• Matières plastiques dans l'eau du robinet

      Des chercheurs d'Orb Media ont trouvé des matières plastiques dans des échantillons d'eau du robinet d'une douzaine de pays. Les États-Unis sont particulièrement touchés, mais la France, même si elle s'en sort un peu mieux, n'est pas épargnée. Une situation qui pourrait s'aggraver tant notre consommation de plastique ne cesse de croître.

     Une étude exclusive publiée par Orb Media et relayée par The Guardian ce 6 septembre fait froid dans le dos. Elle porte sur l’eau du robinet. Des échantillons d’eau d’une douzaine de pays ont été passés au crible par les chercheurs. Les résultats sont sans appel : 83 % des échantillons sont contaminés par des fibres plastiques.

    C’est aux États-Unis que les taux de contamination sont les plus élevés avec 94 % de fibres plastiques retrouvés dans les prélèvements. Ceux-ci proviennent de plusieurs sites symboliques : le Congrès, le siège de l’Agence de protection de l’environnement aux États-Unis et même la fameuse Trump Tower du Président. Sur le malheureux podium des eaux les plus contaminées, suivent de près l’Inde et le Liban.

    L'eau du robinet est largement contaminée par du plastique (Infographie : Guardian Graphic)

    Une source inconnue

    Les pays européens s’en sortent mieux. La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont les pourcentages les plus bas de contamination. Mais ne nous réjouissons pas trop vite, les taux s’élèvent tout de même à 72 %. Dans 500 ml d’eau, on trouve 4,8 fibres plastiques en moyenne outre-Atlantique contre 1,9 fibre en Europe.

    "La façon dont les micro-plastiques se retrouvent dans l’eau potable est pour l’instant un mystère", affirme The Guardian. Plusieurs études évoquent la responsabilité des machines à laver et sèches-linges, qui libèrent énormément de fibres dans l’atmosphère et l’eau.

    Les chercheurs de Orb Media appellent à des étudier l’impact sur la santé de ces microparticules. Déjà en janvier, une étude publiée par l’université de Gand, en Belgique, a montré que les consommateurs de produits de la mer (poissons, fruits de mer…) ingéraient jusqu’à 11 000 microparticules de plastique (http://www.novethic.fr/empreinte-sociale/consommation/isr-rse/du-plastique-dans-nos-assiettes-144504.html) chaque année. Si 99 % de ces microparticules traversent le corps humain, 1 % est absorbé par les tissus corporels.

    6 milliards de tonnes de déchets plastiques accumulés depuis 1950

    Faut-il se tourner vers l’eau en bouteille ? Pas vraiment. Une étude de 2013 publiée par 60 Millions de consommateurs et la fondation France Libertés révélait des traces de pesticides et de médicament dans 20% des eaux en bouteille. D'autres études pointaient des résidus de perturbateurs endocriniens qui auraient migré du plastique des bouteilles vers l'eau minérale. 

    Au-delà de l'impact sanitaire, c'est aussi la question de la pollution que les bouteilles en plastique soulèvent. En tout, depuis 1950, plus de 6 milliards de tonnes de déchets plastiques ont été produits. Chaque minute dans le monde, l'équivalent d'un camion d’ordures de déchets plastiques est versé dans la mer. D’ici 2050, c'est près de quatre camions par minute qui pourraient souiller les océans.

    Marina Fabre @fabre_marina  
    © 2017 Novethic - Tous droits réservés


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :