• Les avantages des éco-matériaux biosourcés pour la construction.

    06 juin 2019,

    https://www.notre-planete.info/actualites/379-eco-construction-eco-materiaux

     

    maison-ecologique-bois© Christophe Magdelaine / www.notre-planete.info - Licence : CC BY-NC-ND

       La pensée écologique qui gagne peu à peu nos consciences citoyennes permet de rendre à certaines techniques de construction et à certains matériaux oubliés leurs lettres de noblesse. Longtemps boudés, les matériaux biosourcés ont le vent en poupe depuis quelques années. Zoom sur ces éco-matériaux prometteurs, annonciateurs d'une révolution verte dans le secteur de l'habitat.

       Force est de constater que nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir quitter notre environnement ultra-urbanisé, synonyme de stress, de pollution de l'air mais aussi de pollution sonore ou lumineuse, pour aller vivre au grand air. Un exode rural voulu et presque vital pour certains, qui s'accompagne d'une volonté de faire mieux, d'agir différemment, dans un souci de retour à la nature plus sain et inné à l'Homme.

       Principalement utilisés dans les pays pauvres pour leur faible coût et leur biodisponibilité locale, l'utilisation d'éco-matériaux dans le secteur de la construction est en timide augmentation ces dernières années également dans les pays riches. Une tendance qui traduit une volonté de respecter davantage notre environnement en utilisant comme matériaux de construction ce que la nature nous procure sans avoir besoin d'exploiter de manière démesurée des ressources naturelles provenant à des milliers de kilomètres de chez soi. Bien loin de la chaumière de la petite maison dans la prairie, tout le défi du XXIème siècle concernant ces projets de construction d'un nouveau genre est de concilier technologie, confort et respect de l'environnement.

    Eco-matériaux : des critères de sélection drastiques

      Les éco-matériaux sont principalement utilisés comme matériaux d'isolation mais aussi en tant que matériaux structurels. Le domaine de la construction d'habitation ne retient que des matériaux fiables et performants, pouvant rivaliser avec d'autres matériaux moins écologiques comme le béton.

      Un matériau biosourcé de construction doit répondre à des critères techniques (qualité architecturale, durabilité, facilité d'entretien, résistance au feu, à la chaleur). On l'aura compris, construire sur fond de « Green Building » oui, mais pas au détriment de la sécurité ! C'est pourquoi les matériaux biosourcés utilisés dans la construction doivent être aussi sûr qu'un matériau « classique ».

      Des critères environnementaux rentrent bien-entendu en ligne de compte. Les éco-matériaux sont issus (en totalité ou en partie) de la biomasse végétale ou animale et ne doit pas nuire à la santé. Ils doivent être recyclables ou biodégradables, sans émanations toxiques pour l'homme, la faune et la flore, ni polluer les cours d'eau. L'exploitation ne doit pas se faire au détriment d'autres milieux naturels ou espèces. L'empreinte énergétique, c'est-à-dire l'énergie nécessaire à sa fabrication et à sa mise en œuvre, doit être la plus faible possible.

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    Parmi les biomatériaux utilisés dans les constructions, on peut citer : le bois, la pierre, la terre crue, tandis que l'isolation des maisons écologiques privilégiera des matériaux comme la laine de chanvre, le liège, la laine de mouton, la laine de lin ou encore la paille.

    Quels avantages offrent les biomatériaux ?

    Face à ces multiples conditions, les géants du BTP ne sont pas friands de cette nouvelle tendance, trop contraignante. Pourtant, les matériaux biosourcés présentent de nombreux avantages :

    • Un argument socio-économique avec la création d'emplois non délocalisables. L'éco-matériau mobilise des ressources et des filières locales (circuit court), favorisant une économie "verte".
    • Une qualité de vie augmentée pour les propriétaires et des conditions de travail améliorées pour les ouvriers sur les chantiers.
    • Des faibles répercussions environnementales et un bilan carbone faible en raison des taux d'émission de gaz à effet de serre fortement réduits (transport, exploitation, recyclage des matériaux optimisés), en particulier les matériaux issus de la biomasse végétale.
    • Les isolants biosourcés concurrencent les laines minérales et les mousses alvéolaires de l'industrie en offrant des performances comparables. En effet, le cœfficient de conductivité thermique (λ) est compris entre 0,035 et 0,051 W/(m.K) pour les éco-matériaux contre 0,030 et 0,042 W/(m.K) pour les isolants classiques. La plupart d'entre eux présentent en outre d'intéressantes propriétés en termes d'isolation acoustique, de régulation hygrothermique et de durabilité.

