• OGM: un choix de société (Christian VELOT)

    2011  80 p.  10,10 €

    L’introduction des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l’agroalimentaire, depuis le début des années 1990, a provoqué l’un des plus importants débats « politoco-économico-scientifique » de ces dernières années. En quoi les OGM agroalimentaires sont-ils différents de ceux utilisés depuis plus de 30 ans dans les laboratoires au service de la recherche fondamentale et médicale ?
       Pourquoi soulèvent-ils des questions nouvelles, d’ordre socio-économiques et agricoles bien sûr, mais également d’ordre environnementales et sanitaires, et engendrent-ils des risques nouveaux ?
        Comment sont-ils évalués ? Répondent-ils à une utilité ou une urgence sociale qui justifie que l’on prenne des risques pour l’environnement, les cultures en place et les consommateurs ?
       Sont-ils une étape incontournable de la marche du progrès ou le résultat d’une dérive technoscientifique au service d’intérêts mercantiles ?
      Dans cet ouvrage, Christian Vélot apporte des éléments de réponse à toutes ces questions avec une analyse critique, tant du point de vue du scientifique lui-même utilisateur de la technologie OGM dans le cadre de ses recherches, et donc de l’intérieur de l’expérimentation et de l’expertise, que du point de vue du citoyen soucieux de mettre la science au service du bien commun.

     

      Docteur en Biologie, Christian Vélot est Enseignant-Chercheur en Génétique Moléculaire à l'Université Paris-Sud, administrateur de la Fondation Sciences Citoyennes, membre du Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le Génie Génétique (CRIIGEN), et vice-président du Réseau Européen de Chercheurs Engagés pour une Responsabilité Sociale et Environnementale (ENSSER). Il est aussi l'auteur de
       -OGM : tout s'explique (Eds Goutte de Sable).

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  • OGM: tout s'explique (Ch. VELOT)

    2009    19 €

      Organismes Géniaux et Merveilleux, Organismes Génétiquement Monstrueux ou Outils Génétiques de Marketing ? Les OGM ont multiples facettes car multiples domaines d'utilisation et d'application. OGM et recherche fondamentale, OGM et médecine, OGM et industries, OGM dans l'agro-alimentaire, autant de catégories que l'auteur s'évertue ici à différencier afin d'éviter certains amalgames fallacieux si chers aux VRP de la transgenèse généralisée. C'est avec des expressions imagées, des métaphores audacieuses et croustillantes, le tout arrosé de quelques notes d'humour, que Christian Vélot explique, avec pédagogie et simplicité, dans un langage accessible à tous, les aspects scientifiques et sociétaux des OGM en s'appuyant sur des exemples concrets. Depuis la définition des OGM jusqu'aux questions qu'ils soulèvent - tant sur les plans sanitaire, environnemental, éthique que du point de vue sociétal -, en passant par leurs modes d'obtention, la carence d'évaluation dont ils font l'objet, et des réponses aux arguments les plus répandus chez les inconditionnels des OGM tous azimuts, cet ouvrage apporte les outils qui permettent aux citoyens de se réapproprier un débat que l'on a tenté de leurs confisquer. De la science en toute conscience...

     Le sommaire

    - Qu'est-ce qu'un OGM ?

    - OGM et recherche fondamentale

    - OGM et médecine - OGM et industrie

    - OGM dans l'agro-alimentaire

    - Risques sanitaires et environnementaux liés aux agro-alimentaires

    - Carence d'évaluations des OGM agro-alimentaires

    - Réponses aux arguments plus répandus chez les VRP de la transgenèse

     - Quelques considérations conclusives

    - Glossaire - Sources et références

    - Ouvrages, DVD et sites Internet conseillés


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  • Le Salvador bannit le Roundup de Monsanto et connaît des récoltes records

    Publié par L'Atelier de la mémoire de Sylvie Simon sur 5 Mai 2015

    http://www.sylviesimonrevelations.com/2015/05/le-salvador-bannit-le-roundup-de-monsanto-et-connait-des-recoltes-records.html

    Catégories : #OGM- Monsanto- Pesticides

    Le Salvador bannit le Roundup de Monsanto et connaît des récoltes records
    Source : Bio à la Une

    Le Salvador a tourné le dos aux grandes multinationales semencières et aux phytosanitaires pour favoriser la culture de graines locales. Depuis, le système agricole du pays aurait gagné en durabilité et en productivité.

    En septembre 2013, le Salvador votait l’interdiction de 53 produits phytosanitaires à usage agricole. Parmi eux, ce grand pays producteur de café, coton, maïs et canne à sucre retirait du marché le Roundup (glyphosate), désherbant vedette de Monsanto, récemment classé “cancérogène probable” par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

    Pour protéger le patrimoine semencier salvadorien et assurer la production agricole, le gouvernement de l’ancien président Mauricio Funes lançait en 2011 le Plan pour l’agriculture familiale (FAP). À destination de quelque 400 000 familles d’exploitants, ce plan visait à revaloriser les semences locales et émanciper les petits producteurs des industriels des biotechnologies et de leurs OGM.

    En crise, le système agricole était majoritairement dépendant des semences hybrides commercialisées par Monsanto, Pioneer et consort. Avant la mise en œuvre du FAP, 75 % du maïs et 85 % des haricots étaient importés selon le site d’information The Seattle Globalist. Et les plantes cultivées sur le territoire étaient majoritairement issues de graines OGM stériles, non adaptées aux territoires et à leurs particularités, forçant le recours aux intrants chimiques. Réaffirmant sa souveraineté alimentaire, le gouvernement a donc décidé de rompre avec les industries semencières internationales pour favoriser les graines locales.

    L’État a alors investit plus de 18 millions de dollars afin de livrer 400 000 exploitants en maïs H-59, développé par le Centre national de la technologie agricole et forestière (CENTA). Le maïs présente l’avantage d’être une variété locale, mieux adaptée aux terres salvadoriennes et plus résistantes à la sécheresse.

    Selon le site Natural Society, l’agriculture du Salvador serait en pleine expansion. Le pays aurait connu des récoltes records depuis qu’il a banni certains phytosanitaires.
    Si le Salvador s’est détourné des grands groupes internationaux spécialisés dans les biotechnologies, des questions demeurent quant à la pérennité du Plan agricole du pays. Car le maïs H-59, bien que produit localement, est une variété hybride. Il a beau être mieux adapté au territoire du Salvador et nécessiter l’usage de moins d’intrant, il n’en est pas moins stérile.

    Mise à jour : Suite à de nouvelles informations, l'article a été modifié le 22 avril 2015. La rédaction remercie Pierre-Alexis Rigaudière pour son éclairage et ses sources.


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  •  Au Royaume-Uni, les plaidoyers en faveur des cultures génétiquement modifiées du ministre de l'environnement et de l'agriculture et d'un pionnier du mouvement anti-OGM relancent le débat sur les biotechnologies. Les Britanniques ne sont pourtant toujours pas prêts à consommer des OGM.

      Anglais anti-OGM Début  janvier, le ministre de l’environnement et de l’agriculture britannique a fait la promotion des OGM devant un parterre d’agriculteurs et d’agro-industriels. Owen Paterson a en effet affirmé lors de l’Oxford Farming Conference que les Britanniques devraient être persuadés des bénéfices des OGM et que « c’est de le devoir [du gouvernement] de rassurer le public » sur cette innovation « saine et bénéfique ». À la même tribune, un des pionniers du mouvement anti-OGM en Europe, Mark Lynas, a défendu les OGM pour nourrir le monde. Dans une volte-face, cet ancien faucheur d’OGM a demandé au lobby anti-OGM de se mettre à l’écart pour « nous laisser [agriculteurs et scientifiques] continuer à nourrir le monde de manière durable ». Cette double offensive du ministre de l’environnement et de l’agriculture et du José Bové local en faveur d’une technologie aussi décriée outre-Manche qu’en France a mis le feu aux poudres.

    De nombreuses organisations ont immédiatement réagi pour montrer que les Britanniques ne veulent toujours pas manger d’OGM. La Soil Association a ressorti pour l’occasion une enquête de la British Science Association qui montre que seulement 27% des consommateurs sont favorables à l’encouragement d’une alimentation GM en 2012, contre 46% en 2006. Le Guardian a également lancé mi-janvier un sondage sur son site sur la confiance de ses lecteurs dans cette technologie : 72 % ont répondu ne pas avoir confiance.

    GeneWatch UK dénonce la collusion entre des parlementaires et l’industrie des OGM

    GeneWatch UK va plus loin. L’ONG dénonce le lobby pro-OGM du groupe parlementaire All-Party, qui serait financé par l’Agricultural Biotechnology Council. Ce groupe représente les principales compagnies de semences GM au Royaume-Uni, comme Monsanto, Syngenta ou Bayer. GeneWatch UK avait déjà épinglé une rencontre entre les ministres et les industriels en juin 2012 pour accélérer la promotion des OGM dans le pays. « Il est clair que les ministres ont passé un marché avec les industries des biotechnologies pour promouvoir les semences OGM au Royaume-Uni », dénonce Helen Wallace, directrice de cette organisation de veille sur les OGM.

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  •  

        Cultivés depuis vingt ans aux États-Unis, le maïs ou le soja transgéniques étaient censés nourrir le monde. Une étude publiée à la une du "New York Times" montre qu'ils n'ont pas tenu leur promesse
     
      Crédit Image : SIPA Crédit Média : Virginie Garin 

      Les OGM étaient censés permettre aux agriculteurs d'augmenter leurs rendements. Parce qu'ils résistent mieux aux parasites et aux insectes, les cultures sont mois fragiles. Le New York Times a eu l'idée de comparer ce qui s'est passé aux États-Unis, où on les utilise depuis vingt ans, et en Europe, où ils ont été interdits et où les agriculteurs ont continué à utiliser des semences ordinaires. Le journal a comparé des chiffres très officiels des Nations-Unies et des ministères de l'Agriculture. L'avantage des OGM n'est pas prouvé. Les rendements sont les mêmes des deux côtés de l'Atlantique. L'utilisation de pesticides a même augmenté beaucoup plus aux États-Unis qu'en Europe.

      Pire : le soja OGM a été conçu pour résister au Roundup. Sur le champs, l'agriculteur pulvérise ce désherbant. Cela détruit toutes les mauvaises herbes, il n'y a que le soja qui pousse. Mais à force d'en mettre, certaines mauvaises herbes sont devenues à leur tour résistantes. Les agriculteurs doivent utiliser de vieux désherbants encore plus toxiques. Quant au coton OGM, en Afrique, il a fait long feu. Au Burkina Faso, les cultivateurs ont essayé. Ils ont laissé tombé car leurs rendements étaient moins bons.

      L'avantage des OGM est donc loin d'être évident. La seule certitude : les agriculteurs achètent aux États-Unis leurs semences de maïs ou de soja beaucoup plus cher, parfois le double qu'en Europe. Comme les OGM pour ces cultures sont devenus la norme, ils n'ont pas vraiment le choix de revenir en arrière.


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  • 2013    80 p.   4€

    "Les plantes transgéniques permettent-elles de disposer de produits moins coûteux ? De meilleure qualité ? De meilleur goût ? Se conservant mieux ? Bénéfiques pour la santé ou pour l'environnement ? Voilà les questions que la stratégie des entreprises de biotechnologies a permis que l'on ne se pose pas." J. T.
     
       Un bon petit résumé des vraies questions à se poser (20 février 2013)
      Par Vorwärts  ( lecteur sur Amazon )
    Ce tout petit livre de Jacques Testart est clairement grand public et vise plus à interpeller les citoyens qu'à entrer dans le débat « d'experts » à grands coups d'arguments techniques. Même si Testart est connu pour être contre la culture des plantes génétiquement modifiées, son ouvrage reste intellectuellement honnête et sans distorsion ou exagération idéologique de la réalité pour promouvoir sa thèse.

