• Remèdes mortels et crime organisé ( Peter C. Gotzsche)

    2015    430 p.   35 €

         Dans ce récent ouvrage révolutionnaire, Peter C. Gotzsche lève le voile sur les comportements frauduleux de l'industrie pharmaceutique dans les domaines de la recherche et de la commercialisation et sur son mépris moralement répugnant pour la vie humaine.

      L'auteur établit des rapprochements convaincants entre l'industrie pharmaceutique et l'industrie du tabac et révèle l'extraordinaire vérité derrière les efforts déployés pour semer la confusion et détourner l'attention du public et des politiciens. Il s'appuie sur des données probantes et traite de manière détaillée de l'extraordinaire défaillance du système causée par le crime généralisé, la corruption et l'inefficacité de la réglementation pharmaceutique - une réglementation qui, selon lui, doit être radicalement transformée. « Si nous prenons autant de médicaments, c'est principalement parce que les compagnies pharmaceutiques ne vendent pas des médicaments, mais des mensonges à leur sujet.

      C'est ce qui fait que les médicaments sont si différents du reste... Tout ce que nous savons sur leur compte, c'est ce que les compagnies ont choisi de nous dire et de dire à nos médecins... Les patients ont confiance dans leurs médicaments parce qu'ils extrapolent la confiance qu'ils ont envers leurs médecins et la reportent sur les remèdes que ces derniers leur prescrivent. Ils ne sont pas conscients que les médecins, s'ils en savent long sur les maladies et la physiologie et la psychologie humaines, en connaissent très, très peu sur les médicaments si ce n'est les informations fabriquées de toutes pièces par l'industrie pharmaceutique...

      Si vous ne croyez pas que le système est hors de contrôle, je vous invite à m'écrire pour m'expliquer pourquoi les médicaments sont la troisième cause de mortalité... Si une épidémie provoquée par une nouvelle bactérie ou un nouveau virus avait fait autant de victimes - ou si elle avait même causé un centième seulement des décès associés aux effets secondaires des médicaments -, nous aurions tout fait pour la contenir. »

     ----    Si vous voulez lire un livre qui vous rendra définitivement sceptique face à la « science consensuelle »(1) à la mode, lisez celui-ci. Dès la page 2, l’auteur présente cette vérité humaine qu’il illustrera tout au long du livre :  Quand une recherche rigoureuse a montré qu’un produit est dangereux, une foule d’études de piètre qualité sont produites pour affirmer le contraire, ce qui confond la population parce que – comme en attesteront les journalistes – « les chercheurs ne sont pas d’accord entre eux ». Cette industrie du doute est très efficace pour distraire les gens et entretenir l’ignorance des torts.

      Celui qui en a l’envie et la patience peut tout vérifier… sur les sites mêmes des laboratoires scientifiques ! L’auteur donne les références nécessaires. J’ai été effarée par une accumulation de malversations, d’escroqueries… de malades et de morts liés à la cette convoitise que Saint Thomas d’Aquin disait déjà « infinie » (2) et ne puis que vous recommander la lecture de ce livre écrit par un médecin danois à l’esprit critique aiguisé qui a commencé sa vie adulte en faisant des démarchages pour des laboratoires pharmaceutiques auprès de médecins..

    Je précise que, quand j’ai voulu l’ acheter, sa traduction en français n’était disponible ni en France ni en Belgique. Ma libraire a dû le commander au Canada… 

    Aux USA, les « lanceurs d’alerte » qui ont perdu leur job en sauvant des vies, en évitant des dépenses monstrueuses, sont assurés d’une réelle compensation en dollars. En France, Philippe Verdier par exemple s’est vu écrasé par un lobby toujours plus fort, toujours plus malfaisant et je ne puis assez conseiller la lecture de ce livre – celui de Verdier aussi ! – à ceux qui sont capables de voir et de comprendre à quel point les lobbies nous mentent, risquent notre santé, manquent de scrupules pour se remplir les poches.

