réponse n'est pas si évidente.   Ecologiquement, la mise en bouteille, son transport et la gestion des déchets est polluant et énergivore mais qu'en est-il de la qualité de l'eau que nous buvons ? En France, consommer de l'eau du robinet, dans un pays qui se targue d'avoir les meilleurs contrôles qualité au monde pourrait nous conforter dans ce choix.

    L'eau du robinet contient des nitrates et pesticides

    Cependant, les cours d'eau sont très pollués en France, principalement à cause des nitrates et des pesticides. C'est pourquoi, l'eau du robinet peut présenter des valeurs significatives de pesticides, et de nitrates. En 2015, 61,8 % de la population française disposait d'une eau de distribution avec une concentration maximale en nitrates[1] inférieure à 25 mg/L (Ministère de la Santé, 2016). Autrement dit, 38 % des Français pouvaient boire une eau du robinet avec des valeurs en nitrates comprises entre 25 et 50 mg/l, là où la plupart des eaux en bouteille (eaux minérales naturelles et eaux de source) restent en dessous de 5 mg/l et ne contiennent pas de pesticides... Soulignons que plus de 90 % des cours d'eau en France sont contaminés par des pesticides, pesticides que l'on retrouve ensuite dans l'eau du robinet.

      En témoigne une analyse urinaire de détection du glyphosate effectuée en 2019 par une personne qui ne mange que des produits bio mais boit de l'eau du robinet. Ses résultats ont montré une contamination assez élevée en glyphosate.

    Quid de l'aluminium dans l'eau du robinet ?

    Autre sujet d'inquiétude : l'aluminium, un métal présent naturellement sur Terre que l'on retrouve partout : dans les organismes vivants, le sol, l'eau... Sa concentration dans l'eau du robinet, non renseignée dans les analyses, a fait l'objet de suspicions quant à son lien avec la maladie d'Alzheimer qui touche maintenant 900 000 personnes en France. En fait, dans l'état actuel des études sur la question : "il ne peut être envisagé d'association causale entre l'exposition à l'aluminium via l'eau du robinet et maladie d'Alzheimer", a réaffirmé l'ARS en 2014.

    L'eau du robinet altérée par l'état des canalisations

    En 2016, l'association Que Choisir publiait une enquête alarmante sur la qualité réelle de l'eau du robinet en ajoutant un critère important : l'état des canalisations qui délivrent l'eau courante et la présence de composants toxiques comme le plomb, le cuivre, le nickel et le chlorure de vinyle. Si l'initiative est louable, elle manque cruellement de points de contrôle comme le souligne Que Choisir : "pour la recherche du plomb, du cuivre, du nickel, du chlorure de vinyle et de l'épichlorhydrine, le prélèvement de l'eau se fait fréquemment au robinet des consommateurs. Par conséquent, leur présence dans une analyse ne signifie en aucun cas que cette pollution affecte l'ensemble du réseau ou de la ville, car elle peut ne concerner par exemple que certains branchements du réseau, certains immeubles ou logements." Ce qui signifie que la qualité de l'eau du robinet dépend principalement de l'état des canalisations en aval, dans notre logement.

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  •  Un article de Philippe Herzog 2 septembre 2019

    Ceci est un document de travail, fruit d’une réflexion mûrie cet été. Plaidoyer pour une compréhension systémique de la récession dé sormais inéluctable, il présente et organise un ensemble de questions et de principes en vue de solutions viables et partagées.l ne faut pas se voiler la face : la récession est inéluc table . Ce sera la deuxième grande crise de l’économie globale, la première ayant éclaté en 2008. Les profes sionnels des marchés l’anticipent, les politiques n’alertent pas encore l’opinion publique mais l’angoisse va se nouer. Les moyens d’éviter une catastrophe existent, mais l’on peut craindre que la récession ne soit de longue durée. Les moyens d’éviter une catastrophe existent, mais on peut craindre que la récession ne soit de longue durée.En 2008 les banques centrales ont bien réagi pour stabili-ser le système bancaire et financier, et les Etats-Unis et la Chine ont lancé sans retard de grands plans de relance. Aujourd’hui ces capacités de réaction sont beaucoup plus limitées, et la culture, les principes qui ont permis aux ins titutions de faire face à la crise en 2008 n’ont pas sensible-ment changé. Or le contexte n’est plus du tout le même. Les conflits géopolitiques engendrent des ruptures dans les chaînes internationales de production et de commerce qui semblaient stables, des processus de dé-globalisation appa raissent, qui plongent les investissements productifs dans l’incertitude. L’impératif écologique et la révolution numé rique affectent tous les anciens business models, et heu-reusement la nécessité d’un nouveau régime de croissance se fait jour. Mais elle exigera des investissements d’intérêt public massifs pour les infrastructures des biens communs qui ne sont pas compatibles avec les exigences de rentabi lité financière, et que les Etats auront bien du mal à mettre...

     

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  • L'ARTICLE :

    La pollution de l’eau, un fléau mondial pour l’économie et la santé

    MSN Actualités – Coralie Schaub

    Un rapport choc et très détaillé de la Banque mondiale, publié mardi, souligne que la détérioration de la qualité de l’eau potable touche l’économie et la santé des populations de tous les pays, qu’ils soient riches ou pauvres.

    Pour la première fois, un lien clair, net, sans appel, est fait entre «l’invisible crise» que constitue la pollution de l’eau, et l’économie. Dans un rapport choc publié mardi, la Banque mondiale estime que la détérioration de la qualité de l’eau touche l’ensemble des pays, riches comme pauvres, et «réduit d’un tiers la croissance économique potentielle des zones fortement polluées et menace le bien-être humain et environnemental».

    Lire la suite de l’article : https://www.msn.com/fr-fr/actualite/environnement/la-pollution-de-leau-un-fléau-mondial-pour-léconomie-et-la-santé/ar-AAG7K5x?ocid=News#page=2(ci-dessous)

    Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 26

    SANJAY KANOJIA Un homme remplit un récipient avec de l'eau potable provenant d'une pompe à main partiellement immergée sur les rives inondées de la rivière Yamuna, à Allahabad, en Inde, le 21 août.

    Un rapport choc et très détaillé de la Banque mondiale, publié mardi, souligne que la détérioration de la qualité de l'eau potable touche l'économie et la santé des populations de tous les pays, qu'ils soient riches ou pauvres.

