• Menaces sur nos neurones (M. GROSMAN, R. LENGLET )

    Menaces sur nos neurones (M. GROSMAN, R. LENGLET )

                                                                                   2011       256 p.      22 €   

        Le nouveau livre de Roger Lenglet révèle les causes cachées des maladies neuro-dégénératives, comme par exemple la maladie d'Alzheimer et de Parkinson. Marie Grosman couvre le côté scientifique de l'enquête. Ensemble ils découvrent les différents stratagèmes mis en place pour ne jamais parler des véritables causes. Il est vrai que la prévention rapporte moins que les médicaments qu'on invente pour atténuer les symptômes... Une enquête événement au moment où ces maladies ont été déclarées cause nationale en France.
        Marie Grosman est agrégée de sciences de la vie et de la Terre, spécialisée en santé publique et en santé environnementale. Elle a publié des travaux scientifiques sur les facteurs environnementaux des maladies neurodégénératives.
       Roger Lenglet, philosophe et journaliste d'investigation, est l'auteur de nombreux livres d'enquête s'intéressant tout particulièrement à la santé, à l'environnement et au lobbying industriel. Il est membre de la Société française d'histoire de la médecine.
       Les vraies causes des maladies neurodégénératives ne sont pas prises en compte (21 octobre 2011 )

     

    medicaments© C. Magdelaine / notre-planete.info

      Le 18 octobre 2011, se tenait à l'Assemblée nationale un premier rendez-vous intitulé "La santé environnementale au péril des lobbies et conflits d'intérêts" dans le cadre d'un cycle de quatre séminaires organisé par l'association Adéquations. Ce fut l'occasion de dénoncer la responsabilité des industriels et la passivité des pouvoirs publics dans l'explosion du nombre de maladies neurodégénératives.

       Bonne nouvelle : les maladies d'Alzheimer, de Parkinson, la sclérose en plaques et l'autisme, dont le nombre de cas explose et qui touchent des personnes de plus en plus jeunes, ne sont pas une fatalité. Elles pourraient être évitées par une politique de prévention, puisqu'elles sont essentiellement dues à la prolifération des molécules chimiques dans l'alimentation, l'air, l'eau, les maisons, les objets usuels, plutôt qu'au vieillissement ou à des causes génétiques. En effet 300 000 substances sont répertoriées à ce jour (sans compter leurs innombrables combinaisons).

       Mauvaise nouvelle : les industriels de la chimie, de l'agro-alimentaire et du médicament, occultent ce constat qui est pourtant aujourd'hui bien démontré par les recherches en épidémiologie et en toxicologie. Les autorités politiques et sanitaires adoptent la même attitude. Notre société est tombée dans le piège de la marchandisation des maladies du cerveau et dans la paralysie de la prévention. Les maladies neurodégénératives et neuropsychiatriques sont un fabuleux marché qui garantit un exceptionnel retour sur investissement de 39% ! Maisons de retraite, assurances, compléments nutritionnels, bracelets électroniques et surtout les médicaments dont la liste ne cesse de s'allonger... sont autant de moyens de faire de l'argent.

       Ces nouvelles ont été apportées par Marie GROSMAN, biologiste, et Roger LENGLET, philosophe et journaliste d'investigation invités le 18 octobre par l'association Adéquations à présenter leur livre « Menace sur nos neurones : Alzheimer, Parkinson... et ceux qui en profitent » (Actes Sud, septembre 2011), lors d'un séminaire public organisé à l'Assemblée nationale.

       Les auteurs s'appuient sur des milliers de recherches internationales publiées et accessibles à tous. L'exposition aux molécules neurotoxiques, ont-ils expliqué, commence dès la vie in utero, occasionnant des problèmes de développement cérébral chez l'embryon et plus tard des syndromes d'hyperactivité, ou d'autisme, ou des processus neurodégénératifs que l'on va alors soigner à coup de nouvelles molécules elles-mêmes neurotoxiques. En effet les médicaments eux-mêmes sont souvent neurotoxiques : un quart d'entre eux sont officiellement répertoriés comme ayant des effets indésirables sur le cerveau.