    La controverse actuelle sur les OGM tend à ne considérer qu'un seul aspect du problème, incroyablement réducteur : « est-ce dangereux d'en manger ? ». Testart ne se prononce pas sur ce sujet, et il a raison puisqu'aucune étude scientifique ne permet de conclure sur la toxicité des OGM pour les humains. Il souhaite par contre faire en sorte que le débat porte sur des points précis, directement observables et mesurables :

     - concernant les pratiques de culture : les OGM favorisent la monoculture à grande échelle (qui est un mauvais modèle) et n'ont pas du tout conduit à une réduction mais à une augmentation très importante de l'utilisation d'herbicides toxiques ;
     - concernant l'environnement : l'impact sur la biodiversité est réel et mesurable ;
     - concernant le social : le modèle agricole imposé par les OGM supprime des emplois, détruit l'agriculture vivrière au Sud et accentue la fracture entre villes et campagnes ;
     - concernant leur efficacité : les OGM n'apportent qu'une réponse temporaire et techniquement dépassée à un problème complexe : les insectes ont tôt fait de s'adapter aux plantes génétiquement modifiées pour leur être résistantes (quelques années suffisent), l'apparition de « mauvaises herbes » résistantes à quasiment tous les herbicides est directement engendrée par les quantités croissantes d'herbicides utilisées sur les cultures GM : une fois une plante GM devenue inefficace, l'achat d'une nouvelle variété GM à la durée de vie encore plus limitée s'impose ;
     - concernant l'économie : les OGM sont un brevetage du vivant qui détruit le savoir ancestral (bien plus efficace et adaptatif que les OGM !) de sélection des variétés par les paysans, place les paysans dans une situation de totale dépendance à la firme qui leur fournit les semences GM (celles-ci créant des problèmes que d'autres produits ou d'autres variétés de la firme prétendront résoudre) ;
     - concernant la justice : lorsque des semences GM contaminent accidentellement un champ de variétés "classiques", Monsanto se paie le culot d'engager une poursuite judiciaire contre le paysan contaminé pour violation de brevet et utilisation non-autorisée des semences (!) ;
     - concernant la science : le processus de transgénèse n'est absolument pas maîtrisé et a souvent des conséquences inattendues et néfastes sur les OGM ;
     - concernant la politique : le système de lobbying et de propagande sur-développé des grands semenciers a créé un système « d'expertise » totalement à leur botte, qui ne permettent absolument pas que l'autorisation de la commercialisation de variétés GM soit décidée en fonction de l'intérêt public.

     C'est tout cela que Testart souhaite évoquer dans son livre, avec de nombreuses références bibliographiques pour poursuivre la réflexion grâce à des ouvrages plus spécialisés sur chacune de ces questions. Ainsi, l'auteur entend démontrer que même en admettant que les OGM ne seraient pas un problème direct de santé publique, il existe par ailleurs suffisamment d'excellentes raisons pour se poser des questions sur l'utilité de cette technologie, au demeurant pas si efficace, et surtout, tout sauf « moderne ».

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  •   Nouvelle publication

      Des OGM dans mon assiett? Un mini guide pour comprendre l'étiquetage des aliments.

     Vient de paraître par inf'OGM 

    Si l'Europe impose l'étiquetage des aliments contenant des OGM, certains produits y échappent, notamment tous les produits issus d'animaux nourris aux OGM (viande, lait, œuf...). Depuis 2012, il est possible de trouver en France des produits étiquetés « sans OGM » et « nourris sans OGM », mais cet étiquetage reste encore peu utilisé. Difficile alors pour le citoyen de s'y retrouver...
    En éditant un mini guide de 12 pages format A6, Inf'OGM souhaite répondre aux questions que se posent les consommateurs et leur donner les clés pour s'y retrouver au moment de remplir leur panier.

    Les questions auxquelles ce mini guide répond :
      - Consommons-nous des OGM ?
      - Comment les repérer ?
      - Comment savoir si j'en mange ?
      - Où trouver des produits « sans OGM » ?

    AIDEZ-NOUS A DIFFUSER CE MINI-GUIDE !

    Afin de participer à la diffusion d'une information indépendante et compréhensible par tous sur les OGM, nous vous proposons de commander cette brochure à partir de 20 exemplaires.
    Aidez-nous à rendre l'information sur les OGM accessible à tous !
    Découvrez en pièce jointe les modalités pour commander ce mini guide. (sur le site inf'OGM)


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  • Royaume-Uni – Malgré un flop du blé GM, la recherche persiste dans la même voie

    Christophe NOISETTE, 10 mars 2016
      http://www.infogm.org/5916-royaume-uni-malgre-flop-ble-ogm-la-recherche-persiste

    L’institut britannique Rothamsted Research a testé en champ, pendant deux ans, un blé transgénique censé repoussé les pucerons. Les scientifiques constatent un échec de ce blé génétiquement modifié (GM) en champ alors qu’il avait été considéré comme efficace en laboratoire.

     

    Royaume-Uni – Malgré un flop du blé GM, la recherche persiste dans la même voie
                Alpha du centaure - Champ de blé

     

    Le nombre de plantes génétiquement modifiées par transgenèse commercialisées dans le monde n’évolue que peu. On retrouve dans les champs principalement du soja, du maïs, du coton et du colza. D’autres espèces – luzerne, betterave, papaye, aubergine – ont reçu des autorisations de mise sur le marché sans pour autant avoir conquis d’importantes surfaces. Enfin, certaines céréales génétiquement modifiées sont annoncées par les partisans des biotechnologies végétales depuis des lustres – comme le riz et le blé – sans pour autant avoir dépassé le stade d’essais en champs. Manque d’enthousiasme des marchés et des consommateurs pour des productions destinées plus directement à l’alimentation humaine ? Ou est-ce que la transgenèse est un outil décevant ? L’expérience britannique d’un blé transgénique, génétiquement modifié pour repousser les attaques de pucerons, confirme que l’efficacité de la transgenèse n’est pas garantie.

    L’Institut Rothamsted Research, basé au sud de l’Angleterre, a testé en champ pendant deux ans (2012 – 2013) un blé génétiquement modifié qui émet une phéromone [1] - molécule chimique comparable aux hormones qui agit (en quantités infinitésimales) comme un messager - censée repousser les pucerons. Les chercheurs ont, pour ce faire, inséré une séquence génétique issue de la menthe poivrée (Mentha piperita).

    Or, de l’aveu même des chercheurs, le résultat est « décevant » : ils n’ont pas observé de différences statistiquement significatives dans les infestations de pucerons entre les blés GM et les blés conventionnels utilisés comme témoin (il s’agit dans les deux cas de la variété Cadenza). Ils ont en effet publié dans la revue Scientific Reports [2] un article présentant le résultat de cinq ans de recherches qui explique que, contrairement aux tests en laboratoire, ce blé transgénique ne repoussait pas les pucerons. Cette différence entre les conditions du laboratoire et les conditions réelles n’est pas une surprise et les chercheurs sont habitués à de telles divergences dans les résultats. Souvent les chercheurs tentent alors d’expliquer l’échec du passage aux champs par des conditions météorologiques. Les chercheurs britanniques n’échappent pas à la règle. Ils soulignent que « l’expérience a été compliquée » : l’été 2013 a été humide et un faible nombre de pucerons a été recensé. Autre explication : les pucerons se seraient tout simplement habitués au signal hormonal qui était délivré de façon trop constante. Ils envisagent donc de modifier à nouveau leur blé pour que la production de la phéromone ne survienne qu’en cas d’attaque de pucerons. Ils cherchent aussi à modifier le taux de production de ce signal chimique.

    Cependant, les chercheurs estiment que le projet «  a eu des succès notables », car « le blé GM a bien produit la phéromone en quantité importante sans que de grands changements inattendus aient été observés dans l’apparence ou les performances de ces nouvelles plantes » [3].

    Cette expérience a été entièrement financée par le Conseil britannique de la Recherche en Sciences biologiques et biotechnologies (BBSRC) et, d’après les responsables du projet, son coût total était supérieur à 950 000 euros (732,000.00 £), auquel il faut ajouter 2 328 461 euros (1.794.439 £), donnés par le BBSRC afin de mettre en place des mesures de sécurité en réponse aux menaces de vandalisme par des militants anti-OGM, et encore 571 000 euros pour une clôture destinée à empêcher les militants et les bêtes sauvages d’endommager l’essai.

    Loin d’envisager que la transgenèse pourrait ne pas être la solution aux attaques parasitaires, les chercheurs ont décidé de refaire la manipulation génétique. Et vont donc demander de nouveaux financements pour pouvoir continuer à chercher. Afin de récolter l’argent nécessaire, ils n’hésitent pas à entourer leur recherche d’un vernis écologique et social. Ils expliquent dès les premières lignes dans leur communication que les plantes génétiquement modifiées (PGM) permettent d’éviter la pulvérisation de pesticides et qu’ils sont la seule alternative aux pesticides. Leurs travaux, expliquent-ils, permettront à l’agriculture de devenir plus durable. Ils réitèrent ces propos à la fin de leur communication pour bien marteler le message : « à partir des connaissances acquises à partir de cette étude, précise le directeur de la recherche de cet institut, Achim Dobermann, nous allons pouvoir développer des solutions pour une agriculture durable qui fournira assez de nourriture saine, en utilisant moins de pesticides et en réduisant l’impact sur l’environnement ».

    Ce genre de discours simpliste est régulièrement mis en avant, et comme souvent il tronque la réalité. D’une part, il omet l’agriculture biologique (parfois appelé aussi agro-écologie paysanne) qui refuse avec la même fermeté les produits chimiques de synthèse et les manipulations génétiques. D’autre part, aucune PGM n’a été conçue pour lutter contre l’ensemble des parasites, elles requièrent donc toutes, potentiellement (en agriculture conventionnelle), des insecticides ou des fongicides. Si ce blé finit par « résister » au puceron, il restera sensible à la carie du blé, par exemple.

    Enfin, la technique n’est pas la seule voie de lutte contre un parasite. La prise en compte des pratiques actuelles semble une voie prometteuse pour tenter de juguler ces parasites et donc garantir une alimentation saine et en quantité suffisante. Les parasites sont d’autant plus virulents qu’ils font face à des cultures peu diversifiées, au niveau intra et inter-spécifique.

    Interrogé par Inf’OGM, Isabelle Goldringer, chercheuse à l’Inra de Rennes, confirme que les pratiques agricoles ont une influence majeure sur l’impact des parasites sur les cultures. En effet, souligne-t-elle, « tout ce qui entraîne une disparition des auxiliaires et de la biodiversité, comme les pratiques agricoles intensives et les pesticides, favorise en retour les pucerons ». Le puceron a des prédateurs, comme les carabes, syrphes, araignées ou coccinelles, et un agro-écosystème qui leur est favorable aura moins besoin de recourir à des techniques chimiques ou biotechnologiques, tout en renforçant l’autonomie du paysan. François Warlop, chercheur au GRAB [4] confirme les propos précédents : « la biodiversité reste une alliée de premier rang. Les prédateurs des pucerons seront d’autant plus présents et efficaces que des plantes messicoles pourront recoloniser les champs, ou que des bandes enherbées et/ou fleuries borderont les parcelles. Le projet Auximore [5] en est une illustration ».
    F. Warlop souligne deux autres aspects : en fonction du choix variétal, les pucerons peuvent devenir un problème majeur ou rester anecdotique ; et il rappelle que les biodynamistes considèrent qu’une plante trop fertilisée « appelle » les pucerons pour rétablir l’équilibre [6]. D’une façon générale, il est reconnu qu’une trop forte fertilisation d’un champ augmente la sensibilité des plantes aux agresseurs en général.
    Enfin, Daniel Evain, agriculteur bio en Région parisienne, déclare à Inf’OGM : « depuis 15 ans, je n’ai eu aucun problème de pucerons dans mes parcelles de blé. J’observe beaucoup de syrphes et dans une moindre mesure des coccinelles. Je suis dans un environnement très boisé avec encore des haies ». Ce témoignage corrobore parfaitement les remarques des chercheurs cités.

    Ne pas prendre en compte la réalité du modèle agricole actuel et chercher une solution technologique parasite par parasite n’est-elle pas une fuite en avant technologique vouée à l’échec ?