    Pour la première fois, un lien clair, net, sans appel, est fait entre «l’invisible crise» que constitue la pollution de l’eau, et l’économie. Dans un rapport choc publié mardi, la Banque mondiale estime que la détérioration de la qualité de l’eau touche l’ensemble des pays, riches comme pauvres, et «réduit d’un tiers la croissance économique potentielle des zones fortement polluées et menace le bien-être humain et environnemental».

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  •   D'après une nouvelle étude, les flocons blancs qui tombent sur les Alpes et l'Arctique ne contiennent pas que de la neige : de minuscules particules de plastique ont aussi été détectées.

      https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/neige-il-neige-microplastiques-alpes-arctique-

    16/08/2019

    Les flocons blancs présents sur les pistes ne sont pas toujours ce que vous croyez. De minuscules particules de plastique, transportées par le vent puis déversées par la neige, ont été détectées dans l'Arctique et les Alpes, selon une étude publiée dans la revue américaine Science Advances qui réclame des recherches urgentes pour évaluer les risques sanitaires de cette découverte.

    Nous savions déjà que des millions de tonnes de déchets plastiques se déplacent dans les rivières et les océans, où ils se décomposent progressivement en plus petits fragments sous l'action des vagues et des rayons ultraviolets du Soleil. Mais cette nouvelle étude a révélé que les particules microplastiques peuvent être transportées sur de grandes distances dans l'atmosphère. Ces débris de moins de cinq millimètres de longueur sont ensuite déversés loin de leur lieu d'origine par les précipitations, en particulier la neige, ont découvert des scientifiques de l'Institut allemand Alfred Wegener et de l'Institut suisse de recherche sur la neige et les avalanches.

    Des risques inconnus pour la santé humaine

    « Il est évident que la majeure partie des microplastiques présents dans la neige provient de l'air », a expliqué Melanie Bergmann, auteure principale de l'article. Melanie Bergmann et ses collègues ont utilisé une technique d'imagerie infrarouge pour analyser des échantillons prélevés entre 2015 et 2017 sur de la glace flottante dans le détroit de Fram, au large du Groenland.

    Ils les ont ensuite comparés à des échantillons prélevés dans les Alpes suisses reculées et à Brême, dans le nord-ouest de l'Allemagne. Les concentrations de microparticules dans l'Arctique étaient significativement plus faibles que dans les sites européens, mais toujours importantes. Melanie Bergmann a précisé que peu de travaux avaient été réalisés pour déterminer les effets de l'exposition à ces particules. « Mais une fois que nous avons déterminé que de grandes quantités de microplastiques peuvent également être transportées par voie aérienne, la question se pose naturellement de savoir si et dans quelle mesure nous les inhalons », a-t-elle dit, soulignant la nécessité de mener d'urgence des recherches sur les effets sur la santé humaine et animale.

      Qu'est-ce qu'un microplastique?

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  • Obésité et diabète : la ruse de Coca-Cola

     

    Chère lectrice, cher lecteur

    De plus en plus de consommateurs dans le monde commencent à se détourner des sodas produits par Coca-Cola, aussi bien les classiques que leurs nouvelles déclinaisons à base d’édulcorants : Coca light, zéro, Coca-Cola Life (stévia), etc.

    Dans le fond, cela n’a rien d’étonnant ; les études se multiplient pour dénoncer les liens entre sodas, obésité et diabète. On sait depuis longtemps qu’une cannette de Coca « normale » n’est rien d’autre que du sucre déguisé en liquide (équivalent de 7 morceaux de sucre pour 33 cl). Mais récemment, deux mises en garde ont été publiées par des organisations officielles à propos des produits soi-disant light :

    • l’Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments a publié en 2015 un rapport indiquant que les édulcorants n’avaient « aucun effet bénéfique sur le contrôle glycémique des personnes diabétiques ».
    • Pire, d’après l’Inserm, « le risque de diabète de type 2 est plus élevé lorsqu’on consomme des boissons light plutôt que des boissons sucrées “normales” ».

    Face à cette situation, les stratèges de Coca ont eu une idée.

    « Arrêter de vendre de la m… » ??? comme l’aurait suggéré le regretté Jean-Pierre Coffe.

    Ce n’est pas la piste qui a été retenue.

    Le site Internet Foodwatch.org a révélé que la société avait choisi de redorer son image en arrosant financièrement un nombre impressionnant de chercheurs, médecins, nutritionnistes, diététiciens etc. qui tous, curieusement, prétendent désormais, la main sur le cœur, que les boissons light sont « plutôt bénéfiques » pour la santé.

    De la corruption ???? Halte là ! Ça s’appelle « financer la science ».

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  • [Infographie] Derrière les soldes, le coût environnemental et social des vêtements

    https://www.novethic.fr/actualite/environnement/pollution/isr-rse/infographie-derriere-les-soldes-le-cout-environnemental-et-social-des-vetements-  09/07/2019

    Alors que les soldes battent leur plein, Novethic revient sur les dessous de la fabrication des vêtements en suivant les traces d’un t-shirt de la culture du coton à la fin de sa vie. Son empreinte environnementale et sociale est loin d’être anodine.

    Silhouette of a man irons and different clothes vector istock aquamarine paint   Tout au long de son cycle de vie, le t-shirt produit un effet environnemental non négligeable sur l'environnement.
    @aquamarine_paint

      Cet été encore, difficile de ne pas craquer devant les petits prix affichés par les magasins de vêtements à l’occasion des soldes. Et pourtant, celles-ci séduisent de moins en moins les consommateurs. Pour une partie de la population, ce nouveau comportement s’explique par l’impact environnemental des vêtements.

      De l’eau, des produits chimiques et des émissions de gaz à effet de serre

      Et pour cause. Il suffit de remonter la chaîne de production d’un simple t-shirt pour comprendre son coût écologique et environnemental. Dès la culture du coton, celui-ci est important. Il ne faut pas moins de 3 800 litres d’eau pour produire un kilo de coton, la matière naturelle végétale la plus utilisée par l’industrie textile (un quart de la production des fibres textiles vient du coton), loin devant le chanvre ou le lin, pourtant bien moins gourmands en eau et pouvant pousser dans les pays occidentaux comme la France. Pour produire un t-shirt, l’Ademe a calculé que cela équivaut à 70 douches.

      Par ailleurs, le blanchiment du coton exige des produits chimiques comme le chlore ou des azurants tandis que sa teinture requiert souvent d'employer des métaux lourds comme du plomb ou du chrome, toxiques. Cela affecte la santé des travailleurs.

