• Les pesticides coûtent plus cher qu’ils ne rapportent

     Publié le par werdna01

      https://resistanceinventerre.wordpress.com/category/agroalimentaire/ 

    Lagedefairedecembre-2016   L’âge de faire – journal mensuel alternatif avril 2016 –    Nicolas Bérard –

     

      Lancé dans la foulée du Grenelle de l’environnement en 2009, le premier plan Ecophyto s’était fixé pour objectif de réduire de moitié, en France, l’usage des pesticides, fongicides et insecticides à l’horizon 2018. Cet objectif n’a aucune chance d’être atteint. Une étude publiée début mars par le ministère de l’Agriculture note que, loin de diminuer, l’utilisation de produits chimiques est au contraire en hausse. Le « nombre de doses unités » a augmenté de 9,4 % entre 2013 et 2014. Quant aux quantités de substances actives (QSA) des usages agricoles, elles ont augmenté de 16 % sur la même période.
    Le ministère de l’Agriculture lance aujourd’hui son plan Ecophyto2 : l’objectif reste le même que le premier, à savoir une réduction de moitié, mais la date butoir a été repoussée à 2025. A-t-il une chance d’être atteint ? Pourquoi pas ! Ou du moins peut-on en espérer qu’il enclenche l’inversion de la courbe pour faire baisser, peu à ,peu, l’utilisation des phytos.
    Une étude de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA)
    boxPict   Cet optimisme, on ne le doit pas à une subite prise de conscience écologique du pouvoir en place. Ce dernier se concentrant sur l’économie, c’est d’elle que doit venir le changement. Une vaste étude réalisée par deux scientifiques de l’INRA, Denis Bourguet et Thomas Guillemaud, publiée en mars, révèle en effet que les coûts liés aux divers produits phytosanitaires sont supérieurs aux bénéfices qu’ils engendrent (Le Monde 19/3) / journaldelenvironnement.net 23/3, etc… Pour cela, ils ont étudié les « coûts cachés » et les « externalités négatives » de leur utilisation. Ceux-ci touchent à divers domaines : la protection et le traitement des milieux pollués par ces substances, la prise en charge des maladies qu’elles provoquent (cancers, intoxications), les atteintes à la biodiversité qu’elles engendrent (toujours d’un point de vue économique, en prenant par exemple en compte la mortalité des abeilles et les manques à gagner en termes de pollinisation que cela entraîne), où encore les dépenses d’argent public pour  encadrer et contrôler leur utilisation. Verdict : les produits phytosanitaires ont rapporté 27 milliards de dollars à l’économie américaine, mais lui ont coûté 40 milliards !
    Santé publique

        « Ce travail d’experts de l’INRA montre que le discours sur la soi-disant rationalité économique d’une agriculture dépendant de l’utilisation massive des pesticides est largement basé sur des études incomplètes, qui ne prennent pas en compte la réalité des coûts sanitaires et environnementaux » note François Veillerette, porte-parole du mouvement Générations Futures. En tête des dépenses : le traitement des maladies provoquées par ces produits. « Ce qui apparaît comme le poste de dépenses le plus important reste le traitement des maladies chroniques liées à l’exposition à ces substances« , explique ainsi Thomas Guillemaud dans Le Monde. Mais il existe très peu d’études permettant de chiffrer précisément ces coût sanitaires. On dispose de beaucoup de travaux sur l’exposition au tabac et à l’alcool et leurs effets, par exemple, mais presque rien sur les pesticides. »

      Des coûts cachés… cachés ?
    Également citée par Le Monde, l’économiste de l’agriculture Marion Desquilbet, tout en estimant que cette étude représente un « travail énorme« , pense que l’usage des phytos coûte encore plus cher que ce qui est avancé : « [Les auteurs] n’ont ainsi pas pris en compte les effets des pesticides sur les malformations congénitales, de la surproduction agricole sur l’obésité, etc. Il aurait été possible d’inclure les « externalités sociales » liées à l’utilisation des pesticides : ces derniers jouent sur la taille des exploitations, l’emploi, le tissu social… » Ne devrait-on pas inclure, également, leur impact sur l’industrialisation de l’agriculture et donc leur participation au dérèglement climatique ? Comme le dit Marion Desquilbet, cette étude ouvre une « boîte de Pandore« . Conclusion logique de François Veillerette : « Il y a urgence à changer les modes de production actuels« . Et encore, on ne vous a pas parlé de bien-être…

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