      Notes:

    [1] la(E)-β-farnesene

    [2] Bruce, T.J.A., « The first crop plant genetically engineered to release an insect pheromone for defence », Scientific Reports 5:11183, http://www.nature.com/articles/srep11183

    [3] http://www.rothamsted.ac.uk/news-views/scientists-disappointed-results-gm-wheat-field-trial

    [4] http://www.grab.fr

    [5] http://unebetedansmonchamp.fr

    [6] voir également Les plantes malades des pesticides de F. Chaboussou, réédition Utovie, 2011 (chroniqué dans ce blog)


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  •  Pour citer cet article

    Bové José, « Lutte contre les OGM et nécessité d'une nouvelle recherche agronomique. », Ecologie & politique 3/2011 (N° 43) , p. 49-55
    URL : www.cairn.info/revue-ecologie-et-politique-2011-3-page-49.htm.
    DOI : 10.3917/ecopo.043.0049

       Le développement des semences transgéniques par les multinationales au début des années 1990 ne répondait pas, comme le prétendaient leurs services de communication, à l’urgence imposée par la lutte contre la faim dans le monde. Les entreprises cotées en Bourse n’ont d’autres obligations que celles de leurs actionnaires : la rentabilité, la distribution de dividendes et un retour sur investissement supérieur à 15 % par an. Monsanto, géant de la biochimie, est une illustration exemplaire de cet ordre de priorités. La firme a développé un herbicide systémique, le Roundup, qui détruit toutes les plantes avec lesquelles il entre en contact. Il s’agit en d’autres termes d’un poison total. Le brevet déposé sur cet herbicide permettait à Monsanto d’avoir le monopole sur la fabrication et la commercialisation de cette substance.

     Lutte contre les OGM et nécessité d’une nouvelle recherche agronomique  Pour Monsanto, la mise au point de plantes transgéniques à la fin des années 1980 apparaît comme un moyen de contrôler les semences et de démultiplier les ventes de son herbicide. L’entreprise américaine va focaliser les efforts de son département de recherche vers le développement de variétés de maïs qui pourraient résister au Roundup. Avec cette stratégie, Monsanto sera en mesure de faire d’une pierre deux coups : de proposer un paquet technologique et de lier les ventes de ses semences à celles de ses pesticides.

    Grâce à leurs accointances avec le gouvernement américain, Monsanto et les autres grandes firmes des semences (Dupont, Syngenta, Pioneer) parviennent à rédiger puis à imposer une réglementation laxiste qui autorise la commercialisation de leurs nouvelles semences transgéniques en évitant qu’elles ne soient soumises à des tests de toxicité contraignants. En outre, elles parviennent à faire reconnaître par une partie importante de la « communauté scientifique » le principe de l’équivalence en substance selon lequel les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont a priori aussi sûrs que les plantes traditionnelles et peuvent être utilisés sans problème pour l’alimentation humaine et animale.

    Lutte contre les OGM et nécessité d’une nouvelle recherche agronomiqueGrâce au laisser-faire de l’administration américaine, Monsanto parvient à submerger le marché nord-américain des semences. L’arrivée des nouvelles variétés transgéniques est si rapide que les consommateurs se retrouvent placés devant le fait accompli. Les agriculteurs contraints de racheter chaque année de nouvelles semences, car les variétés de Monsanto sont protégées par des brevets, perdent le peu d’autonomie qui leur restait. Monsanto n’hésite pas à engager des détectives qui parcourent les plaines à la recherche de champs de maïs qui auraient été emblavés de manière illégale, sans payer les royalties. Les contrevenants sont poursuivis en justice et se retrouvent dans la plupart des cas condamnés à payer de lourdes amendes.

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  •    Un gène de résistance est passé d’un OGM à l’amarante. Cette adventice envahit maintenant les terres cultivées aux Etats-Unis.  http://www.combat-monsanto.org/spip.php?article436

    Pas marrante, l’amarante...

     Quand les mauvaises herbes aiment les OGM Cinq mille hectares de culture de soja transgénique ont été abandonnés par les agriculteurs en Géorgie, et 50.000 autres sont gravement menacés par une mauvaise herbe impossible à éliminer, tandis que le phénomène s’étend à d’autres états. La cause : un gène de résistance aux herbicides ayant apparemment fait le grand bond entre la graine qu’il est censé protéger et l’amarante, une plante à la fois indésirable et envahissante…

        En 2004, un agriculteur de Macon, au centre de la Géorgie (à l’est des Etats-Unis), applique à ses cultures de soja un traitement herbicide au Roundup, comme il en a l’habitude. Curieusement, il remarque que certaines pousses d’amarantes (amarante réfléchie, ou Amarantus retroflexus L.), une plante parasite, n’en semblent pas incommodées… Pourtant, ce produit est élaboré à partir de glyphosphate, qui est à la fois l’herbicide le plus puissant et le plus utilisé aux Etats-Unis.

       Depuis, la situation a empiré. Actuellement, et rien qu’en Géorgie, 50.000 hectares sont atteints et nombre d’agriculteurs ont été contraints d’arracher leurs mauvaises herbes à la main… quand c’est possible, considérant l’étendue des cultures. A l’épicentre du phénomène, 5.000 hectares ont été tout simplement abandonnés.

    Comment en est-on arrivé là ?

      Tous les champs victimes de cette envahissante mauvaise herbe avaient été ensemencés avec des graines Roundup Ready, produites par la société Monsanto. Celles-ci comportent une semence ayant reçu un gène de résistance au Roundup, un herbicide également produit par Monsanto. L’argument publicitaire de la firme repose sur le moindre coût représenté par le traitement d’une culture ainsi protégée contre un herbicide total auquel elle est devenue insensible, plutôt que de l’application d’un herbicide sélectif, plus cher à l’achat.

     Quand les mauvaises herbes aiment les OGM Selon un groupe de scientifiques du Centre for Ecology and Hydrology, organisation britannique à Winfrith (Dorset), il y aurait eu transfert de gènes entre la plante OGM et certaines herbes indésirables, comme l’amarante. Bien que considéré comme très faible car n’ayant jamais été détecté lors d’essais, le risque ne serait cependant pas nul.

      Pour Brian Johnson, généticien et chercheur britannique, spécialisé, entre autres, dans les problèmes liés à l’agriculture, la cause ne fait aucun doute. « Il n’est nécessaire que d’un seul évènement (croisement) réussi sur plusieurs millions de possibilités. Dès qu’elle est engendrée, la nouvelle plante est titulaire d’un avantage sélectif énorme, et elle se multiplie rapidement, martèle-t-il. L’herbicide puissant utilisé ici, à base de glyphosphate et d’ammonium, a exercé sur les plantes une pression énorme qui a encore accru la vitesse d’adaptation. »

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  • OGM, plantes mutées et hygiène chimique, l’interview de Joël Spiroux

       Joêl Spiroux:Docteur en Médecine. Diplôme de réparation juridique du préjudice corporel et d’expertise médicale. Certificat International en Ecologie Humaine, Faculté de Médecine de Paris V Descartes

    Pôle Risque, Qualité et Environnement Durable – MRSH – CNRS Université de Caen

    1er Vice Président URPS ML de Haute Normandie (Union Régionale des Professions de Santé Médecins Libéraux). Président de la commission Santé/Environnement URPS H.N Expert en santé environnementale pour l’URPS, il siège dans de nombreuses commissions officielles dont le CODERST de Seine Maritime (Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques)

    OGM, plantes mutées et hygiène chimique, l’interview de Joël Spiroux

    En 2012, l’équipe Séralini publie dans une grande revue scientifique – « Food and Chemical Toxicology » – une étude sur l’herbicide Roundup ainsi que sur le maïs OGM NK603 qui le tolère, tous deux des produits de la firme Monsanto. Menée sur des rats pendant deux ans, cette étude démontre les dangers d’une consommation de maïs OGM dans le temps, ainsi que du Roundup. Les photos de rats atteints de tumeurs énormes, affichées en une des journaux, font le tour du monde et provoquent un tollé. Monsanto et les agences sanitaires qui avaient autorisé la mise sur le marché de ces produits réagissent vivement et critiquent l’étude. Le gouvernement de l’époque tente néanmoins de montrer qu’il prend en compte les inquiétudes de la population suscitées par l’étude qui montrait, outre des tumeurs, des pathologies rénales, hépatiques et hormonales, et propose de lancer des discussions sur le sujet et une nouvelle étude, encadrée cette fois par l’Etat. En 2013, l’étude est retirée de la publication à la suite de l’entrée d’un ancien membre de Monsanto dans l’équipe de la revue.

    En juin 2014, le CRIIGEN republie son étude et propose une conférence de presse qui ne sera que mollement suivie par les médias.

    IPSN : Deux ans après la publication de votre première étude, vous l’avez republiée en juin 2014. Pourquoi ?

    Nous voulions montrer à la communauté scientifique et au grand public que notre étude reposait sur des données solides. Nous souhaitions sortir du débat passionné que notre première publication a suscité. Par ailleurs, nous avons republié dans une revue « open source », en mettant à disposition de tous les citoyens du monde les données biologiques de l’étude. Il faut savoir que les données biologiques de toutes les études réalisées avant la mise sur le marché de produits chimiques ou d’OGM sont considérées comme « secret industriel », et donc jamais libres d’accès. Ce point est fondamental car ainsi il ne peut jamais y avoir de débats contradictoires. Nous avons donc, par cette republication, montré aux agences le chemin à suivre pour assurer la plus grande transparence, car il en va de la santé de la population mondiale et aussi des écosystèmes dont nous dépendons !

    Les photos des rats avec leurs grosses tumeurs ont marqué les médias et les esprits. Aviez-vous prévu cette surprise ? Vous ne pensiez pas que ces photos produiraient un tel effet ?

    À l’époque, nous avions été surpris de l’impact de la publication des photos de rats atteints de tumeurs publiées par le Nouvel Observateur (L’Obs aujourd’hui). Malheureusement, les tumeurs des rats, c’est presque notre quotidien puisque nous testons sur eux des produits dangereux.

    Dans le fond, ce qui me choque le plus c’est que l’on s’étonne de ces tumeurs et autres pathologies alors que ces produits ne sont pas évalués correctement. En effet, nous avons mis en évidence qu’aucun pesticide au monde n’a été évalué de façon à protéger la population. Un pesticide, c’est en fait une molécule dite active (dans le cas du Roundup, c’est le glyphosate) et des adjuvants1. Pendant deux ans, on teste le glyphosate sur des rats. En revanche, les adjuvants et le mélange adjuvants + glysophate n’est testé que quelques jours sur la peau. Ces tests ne sont guère utiles puisqu’on n’effectue aucune prise de sang pour en savoir les conséquences sur les cobayes.

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  •   ETATS-UNIS – Le ministère de l’Environnement propose d’augmenter les surfaces de maïs non OGM

    Eric MEUNIER, mai 2015 pour Inf'OGM 
                                                                     Crédit photo : CC - Elizabeth - Sunset Through a Cornfield
     

    En janvier 2015, le ministère étasunien de l’Environnement (EPA – Environmental Protection Agency) a soumis à consultation publique une proposition d’encadrement des cultures de plantes génétiquement modifiées (PGM) résistantes à la chrysomèle du maïs. La motivation de cette proposition ? L’apparition de chrysomèle des racines du maïs résistantes aux protéines insecticides Bt produites par des plantes génétiquement modifiées (PGM) rendant ces cultures caduques.

    Les États-Unis cultivent du maïs GM produisant une protéine insecticide Bt principalement dans treize états, mais dans six d’entre eux - Illinois, Iowa, Minnesota, Missouri, Nebraska, Dakota du sud - le taux d’adoption du Bt est supérieur à 80% (en comptant également les PGM empilées) [1].

    Ces maïs Bt autorisés commercialement à la culture sont au nombre de cinq (cf. tableau).

      Les maïs Bt autorisés commercialement

    Plante Protéine Bt Entreprise Année d’autorisation
    Maïs Mon863 et Mon88017 Cry3Bb1 Monsanto 2003
    Maïs 59122 Cry34/35Ab1 Dow AgroSciences 2005
    Maïs MIR 604 mCry3A Syngenta Seeds 2006
    Maïs 5307 eCry3.1Ab Syngenta Seeds 2012

    La question de la résistance des insectes cibles aux protéines Cry produites par les plantes transgéniques Bt est de mieux en mieux renseignée. En 2011, Gassmann décrivait les cas de chrysomèles des racines du maïs devenues résistantes à la protéine Bt Cry3Bb1. En 2014, il trouvait que la chrysomèle avait acquis une résistance à une seconde protéine Bt, la protéine mCry3A (une forme synthétique de la protéine Cry3A) [2]. Inf’OGM a aussi rapporté qu’en 2013, Syngenta avait pris acte de cette situation... pour mieux vendre l’un de ses insecticides : « les récents cas de dommages inattendus de la chrysomèle et la difficulté de contrôler ces populations ont montré l’intérêt à appliquer l’insecticide Force dans le Midwestern, peut-être plus que jamais » [3].