       "Le nombre de malades augmente de façon vertigineuse", avertissent les auteurs. De 300 000 malades d'Alzheimer en 1994, on est passé à un million aujourd'hui et on s'attend à leur doublement tous les 20 ans. De même la France compte aujourd'hui entre 300 000 et 500 000 personnes autistes, 100 000 cas de Parkinson (avec une progression de 9 000 malades par an), et 80 000 cas de scléroses en plaque (2 000 nouveaux malades chaque année).

       Le déni de l'impact des produits neuro-toxiques est proprement "criminel" selon Roger LENGLET, qui a également dénoncé la passivité des pouvoirs publics, ainsi que la disparition des filières de formation en toxicologie en France.

       L'aluminium et le mercure

       Les auteurs ont insisté sur deux substances emblématiques, l'aluminium et le mercure. Malgré sa puissante neurotoxicité désormais avérée, l'aluminium est toujours présent dans l'eau du robinet de nombreux Français et reste le métal le plus utilisé dans l'alimentation industrielle en tant que colorant alimentaire (E 173). Quant au mercure, il est toujours employé par 80 % des dentistes dans les amalgames dentaires (les femmes enceintes et allaitantes le distillent donc en continu à leur bébé). La tolérance française vis-à-vis du mercure fait figure d'exception, rappelle Marie GROSMAN, de nombreux autres pays ayant déjà mis en place son interdiction ou s'apprêtant à le faire. La biologiste participera au troisième round de négociations du traité international de réduction du mercure sous l'égide de l'ONU, qui se tiendra du 31 octobre au 4 novembre 2011 à Nairobi (Kenya).

    Notes

       Le séminaire « La santé environnementale au péril des lobbies et conflits d'intérêts » était le premier d'une série de 4 consacrée au thème d'ensemble : « Le développement soutenable est-il soluble dans le lobbying, les conflits d'intérêts et les expertises biaisées ? ». L'association Adequations tient à jour une page sur le cycle de séminaires, documents, extraits d'ouvrages, contributions et bulletin d'inscription.

    Source   Association Adequations

    Auteur

     Christophe Magdelaine / avatarnotre-planete.info (tous droits réservés)                   -------------------------------------------    Alzheimer, Parkinson et ceux qui en profitent Florine Bristaud - Marianne | Lundi 24 Octobre 2011

       Alzheimer, parkinson, sclérose en plaques, autisme… Pourquoi le nombre de personnes atteintes d’une maladie neurodégénérative explose-t-il, et pour quelles raisons les malades sont-ils de plus en plus jeunes ? Autant de questions qui trouvent leurs réponses dans un livre qui vient de paraître aux éditions Actes Sud, et qui fait d'ores et déjà grand bruit.



    « Menace sur nos neurones. Alzheimer, Parkinson, et ceux qui en profitent ». Sous ce titre racoleur se cache un long et méticuleux travail d’investigation réalisé par deux journalistes, Marie Grosman, spécialisée en santé publique, et Roger Lenglet, philosophe et journaliste. Plus qu’un bilan de l’étendue des maladies neuro-dégénératives, cet ouvrage met en lumière leurs principaux facteurs de risques, mais également le fait que des personnalités politiques ou influentes, citées par les auteurs, taisent ces facteurs, en raison de pressions lobbyistes multiples et de conflits d’intérêts en tous genres.

    Les auteurs parlent d'une hécatombe « énorme et exponentielle » qui ne cesse d'empirer sans qu'on y oppose des armes réellement efficaces. Un responsable du ministère de l'écologie a prévenu nos auteurs : « N’affolez pas la population. Surtout, ne créez pas de panique, ce serait encore plus catastrophique ! Nous sommes parfaitement conscients du problème ». Ne rien faire. Surtout ne rien dire. C'est ce à quoi se sont opposés nos deux auteurs car le bilan ne cesse de s'alourdir. Entre huit cent mille et un million de Français souffrent aujourd’hui de la maladie d’Alzheimer, et chaque année voit ce nombre augmenter de 225 000 nouveaux cas. Un chiffre qui aura doublé dans 20 ans. Les patients atteints de Parkinson sont, quant à eux, au nombre de 100 000 dans l’hexagone.
     

