• The Corruption of Capitalism: Why rentiers thrive and work does not pay (Guy STANDING,

     

    Il est d'usage de parler de notre « capitalisme mondialisé libéral ». Pourtant, à bien y regarder, et c'est ce qu'a fait le chercheur britannique Guy Standing, la libéralisation de l'économie mondiale conduit à un capitalisme qui a peu de choses à voir avec les principes de la libre concurrence !

    Pour Guy Standing, la rente est au coeur du fonctionnement de l'économie mondiale. Elle est immobilière ou financière et repose de plus en plus sur les droits de propriété intellectuelle. Les dépôts de brevets explosent dans le monde, alors même que de nombreuses études montrent que leur contenu en innovation est plutôt faible. L'image de l'entrepreneur entreprenant est également mise à mal lorsqu'on mesure le poids important de ce que les Anglo-Saxons ont baptisé de « corporate welfare », c'est-à-dire l'ensemble des subventions publiques que reçoivent les entreprises privées. Aux Etats-Unis, leur montant est estimé à rien de moins que l'équivalent de 6 % du PIB !

    Le capitalisme s'est développé au cours des siècles notamment grâce au crédit. Le fait que des investisseurs acceptent de n'être qu'une part d'un ensemble et que des banquiers fassent le pari du développement de telle ou telle activité a été l'un des ressorts du développement économique. Ainsi peut-on suivre Guy Standing dans sa dénonciation du rôle du crédit, si l'on met en avant les phases d'excès financier dont est coutumier notre capitalisme contemporain et dont la crise des subprime a été le dernier avatar.

    Les entreprises cherchent aussi à privatiser les bénéfices de biens et de services qui devraient appartenir à tous. On pense bien sûr à la nature et aux multinationales qui s'arrogent des droits de propriété sur l'eau, les ressources naturelles, les océans, les forêts, etc. Mais il existe également des communs sociaux, comme les retraites ou l'assurance maladie, et des communs culturels comme les oeuvres d'art, les bibliothèques, le sport de masse ou la presse. La privatisation des biens communs apparaît bien comme une source de profit importante pour les grandes entreprises.

    En plus de la flexibilité du travail, l'économie collaborative revient, selon Guy Standing, à promouvoir le développement d'une « économie de concierges ». Si l'on y ajoute les petites mains de plus en plus nombreuses du Net et les emplois à la carte du type contrats zéro heure, la nouvelle vague du capitalisme se développe sur le modèle social du XIXe siècle : une multiplication du travail à la tâche, réalisé par des indépendants, avec une faible couverture sociale.

    Toutes ces dérives du capitalisme mondialisé pourraient être empêchées ou maîtrisées. Mais la force de ces entrepreneurs tient à ce qu'ils savent transformer leur capital économique en capital politique. Les liens entre élites politiques et élites entrepreneuriales assurent à ces dernières des gouvernements et des politiques qui servent globalement leurs intérêts. Il est à craindre que le gouvernement de Donald Trump en devienne un exemple historique. On est, décidément, très loin du libéralisme !

      Christian Chavagneux 12/07/2017

      https://www.alternatives-economiques.fr//dix-ouvrages-a-emporter-bronzer-intelligent

      

    Revue de presse

    "The Basic Income is an idea whose time has come, and Guy Standing has pioneered our understanding of it not just of the concept but of the challenges it is designed to meet: rapid automation and the emergence of a precarious workforce for whom wages derived from work will never be enough. As we move into an age where work and leisure become blurred, and work dissociated from incomes, Standing s analysis is vital." --Paul Mason

    "Is it possible to make capitalism work for the many rather than the few? In this thoughtful book, Guy Standing focuses on the central problem of modern capitalism the tendency of great wealth to transform itself into political power that corrupts the political process and generates laws and regulations favouring the wealthy and suggests useful and important solutions." --Robert Reich, Labor Secretary to President Clinton, 1993 97

    "Guy Standing's incisive critique of the corruption of rentier capitalism and his description of the potential of the rising precariat should put politicians and ruling elites on the alert." --John McDonnell, shadow Chancellor of the Exchequer
     

    Présentation de l'éditeur

    There is a lie at the heart of global capitalism. Politicians, financiers and global bureaucrats claim to believe in free competitive markets, but have constructed the most unfree market system ever. It is corrupt because income is channelled to the owners of property - financial, physical and intellectual - at the expense of society.

    This book reveals how global capitalism is rigged in favour of rentiers to the detriment of all of us, especially the precariat. A plutocracy and elite enriches itself, not through production of goods and services, but through ownership of assets, including intellectual property, aided by subsidies, tax breaks, debt mechanisms, revolving doors between politics and business, and the privatisation of public services. Rentier capitalism is entrenched by the corruption of democracy, manipulated by the plutocracy and an elite-dominated media.

    Meanwhile, wages stagnate as labour markets are transformed by outsourcing, automation and the on-demand economy, generating more rental income while expanding the precariat.

    The Corruption of Capitalism argues that rentier capitalism is fostering revolt, and concludes by outlining a new income distribution system that would achieve the extinction of the rentier while promoting sustainable growth.


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