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  • 19 OGM autorisés : la Commission donne des gages à l’industrie

    Eric MEUNIER, avril 2015

        Le 24 avril 2015, la Commission européenne a autorisé l’importation de 19 plantes génétiquement modifiées (PGM) [1]. Cette décision a été prise suite à l’absence de majorité qualifiée lors des votes des États membres. L’autorisation a été délivrée deux jours après que la Commission ait proposé aux États membres un outil supplémentaire pour interdire nationalement l’importation d’OGM [2]. Une décision qui constitue un signal politique pour les entreprises de biotechnologie, les États-Unis et les États membres de l’Union européenne.

       Deux jours. Voilà le temps que la Commission européenne aura laissé passer entre la proposition faite aux États membres pour interdire nationalement l’importation d’OGM et l’autorisation formelle de 19 d’entre eux. Deux jours pour signifier aux États membres que la Commission européenne souhaite maintenant reprendre la main sur les autorisations.

    Les 19 PGM autorisées à l’importation

        Les PGM concernées par la décision d’autorisation délivrée ce 24 avril 2015 avaient tous passé le stade de vote des États membres. Mais aucune majorité qualifiée n’ayant été obtenue, conformément aux règles de comitologie, la Commission européenne avait hérité de la décision finale à prendre. Dans le détail, il s’agit de dix nouvelles autorisations d’importation à destination de l’alimentation humaine et animale [3], de deux nouvelles autorisations pour l’importation seule (des œillets) [4] et de sept renouvellements d’autorisation pour l’alimentation humaine et animale [5]. Par cette décision, la Commission européenne met donc un terme à 17 mois sans décision d’autorisation, la dernière décision remontant à novembre 2013 pour l’importation de dix OGM [6]. Dans le paquet des autorisations données se trouve celle de renouvellement d’autorisation du maïs Nk603. Il faut ici rappeler que ce maïs fait, depuis 2012, l’objet d’une controverse scientifique quant aux impacts sanitaires sur le long terme liés à sa consommation suite à l’article de G.-E. Séralini [7]. Une controverse qui avait amené la Commission européenne à mettre en place une étude sur les effets à long terme d’OGM [8]. En décidant d’autoriser ce maïs, la Commission européenne fait donc le pari que cette étude conclura à l’absence d’impacts…

       La décision d’aujourd’hui porte donc à 70 le nombre d’OGM autorisés à l’importation dans l’Union européenne, dont une majorité pour l’alimentation humaine et animale. 44 OGM restent en attente d’une décision finale, soit parce qu’ils attendent d’être évalués par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA), soit parce qu’ils doivent être soumis au vote des États membres.

    Un louvoiement difficile à suivre

       Comment comprendre le calendrier de la Commission européenne alors même qu’elle vient d’initier un travail législatif avec les États membres sur les importations d’OGM justement ?
    D’une part, le groupe de lobby des entreprises de biotechnologies EuropaBio et d’autres avaient, en octobre 2014, déposé une plainte auprès de la médiatrice européenne, pour dénoncer les délais de traitement de plusieurs demandes d’autorisation d’OGM [9]. Cette plainte n’avait aucun enjeu judiciaire, la médiatrice pouvant au mieux rappeler la Commission européenne à ses obligations. Mais elle constituait un signal clair que les entreprises ne souhaitaient plus que l’Union européenne maintienne ce qu’elles considéraient être un moratoire de facto, à savoir plusieurs mois sans décision du fait de travaux législatifs en cours.

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  • Quelques images de la journée contre les OGM du 23 mai 2015

      publiées par le Monde.fr

      


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  •  L’Union européenne avait le feu vert pour renouveler cette année l’autorisation du glyphosate. Or, cette substance vient d’être classée comme cancérigène par l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Comment expliquer une telle divergence dans l’évaluation de cet herbicide le plus utilisé au monde ? Décryptage

      Glyphosate : l’inquiétante cécité des agences d’évaluation20 mars dernier, le classement par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) du glyphosate comme un cancérigène probable pour l’homme a officialisé ce que des organisations écologistes et des scientifiques clamaient depuis des années.

    Photo d'illustration iStock  

       Si la reconnaissance de cette toxicité n’est donc pas vraiment une surprise, elle n’en reste pas moins alarmante : le glyphosate est la substance active de nombreux herbicides, en particulier le Roundup de Monsanto, répandus chaque année sur des millions d’hectares à travers le monde.

         Autorisée en Europe depuis 2002, cette substance est aujourd’hui largement retrouvée dans notre environnement et dans nos organismes. En France, le glyphosate est le produit le plus mesuré dans les cours d’eau contaminés par des produits phytosanitaires (soit près de 90 % des cours d’eau) selon une étude publiée en mars 2015 par le ministère de l’écologie.

       Cette année justement, l’Union européenne doit se prononcer sur le maintien ou non de l’autorisation du glyphosate. Or, surprise, le renouvellement de l’autorisation semblait acquis. En effet, l’agence de sécurité sanitaire allemande Bfr, l’organisme chargé de réévaluer la toxicité du glyphosate au nom de l’Union européenne, avait rendu un avis favorable en 2014. L’agence allemande ne constatait aucun effet cancérigène pour l’homme, et proposait même une augmentation de la dose journalière acceptable (de 0,3 à 0,5 mp par jour et par kg de masse corporelle).

       Comment le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer), une agence de l’OMS basée à Lyon, peut-il conclure à l’inverse quelques mois plus tard ?

    Des salariés de Bayer et de BASF siègent à l’agence chargée de l’évaluation

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  •  OGM,Plantes mutées et hygiène chimique : le point avec Joël Spiroux

    Chère amie, cher ami,

    Vous vous en souvenez probablement : en 2012 une étude fracassante a été publiée sur la dangerosité potentielle de deux produits de la firme Monsanto : l’herbicide Roundup et le maïs NK603, génétiquement modifié pour tolérer cet herbicide.

    Le résultat fut sans appel : les photos des rats atteints de tumeurs énormes, affichées en une des journaux, ont fait le tour du monde.

    Mais où en est-on aujourd’hui ?

    J’ai posé la question au Dr Joël Spiroux, qui était le directeur adjoint de cette étude et actuel président du CRIIGEN (Comité de Recherche et d’Information Indépendante sur le Génie Génétique), dont l’équipe du Pr Gilles-Eric Séralini fait partie.

    Ses réponses (extraits principaux ci-dessous) sont absolument passionnantes et je vous recommande de lire son interview jusqu’au bout. Notez que ce médecin généraliste a de multiples diplômes et casquettes en affinité avec les médecines naturelles (technicien agricole, écologie humaine, acupuncteur, ostéopathe et homéopathe).

    En juin 2014, le CRIIGEN republie son étude et propose une conférence de presse qui ne sera que mollement suivie par les médias.

    IPSN (Institut pour la Potection de la Santé Naturelle): Deux ans après la publication de votre première étude, vous l’avez republiée en juin 2014. Pourquoi ?

    Nous voulions montrer à la communauté scientifique et au grand public que notre étude reposait sur des données solides. Nous souhaitions sortir du débat passionné que notre première publication a suscité. Par ailleurs, la republication s'est faite dans une revue « open source », en mettant à disposition de tous les données biologiques de l’étude. En effet, habituellement les études réalisées avant la mise sur le marché de produits chimiques ou d'OGM sont considérées comme secret industriel et ne sont donc pas libres d'accès. Il n'y a donc ni transparence ni débat.

    Les photos des rats avec leurs grosses tumeurs ont marqué les médias et les esprits. Aviez-vous prévu cette surprise ? Vous ne pensiez pas que ces photos produiraient un tel effet ?

    À l’époque, nous avions été surpris de l’impact de la publication des photos de rats atteints de tumeurs publiées par le Nouvel Observateur (L’Obs aujourd'hui). Malheureusement, les tumeurs des rats, c'est presque notre quotidien puisque nous testons sur eux des produits dangereux.

    Dans le fond, ce qui me choque le plus, c'est que l'on s'étonne de ces tumeurs et autres pathologies alors que ces produits ne sont pas évalués correctement. En effet, nous avons mis en évidence qu’aucun pesticide au monde n’a été évalué de façon à protéger la population. Un pesticide, c’est en fait une molécule dite active (dans le cas du Roundup, c’est le glyphosate) et des adjuvants [1]. Pendant deux ans, on teste le glyphosate sur des rats. En revanche, les adjuvants et le mélange adjuvants + glysophate n'est testé que quelques jours sur la peau. Ces tests ne sont guère utiles puisqu'on n'effectue aucune prise de sang pour en connaître les conséquences sur les cobayes.

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  •  OGM- Le riz rendu tolérant à des herbicides modifie les adventices

    Eric MEUNIER, novembre 2014 (infogm@infogm.org)

      L’équipe du P. Burgos, de l’université d’Arkansas aux États-Unis, s’est intéressée aux cultures de riz tolérant des herbicides (TH), qu’ils soient transgéniques ou mutés, et à la dissémination de cette tolérance à des riz qualifiés de « mauvaises herbes » (weed rice) ou adventices. Et sa conclusion est que les riz adventices apparus depuis les premières cultures de riz TH sont différents des riz adventices dits historiques, tant dans leur morphologie que dans leur physiologie. Une problématique importante selon les auteurs puisque qu’elle interfère potentiellement avec les stratégies de gestion de ces adventices dans le cadre d’une agriculture « industrielle ».

      Dans les champs, des plants qui restent d’une culture, ou des graines non ramassées, peuvent donner de nouveaux plants, même sur plusieurs années (repousses). Ces plants font partie des adventices, plantes non désirées dans le champ du paysan. Et ces plantes peuvent se croiser avec les nouvelles variétés plantées. Selon l’article publié par l’équipe du Pr. Burgos [1], la mise en culture de riz rendu tolérant des herbicides (VrTH), dans l’état d’Arkansas aux États-Unis, a provoqué un changement dans la population de ces riz adventices avec notamment, l’intégration dans leur génome du caractère de tolérance à un herbicide.

      L’état d’Arkansas dispose, selon les auteurs de l’article, de surfaces cultivées à 60% avec des variétés de riz TH dites Clearfield (riz issu de la mutagénèse). Sur la base d’échantillons prélevés au champ, les auteurs expliquent que la population de riz adventice apparue après le développement des cultures de riz TH est différente de celle rencontrée avant : une floraison plus tardive, une coloration de coque entourant le grain de riz différente et surtout, 20% des riz adventices prélevés transmettent à leur descendance la tolérance aux herbicides utilisés sur les variétés TH. Les auteurs expliquent que « une portion significative du génome des variétés locales de riz cultivé s’est retrouvée [...] dans le génome des riz adventices actuels, ce qui est rarement le cas pour les riz adventices apparus avant les cultures de variétés TH ». Et de souligner que « le riz adventice [actuel] présente une tendance à posséder dans son génome une portion du chromosome qui contient le gène ALS, qui [muté] confère la résistance aux herbicides dans les lignées Clearfield ».

    Des adventives qui deviennent résistantes aux herbicides

      Si ce travail scientifique vise à renseigner « des modifications morphologiques et phénotypiques qu’il est important de prendre en compte dans le cadre de la gestion de ces mauvaises herbes », il confirme en substance que la dissémination du caractère de tolérance aux herbicides de plants TH à des plants non TH, est un fait. Mais surtout, il suggère que cette dissémination est le fait d’une hybridation entre les anciens plants de riz adventices et les plants de riz TH mis en culture. Il est à souligner que l’usage de herbicide associé aux variétés de riz TH constitue une pression de sélection favorisant la sélection des plants TH, qu’ils soient mis en culture ou adventices.

      Selon les auteurs, certaines de ces populations de riz adventice TH apparues pourraient ne pas poser de problème lors des cultures, du fait par exemple d’une incapacité de certains plants à ployer et donc à déposer leurs graines dans le sol. Mais ce n’est pas le cas de toutes : certaines populations ont toutes les caractéristiques pour se maintenir dans les champs de culture. Une confirmation donc que la mise en culture de variétés rendues tolérantes aux herbicides et l’utilisation des herbicides associés contribuent à l’apparition de plants TH. Sauf à ce qu’une stratégie de long terme soit mise en place comme l’avait recommandé une expertise collective Inra-CNRS en 2012 [2].