      Si la production est l’étape la plus impactante en termes environnemental, la distribution n’est pas en reste. Car il n’est pas rare que la fabrication d’une pièce sollicite plusieurs continents. Un simple t-shirt peut être conçu en France, fabriqué en Ethiopie, se vendre au Portugal et avoir utilisé du coton ouzbek.

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  • DANS L’ARCTIQUE, LE PERMAFROST FOND 70 ANS PLUS TÔT QUE PRÉVU ET C’EST UNE CATASTROPHE

    "Ce que nous avons vu était incroyable". Des chercheurs viennent de découvrir que le permafrost, l'épaisse couche de glace qui couvre 25 % de l'hémisphère nord, a fondu 70 ans plus tôt que prévu dans l'Arctique canadien. Or le permafrost abrite du carbone, du méthane et même du mercure. Il en libère de grandes quantités en fondant, accélérant le réchauffement climatique. 

    La fonte du permafrost participe au développement de la végétation et change les paysages.  Louise Farquharson / Université d’Alaska Fairbanks

        C’est une très mauvaise nouvelle pour le climat. Des chercheurs de l’université d’Alaska à Fairbanks aux Etats-Unis viennent de découvrir que le permafrost de l’Arctique canadien fond bien plus vite que ce qu’ils avaient prévu. La fonte est tellement rapide qu’elle a atteint le niveau de dégel prévu par les scientifiques en… 2090, soit 70 ans plus tôt qu’estimé.

    Des étés chauds en cause 

    "Ce que nous avons vu était incroyable", explique à Reuters Vladimir E. Romanovsky, professeur de géophysique et co-auteur de l’étude publiée dans la revue Geophysical Research Letters, "C’est une indication que le climat est maintenant plus chaud qu’à n’importe quel moment au cours des dernières 5 000 années ou plus".

    Les scientifiques rapportent que les îles arctiques canadiennes ont connu une série d’étés particulièrement chaude entre 2003 et 2016 entraînant des indices de dégels moyens supérieurs de 150 à 240 % à la normale de 1979 à 2000. Cela a provoqué un affaissement de 90 centimètres du sol par endroits en raison de la fonte du permafrost.

    Le permafrost libère de grande quantité de gaz à effet de serre

    Et cette nouvelle est encore plus mauvaise qu’on pourrait le croire. Car le permafrost, en fondant, libère des gaz à effet de serre. Les experts estiment que le permafrost renferme deux fois plus de carbone que l’atmosphère. Or,"les projections les plus pessimistes du Giec (Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat, NDR) avec un réchauffement à 4 ou 5 °C n’incluent pas les processus de dégel du pergélisol", explique Florent Dominé, le directeur de recherche au CNRS et spécialiste des interactions neige-climat-pergélisol.

    Autrement dit, la fonte du permafrost va accélérer le réchauffement climatique. D’autant que cette couche de glace ne renferme pas seulement du carbone, elle emprisonne également des stocks de mercure deux fois plus importants dans le permafrost que sur le reste de la Terre. Et ce n’est pas fini. Des chercheurs ont remarqué qu’en Sibérie, lorsque le pergélisol fond, il relâche des bulles de méthanes qui explosent provoquant des cratères de 70 mètres de profondeur. Or le méthane est un gaz à effet de serre, responsable du réchauffement, 20 à 25 fois plus important que le CO2. 

    Marina Fabre, @fabre_marina     © 2019 Novethic -   Tous droits réservés


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  • BRÉSIL : LA DÉFORESTATION EN AMAZONIE A AUGMENTÉ DE 88 % EN JUIN

    La déforestation en Amazonie, considérée comme le poumon de planète, avance à une vitesse folle. L'Agence spatiale brésilienne a comparé le mois de juin 2018 à celui de 2019 et a constaté que la déforestation avait augmenté de 88 % dans le pays de Jair Bolsonaro. Un recul qui constitue une menace pour la biodiversité et les peuples autochtones au moment où l'Union européenne vient de signer un accord de libre échange avec le Mercosur. 


                 Au cours des 11 derniers mois, 4 565 km² de forêt ont disparu.
        CC0
     

    Est-ce déjà l’effet Jair Bolsonaro ? Selon les données de l’agence spatiale brésilienne la déforestation dans la partie brésilienne de la forêt amazonienne a augmenté de 88 % en juin 2019 par rapport à juin 2018. 920 km² de forêts tropicales ont été détruites. Et le mois de juin est un indicateur d’une tendance plus profonde. Le National Institute for Space Research (INPE) du Brésil note ainsi "une hausse de 15,1 %" de déforestation entre août 2018 et juin 2019 par rapport à période août 2017-juin 2018. Au cours des 11 derniers mois, 4 565 km² ont disparu, une superficie équivalente à celle des Hautes-Pyrénées, note l’Agence Reuters.

    Le Président Jair Bolsonaro, investi en janvier 2019, a été élu avec le soutien des lobbys de l’agrobusiness. Il ne s’est jamais caché sur sa volonté de faire de l’Amazonie, un eldorado pour les investisseurs agricoles et miniers. "L’Amazonie est un caillou dans les bottes de cuir de Jair Bolsonaro", écrivait dans une tribune au Monde, en mai, l’archéologue Stéphen Rostain, "Le nouveau président brésilien a clairement affiché ses tendances de "démocrature", associées à des dérives climatosceptiques et une intraitable volonté de faire fructifier l’Amazonie, considérée comme inutile".

    Une menace pour la biodiversité et les peuples autochtones 

    Le Brésil abrite 60 % de la forêt amazonienne, considérée comme le poumon de la planète. Sa déforestation a bien sûr un effet sur la biodiversité, l’Amazonie étant un réservoir exceptionnel accueillant 40 000 espèces végétales, près de 1 300 espèces d’oiseaux ou encore 3 000 espèces de poissons. Mais c’est également le lieu de vie des peuples autochtones, de plus en plus menacés par la politique de déforestation. "Depuis l’élection de Jair Bolsonaro nous vivons les prémices d’une apocalypse", écrivaient 13 représentants de peuples autochtones le 10 avril dernier dans une tribune.

    Ces données sur la hausse de la déforestation interviennent au moment de la signature d’un traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, dont le Brésil fait partie. L’UE a concédé l’arrivée sur le territoire de 99 000 tonnes de bœuf par an à un taux douanier préférentiel de 7,5 %. Or, selon une étude de Greenpeace, l’élevage bovin est responsable de 80 % de la déforestation amazonienne. 