    Quelques petits extraits :

    • L’antibiotique de Pfizer, Zyvox, coûte huit fois plus cher que la vancomycine, un médicament supérieur selon les dires mêmes de Pfizer dans son propre manuel de référence, mais Pfizer a menti aux médecins, en leur disant que Zyvox était meilleur. Même après que la FDA ait dit à Pfizer d’arrêter ses prétentions non fondées car elles constituaient des risques sérieux étant donné que la vancomycine est utile pour des conditions qui mettent en danger la vie du malade, Pfizer a continué à dire aux hôpitaux et aux médecins que Zyvox sauverait plus de vies que la vancomycine. (pp.35-36)
    • Plusieurs crimes impliquent la corruption à grande échelle de médecins qui reçoivent de l’argent pour les encourager à prescrire des médicaments qui sont souvent 10 à 20 fois plus dispendieux que des médicaments existants qui sont tout aussi bons, et parfois même supérieurs. (p.51)
    • Quand ils se réunissent en groupe et dirigent ces sociétés, il semble qu’une chose se produise avec des citoyens autrement exemplaires quand ils font partie d’une corporation.(…) Les gens font des choses qu’ils ne pensaient pas être capables de faire. Quand ils font partie d’un groupe, les gens peuvent faire des choses qu’ils ne feraient pas autrement, parce que le groupe peut valider la justesse de leurs actions. (p. 53)

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    (1) « Science consensuelle » : l’avis du plus grand nombre est la vérité. C’est le contraire de la méthode scientifique qui obtient la connaissance par l’observation du monde ; la valeur des études, leur contenu, est le seul critère.

    (2) Cela fait 20 hivers que nous observons 3 bœufs – chaque année différents – dans le pré derrière la maison. Il arrive que le plus vieux soit bonnasse, le plus souvent il passe la plus grande partie de son temps à empêcher les plus jeunes de manger, à piétiner le foin pour que les autres n’en aient pas, à les blesser de ses coups de corne de « chef »… Ce pré est un vrai observatoire pour psychologues.

      http://www.enquete-debat.fr/archives/peter-c-gotzsche-remedes-mortels-et-crime-organise-85025

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      Conférence-débat de Peter Gotzsche

    Alors qu’ Octobre Rose bat son plein le 4 octobre 2012 La Revue Prescrire a invité Peter Gotzsche, expert de renommée mondiale sur le dépistage du cancer du sein, à s’exprimer au cours d’une conférence-débat organisée dans le cadre de la remise des Prix Prescrire.

    Le titre de cette conférence est «Trop dépister les cancers nuit-il à la santé ? L’exemple des cancers du sein».

    En introduction le scientifique rappel que «le véritable effet du dépistage n’est pas connu avec certitude». 

    Puis :

    •Il analyse les essais existants et notamment le paradoxe que «lorsque le dépistage est totalement inefficace, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de réduction de l’incidence des cancers avancés,…il y a quand même une réduction de 16% de la mortalité par cancer du sein. Ce qui est impossible… Ceci prouve, qu’en moyenne, les essais sur le dépistage sont largement biaisés».

    •Il analyse le cas du Danemark, «pays tout à fait unique pour l’étude de l’effet du dépistage, étant donné que nous possédons un groupe témoin non dépisté». Les chiffres montrent qu’il y a une «diminution voisine de la mortalité par cancer du sein, avec ou sans dépistage».

    •Il rapporte le résultat des travaux de Philippe Autier et collègues de l’International Prevention Research Institute à Lyon. Ceux-ci :

    • «ont étudié des pays voisins qui ont introduit le dépistage à 10 ou 15 ans d’intervalle, et ces résultats sont également très révélateurs»… «On constate que la baisse de la mortalité par cancer du sein n’a aucun lien avec la date d’introduction du dépistage».
    • «ont réalisés une autre étude importante dans laquelle ils ont utilisé des données provenant d’Australie, d’Italie, de Norvège, de Suisse, des Pays-Bas, du Royaume-Uni et des Etats Unis. Ils ont montré que le taux de cancers avancés, c’est-à-dire ceux avec des tumeurs supérieurs à 20 mm, n’étaient pas réduit par le dépistage»… «Même les plus grands défenseurs du dépistage reconnaissent que s’il n’y a pas de baisse du nombre de cancers avancé, le dépistage ne peut avoir d’effet sur la mortalité par cancer du sein».