    Copyleft photo : Waleed Alzuhair

     [1] Burgos, N. R. et al.,« The impact of herbicide-resistant rice (Oryza sativa L.) technology on phenotypic diversity and population structure of US weedy rice », 13 août 2014, Plant Physiology

     [2] Inf'OGM, « OGM : la tolérance aux herbicides, une « innovation » non pérenne »,Eric MEUNIER, 13 février 2012


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  • OGM

    2008    299 p.    22 €

      Ce livre montre comment une puissante élite américaine est en passe de contrôler les bases même de la survie de l'humanité : le pain quotidien." Contrôlez l'alimentation, et vous contrôlerez les peuples " déclarait Kissinger au milieu des années soixante-dix. C'est ce qui est en train d'être accompli.
       Au-delà des controverses scientifiques sur les bienfaits ou les dangers des OGM, William Engdahl retrace la saga du projet malthusien défendu par de puissants intérêts privés qui, dès les années trente, visaient au contrôle des populations, et qui se trouvent à l'origine de la diffusion et de la prolifération des OGM. A coups de pressions politiques, de fraudes et de mensonges, ces intérêts sont maintenant à une ou deux décennies d'atteindre une complète hégémonie sur les capacités nourricières de la planète.
      " Semences de destruction " mène le lecteur au cœur du pouvoir américain, dans les laboratoires où sont expérimentées les semences génétiquement modifiées et brevetées, derrière les portes soigneusement verrouillées des conseils d'administration de Monsanto et d'autres multinationales qui contrôlent le monde à l'égal des compagnies pétrolières. La crise alimentaire qui ravage le tiers-monde sera-t-elle pour ces géants aux ambitions sans limite l'occasion d'imposer partout les semences OGM brevetées?
      Si ce livre se lit comme un roman noir, c'est qu'il en est un.
          William Engdahl, né en 1944, est économiste et écrivain. Il a étudié les sciences politiques à l'université de Princeton et l'économie à l'université de Stockholm. Il publie depuis plus de trente ans sur les questions énergétiques, la géopolitique et l'économie, et intervient dans des conférences internationales. Il a publié à l'automne 2007
       -" Pétrole, une guerre d'un siècle".

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  •   Chères amies, chers amis,



    Douze pays sont sur le point de signer un accord commercial permettant aux entreprises de les attaquer en justice pour abroger les lois qui nous protègent mais réduisent leurs bénéfices! Cela peut avoir des répercussions dans tous les domaines, de la liberté sur Internet à l’étiquetage des aliments contenant des OGM. À moins de 48 heures de la fin des pourparlers, trois pays hésitent. Si nous les inondons d’appels à résister, nous pourrons arrêter ce coup d’État mondial avant que Monsanto ne débouche le champagne.

    Signez la pétition sur avaaz.
     

    Monsanto s’apprête à célébrer son plus grand tour de passe passe mais nous avons jusqu’à ce week-end pour renverser ses projets.

    Le partenariat transpacifique (PTP, ou TPP en anglais) est un immense accord ultrasecret passé entre douze grands pays, qui s’apprêtent à donner aux entreprises un pouvoir inouï: celui de faire appel à de nouveaux tribunaux internationaux pour attaquer en justice les gouvernements qui adoptent des lois qui nous protègent mais réduisent leurs bénéfices! Et cela peut avoir des répercussions dans tous les domaines, de l’étiquetage des aliments contenant des OGM à la liberté sur Internet. WikiLeaks a fait fuiter les documents de travail et une vague d’opposition est en train de se soulever très rapidement, mais les pays signataires se dépêchent afin de signer d’ici 48 heures.

    C’est insensé et pourtant nous avons une chance de tout arrêter. Trois pays hésitent, et s’ils se retirent immédiatement, tout pourrait s’effondrer. Inondons les dirigeants chiliens, néo-zélandais et australiens de nos appels à la résistance, et nous pourrons bloquer ce coup d’État orchestré par les grandes firmes avant que Monsanto ne débouche le champagne. Signez la pétition maintenant et envoyez-la à tous vos proches:


    http://www.avaaz.org/fr/no_champagne_for_monsanto_loc/?bvVpjbb&v=32176

    Quand on examine les documents de travail qui ont fuité, on croit lire une immense liste au Père Noël rédigée par les grandes multinationales. L’accord prévoit que les entreprises puissent imposer leurs volontés sur nos institutions démocratiques par le biais d’un système judiciaire opaque. Ces tribunaux pourraient limiter l’accès aux médicaments génériques, moins chers, pour favoriser les médicaments de marque, et même autoriser les cigarettiers à attaquer les pays qui imposent des mesures antitabac et qui, selon eux, réduisent leurs bénéfices. C’est presque trop fou pour être vrai.

    Mais presque personne n’a entendu parler du PTP. Les négociations sont si secrètes que même nos élus ne savent pas ce qu’elles recèlent – seuls les négociateurs et 600 lobbyistes les connaissent. Les textes qui ont fuité ont choqué les responsables politiques et les citoyens du Chili, de Nouvelle-Zélande et d’Australie. Et ils tentent de lutter contre les intimidations des multinationales et contre les États-Unis, qui restent déterminés à faire adopter l’accord avant d’attirer l'attention des citoyens.


    Le PTP nous touche tous
    : il bafoue nos droits et torpille nos démocraties pour protéger les profits des entreprises. Et nous n’avons que quelques jours pour l’arrêter. Ajoutez votre voix à notre appel et parlez-en tout autour de vous:


    http://www.avaaz.org/fr/no_champagne_for_monsanto_loc/?bvVpjbb&v=32176

    On peut facilement se sentir minuscule devant les grandes multinationales qui mènent nos pays à la baguette. Mais ce n’est pas l’argent qui détient le pouvoir, ce sont les citoyens. Notre mouvement a prouvé à de nombreuses reprises que quand nous nous rassemblons pour protéger nos droits contre la cupidité des entreprises, nous pouvons gagner. Arrêtons maintenant cette menace sans précédent contre nos institutions démocratiques.

    Avec espoir,

    Alice, David, Jooyea, Alex, Aldine, Julien, Ricken et toute l’équipe d’Avaaz

    PS: Nombreuses sont les campagnes Avaaz lancées par les membres! Démarrez la vôtre maintenant et remportez une victoire sur un sujet qui vous tient à coeur, qu'il soit local, national ou mondial:

      http://www.avaaz.org/fr/petition/start_a_petition/?cl=3657858578&v=32176


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  • OGM

    2004     92 p.   10 €

    Synthèse des publications scientifiques concernant l'impact des cultures OGM sur l'environnement, la santé et la biodiversité. Depuis leur introduction en 1996, les OGM ont constitué un sujet de débat : pour leurs promoteurs, ils ne sont qu'une étape du long processus d'amélioration des plantes, tandis que pour leurs détracteurs, ils constituent un risque en raison de la nouveauté des techniques d'obtention (transgénèse). Malgré une opposition massive des populations, particulièrement en Europe, les firmes multinationales ont imposé ces cultures dans de nombreux pays. Pourtant, les premières années d'exploitation d'OGM ont révélé leur impact négatif sur la biodiversité : la faune et la flore, mais aussi les communautés du sol sont affectées. Des publications scientifiques relatant leurs effets sur l'environnement ou la santé ont donné lieu à de vives controverses. En raison de la globalisation des échanges, les OGM pourraient produire des effets irréversibles dont aucun pays n'est protégé. Aussi, il est capital d'évaluer l'impact de ces cultures sur la santé et la viabilité d'une agriculture durable. Cette synthèse critique de données peu connues - bien que publiées par des revues scientifiques ou des organismes scientifiques indépendants - offre les éléments d'une réflexion personnelle sur ce sujet qui engage la santé de l'homme et de la terre. Ce devoir d'information est la première condition pour que les citoyens puissent démocratiquement décider de leur avenir.
      Aux Etats-Unis, les multinationales aidées par l’administration Bush ont dénigré les travaux de scientifiques renommés qui mettaient en garde contre les OGM.  Ce livre reprend une partie des travaux scientifiques, connus ou moins connus, qui en font état.

    Ainsi, concernant la toxicité avérée des toxines Bt (entre autres exemples cités dans cet ouvrage) :

    • Entre 2001 et 2002, douze vaches sont mortes dans une ferme de Hesse en Allemagne après avoir mangé du maïs Bt176 de Syngenta, et le reste du troupeau a dû être abattu à cause d’une mystérieuse maladie[1][1]. A ce jour, malgré les requêtes réitérées de Greenpeace, aucun dossier d’autopsie détaillé et valable n’a été disponible. Syngenta, qui a dédommagé les fermiers, reconnaît implicitement ainsi sa responsabilité et prétend pourtant que ces morts et ces maladies ne sont pas liées au maïs Bt176.
    • La société Aventis a relevé 100% d’augmentation de décès chez des poulets d’élevage nourris avec du maïs T25, un OGM tolérant au Glufosinate, en comparaison avec les témoins[2][2].
    • Les OGM cultivés ne sont plus les mêmes que ceux mis au point par les laboratoires, ils ont  réarrangé leur génome de manière totalement incontrôlée. Ils sont capables de transférer leurs gènes artificiels aux bactéries du sol comme aux cellules des animaux ou des hommes qui les consomment.

      [1][1] Ho MW et Burcher S. Les vaches mangent du maïs GM et meurent. Science in Society 2004, 21, 4-6.
      [2][2] Novotny E. Les animaux évitent la nourriture GM, pour de bonnes raisons. Science in Society 2004, 21, 9-1.

    par Lilian Ceballos (pharmacien) et Guy Kastler (chargé de mission N&P)

    Éditions Nature & Progrés

     


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  • Les plantes malades des pesticides (Fr. CHABOUSSOU)

    2011   304 p.   21 €

       Les effets négatifs des pesticides sur les plantes cultivées peuvent aller nettement au-delà des conséquences d’un bouleversement des écosystèmes. Francis CHABOUSSOU démontre ici que c’est la physiologie même de la plante cultivée qui est perturbée par les pesticides, la rendant plus vulnérable aux agresseurs. Il montre que le recours massif aux pesticides crée des fragilités chez les plantes… qui vont conduire à augmenter encore plus l’usage de ces toxiques pour tenter de réduire les nouveaux dégâts causés par cette fragilité.

      On a ici la meilleure illustration possible du véritable cercle vicieux dans lequel nous a conduit l’agriculture intensive depuis 60 ans, s’appuyant, pour tenter de pallier les déséquilibres qu’elle engendre inévitablement, sur la béquille chimique illusoire des pesticides.

      Francis Chaboussou, chercheur (atypique) à l'INRA pendant près de cinquante ans, établit sa théorie, la trophobiose selon laquelle tout parasite ne devient virulent que s'il rencontre dans la plante les éléments nutritionnels qui lui sont nécessaires. Révolutionnaire, car il prouve, dès 1970 et en pleine hégémonie des traitements chimiques, que ces derniers, au contraire des idées émises, contribuent à développer dans la plante ces éléments qui permettent aux champignons, acariens, insectes, virus et autres bactéries d'y proliférer... Visionnaire car, a contrario du credo «moderniste» de cette époque, il démontre également que seule l'agriculture biologique peut assurer l'équilibre écologique interdisant aux parasites latents de devenir nuisibles...  

      Extrait de la préface de François Veillerette à cette nouvelle édition

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  •   Résistance des insectesLes insectes résistent de plus en plus aux OGM insecticides


    par Eric MEUNIER

     

    Cinq insectes - quatre lépidoptères et un coléoptère (la chrysomèle du maïs) - ont développé des résistances à des protéines insecticides Cry (Bt) exprimées par des plantes transgéniques. Il s'agit d'une évolution récente mais rapide de l'acquisition de résistance à l'insecticide Bt. En 2005, un seul insecte résistant avait été détecté dans les champs.

    Un article [1], publié dans le journal Nature Biotechnology, propose une synthèse de 77 articles scientifiques consacrés à la résistance des insectes aux protéines insecticides.

    Cinq cas de résistance publiés

    Selon les auteurs, cinq insectes ont acquis, au champ, une résistance à l'une des protéines insecticides de la famille Cry. Les plantes génétiquement modifiées (PGM) concernées sont des maïs et des cotons, cultivées en Afrique du Sud, en Inde, ou aux Etats-Unis (cf. tableau récapitulatif ci-dessous).

    Un sixième cas de résistance est également répertorié, concernant à nouveau Helicoverpa zea sur du coton mais résistant à une protéine Cry différente, la protéine Cry2Ab. Les auteurs indiquent que 50% des individus ont déjà acquis une résistance à cette protéine mais qu'aucune étude scientifique n'a encore rapporté une perte d'efficacité des cotons Bt exprimant la protéine Cry2Ab cultivés aux États-Unis.