    Marina Fabre, @fabre_marina  © 2019 Novethic - Tous droits réservés


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  • Perdu dans le Pacifique Sud, ce confettis paradisiaque est devenu en l'espace de trente années, date à laquelle l'Unesco l'a inscrit au patrimoine mondial de l'humanité, un véritable piège pour les déchets en plastique. L'île Henderson a toujours bénéficié d'une riche faune marine en raison de sa position sur le passage d'un grand courant giratoire. Aujourd'hui, revers de la médaille, ce gigantesque tourbillon de courants ce gigantesque tourbillon de courants océaniques déverse ici une accumulation de débris en plastique produits sur Terre... sans discontinuer.

     L 'île Henderson a été inscrite par l'Unesco en 1988 sur la liste du patrimoine mondiale pour son « écologie pratiquement intacte ». Il a suffi de trente années pour que cet atoll désert du Pacifique, se retrouve aujourd'hui noyé sous un océan de déchets plastique. Une situation face à laquelle les scientifiques se disent démunis. Rattachée à la colonie britannique de Pitcairn, l'île se trouve à mi-chemin entre la Nouvelle-Zélande et le Pérou, distants d'environ 5.500 kilomètres. Mais en dépit de son isolement extrême, ce joyau a l'une des plus fortes concentrations de déchets plastiques au monde, en raison du jeu des courants océaniques.

     
    Un homme nettoie une plage de l'île Henderson dans le Pacifique, le 14 juin 2019. © Iain McGregor, Stuff, AFP, Archives

    « Nous y avons trouvé des débris provenant d'à peu près partout, explique Jennifer Lavers, une chercheuse basée en Australie qui a conduit le mois dernier une expédition sur l'île. Il y avait des bouoteilles et des boîtes, toutes sortes de matériel de pêche et les déchetsprovenaient, eh bien, de tous les pays que vous voulez, d'Allemagne, du Canada, des États-Unis, du Chili, d'Argentine, d'Équateur. » Pour la scientifique, le message est clair et démontre que chaque pays a une responsabilité dans la protection de l'environnement, jusque dans les endroits les plus reculés.

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  • Le « Jour du dépassement » arrive encore un peu plus tôt cette année et tombe le 29 juillet 2019 : à cette date, l'humanité a déjà consommé les ressources que la nature peut renouveler en un an. Elle vit donc désormais « à crédit » jusqu'à la fin de l'année. Cependant, l'indicateur retenu ne fait pas l'unanimité.Comme chaque année, l'ONG Global Footprint Network, qui publie un Atlas détaillant l'empreinte écologique de chaque pays, calcule et dévoile la date du Jour du dépassement qui marque le jour de l'année où l'humanité a épuisé les ressources renouvelables de la planète.

    Cela signifie qu'à l'échelle de la planète, nous avons pêché plus de poissons, abattu plus d'arbreset cultivé plus de terres que ce que la nature peut nous offrir au cours d'une année. Quant à nos émissions de gaz à effet de serre, elles ont été plus importantes que ce que nos océans et nos forêts peuvent absorber. Autrement dit, à partir d'aujourd'hui, l'humanité vit à crédit pour le reste de l'année, ce qui aura des conséquences pour les générations suivantes.

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  • Un défenseur des terres violemment tué par un garde de sécurité d'une compagnie canadienne d'huile de palme en RD Congo

    En mai/juin 2019, M. Joël Imbangola assistait à cette réunion entre les communautés riveraines des plantations de Boteka et les représentants du mécanisme de plaintes de la banque de développement allemande
    RIAO-RDC | 22 juillet 2019
        Un défenseur des terres violemment tué par un garde de sécurité d'une compagnie canadienne d'huile de palme en République Démocratique du Congo
     
    Un membre de l'organisation congolaise de défense de l'environnement et des droits de l'homme RIAO-RDC a été brutalement tué par un agent de sécurité de la société canadienne Feronia Inc. le dimanche 21 juillet 2019, près des plantations Boteka de la société à Bempumba, dans la Province Equateur, République Démocratique du Congo (RDC).
        L'assassinat fait suite à des mois d'intimidation dirigée par la compagnie contre des membres du RIAO-RDC qui aident les communautés locales à déposer une plainte contre la société pour l'occupation de leurs terres.
        M. JOEL Imbangola Lunea était chauffeur d'un pirogue motorisé utilisé pour le transport des personnes et des marchandises entre les villages autour des plantations de Boteka de Feronia et la ville de Mbandaka. Il a également été un défenseur de sa communauté en tant que membre du RIAO-RDC, et a joué un rôle particulièrement important dans la communication entre les communautés locales et le RIAO-RDC.

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  • 2019     368 p.   19,95 €

       La pollution de l'air est devenue, en quelques décennies, la première cause de mortalité dans le monde avec plus de 8 millions de morts par an dont 800 000 rien qu'en Europe ! Or, le transport routier constitue l'une des principales sources de pollution atmosphérique en Europe, notamment en ce qui concerne des polluants nocifs tels que le dioxyde d'azote et les particules.

    Et pourtant, rien ne semble vraiment changer en France : les niveaux de pollution sont globalement un peu moins mauvais mais les polluants émis, principalement les particules, sont de plus en plus fines et dangereuses et entraînent la mort prématurée d'au moins 40 000 Français tous les ans.

    Pour mieux comprendre cette inertie complice des décideurs et influenceurs, l'auteur a mené une véritable enquête, passionnante et édifiante sur les intérêts des lobbies, la faiblesse de la surveillance et la démission de l'Etat.

    Ainsi, Jean-Christophe Brisard est allé à la rencontre de nombreux scientifiques et spécialistes. Tous s'accordent à dire que les particules fines et ultrafines sont les plus dangereuses. Pourtant, à en croire l'État, la qualité de notre air s'améliore. Comment le discours des politiques peut-il être à ce point en décalage avec la parole des scientifiques ? En allant chercher du côté des lobbys, Jean-Christophe Brisard démontre comment la propagation de messages biaisés instillent le doute dans les esprits. Ainsi, le chapitre consacré à Michel Aubier, pneumologue français pro diesel payé par Total est pour le moins édifiant.

    Cela fait près de 20 ans que notre-planete.info alerte sur la nocivité de la pollution de l'air, ce livre est l'illustration que cette pollution nous concerne tous : dans nos villes, sur la route, dans les écoles, dans le métro et même chez Disney !

