• Les plantes malades des pesticides (Fr. CHABOUSSOU)

    Les plantes malades des pesticides (Fr. CHABOUSSOU)

    2011   304 p.   21 €

       Les effets négatifs des pesticides sur les plantes cultivées peuvent aller nettement au-delà des conséquences d’un bouleversement des écosystèmes. Francis CHABOUSSOU démontre ici que c’est la physiologie même de la plante cultivée qui est perturbée par les pesticides, la rendant plus vulnérable aux agresseurs. Il montre que le recours massif aux pesticides crée des fragilités chez les plantes… qui vont conduire à augmenter encore plus l’usage de ces toxiques pour tenter de réduire les nouveaux dégâts causés par cette fragilité.

      On a ici la meilleure illustration possible du véritable cercle vicieux dans lequel nous a conduit l’agriculture intensive depuis 60 ans, s’appuyant, pour tenter de pallier les déséquilibres qu’elle engendre inévitablement, sur la béquille chimique illusoire des pesticides.

      Francis Chaboussou, chercheur (atypique) à l'INRA pendant près de cinquante ans, établit sa théorie, la trophobiose selon laquelle tout parasite ne devient virulent que s'il rencontre dans la plante les éléments nutritionnels qui lui sont nécessaires. Révolutionnaire, car il prouve, dès 1970 et en pleine hégémonie des traitements chimiques, que ces derniers, au contraire des idées émises, contribuent à développer dans la plante ces éléments qui permettent aux champignons, acariens, insectes, virus et autres bactéries d'y proliférer... Visionnaire car, a contrario du credo «moderniste» de cette époque, il démontre également que seule l'agriculture biologique peut assurer l'équilibre écologique interdisant aux parasites latents de devenir nuisibles...  

      Extrait de la préface de François Veillerette à cette nouvelle édition

     

      «Connaissez vous le livre de Francis Chaboussou Les plantes malades des pesticides» ?
    Cette question, c'est le grand écologiste Teddy Goldsmith qui me la posait au téléphone, un jour de 2002. Nous discutions alors des pesticides et de leur impact sur l'environnement et la santé à l'occasion de la sortie de mon premier livre Pesticides le piège se referme. Ayant honteusement dû répondre «non» à la question posée, Teddy Goldsmith m'expliqua alors avec la passion et l'intelligence qui étaient les siennes comment un agronome français dont le nom m'était alors inconnu, Francis Chaboussou, avait analysé scientifiquement les effets délétères des pesticides sur la physiologie des plantes qu'ils sont supposés protéger et avait publié au début des années 80 le livre dont j'ai aujourd'hui le très grand honneur d'écrire la préface de la nouvelle édition.
    Je me suis alors précipité sur mon ordinateur pour essayer de me procurer une copie des Plantes malades des pesticides d'occasion et me plongeai bientôt dans sa lecture.
      N'étant pas agronome, je ne peux pas prétendre avoir compris alors toutes les subtilités scientifiques relatives à la physiologie des plantes cultivées que contient ce livre, loin de là. Néanmoins sa lecture fut pour moi un choc, un de ceux qui bouleversent vraiment votre vision des choses. Ce livre démontre en effet clairement que la fragilité du système agricole intensif, basée sur l'utilisation de variétés sélectionnées pour leur potentiel de rendement et sur l'utilisation massive d'engrais de synthèse, est accrue par l'usage des pesticides. Et pas de n'importe quelle manière !
      En effet, et pour faire court, il montre que les effets négatifs des pesticides sur les plantes cultivées peuvent aller nettement au-delà des conséquences d'un bouleversement des écosystèmes. Francis Chaboussou démontre, et c'est une première, que c'est la physiologie même de la plante cultivée qui est perturbée par les pesticides, la rendant plus vulnérable aux agresseurs. Il démontre que c'est la protéosynthèse de la plante qui est perturbée, ce qui conduit à la présence excessive dans ses tissus de substances solubles - acidesaminés, sucres... - dont se régalent certains acariens ou insectes phytophages. Francis Chaboussou nomme sa découverte sur le lien entre les qualités nutritionnelles de la plante et les parasites qui la menacent : c'est la naissance de la trophobiose. Il montrera que cette théorie peut aussi permettre de mieux comprendre les maladies cryptogamiques ou à virus. On l'a vu, Chaboussou montre que le recours massif aux pesticides crée des fragilités chez les plantes... qui vont conduire à augmenter encore plus l'usage de ces toxiques pour tenter de réduire les nouveaux dégâts causés par cette fragilité. On a ici la meilleure illustration possible du véritable cercle vicieux dans lequel nous a conduit l'agriculture intensive depuis 60 ans, s'appuyant, pour tenter de pallier les déséquilibres qu'elle engendre inévitablement, sur la béquille chimique illusoire des pesticides. Et c'est d'abord là que ce livre, publié au début des années 80, est visionnaire.

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