    Tableau récapitulatif

    Nom Nom commun Famille Plante Protéine Pays Années*
    Busseola fusca Foreur du maïs Lépidoptère Maïs Cry1Ab Afrique du Sud 8
    Diabrotica virgifera virgifera Chrysomèle des racines du maïs Coléoptère Maïs Cry3Bb Etats-Unis 7
    Spodoptera frugiperda Légionnaire d'automne Lépidoptère Maïs Cry1F Etats-Unis 3
    Helicoverpa zea Ver du cotonnier Lépidoptère Coton Cry1Ac Etats-Unis 6
    Helicoverpa zea Ver du cotonnier Lépidoptère Coton Cry2Ab Etats-Unis 2
    Pectinophora gossypiella Ver rose du cotonnier Lépidoptère Coton Cry1Ac Inde 6

    * Il s'agit du nombre d'années entre la première culture de la PGM et la détection de résistance

    L'apparition de résistance, fruit de l'adaptation

    L'apparition de telles résistances est, selon les auteurs, le fruit d'une exposition accrue des insectes cibles aux cultures de PGM censées les tuer. Les insectes sont porteurs de gène(s) impliqué(s) dans l'activité des toxines Bt. Au sein d'une population, certains individus peuvent être porteurs d'une forme (appelée allèle) de ces gènes qui confère une résistance à ces toxines. Or, « avant que les populations d'insectes ne soient exposées aux protéines Bt, les allèles conférant une résistance sont rares » au sein d'une population. Mais, à force d'être exposés à une protéine insecticide Cry, la sélection naturelle conduira l'allèle conférant une résistance à être présent chez un nombre de plus en plus grand d'individus, les autres étant éliminés. Le jour où 50% d'entre eux sont porteurs de ce(s) gène(s), la population d''insectes sera considérée comme devenue résistante. Ce phénomène peut donc prendre quelques années avant d'émerger concrètement. Le phéno mène inverse se produira de même : les auteurs soulignent que la fin de l'exposition des insectes aux cultures GM ne conduit pas à faire disparaître la résistance immédiatement. Le cas du légionnaire d'automne (Spodoptera frugiperda) à Porto Rico le montre puisque, quatre ans après le retrait des cultures de maïs Bt, la résistance était toujours présente dans les populations d'insectes. Il s'agit du « cas publié le plus rapide d'apparition de résistance au champ », étant donné que la résistance est apparue trois années après la première mise en culture commerciale du maïs Cry1F à Porto Rico. Il s'agit plus précisément du maïs TC1507, commercialisé aux Etats-Unis par Dow Agrosciences [2]. Ce cas a conduit l'entreprise à retirer ce maïs Bt de la vente.

    Pour les auteurs de l'article, l'apparition des résistances est donc corrélée à l'augmentation des surfaces de cultures Bt, à l'augmentation de la durée d'exposition des insectes aux protéines Bt et au nombre de populations exposées.

    Mais « l'humain peut continuer de maîtriser... »

    Si les auteurs présentent des cas de résistance avérés, ils estiment que la transgenèse permettra encore longtemps un contrôle efficace de ces insectes ravageurs, si certaines conditions sont respectées. Ainsi, ils préconisent une gestion proactive de ces résistances avec une « évaluation systématique » de la production de protéines Bt à forte dose par les PGM et une fréquence de présence des allèles de résistance faible au sein des populations avant exposition. L'utilisation des PGM empilées produisant plusieurs toxines devraient également concourir, selon eux, à maîtriser l'apparition de ces résistances. Enfin, la mise en œuvre rigoureuse des zones refuges reste, pour les auteurs, l'élément clef de maîtrise des résistances. Mais ils précisent que leur mise en place, aux États-Unis, n'est ni uniforme, ni toujours suffisante. Un constat d'autant plus inquiétant quand on se souvient que des entreprises comme Monsanto et Pioneer demandent justement que ces zones refuges imposées soient plus petites en cas de cultures de plantes produisant plusieurs protéines insecticides [3].

    La transgenèse continuerait donc d'être le rempart aux multiplications de résistance chez les insectes. Jusqu'à ce que...
    Jusqu'à ce qu'un cas supplémentaire de résistance à une protéine Cry soit détecté ou qu'un cas de résistance à une PGM produisant deux protéines insecticides apparaisse [4]. Des scenarii qui confirment, si besoin était, que la maîtrise absolue par l'humain de son environnement n'est pas possible. La stratégie de la fuite en avant technologique proposée est une stratégie commerciale, mais qui ne permettra pas de modeler la nature à la convenance des industriels. Quand tous les insectes seront devenus résistants à l'ensemble des protéines insecticides, que se passera-t-il ? Étant donnée la vitesse de l'apparition de ces résistances, cette hypothèse pourrait devenir une réalité bien proche.

    [1]« Insect resistance to Bt crops : lessons from the first billion acres », B.E. Tabashnik et al., Nature Biotechnology, juin 2013, Vol31, n°6, pp510-521.

    [2] « Discovery and characterization of field resistance to Bt maize : Spodoptera frugiperda (Lepidoptera : Noctuidae) in Puerto Rico. », N.P. Storer et al., J Econ Entomol, 2010, Aug ;103 (4):1031-8.


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    Pourquoi Monsanto a décroché un "Nobel de l'alimentation"
    (Crédit photo : DR)
      Cerveaux de Monsanto et Syngenta ou spécialiste des biotechnologies, trois défenseurs des OGM ont reçu le Prix mondial de l'alimentation pour leur contribution à nourrir une population grandissante. Un choix contesté.

    Consécration pour les partisans des OGM : l’une des têtes pensantes de Monsanto, Robert T. Fraley, a reçu le 17 juin dernier, le World Food Prize (Prix mondial de l’alimentation) 2013. Ce prix, décerné par la fondation éponyme, récompense « les individus qui contribuent à améliorer la qualité, la quantité et la disponibilité de nourriture présente dans le monde ». Le vice-président du semencier américain partagera donc la coquette somme de 250 000 dollars (191 000 euros) avec deux autres figures historiques de la recherche sur les semences transgéniques : le spécialiste belge des biotechnologies Marc Van Montagu, et la chercheuse et membre fondatrice de Syngenta, Mary-Dell Chilton, également lauréats.

    Pour l’image plus que pour l’enveloppe, les trois chercheurs ont de quoi se réjouir. Bien qu’il soit délivré par une simple fondation, le World Food Prize, auto-surnommé « prix Nobel de l’alimentation et de l’agriculture » a fini par s’imposer comme tel. Si bien qu’aujourd’hui, le New York Times parle d’ « Oscar de l’agriculture » et le trophée est remis en grande pompe dans l’enceinte du Département d’Etat américain, l’équivalent de notre ministère des Affaires étrangères, par le secrétaire d’Etat lui-même.

    Le symbole est fort. Et derrière le choix de trois blockbusters, le message est explicite : grâce à la matière grise de l’industrie agroalimentaire, les avancées sur les biotechnologies vont contribuer à « nourrir une population mondiale grandissante », se réjouit la fondation.

    Les champs OGM ne sont pas plus productifs

    Le postulat fait pourtant grincer quelques dents. Chez les écologistes, mais pas seulement. Une étude publiée le 14 juin par les chercheurs de l’université néo-zélandaise de Canterbury indique qu’à latitude et conditions climatiques égales, les champs OGM ne sont pas plus productifs que les autres. « Ces plantes sont programmées pour résister aux herbicides et contenir des insecticides, pas pour donner des récoltes plus abondantes », rappelle Jack Heinemann, qui a dirigé ces recherches. « Or, avec ou sans modifications génétiques, on utilise des insecticides », renchérit le biologiste Jacques Testart, père scientifique du premier « bébé éprouvette » aujourd’hui spécialisé sur la question des OGM. « Le fait que ces produits soient directement présents dans la plante peut, à la limite, faciliter la tâche des agriculteurs mais ne change rien à la taille des récoltes », poursuit l’auteur de l’ouvrage A qui profitent les OGM ? (CNRS éditions, 2013) paru en janvier.

    Difficile donc de miser sur les plantes génétiquement modifiées pour nourrir la planète lorsque 98% d’entre elles ne sont pas programmées pour produire plus. Pour les 2% restants, l’industrie tâtonne. « La tomate OGM qui grossit plus vite existe, reconnaît Jacques Testart, mais elle est plus gourmande en intrants (eau et engrais) ».

    Résistants aux sécheresses, inondations et à la salinisation ?

    Pour Louis-Marie Houdebine, directeur honoraire à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), les détracteurs des OGM ont tort de se focaliser sur la productivité. « Plutôt que rendre les plantes plus généreuses, les OGM peuvent améliorer leur résistance », corrige le chercheur également cofondateur d’une start-up de biomédicaments. Ouvertement favorable aux OGM, il cite l’exemple du manioc transgénique capable de résister à deux virus ou encore la nouvelle génération de maïs Monsanto conçue pour faire face aux sécheresses. « Ces plantes sortiront indemnes des aléas climatiques qui déciment les récoltes traditionnelles », s’enthousiasme-t-il. « On ne va pas éradiquer la faim dans le monde avec une seule technique mais pour relever ce défi, les OGM ont un rôle à jouer » conclut-t-il. La fondation World Food Prize va plus loin et présente les modifications du génome comme une réponse à « la multiplication des aléas climatiques ».

    Un optimisme qui laisse les chercheurs néozélandais sceptiques. « Des centaines d’expériences en plein champ ont été menées sur des plantes génétiquement modifiées pour tolérer la sécheresse, les sols salés et les inondations » affirme Jack Heinemann. « Aucune n’a été concluante. » Pour Jacques Testart, l’ambition de cultiver des plantes génétiquement modifiées sur des terres actuellement stériles « est aussi réaliste que la BD Tintin dans laquelle le professeur Tournesol veut faire pousser des oranges bleues en plein désert ». Pire, pour le biologiste, les OGM sont contreproductifs. « Au lieu de faire gagner des surfaces cultivables, ces semences rendent des terres inexploitables. » Aux Etats-Unis, l’utilisation massive d’OGM a en effet rendu des plantes invasives résistantes. Ainsi, huit millions d’hectares ont été infestés par l’amarante sans que les herbicides ne puissent plus en venir à bout.

    Les OGM nourrissent les réservoirs d’essence et le bétail

    Autre accroc au satisfecit du World Food Prize : aujourd’hui les OGM ne nourrissent pas les hommes, ou très peu. « Ils fournissent surtout des aliments pour le bétail et du carburant, mais pas de nourriture », souligne Eric Holt Gimenez, le directeur de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires dans une tribune publiée par le Huffington Post. Jacques Testart évalue à moins de 5% la quantité de plantes OGM directement consommées par les humains. « On ne mange pas du coton, concède Louis-Marie Houdebine mais l’utilisation de semences OGM rapportera aux agriculteurs du Sud un revenu qui leur permettra de s’alimenter. »

    La sous-nutrition serait donc plus un problème de pauvreté que de productivité ? Cette position largement développée par l’ancien rapporteur spécial des Nations unies pour le droit a l’alimentation, Jean Ziegler est reprise par son successeur. A l’automne prochain, Olivier de Schutter devrait publier un rapport décortiquant les liens entre utilisation des biotechnologies et sécurité alimentaire. Ses conclusions sont prévisibles, ce partisan de l’agroécologie ayant déjà affirmé « ne pas attendre de miracle des OGM ». Ce miracle, nous pourrions même ne pas en avoir besoin. De nombreux agronomes estiment, à l’image de Jacques Caplat, qu’il est possible de nourrir 10 milliards d’humains sans OGM ni même recours à l’industrie agroalimentaire.