       Alors que les grands médias continuent d'instiller le doute quant à la nocivité des émissions Diesel et que les gilets jaunes réclament la baisse du prix du gazole, il serait temps que la raison et la responsabilité supplantent la malhonnêteté et les intérêts à court terme. Ce livre, très bien documenté et très clair, y concoure, pour tous ceux qui veulent y voir plus clair dans le scandale de la qualité de l'air en France.

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  • Total démarre sa bioraffinerie et va importer au moins 300 000 t d'huile de palme 

    Article mis à jour le 03 juillet 2019,

    https://www.notre-planete.info/actualites/1026-Total-huile-de-palme-blocage-raffineries-agriculteurs

    bio-raffinerie-La-MedeSuivi de chantier de la reconversion de la raffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône - France). Vue aérienne du bâtiment du prétraitement (PTT) au centre, avec en fond l'étang de Berre ; décembre 2017
    © IMRE Nedim / TOTAL - Licence : Tous droits réservés

       En dépit de la déforestation massive due à l'huile de palme, des accusations des associations et des agriculteurs français et de la future législation européenne, la nouvelle bioraffinerie de Total (La Mède) est entrée en service et a débuté son importation massive d'huile de palme.

    Nous l'évoquions il y a quelques mois dans un article sur le déclin dramatique des orangs-outans à cause de la déforestation en Indonésie : alors que l'abrutissement d'un grand nombre d'internautes sur les réseaux sociaux les mène à accuser Nutella en relayant, sans aucun esprit critique, des vidéos d'orang-outan chassés de leur habitat, 80 % de l'huile de palme importée en France est destinée à être incorporée dans les carburants et plus précisément dans le gazole. Déjà, en 2017, la France, 7e importateur mondial d'huile de palme, en a importé 900 000 tonnes.

    Et ce n'est que le début : Total a reçu, le 16 mai 2018, l'arrêté d'autorisation d'exploiter sa future bio-raffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône), installée sur le site historique de l'ancienne raffinerie de Provence qui a fermé en 2015. Après 3 ans de transformation, l'une des plus grandes bio-raffinerie d'Europe est entrée en production en juillet 2019.

    "Il s'agit de la première bioraffinerie de taille mondiale en France et une des plus grandes d’Europe, vise à répondre à une demande croissante en biocarburants", indique Total. Elle a pour objectif d'importer de l'huile (végétale et animale) pour la transformer en carburant à destination des moteurs Diesel. Selon un communiqué de Total, "la Mède est autorisée à utiliser jusqu'à 450 000 tonnes d'huile végétale brute dans le cadre de son approvisionnement", sur une capacité de traitement annuel de 650 000 tonnes. Mais combien de tonnes d'huile de Palme ?

    Au moins 300 000 tonnes d'huile de palme importées par an

    "Dans le cadre d'un dialogue positif avec le Ministère de la Transition écologique et solidaire, Total a décidé de s'engager dans une démarche de progrès continu et prend l'engagement de limiter l'approvisionnement en huile de palme brute à un volume inférieur à 50 % des volumes de matières premières qui seront traitées sur le site, soit au plus 300 000 tonnes par an", indique Total. Ce qui pourrait représenter environ 15 % de la production de biodiesel française (2 055 000 tonnes produits en 2016 selon FranceAgrimer).

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  • https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/foret-reduire-rechauffement-climatique-il-faudrait-planter-1000-milliards-arbres

     Les arbres sont notre meilleure arme pour lutter contre le changement climatique, grâce à leur capacité de stockage du CO2. À condition d'en planter... beaucoup. Des chercheurs suisses ont calculé le nombre d'arbres que l'on pourrait ajouter sur la planète, et ont estimé que ces derniers pourraient réduire de 25 % le niveau de CO2 dans l'atmosphère. Un objectif qui se heurte cependant à de nombreux obstacles.

    En 2015, le biologiste Thomas Crowther avait dénombré pour la première fois le nombre d’arbres sur la planète et en était arrivé au chiffre de 3.000 milliards, soit environ un arbre pour 422 habitants. D'après une nouvelle étude de l'ETH-Zürich en Suisse, il serait possible d'en ajouter 1.000 milliards de plus, ce qui ferait diminuer de 25 % le taux de CO2 dans l'atmosphère.

    Dans leur étude, publiée le 5 juillet dans le journal Science, les chercheurs (dont fait partie Thomas Crowther) ont analysé 78.774 photographies satellite pour estimer la couverture forestière actuelle, et ont évalué à un tiers la surface terrestre recouverte de forêt. Ils ont ensuite catégorisé la planète en dix types de sols et de climats afin de déterminer les zones les plus propices à tel ou tel type de forêt. En excluant les surfaces déjà recouvertes de forêt ou utilisées pour l'agriculture et les villes, ils ont déterminé combien d'arbres additionnels pourraient être plantés et en sont arrivés à 0,9 milliard d'hectares, soit 1.000 milliards d'arbres et l'équivalent de la superficie des États-Unis. Ces arbres pourraient alors capturer 205 gigatonnes de CO2 dans les prochaines décennies, cinq fois la quantité émise en 2018 dans le monde et les deux tiers de tout ce que l'Homme a généré depuis la révolution industrielle. « Si nous plantions ces arbres aujourd'hui, le niveau de CO2 dans l’atmosphère pourrait être diminué de 25 % », indique Jean-Francois Bastin, l'auteur principal de l'étude.

     
    Les surfaces en vert montrent la surface terrestre disponible pour y planter des arbres, elles excluent les forêts déjà existantes, les déserts, les villes et les cultures, soit 0,9 milliard d’hectares. © ETH Zurich / Crowther Lab

      La moitié du potentiel de reforestation se situe dans six pays seulement : Russie (151 millions d'hectares), États-Unis (103 millions), Canada (78 millions), Australie (58 millions), Brésil et Chine. Et pour les auteurs, il n'y a pas de temps à perdre : « Cela va prendre des décennies avant que les arbres ne soient matures et atteignent leur potentiel de stockage », explique Thomas Crowther. 80 % du potentiel de stockage sera ainsi atteint d'ici 30 ans, les 20 % restant dans les 30 années suivantes, étant donné que les arbres jeunes sont plus efficaces pour stocker le CO2.

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  •   

    2017    254 p.   18 €

      Attac s’est associé à l’Institut de recherche critique en design Civic city pour publier son dernier livre, Notre monde à changer ! Ce bel ouvrage est le résultat d’une habile réinterprétation graphique, par Ruedi Baur et son équipe, des données économiques, analyses et propositions politiques portées par Attac.