    Des jeunes de plus en plus touchés

    La maladie d'Alzheimer touche de plus en plus de jeunes, remettant en cause les poncifs tant entendus énonçant que « la maladie n’a pas de causes connues, hormis le vieillissement de la population ». L’adage est cela dit bien arrangeant : il légitime le manque de prévention en la matière, et la focalisation sur la recherche thérapeutique médicamenteuse qui engraisse les multinationales pharmaceutiques. Or selon nos auteurs, «l’âge est une condition de la maladie et non une cause. La maladie se produit souvent en fin de vie car c’est le temps nécessaire à l’accumulation des substances toxiques dans le cerveau ». Ils rajoutent qu’ « on sait depuis des décennies quelles sont les véritables causes de la maladie d’Alzheimer et de Parkinson».

    Mais alors, si ces «véritables causes» sont connues, pourquoi l’hécatombe est-t-elle exponentielle ? Qu’attend-t-on pour y mettre un terme ? Qui fait pression pour taire ces causes, et de fait, entraîner une paralysie de la prévention ? Les réponses à ces questions nous sont distillées au fil des pages, s’appuyant sur de nombreuses études publiées dans des revues scientifiques très sérieuses, comme le Lancet, dont les articles sont étudiés par des comités scientifiques avant d’être autorisés.

    Certes, le sujet avait déjà été abordé par plusieurs médecins, et par des spécialistes en santé publique ou encore des philosophes tels qu'Elena Pasca, sur son site Pharmacritique. Mais c'est la première fois qu'il est traité de manière si exhaustive, analysant chaque maillon d'un système rendant l'information sur les causes potentielles de ces maladies si opaques.
     

    une recherche affairiste

    Les auteurs nous montrent à quel point les lobbys industriels conditionnent un immobilisme sans bornes des autorités de santé qui tardent à faire interdire l'usage de matériaux, et ce malgré l'abondance d’études scientifiques suspectant leurs effets délétères sur le cerveau. 
    Leur long travail d'enquête nous permet également de mesurer l'étendue des conflits d'intérêts qui régissent les prises de décision de la Haute Autorité de Santé (HAS) concernant les prescriptions de médicaments anti-Alzheimer. On y comprend comment des « relations incestueuses » entre institutions de santé publique et boites privées ont permis le remboursement de médicaments, alors même que leur inutilité, voire leur dangerosité sont dénoncées depuis longtemps par plusieurs syndicats de médecins généralistes. 

     
    Enfin, on y apprend, parmi tant d'autres informations, comment des rapprochements organisés par le gouvernement entre recherche publique et industrie privée permettent aux laboratoires pharmaceutiques de siphonner allègrement les crédits publics alloués à la recherche. Tout cela aux dépens du financement d'un vaste programme d’information et de prévention en santé publique, qui permettrait à la population de diminuer son exposition aux principaux facteurs de risques.

    Et ce n'est là qu'une infime partie de tous les éléments minutieusement décrits par les auteurs, tant ce livre est riche en révélations plus révoltantes les unes que les autres.


    En regroupant ces données édifiantes, nos deux auteurs ont réalisé un ouvrage qui dérange. Un livre nécessaire, qui met en exergue la privatisation de la maladie, la réduisant à un produit financier outrageusement rentable. N'hésitez pas à placer vos bas de laine dans la recherche contre les pathologies neurodégénératives, les actionnaires gourmands des industries du médicament voient leurs placements fructifier de 39% tous les ans. Des dividendes qui ne cesseront de tomber, puisque l'effectif des « clients » consommateurs de médicaments anti-Alzheimer est inexorablement voué à doubler tous les vingt ans si on s'empêtre dans une telle politique de l'autruche. 


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