    « Qui donne ce prix ? »

    Pour Jacques Testart, ces prises de position sont le signe que l’opposition aux OGM évolue. « Au début on craignait leur dangerosité, aujourd’hui on s’interroge aussi sur leur utilité », observe le chercheur français. Pour lui, malgré les controverses, le choix du World Food Prize n’a rien de surprenant. « Il faut regarder qui distribue ce prix » glisse-t-il énigmatique. Peine perdue, les membres du comité de sélection gardent l’anonymat. Reste à scruter le financement. Selon le bimensuel américain d’investigation Mother Jones, 28% des fonds récoltés par la fondation entre 2009 et 2011 proviennent de l’agrobusiness. Et le plus gros contributeur reste l’Iowa, un état réputé pour ses positions pro-OGM. Les généreux donateurs influencent-ils les choix des lauréats ? Rien n’est prouvé. Mais la revue remarque que « depuis quelques année la plupart des vainqueurs travaillent dans les mêmes structures agro-industrielles que celles qui financent les partenaires du prix".
      Le rédacteurAmélie MougeY pour Terraeco.net

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    Un ex-Monsanto devient le monsieur OGM d’une revue spécialisée

    Monsanto voudrait-il s’assurer la bienveillance des publications scientifiques à l’égard des OGM ? Un article paru dans la revue The Independent sciences news révèle que Richard E. Goodman, employé de la multinationale américaine entre 1997 et 2004, a rejoint la rédaction de la revue Food and Chemical Toxicology en février dernier. Hasard du calendrier ? Quelques mois plus tôt cette même revue publiait l’étude controversée du professeur Gilles Séralini faisant état de tumeur et lésions chez des rats nourris aux OGM et critiquant les effets néfastes du Round Up, le produit phare de Monsanto.

    Malgré les violentes critiques dont cette étude a fait l’objet, la revue ne s’est pas rétractée. Mais un nouveau poste a été créé, celui de rédacteur en chef associé responsable des publications sur les biotechnologies et les OGM. Fort de ses recherches sur la sécurité des aliments génétiquement modifiés, Richard E. Goodman y a été nommé. Pour les journalistes de The Independent sciences news, cette nomination soulève la question des conflits d’intérêt aux sein des publications scientifiques. D’autant que les anciens employés du géant des pesticides et semences OGM sont déjà soupçonnés d’être un peu trop présents au sein de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

    - A lire (en anglais) sur le site de The Independent sciences news


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  • Monsanto teste de nouveau du blé OGM aux Etats-Unis

    La présence de blé transgénique de Monsanto aux Etats-Unis restait inexpliquée mercredi, mais le groupe américain teste de nouvelles semences de blé OGM, huit ans après y avoir renoncé vu le tollé dans l'opinion publique.

    Ni les autorités ni Monsanto ne donnent d'explication précise à ce jour pour justifier comment du blé OGM résistant à l'herbicide Roundup du groupe (le glyphosate) a pu se retrouver dans un champ de l'Oregon, comme le ministère de l'Agriculture (USDA) l'a dévoilé mercredi dernier.

    Le groupe, qui a arrêté les essais à l'air libre dans l'Orégon en 2001 sur ce blé OGM, le MON 71800, n'exclut pour l'instant "aucune piste", "un accident ou un acte intentionnel", a expliqué Robb Fraley, directeur technologique du groupe lors d'une conférence téléphonique mercredi.

    Il n'y a aucune semence de blé transgénique autorisée à l'heure actuelle dans le monde.

    Monsanto avait arrêté en 2005 un programme de développement de blé OGM résistant à son herbicide Roundup (glyphosate), face au rejet du secteur, et aux réactions négatives des organisations de consommateurs et des groupes de défense de l'Environnement.

    Toutes les graines de l'OGM de première génération testé jusqu'en 2005 ont été soit détruites, soit expédiées au "centre de stockage du ministère de l'Agriculture" (USDA), a affirmé M. Fraley.

    Bill Freese, de l'association anti-OGM Center for Food Safety (CFS), réfute les arguments de Monsanto. "Je ne vois aucune preuve qu'il s'agisse de sabotage", a-t-il dit à l'AFP, estimant que le groupe essaie de "se défausser sur d'autres que lui" pour expliquer la présence de blé transgénique non homologué.

    Il affirme que le groupe de Saint Louis (Missouri) a cultivé du blé transgénique de 1998 à 2005 dans 17 Etats américains et que, contrairement à ce que dit Monsanto, il n'est pas impossible que le blé en Oregon provienne des cultures de cette époque.

    Les dirigeants de Monsanto affirment que les graines de blé ne peuvent survivre dans "un climat difficile comme celui de l'Oregon" plus de deux ans.

    Ils ajoutent que le pollen de blé "ne se déplace pas de plus de 9 mètres de sa source", ce que dément Bill Freese: "dans certaines conditions la pollinisation du blé s'est vue à 2,75 kilomètres" de l'origine d'un semis.

    Il souligne aussi qu'il est très difficile d'éviter les dispersions de semis: "il reste toujours des graines dans le sol d'un champ", qui re-germent une saison plus tard et "se mêlent alors à des semences conventionnelles". Il arrive aussi que des semences "tombent des camions" qui les transportent, remarque-t-il.

    Les dirigeants de Monsanto ont indiqué mercredi que le groupe avait relancé en 2009 ses efforts pour développer de nouvelles semences de blé OGM "à la demande des producteurs de blé".

    Mercredi, la directrice de la recherche sur le blé de Monsanto, Claire Cajacob, a en effet souligné que "de nouveaux tests (avaient) redémarré en 2011" dans des champs du Dakota du Nord et qu'ils portaient sur la variété de blé de printemps.

    Les recherches sur ces semences de blé OGM de deuxième génération se focalisent sur la résistance à la sécheresse ainsi qu'à l'action de multiples désherbants, et non seulement au Roundup.

    Le CFS appelle à suspendre les essais en cours tant que toute la lumière n'a pas été faite sur le blé OGM trouvé dans l'Oregon, d'autant que les essais dans le Dakota du Nord "portent sur 120 hectares et sont très substantiels", ce qui rend "très difficile" d'éviter la pollinisation de champs voisins, explique Bill Freese.

    Un porte-parole de Monsanto a précisé qu'il faudrait "au moins dix ans" avant qu'un nouveau blé OGM puisse être commercialisé.


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  • Un agriculteur a demandé à être indemnisé de pertes de revenus à la suite de l'annonce de la découverte de blé OGM développé par le géant de l'agrochimie Monsanto aux Etats-Unis.

    Un agriculteur américain porte plainte contre Monsanto

    Un agriculteur américain a porté plainte contre le géant de l'agrochimie Monsanto,  l'accusant de «négligence grossière».

    Il a demandé à être indemnisé de pertes de revenus à la suite de l'annonce de la découverte de blé OGM développé par Monsanto aux Etats-Unis.

    La plainte d'Ernest Barnes a été enregistrée lundi dans le Kansas, un Etat agricole du centre des Etats-Unis qui exporte 90% de sa production de blé.

    «Nous nous attendons à ce que d'autres plaintes soient bientôt déposées» sur le même sujet et «il est probable qu'elles soient consolidées» en plainte en nom collectif, a déclaré mardi Warren Burns, avocat de l'agriculteur.

    Ernest Barnes demande à être indemnisé à hauteur d'«au moins 100'000 dollars» pour les pertes qui pourraient survenir d'un impact sur les cours des contrats à terme sur le blé, qui déterminent le prix des contrats à l'exportation.

    Une plainte «sans fondement»

    Dans un communiqué, le directeur juridique de Monsanto, David Snively, a estimé que cette plainte était sans fondement et assuré que son groupe se défendrait «vigoureusement» en justice.

    Cette plainte intervient «après la première découverte de blé (OGM) neuf ans après que Monsanto a arrêté le développement de ce programme», a-t-il ajouté, estimant que l'agriculteur «tente sa chance».

    Les cours du blé ont reculé immédiatement après l'annonce par le ministère de l'Agriculture américain (USDA) de présence de blé OGM non homologué dans un champ de l'Oregon mercredi, mais ils ont rebondi par la suite. Le volume des exportations pourrait pâtir de l'annonce de la présence de blé OGM dans un champ aux Etats-Unis.

    Depuis mercredi, le Japon et la Corée du Sud ont en effet suspendu une partie de leurs importations de blé américain. L'Union européenne a demandé à ses Etats-membres de tester leurs importations de blé américain et de ne pas les mettre en vente si elles comportaient du blé OGM.

    Causes inexpliquées

    Face à l'opposition d'acheteurs de blé dans de nombreux pays, Monsanto avait renoncé à commercialiser ce blé OGM développé entre 1998 et 2005, et n'a donc jamais cherché à le faire homologuer.

    Le groupe et les autorités américaines cherchent à savoir quelles sont les causes de la présence de ce blé OGM dans l'Oregon et n'ont pour l'instant offert aucune explication. 


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  •  OGM : la menace des « super mauvaises herbes » s’amplifie

     

    Par Jean Etienne, Futura-Sciences  (24/04/2009)

    Cinq mille hectares de culture de soja transgénique ont été abandonnés par les agriculteurs en Géorgie, et 50.000 autres sont gravement menacés par une mauvaise herbe impossible à éliminer, tandis que le phénomène s'étend à d'autres états. La cause : un gène de résistance aux herbicides ayant apparemment fait le grand bond entre la graine qu’il est censé protéger et l’amarante, une plante à la fois indésirable et envahissante…

    En 2004, un agriculteur de Macon, au centre de la Géorgie (à l'est des Etats-Unis), applique à ses cultures de soja un traitement herbicide au Roundup, comme il en a l’habitude. Curieusement, il remarque que certaines pousses d’amarantes (amarante réfléchie, ou Amarantus retroflexus L.), une plante parasite, n’en semblent pas incommodées… Pourtant, ce produit est élaboré à partir de glyphosphate, qui est à la fois l’herbicide le plus puissant et le plus utilisé aux Etats-Unis.

    Depuis, la situation a empiré. Actuellement, et rien qu’en Géorgie, 50.000 hectares sont atteints et nombre d’agriculteurs ont été contraints d’arracher leurs mauvaises herbes à la main… quand c’est possible, considérant l’étendue des cultures. A l’épicentre du phénomène, 5.000 hectares ont été tout simplement abandonnés.

    "Super mauvaises herbes" de MonsantoAmarante. Source Commons

    Comment en est-on arrivé là ?

    Tous les champs victimes de cette envahissante mauvaise herbe avaient été ensemencés avec des graines Roundup Ready, produites par la société Monsanto. Celles-ci comportent une semence ayant reçu un gène de résistance au Roundup, un herbicide également produit par Monsanto. L’argument publicitaire de la firme repose sur le moindre coût représenté par le traitement d’une culture ainsi protégée contre un herbicide total auquel elle est devenue insensible, plutôt que de l’application d’un herbicide sélectif, plus cher à l’achat.

    Selon un groupe de scientifiques du Centre for Ecology and Hydrology, organisation britannique à Winfrith (Dorset), il y aurait eu transfert de gènes entre la plante OGM et certaines herbes indésirables, comme l’amarante. Bien que considéré comme très faible car n’ayant jamais été détecté lors d’essais, le risque ne serait cependant pas nul.

    Pour Brian Johnson, généticien et chercheur britannique, spécialisé, entre autres, dans les problèmes liés à l’agriculture, la cause ne fait aucun doute. « Il n’est nécessaire que d’un seul évènement (croisement) réussi sur plusieurs millions de possibilités. Dès qu’elle est engendrée, la nouvelle plante est titulaire d’un avantage sélectif énorme, et elle se multiplie rapidement, martèle-t-il. L’herbicide puissant utilisé ici, à base de glyphosphate et d’ammonium, a exercé sur les plantes une pression énorme qui a encore accru la vitesse d’adaptation. »

    La firme Monsanto ne nie pas le problème. Lors d’une interview accordée sur la chaîne de télévision France24, Rick Cole, responsable du développement technique, a estimé que ces « super mauvaises herbes » (superweeds, un terme désormais souvent employé) peuvent être maîtrisées. Pourtant, un communiqué émanant directement de la firme annonce que les vendeurs incitent les agriculteurs à alterner Roundup et un autre herbicide comme le 2-4-D (acide 2,4-dichlorophénoxyacétique).

    L’amarante vous salue bien…

    En attendant, l’amarante « mutante » se porte bien et prolifère. Chaque plante produit en moyenne 12.000 graines par an, et celles-ci peuvent rester en état de vie suspendue de 20 à 30 années avant de germer lorsque les conditions lui sont favorables. Profondément enracinées, elles sont très difficiles à arracher, comme le constatent de nombreux agriculteurs, non seulement en Géorgie mais aussi en Caroline du Sud, en Caroline du Nord, en Arkansas, au Tennessee et au Missouri, contraints de passer au désherbage manuel… ou de baisser les bras.

    D’autres cultivateurs envisagent de renoncer aux OGM et de revenir à une agriculture traditionnelle. Ainsi Alan Rowland, producteur et marchand de semences de soja à Dudley (Missouri), affirme que plus personne ne lui demande de graines Monsanto de type Roundup Ready alors que ce secteur représentait 80% de son commerce il y a peu. Aujourd’hui, la demande en graines traditionnelles est très forte et les grains OGM ont disparu de son catalogue.