      Les montants de l’évasion fiscale, la répartition des richesses et les inégalités dans le monde ou encore les conséquences des dérèglements climatique sont mis en images grâce à un système numérique de représentation de figurines créé par l’atelier Intégral Ruedi Baur en hommage au système Isotype développé en 1925 par le socio-économiste autrichien Otto Neurath et le graphiste allemand Gerd Arntz.

       Dans le cadre d’un projet graphique pour la Biennale d’Art Contemporain, Manifesta 11 qui s’est déroulée en 2016 à Zurich et qui avait pour thème « what people do for money  », l’atelier Intégral Ruedi Baur avait développé un système numérique de représentation de figurines. Celui-ci se voulait être un hommage au système Isotype développé en 1925 par le socio-économiste autrichien Otto Neurath et le graphiste allemand Gerd Arntz.
    Du design d’information qui avait pour objectif de rendre plus intelligible les statistiques en les sortant de leur abstraction. Cette Biennale terminée, se posait la question de la manière de donner une autre réalité politique à ces représentations humaines. Après discussion avec l’éditeur Lars Müller intéressé par la publication du projet, Ruedi et Vera Baur s’adressent à l’association Attac en leur proposant de concevoir avec eux un livre sur l’état économique, social, écologique et politique du monde. Ainsi a débuté une brève mais intense aventure de quelques mois dont le résultat se trouve dans Notre monde à changer ! Les données issues de diverses statistiques choisies comme les propositions politiques d’Attac furent réinterprétées graphiquement par Ruedi Baur et son équipe dans le cadre d’une collaboration fructueuse entre Attac et Civic city.

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  • https://www.lessymboles.com/toutes-nos-nouvelles-technologies-sont-ultra-polluantes-et-aussi-ultratoxiques/?utm_source=wysija&utm_medium=email&utm_campaign=Lettre-MDS-237

    Commentaire. Les écrans avec les téléphones, l’internet consomment plus d’électricité que l’ensemble du trafic aérien mondial. Ils sont déjà à l’origine d’une énorme pollution électromagnétique, avec le 5G, ils deviendront l’artisan d’un génocide planétaire. 

    L’ARTICLE :

    https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/comment-le-numerique-pollue-dans-l-indifference-generale-801385.html

    Les ordinateurs, smartphones, data centers, réseaux et objets connectés engloutissent déjà 10% de la consommation mondiale d'électricité. L'augmentation des usages vidéo, l'explosion à venir de l'Internet des objets et de la blockchain, ou le traitement massif des données avec l'intelligence artificielle vont aggraver encore plus l'empreinte carbone du numérique. Des solutions, à petite et grande échelle, existent pourtant. Mais le grand public est peu sensibilisé à ces enjeux environnementaux et la classe politique ignore le problème.

    On peut désormais tout faire grâce au numérique : regarder la télévision en replay ou en streaming, écouter des millions de titres de musique, stocker nos milliers de photos dans le cloud, discuter en vidéo pendant des heures sur WhatsApp ou Messenger, piloter les équipements de sa maison, jouer en ligne... Le tout, bien sûr, grâce à nos nombreux appareils connectés (téléviseurs, ordinateurs, tablettes, smartphones, montres, enceintes...).

    Avec les années, ces outils sont devenus de plus en plus puissants pour accompagner les nouveaux usages et supporter une consommation toujours plus folle de données. Car au XXIe siècle numérique, tout est connecté ou a vocation à le devenir. Nos équipements, nos maisons, nos infrastructures de transport - demain les véhicules autonomes -, nos villes, les usines et même les champs sont bardés de capteurs qui les rendent « intelligents ». Sept milliards d'objets connectés seraient en circulation en 2018. D'après Gartner, ils seront au moins 20 milliards en 2020 et augmenteront encore nettement ensuite avec les progrès de la miniaturisation, la généralisation de la 5G ou encore les nouvelles perspectives du big data associé à l'intelligence artificielle.

    Internet pollue moins que la Chine et les Etats-Unis, mais davantage que tous les autres pays

    Problème : la révolution numérique, qui change en profondeur la société et l'économie, est un désastre pour l'environnement. Si Internet était un pays, il serait le troisième plus gros consommateur d'électricité au monde, derrière la Chine et les États-Unis. D'après plusieurs études, il engloutit déjà entre 6% et 10% de la consommation mondiale et pèserait près de 5% des gaz à effet de serre globaux.

    Malgré des méthodes de calcul différentes, les experts s'accordent à peu près sur une « règle des trois tiers » pour expliquer cette consommation. Le premier tiers viendrait des équipements, c'est-à-dire nos ordinateurs, téléviseurs, ainsi que tous les objets connectés en circulation, très gourmands en énergie, à l'image des smartphones qu'il faut recharger tous les jours. Le deuxième tiers est celui des data centers, qui consomment énormément d'électricité et qui dégagent de la chaleur qu'il faut donc refroidir. Enfin, le dernier tiers est celui des réseaux, ces millions de kilomètres de tunnels et de tuyaux qui transportent nos données, et qui sont bardés d'antennes et de routeurs pour assurer le fonctionnement du Web.

    Le numérique n'est pas une industrie immatérielle

    « L'impact environnemental du numérique est difficile à appréhender car il est essentiellement invisible », déplore Hugues Ferreboeuf, chef de projet pour The Shift Project, un cercle de réflexion sur la transition écologique.

    Pourtant, le numérique n'est pas immatériel. Pour fabriquer nos ordinateurs, téléviseurs et smartphones, il faut une quantité énorme de ressources naturelles non renouvelables, parfois très rares, qui sont transformées en composants électroniques avec des méthodes d'extraction et de traitement souvent très polluantes. « Un téléphone portable requiert environ 60 métaux différents, et seulement une vingtaine d'entre eux seraient actuellement recyclables », alerte le Livre blanc Numérique et Environnement, publié cette année par un collège d'experts issus de l'Iddri, de la Fondation internet nouvelle génération (Fing), du Fonds mondial pour la nature (WWF France) et de GreenIT.fr, qui regroupe la communauté française des acteurs de l'informatique durable.

    De leurs côtés, les tuyaux sont de plus en plus sollicités par les usages vidéo : le trafic sur les réseaux télécoms explose de 100% par an, Netflix consomme à lui seul 15% de la bande passante mondiale, et la vidéo pèse désormais 58% de l'ensemble du trafic sur Internet, d'après une récente étude de Sandvine.

