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    Paradis fiscaux : on va y arriver !

    23/11/2017    Guillaume Duval Rédacteur en chef d'Alternatives Economiques 

     

    Venant après beaucoup d’autres, le scandale des « Paradise papers » a confirmé s’il en est besoin la centralité des paradis fiscaux dans le fonctionnement du capitalisme contemporain. Cette question est la première qu’il faut régler si nous voulons une mondialisation mieux régulée. Elle est aussi le principal obstacle à lever pour réorienter la construction européenne, minée par le dumping fiscal.

    Mission impossible ? Non. Les paradis fiscaux ne pèsent jamais grand-chose sur le plan géopolitique : si la France et l’Allemagne se mettent d’accord, il n’y a pas besoin d’envoyer beaucoup de divisions pour mettre le Luxembourg au pas. Et il est en réalité aisé de savoir ce qui s’y passe. C’est même devenu nettement plus facile aujourd’hui avec des transactions électroniques, que naguère avec des valises de billets, comme nous l’ont montré la NSA et Edward Snowden.

    En fait, la seule raison pour laquelle on ne s’est pas attaqué plus tôt aux paradis fiscaux, c’est parce que les dirigeants des grands Etats ne souhaitaient pas faire de peine à leurs riches, qui financent souvent aussi leurs campagnes électorales, ni à leurs entreprises multinationales. Mais la crise de 2008 a changé la donne. Elle a beaucoup dégradé les finances publiques des grands Etats tout en dopant les mouvements « populistes ». Ceux-ci surfent notamment sur l’injustice croissante de systèmes fiscaux qui taxent davantage les pauvres, parce qu’ils ne peuvent pas bouger, que les riches et les multinationales.

    Seule l’île de Trinité-et-Tobago refuse encore d’appliquer l’obligation mise en place d’échanges d’informations entre Etats

    Du coup, les dirigeants des grands pays ont été obligés de s’attaquer au dossier. Cela s’est traduit par les travaux du G20 et de l’OCDE sur le sujet. Avec des résultats : actuellement, seule l’île de Trinité-et-Tobago, dans les Caraïbes, refuse encore d’appliquer l’obligation mise en place d’échanges d’informations entre Etats. Parallèlement, les Etats-Unis, avec l’affaire UBS, sont parvenus à casser en deux ou trois ans seulement l’un des obstacles a priori les plus solides sur le chemin du règlement de ce dossier : le secret bancaire suisse. Les « Paradise Papers » soulignent certes qu’on reste encore très loin du compte en la matière, mais si la pression des opinions publiques se maintient, on peut et on va y arriver


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