    Stanley Culpepper, spécialiste des mauvaises herbes à l’université de Géorgie, annonce que de nombreux agriculteurs américains sont en effet désireux de retourner à une semence traditionnelle, mais pas seulement à cause de la résistance des plantes parasites, car « l’utilisation des OGM devient de plus en plus chère et tout se joue sur une question de rentabilité », affirme pour sa part Alan Rowland.

    Un manque flagrant de statistiques et d'informations

    On pourra cependant déplorer le manque de précision des données statistiques permettant de quantifier la relation entre semences OGM, nombre de plants résistants apparus et quantité d’herbicide utilisé. En 2008 en effet, alors que les media agricoles américains relataient de plus en plus de cas de résistance, le gouvernement des Etats-Unis a pratiqué d’importantes coupes budgétaires qui ont contraint le Ministère de l’Agriculture à réduire, puis arrêter certaines de ses activités.

    Entre autres, le programme de recherches statistiques sur les pesticides et les risques associés aux produits chimiques sur des cultures comme le coton, le maïs, le soja et le blé est passé à la trappe, au grand dam des scientifiques. « Je ne serais pas surpris que Monsanto ait mené une campagne de lobby discrète pour mettre fin au programme », accusait alors Bill Freese, du Centre pour la Sécurité alimentaire des Etats-Unis (USDA), marquant publiquement son mécontentement.


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  • Le « Monsanto Protection Act » garantit la culture des OGM contre toute décision de justice. L'adoption de cet amendement a fait scandale aux États-Unis.

      L'influence  de Monsanto sur le pouvoir fédéral américain a pris un nouveau tour. Un amendement glissé dans une loi budgétaire ratifiée fin mars empêche la justice américaine de suspendre la vente ou la culture de plantes génétiquement modifiées, malgré la remise en cause de leur homologation. Cet amendement a fait scandale outre atlantique, au-delà des opposants habituels aux OGM.

    Opposé à l’amendement, le sénateur démocrate du Montana John Tester a déclaré que l’article 735 en question est « un cadeau, pur et simple, qui représente une aubaine de plusieurs millions de dollars pour une poignée de grosses compagnies dans ce pays ». Plus étonnant, la droite conservatrice a aussi dénoncé le coup de force de Monsanto. Cité par le Guardian, le thinktank FreedomWorks, à l’initiative du Tea Party, estime en effet que « les entreprises devraient jouer le jeu de la libre concurrence plutôt que de recruter des lobbyistes pour récrire les règles à leur profit à Washington ». Face à l’indignation générale, la sénatrice démocrate Barbara Mikulski, présidente de la commission à qui incombait au final la responsabilité de la loi, a même présenté ses excuses. Elle a justifié cette adoption par le fait que l’amendement a été introduit dans une loi budgétaire d’une importance cruciale pour le gouvernement américain et qu’il n’a donc pas retenu toute l’attention nécessaire.

      Pétition et rassemblement devant la Maison blanche

    Plusieurs sénateurs ont déclaré ne pas avoir eu connaissance du discret amendement ajouté à la loi d’urgence budgétaire HR933. Pourtant, Food Democracy Now s’était mobilisé depuis plusieurs mois pour faire barrage au texte. Cette ONG américaine a réuni 250 000 signatures pour sa pétition contre l’article 735, et a organisé un rassemblement devant la Maison blanche. Las, Obama a ratifié le projet de loi fin mars. Food Democracy Now est aussi à l’initiative du surnom « Monsanto Protection Act », après que la presse américaine ait établi que le sénateur républicain du Missouri Roy Blunt avait travaillé directement avec Monsanto pour écrire l’article incriminé. Pour Dave Murphy, directeur de l’ONG, cet évènement n’est qu’une nouvelle manifestation des pratiques connues des entreprises biotech de lobbying et de financement des hommes politiques pour obtenir une législation favorable à leurs activités.

    Déjà inquiets de la faiblesse des processus d’autorisation des biotechnologies aux États-Unis, les opposants aux OGM voient dans ce texte un ultime blanc-seing à l’industrie. Aujourd’hui, les homologations sanitaires sont triviales, les cultures OGM étant considérées équivalentes à leur homologue naturel. Avec la nouvelle loi, même si des études démontrent des risques sanitaires et environnementaux, il n’y aura pas de recours possible devant la justice pour stopper leur commercialisation.

    Face à la levée de boucliers, une porte-parole de Monsanto a relativisé la porté du texte, en estimant qu’il ne s’agit que d’une garantie pour les agriculteurs de ne pas perdre leur récolte à cause d’une décision de justice. Et le sénateur Roy Blunt à l’origine de l’amendement de rappeler que ce texte n’est valable qu’une année. En effet, la loi expirera en septembre 2013. Mais elle crée un précédent qui permet de douter que les puissants industriels des biotechnologies abandonnent facilement une telle protection légale.

      Polémique sur le lobbying pro-OGM en Angleterre

     L'ONG  GeneWatch UK a dénoncé en janvier dernier le lobby pro-OGM du groupe parlementaire All-Party, qui serait financé par l’Agricultural Biotechnology Council. Ce groupe représente les principales compagnies de semences GM au Royaume-Uni, comme Monsanto, Syngenta ou Bayer. GeneWatch UK avait déjà épinglé une rencontre entre les ministres et les industriels en juin 2012 pour accélérer la promotion des OGM dans le pays. « Il est clair que les ministres ont passé un marché avec les industries des biotechnologies pour promouvoir les semences OGM au Royaume-Uni », dénonçait lors d'une vive polémique Helen Wallace, directrice de cette organisation de veille sur les OGM.

      Magali  Reinert
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  •  OGM : suicide " collectif " de 1500 fermiers indiens

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    La vérité émerge lentement: un rapport du Ministère (indien) de l’Intérieur sur les morts par suicide, indique que, jusqu’à 2003, environ 100 000 fermiers se sont suicidés en six ans en Inde.Ces dernières semaines, 1500 fermiers se sont suicidés collectivement en Inde, dans la province de Chattisgarh. Un phénomène récurrent, puisque les chiffres officiels font état de 1000 suicides mensuels... depuis plus de quinze ans. En cause, l'endettement des paysans lié à l'achat de semences OGM miraculeuses... qui se révèlent catastrophiques.Depuis le milieu des années 80, l'Inde a accepté d'ouvrir totalement son marché en contrepartie de l'aide du Fonds Monétaire International. Une révolution économique s'en suivit, qui en fit un terrain d'expérimentation mondial en matière agricole. Depuis lors, les paysans sont livrés aux promesses des vendeurs de semences magiques : les rendements devaient être exceptionnels, et les insectes et parasites rangés dans les tiroirs de l'histoire. Les variétés traditionnelles ont même été interdites dans de nombreuses banques de semences gouvernementales. Mais pour toucher le Graal, il fallait débourser 10 fois plus pour la même quantité de semences. Le prix de la gloire. Et les paysans se sont massivement endettés.

    What a wonderfull world (Company)...

    Sauf que les semences OGM de coton Bt (de Monsanto, faut-il le préciser) sont tombées malades, infestées par le vers (vorace) de la capsule. Les semenciers avaient juste oublié de préciser que les plantes n'étaient pas résistantes aux maladies locales et qu'il fallait donc épandre des tonnes de pesticides en plus. Ils avaient aussi omis d'indiquer que les variétés en question buvaient deux fois plus d'eau et dégradaient les sols à grande vitesse. Du coup, les sécheresses ont été amplifiées et les rendements réduits à peau de chagrin. Les paysans se retrouvent à sec, paralysés par leurs dettes et sans le sou pour acheter les semences de l'année suivante, puisque les plantes OGM - dotés d'une technologie révolutionnaire affectueusement nommée " Terminator " - sont calculées pour que les grains ne puissent pas se replanter... D'où de nouvelles dettes. Etc.

    Disparition des variétés traditionnelles

    " Certains des fermiers qui se sont suicidés avaient réalisé jusqu'à cinquante pulvérisations d'herbicide et de pesticide sur leurs champs de coton, mais cela n'a pas empêché leur récolte de dépérir ", affirme le professeur Nanjundaswamy, fondateur du Mouvement pour la Défense des Fermiers du Karnataka (Karnataka Rajya Ryota Sangha - KRRS) Autre conséquence, l'utilisation de ce coton génétiquement modifié aurait " éliminé par pollinisation nombre de nos plantes indigènes qui possédaient par exemple des qualités de résistance à la sécheresse et à certains parasites propres à l'Inde, résistance que n'ont pas les plantes hybrides " affirme le même spécialiste. Pour les défenseurs des OGM, les vraies raisons de cette catastrophe sont la pauvreté rurale, l’alcoolisme, les sécheresses et le "désespoir agraire "

    En 2006, le ministère indien de l'agriculture déclarait que la moitié des foyers paysans étaient endettés. Selon les ONG, le taux de suicide parmi les fermiers pauvres atteint actuellement des records. 150 000 d'entre eux se seraient donnés la mort depuis 1993. Entre 60% et 75% de la population indienne (contre 10% pour la France et 2% pour les États-Unis), qui compte plus d'un milliard d'habitants, vit de l'agriculture, qui représente un quart du Produit intérieur brut indien.

    Source: les mots ont un sens

    http://www.wikistrike.com/article-suicide-collectif-de-1500-fermiers-indiens-ruines-a-cause-des-ogm-91316545.html

    http://www.lesmotsontunsens.com/inde-coton-bt-ogm-resistance-maladie-7281

    http://www.mondialisation.ca/PrintArticle.php?articleId=3852


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  •   « En France, les animaux ne mangent pas d’OGM » : ouh le gros mensonge

    Sophie Caillat | Journaliste  (Rue89, Nouvel Obs )  27/02/2013

    Au Salon de l’agriculture, par terre, cette note sur ce qui y nourrit les bêtes. Ça dit : « OGM. » Le patron de l’interprofession bétail et viande feint d’ignorer.

    Au Salon de l’agriculture, tout est bon pour nous faire oublier qu’il y a seulement deux semaines, le mangeur de lasagnes préparées découvrait qu’on lui avait fait passer du cheval pour du bœuf.

    Le « horsegate » est derrière nous, veut croire la filière viande, rassurée par les annonces de François Hollande en ouverture du Salon : le Président souhaite un « étiquetage obligatoire » sur les viandes des plats cuisinés. Mais comme il faut l’autorisation de Bruxelles, et que cela prendra un an et demi, on en restera pour le moment à un étiquetage volontaire.

    « On va sortir par le haut de cette crise, on va prendre les devants et dire qu’on n’a rien à cacher », se félicite Dominique Langlois, le patron d’Interbev, l’interprofession du bétail et de la viande. Malheureusement pour lui, avec mon complice Xavier Denamur, le restaurateur en lutte contre la malbouffe, nous avons fouiné dans les allées du Salon et découvert, négligemment laissé par terre, le détail de ce qui nourrit le bétail, en plus de la belle herbe fraîche de nos prairies.

    Nous lui avons posé la question qui tue, sans imaginer qu’il oserait une telle mauvaise foi.

    Ce digne successeur de Jacques Borrel feint d’ignorer que la France importe plusieurs millions de tonnes de tourteau de soja, pour fournir à notre bétail sa ration de protéines.

    « Du non OGM, on en produit de moins en moins »

    Poursuivant notre chemin dans les halls de la porte de Versailles, nous sommes allés voir son homologue pour la filière cochon, Jean-Michel Serres. Bizarrement, hors caméra, le président de la Fédération nationale porcine n’est pas si langue de bois :

    « L’essentiel du tourteau de soja est OGM, sa croissance est presque exponentielle. Du non OGM, on en produit de moins en moins. »

    Une fois qu’il s’est félicité que la France, « grâce au colza, importe moins de protéines qu’ailleurs, 40% au lieu de 70% en moyenne en Europe », il nous livre cette anecdote révélatrice :

    « J’ai discuté avec Carrefour qui était intéressé pour avoir de la viande non OGM, et me proposait 2 centimes supplémentaires par kilo si je nourrissais mes porcs avec du soja non OGM. Mais ça me coûtait 3 ou 4 centimes en réalité, donc j’ai refusé. Je ne vais quand même pas payer de ma poche pour la grande distribution. »

    En attendant, le consommateur français ingurgite de la viande nourrie aux OGM sans avoir le droit d’être au courant.


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