    Une volonté politique et individuelle de changement

    L'utilisation des matériaux biosourcés est au cœur des enjeux de la construction durable, et leur utilisation est encouragée par les pouvoirs publics. La filière a été identifiée par le Ministère de l'Écologie comme l'une des filières vertes ayant un potentiel de développement économique élevé pour l'avenir. En 2012, ce soutien a donné lieu à la création du label Bâtiment Biosourcé, label reconnu permettant de certifier l'emploi de matières biosourcées dans une. En Août 2015, la Loi sur la transition énergétique pour la croissance verte a confirmé cette orientation en incitant les professionnels du bâtiment à employer les matériaux biosourcés en construction neuve et en rénovation, avec, depuis 2016 des encouragements financiers sous forme de « bonus ».

    Malgré ces encouragements, le choix des isolants biosourcés semble être plus fréquent chez les particuliers que chez les professionnels, alors que le coût d'une écoconstruction peut représenter un supplément de 10 à 15 % du budget par rapport à une construction classique, les délais de construction pouvant également être allongés. Au-delà de l'aspect financier, c'est bien la volonté de perpétuer certaines traditions de nos ancêtres et une volonté de rapprochement de la nature qui motivent ces particuliers dans leur décision.

    Laurent Lembezat, responsable de l'entreprise Arisolation, est un partisan convaincu des matériaux biosourcés. Depuis plusieurs années, ils ne proposent que des matériaux d'isolation dont l'exploitation et l'utilisation sont respectueux de l'environnement comme la ouate de cellulose et le coton recyclé. Une reconversion assumée qu'il explique par une prise de conscience sur les effets toxiques pour la santé des matériaux conventionnels utilisés sur les chantiers, mais aussi une redécouverte des anciens matériaux et de leurs intérêts et surtout la relation avec les fournisseurs locaux de ces matières premières plus humaines.

    Il y a un intérêt indéniable pour les matériaux biosourcés. A tel point que des MOOCS, c'est-à-dire des formations en ligne gratuites et ouvertes à un large public, sont proposés sur les éco matériaux. Une façon abordable de démocratiser les matériaux biosourcés et d'initier les personnes intéressées (professionnels ou non, étudiants, chercheurs etc..) à ce sujet

    :https://www.mooc-batiment-durable.fr/courses/course-v1:KARIBATI+2017MOOCBAT03+SESSION02/about

    Exemples d'écoconstruction

    Nos ancêtres avaient naturellement recourt aux matériaux biosourcés et cela donné de superbes constructions dont certaines continuent aujourd'hui à loger de nombreuses personnes.

    • Les yourtes de Mongolie, pouvant s'adapter à des climats très rudes. La toile est traditionnellement en feutre, avec une ossature en bois. Aujourd'hui la yourte est sortie de ces frontières et il est devenu facile d'y passer une nuit ou deux à quelques kilomètres de chez soi.
    • Les tiny houses, ou « mini » maison, made in USA, utilisent en grande majorité des éco-matériaux. Idéal pour les petits budgets, elles répondent à un besoin de minimalisme croissant chez des gens à la recherche de plus de simplicité dans leur mode de vie et surtout adeptes d'une grande liberté de déplacement.
    • Les cabanes dans les arbres sont le rêve de tous les enfants. En bois pour la plupart, ne blessant pas les arbres, elles restent le parfait exemple d'écoconstruction.
    • Les dômes géodésiques en verre, très en vogue dans les années 60-70. Constituées de bois ou de verre, elles sont particulièrement solides et isolantes face à des températures extrêmes. La maison peut être construite à l'intérieur du dôme géodésique en verre, qui sert alors de serre. De nos jours, ces écohabitats sont principalement proposés aux touristes de passage pour une expérience originale.
    • Les mystérieuses maisons troglodytes ou maisons enterrées, creusées directement dans la roche sont très écologiques. Pouvant être partiellement construite dans une colline ou une grotte, elle profite de l'isolation naturelle de la terre et de la roche, ainsi que de la végétation qui la recouvre.

    L'urine : un éco-matériau insolite et inattendu

    Loin de l'image traditionnelle des matériaux d'antan, une très sérieuse étude menée par des chercheurs de l'Université du Cap en Afrique du Sud a permis de cultiver des briques écologiques à partir d'un mélange de sable, de bactéries et … d'urine humaine ! Les bactéries produisent une enzyme : l'uréase, qui va réagir avec l'urée présente dans l'urine pour produire un composé semblable à du ciment et qui s'associe avec le sable. Le produit obtenu est moulé et séché à température ambiante, sans four ni émissions de gaz à effet de serre. Une prouesse rendue possible par le processus naturel de précipitation microbienne de carbonate, similaire à celui de la formation des coquillages.

    Une innovation mondiale dont l'ambition est de détrôner les briques classiques utilisées actuellement et faîtes à partir de béton ou de terre cuite obtenues après cuisson dans des fours chauffés à 1400°C, rejetant ainsi un fort taux d'émission de dioxyde de carbone. Si la mise au point de la technique a mis plus d'un an, les bio-briques ont poussé en moins d'une semaine. Mais avec un rapport de 30 litres d'urine pour une seule brique, on est loin de la commercialisation de ce nouveau éco-matériau.


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