    •Il montre «l’effet nocif le plus grave» du dépistage : le surdiagnostic, c’est-à-dire « la détection de cancers qui n’auraient pas été symptomatiques avant la fin de la vie des personnes». L’autre effet nocif étant que le «dépistage entraine davantage de mastectomies en raison du surdiagnostic».

    •Il étudie les documents et les informations délivrées aux femmes «La publicité que vous entendez en faveur du dépistage du cancer du sein est fausse» et les brochures ne délivrent pas toute l’information existant sur le dépistage par exemple: les «brochures européennes, y compris la brochure française, montrent qu’elles ne mentionnent pas le surdiagnostic»… «les brochures tentent d’influencer directement les femmes par des phrases suggestives afin de les pousser à se faire dépister». Ainsi «les femmes ont des perceptions très variées du dépistage»

    •Il montre pourtant qu’ «une information équilibrée des femmes est possible». «Nous avons publié notre brochure en français sur notre site web et nous l’avons mise à jour ; elle est actuellement disponible en 13 langues»

    En conclusion Peter Gotzsche tient à attirer l’attention des auditeurs «sur les similitudes entre le dépistage du cancer de la prostate et celui du cancer du sein. Ces deux dépistages possèdent un faible effet sur la mortalité spécifique par cancer, si ce n’est aucun, et il existe un surdiagnostic considérable nuisant à de nombreuses femmes et à de nombreux hommes bien portants. Pour ces deux raisons, nous ne réalisons pas de dépistage du cancer de la prostate. Pouvez-vous me dire pourquoi tant de personnes défendent le dépistage du cancer du sein?»

    Une conférence-débat à consommer sans modération :

    PrixPrescrire2012InterventionGotzscheFR

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    « Aux États-Unis et en Europe [et il en est sans doute de même au Canada], les médicaments constituent la troisième cause de mortalité après la maladie cardiaque et le cancer », affirme Peter C. Gøtzsche, un médecin danois qui a déjà participé à des essais cliniques pour l’industrie pharmaceutique. Il a donc pu constater de l’intérieur les pratiques du système qu’il dénonce. Il précise d’abord que son propos ne vise pas à nier les bienfaits des médicaments dans plusieurs domaines, comme le traitement des infections, des maladies cardiaques, de certains cancers, des insuffisances hormonales ou du diabète de type 1.

    Il s’insurge cependant contre les dérives d’une industrie qui semble avoir perdu de vue l’intérêt des patients et être devenue obnubilée par les profits rapides et excessifs. Une industrie qui est parvenue à soudoyer des représentants de la chaîne entière de mise en marché du médicament : des médecins, des chercheurs, des publications scientifiques, des politiciens et des dirigeants d’organismes d’approbation et de regroupements de malades. Les sommes et autres avantages distribués sous toutes sortes de prétextes à ces intervenants permettent d’offrir aux patients des « médicaments d’imitation », qui ne constituent en rien une percée, et qui sont généralement beaucoup plus chers mais pas toujours plus efficaces que ceux déjà disponibles.

    Les pratiques des compagnies pharmaceutiques coûtent une fortune aux patients et aux assurances privées et publiques de médicaments. Elles contribuent à faire exploser les dépenses publiques en santé. Leur gourmandise provoque la mort de nombreuses personnes qui ne peuvent s’offrir des remèdes hors de prix. D’autres personnes, au contraire, perdent la vie ou sont handicapées après avoir consommé des produits dangereux qui devaient les soigner.

    Le docteur Gøtzsche propose des mesures destinées à mettre un frein à cette folie de cupidité délétère. Il suggère notamment de créer des sociétés pharmaceutiques d’État. En attendant que cela se produise, il nous met en garde : « […] on ne peut croire un seul mot de ce que disent les compagnies pharmaceutiques, ni dans leurs recherches, ni dans leur marketing ni dans l’information aux patients ».


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