    Le problème de l'explosion de la consommation de données vient aussi de « l'obésité » des logiciels et des applications mobiles. D'après le centre de recherche grenoblois Gricad, 35 applications fonctionnent en moyenne en permanence sur un smartphone, même quand celles-ci sont fermées, épuisant la batterie. Comme ils ne sont plus limités par la mémoire des appareils ou les capacités de stockage, les développeurs ne font plus vraiment attention à l'efficience des logiciels.

    « Le code des applis est devenu trop lourd et complexe, ce qui gâche de l'énergie, regrette Frédéric Bordage, le fondateur de GreenIT.fr. Quand on pense que l'ordinateur qui a emmené l'homme sur la Lune disposait d'une mémoire centrale d'environ 70 kilo-octets, soit autant que le poids d'un e-mail aujourd'hui, on constate que l'efficience informatique s'est spectaculairement dégradée en un demi-siècle. »

    La "Green Tech" ne compense pas l'impact négatif du numérique sur l'environnement

    Paradoxalement, le numérique en lui-même est une solution pour répondre aux défis environnementaux. Les solutions des « clean tech », parfois révolutionnaires, se déploient dans de nombreux domaines : énergies propres et renouvelables, optimisation de la consommation énergétique et des circuits alimentaires, gestion de l'eau et des déchets, mobilité verte, fluidification des flux de transports dans les villes, éclairage public intelligent, surveillance en temps réel des forêts, de l'air ou des océans, nouveaux matériaux moins polluants... L'innovation verte est si prometteuse que beaucoup pensent que la révolution numérique contribue déjà fortement à la transition écologique.

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  • Taxation des multinationales : la révolution continue

    Christian Chavagneux 07/06/2019
    https://www.alternatives-economiques.fr//taxation-multinationales-revolution-continue/ 

    Bonne nouvelle : la révolution de la taxation des multinationales lancée en janvier dernier (https://www.alternatives-economiques.fr/taxation-gafa-locde-lance-revolutions-historiques/00087973) à l’OCDE continue. Les 8 et 9 juin prochains à Fukukoa, au Japon, les ministres des Finances du G20 vont plancher sur le sujet avec l’objectif d’arriver à un consensus avant la fin 2019, pour une mise en œuvre en 2020.

    Qui taxe quoi ?

    Leur programme de travail (https://www.oecd.org/tax/beps/programme-of-work-to-develop-a-consensus-solution-to-the-tax-challenges-arising-from-the-digitalisation-of-the-economy.pdf) pose d’emblée le cadre de ce qui se joue : comment fixer les droits à taxer les revenus issus des activités internationales, en particulier pour les entreprises du numérique ? Ces dernières développent des activités importantes sans présence physique dans les pays. Or, les accords fiscaux internationaux ne permettent à un Etat de taxer les profits des entreprises que lorsque celles-ci sont présentes sur son territoire.

    Taxation des multinationales

                                                  A lire Alternatives Economiques n°391 - 06/2019

       D’où la première révolution en cours : on pourra taxer des firmes sans présence effective, les droits à taxer seraient désormais déterminés davantage en fonction de la localisation des consommateurs plutôt que des profits, transférés artificiellement par les entreprises vers les paradis fiscaux.

       La première révolution en cours : on pourra taxer des firmes sans présence effective

       Une évolution qui fera des gagnants, les pays de grande consommation, et des perdants, les paradis fiscaux et les grands pays exportateurs. Qu’en serait-il pour la France ? Elle récupérerait par exemple des droits à taxer sur les activités des Gafa transférées en Irlande, mais en perdrait aussi, par exemple sur les profits réalisés lors de la vente de produits de luxe par les entreprises françaises en Chine, les Chinois récupérant un droit à taxer plus important en tant que marché de consommation. Du côté de Bercy, on reste prudent et on a demandé à des économistes de produire une estimation dont les premiers résultats semblent indiquer qu’« au final, la France serait a priori gagnante ». Le ministère des Finances attend que l’OCDE collecte les informations pour l’ensemble des territoires concernés et propose un bilan général.

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  • https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/foret-monde-perdu-12-millions-hectares-forets-tropicales-2018 (26/04/2019)

      La forêt tropicale, c’est le plus divers des habitats naturels qui existent sur notre planète. Mais depuis quelques années, ses arbres sont abattus au profit de l’industrie du bois ou de la production d’huile de palme, de cannes à sucre ou de soja. Et selon le dernier rapport de Global Forest Watch (GFW), en matière de déforestation, 2018 se classe comme la quatrième plus mauvaise année.

      C'est en 2001 que Global Forest Watch (GFW) — un projet soutenu par le World Ressources Institute (WRI) et qui se base notamment sur des données satellitaires — a commencé à cartographier le recul des forêts du monde. Et sa dernière étude montre que la destruction des forêts tropicales s’est poursuivie en 2018 à un rythme soutenu. Selon les données, « les régions tropicales ont perdu, l’année dernière, 12 millions d’hectares de couverture arborée », soit une superficie équivalente à celle du Nicaragua.

    Après 2016, 2017 et 2014, 2018 s’affiche ainsi comme la quatrième année la plus mauvaise en matière de déforestation« La disparition de 3,6 millions d’hectares de forêt tropicale primaire, une superficie de la taille de la Belgique, est particulièrement préoccupante », souligne GFW dans son rapport. Car ces forêts « constituent un écosystème forestier extrêmement important, contenant des arbres pouvant atteindre des centaines voire des milliers d’années », rappelle GFW« Elles stockent plus de carbone que les autres forêts et sont irremplaçables pour préserver la biodiversité. »

    Les forêts tropicales primaires stockent plus de carbone.

    La destruction de forêt tropicale primaire se concentre dans cinq pays : le Brésil, la République démocratique du Congo, l’Indonésie, la Colombie et la Bolivie. Le rapport s’alarme aussi sur la situation à Madagascar, un des pays les plus pauvres au monde. Un pays qui a perdu « 2 % de sa forêt tropicale primaire en 2018, une proportion supérieure à celle de tout autre pays tropical ». Et GFW pointe aussi du doigt l’accélération de la destruction de forêt tropicale primaire au Ghana et en Côte d’Ivoire entre 2017 et 2018.

