• Menaces sur la forêt amazonienne

    Le Brésil ouvre 4 millions d’hectares de forêt amazonienne à l’exploitation minière.

     Le président brésilien Michel Temer vient d'abroger le statut de "réserve naturelle" à une partie de la forêt amazonienne. Quatre millions d'hectares de forêt sont désormais ouverts à l'exploitation minière. Une décision qui s'inscrit dans un vaste programme de déforestation. En 2016, celle-ci a explosé de 29 % par rapport à 2015. 


    Greenpeace
     Elle était classée "réserve naturelle" depuis 1984 mais Michel Temer n'en a cure. Le président brésilien vient d’ouvrir à l’exploitation minière quatre millions d’hectares de forêt amazonienne en abrogeant le statut de réserve naturelle à cette zone située dans le nord du pays. Jusqu’ici, seules les compagnies publiques pouvaient exploiter ce territoire.

    "La plus grande attaque contre l'Amazonie depuis ces 50 dernières années"

    Une décision qui n’est pas vraiment une surprise. Le ministère des Mines et de l’Énergie avait recommandé en avril "d’exploiter le potentiel minier de la région". La zone est riche principalement en or mais également en tantale, nickel, minerai de fer etc.

    "Ce décret est la plus grande attaque contre l’Amazonie depuis ces 50 dernières années", s’est insurgé le sénateur REDE (centre gauche) Randolfe Rodrigues. "Je n’ai jamais imaginé que le gouvernement puisse aller si loin". Ce dernier a déjà soumis une proposition de loi destinée à interdire l’exploitation minière dans la région et dit s’apprêter à déposer un recours contre le décret du gouvernement.

    En 1 an, une augmentation de 29 % de la déforestation en Amazonie

    Depuis la destitution de l’ancienne Présidente Dilma Roussef le 31 août 2016, les conservateurs ont pris les rênes du pays. Ils sont, depuis leur arrivée, accusés de brader la forêt amazonienne aux profits des lobbys de l’agrobusiness. Et pour cause, la déforestation s'est accélérée. Elle a augmenté de 29 % en 2016 par rapport à 2015. 8 000 kilomètres carrés de forêt amazonienne ont été détruits. Déjà en 2014, après plus d'une décennie de répit, la déforestation était repartie à la hausse (http://www.novethic.fr/empreinte-terre/ressources-naturelles/isr-rse/au-bresil-la-lutte-contre-la-deforestation-n-est-plus-une-priorite).

    Cette fois, le fonds pour la protection de la forêt amazonienne dont la Norvège est le principal bailleur, a décidé de réagir. Il a annoncé que les fonds destinés au Brésil seraient divisés par deux pour 2017.

    Des arguments économiques et des conflits d'intérêts

    Le décret publié le 23 août stipule cependant que l’abrogation du statut de réserve "ne remet pas en cause l’application de la loi concernant la protection de la flore et des territoires autochtone". Une mention difficilement tenable tant la déforestation est dévastatrice pour les écosystèmes et les populations autochtones (environ 1,5 million de personnes vivant en Amazonie).

    Le gouvernement porte l’argument économique en étendard de cette décision mais plusieurs ONG, dont Amazon Watch, dénonce surtout les conflits d’intérêts. Le ministre de l’Agriculture, Blairo Maggi, est également à la tête du premier producteur de soja au monde, rappelle Libération. Or, la déforestation sert principalement à l’exploitation du bœuf et du soja.
     

    Marina Fabre @fabre_marina    © 2017 Novethic - Tous droits réservés


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