    C’est notamment au profit de cultures d’huile de palme ou de bois que la forêt tropicale primaire est détruite. Ne sont représentés ici que les pays qui abritent plus de 100.000 hectares de forêts tropicales primaires. À gauche, le classement en nombre total d’hectares perdus. À droite, le classement en pourcentage de hausse par rapport à 2017. © World resources institute

    Des raisons de s’inquiéter

    Le rapport souligne qu’en 2002, le Brésil et l’Indonésie concentraient 71 % des pertes de forêts tropicales primaires, et qu’ils n’en représentent plus que 46 % en 2018. L’an dernier, « la perte de forêt primaire en Indonésie a atteint son taux le plus bas depuis 2003, poursuivant une baisse encourageante amorcée en 2017 ». Cette tendance s’explique par des « politiques gouvernementales récentes », avec par exemple des zones forestières protégées par un moratoire. Le pays a aussi bénéficié d’un temps humide, « empêchant une saison de feux de forêt intense ». Mais la situation pourrait changer en 2019 avec le phénomène El Niño « qui entraînera généralement des conditions sèches et une saison de feux de forêt prolongée en Indonésie ».

    Au Brésil, la perte de forêt primaire reste élevée, s’inquiète GFW. « Une partie de la perte de 2018 peut être attribuée aux feux de forêt, mais elle semble être due en grande partie à des coupes à blanc en Amazonie, mettant en péril la baisse de la déforestation que le pays a connue au début des années 2000 ». Et la situation pourrait encore empirer, car selon l’ONG Imazon, la déforestation en Amazonie brésilienne a augmenté de 54 % en janvier 2019 par rapport à janvier 2018.

    « Il est encore trop tôt pour évaluer de quelle façon l’affaiblissement des lois environnementales et leur application sous la nouvelle administration du Brésil [NDLR : un nouveau président a pris ses fonctions en début d’année] affecteront la perte de forêt », commente pour sa part GFW. Le président brésilien a en effet fait savoir qu’il ferait passer les intérêts miniers et agricoles en premier avant la protection de l’environnement.

    En Colombie enfin, l’accélération de la perte de forêt primaire s’explique par l’accord de paix conclu avec les Forces armées révolutionnaires : « des zones de l’Amazonie occupées auparavant par les FARC se sont ouvertes au développement », explique GFW.

    • Les régions tropicales ont perdu 12 millions d’hectares de couverture arborée en 2018.
    • Un chiffre qui classe 2018 au quatrième rang des plus mauvaises années en matière de déforestation depuis 2001.
    • Et c’est notamment les 3,6 millions d’hectares de forêt tropicale primaire disparus qui préoccupent les experts.
    • Car elles stockent plus de carbone que les autres forêts et sont irremplaçables pour préserver la biodiversité

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  • Un million d'espèces animales et végétales seraient menacées d'extinction selon l'ONU

    Sur les huit millions d'espèces végétales et animales présentes sur Terre, près d'un million pourraient disparaître dans les prochaines décennies selon un rapport de l'ONU sur la biodiversité. Une étude qui vient confirmer la "sixième extinction de masse" attribuée à l'Homme. 

    Un million d'espèces menacées...

    ©CC0
    À Madagascar 95 % des lémuriens sont menacés d'extinction à cause de la déforestation et du braconnage.

    L'Homme dépend de la nature mais la détruit méthodiquement. Jusqu'à un million d'espèces animales et végétales pourraient être menacées d'extinction, dont beaucoup "dans les prochaines décennies", selon un projet de rapport de l'ONU sur la biodiversité, obtenu par l'AFP.

    Eau potable, forêts qui absorbent le CO2, insectes pollinisateurs nécessaires aux cultures, poissons... La plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) va se réunir du 29 avril au 4 mai à Paris pour adopter la première évaluation mondiale des écosystèmes depuis près de 15 ans. L'état des lieux de la biodiversité devrait être aussi inquiétant que les prévisions sur le changement climatique.

    La sixième extinction de masse

      Selon le projet de résumé obtenu par l'AFP, diverses "preuves indépendantes signalent une accélération rapide imminente du taux d'extinction des espèces (...) même si les facteurs (de cette extinction) ne s'intensifient pas". Sur les 8 millions d'espèces estimées (dont 5,5 millions d'espèces d'insectes) sur la planète, "un demi-million à un million d'espèces devraient être menacées d'extinction, dont beaucoup dans les prochaines décennies", poursuit le texte.

      Ces projections correspondent aux mises en garde de nombreux scientifiques qui estiment que la Terre est au début de la sixième "extinction de masse", la première attribuée à l'Homme qui a déjà fait disparaître au moins 680 espèces de vertébrés depuis 500 ans.

      L’agriculture et l’exploitation des ressources coupables

       Nourriture, énergie, médicaments : "les apports que les gens tirent de la nature sont fondamentaux pour l'existence et la richesse de la vie humaine sur Terre, et la plupart d'entre eux ne sont pas totalement remplaçables", met en garde le texte. Par exemple, plus de deux milliards de personnes dépendent du bois pour l'énergie, quatre milliards utilisent une médecine naturelle et 75 % des cultures ont besoin d'être pollinisées par des insectes.

       Premiers responsables de cette sombre situation : l'utilisation des terres (agriculture, exploitation forestière, mines) et l'exploitation directe des ressources (pêche, chasse).  Viennent ensuite le changement climatique, les pollutions et les espèces invasives, dont l'impact est "à ce jour relativement moins important", mais "s'accélère". Mais le texte met aussi en avant les liens entre cette perte de biodiversité et le changement climatique, parfois encouragés par les mêmes facteurs, en particulier le modèle agricole dans un monde de plus en plus peuplé.

      La biodiversité, une question (aussi) économique

       "Nous devons reconnaître que le changement climatique et la perte de la nature sont tout aussi importants, pas seulement pour l'environnement, mais pour des questions économiques et de développement", avait indiqué récemment à l'AFP le patron de l'IPBES Robert Watson, appelant à une "transformation" de la production alimentaire et énergétique.

       "Si nous voulons une planète durable qui fournit des services aux communautés autour du monde, nous devons changer de trajectoire dans les 10 prochaines années, comme nous devons le faire pour le climat", a souligné de son côté Rebecca Shaw, scientifique en chef de WWF. Le rapport estime d'autre part que trois-quarts des surfaces terrestres, 40 % de l'environnement marin et la moitié des cours d'eau ont été "gravement altérés". Et les régions les plus touchées sont celles où vivent des peuples autochtones particulièrement dépendants de la nature ou des populations pauvres déjà plus vulnérables aux impacts du changement climatique.

      La rédaction avec AFP 
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