• Vive les fraises?

    Excellentes pour la santé quand elles sont naturelles, les fraises des cultures modernes génèrent trop de poisons

    Santé Nature Innovation <santenutrition@mail.santenatureinnovation.info>

    Chère lectrice, cher lecteur,

    Les fraises contiennent de la fisétine, un flavonoïde naturel qui favorise la mémoire à long terme. [1]

    Selon une étude de P. Maher sur des souris, un régime riche en fraises réduit l’activité inflammatoire liée au cancer, et réduit les symptômes du diabète. [2]

    Elles sont en outre une excellente source de vitamine C et K, et procurent d’importantes quantités d’acide folique, de manganèse et de potassium.

    Je devrais donc vous dire : « Régalez-vous de fraises ! »

    Un bien triste record

    Le problème est que les fraises détiennent le triste record du fruit le plus pollué, selon l’Environment Working Group, une association écologique américaine. [3]

    Il s’appuie sur des contrôles du ministère de l’Agriculture (des Etats-Unis), qui ont constaté que :

    • 99 % des échantillons contiennent des résidus d’au moins un pesticide ;
    • 20 % contiennent des résidus de dix pesticides ou plus ;
    • dans l’ensemble, les fraises inspectées contenaient des résidus de 81 types de pesticides différents.

    En particulier, 16 % des échantillons de fraises contenaient du carbendazim, un fongicide perturbateur endocrinien, et 29 % du bifenthrine, un insecticide potentiellement cancérigène pour l’être humain  

    Fraises bio : ce n’est pas suffisant

    Notre premier réflexe serait donc d’acheter uniquement des fraises bio et de les laver soigneusement.

    C’est, je crains, insuffisant.

    Le problème de fond est que les fraises ne sont pas, à l’origine, adaptées à notre climat.

    Provenant d’Amérique du Sud, elles sont chez nous vulnérables à toutes sortes de maladies, champignons, insectes prédateurs, si bien que les pesticides, engrais et fongicides font presque toujours partie des secrets d’une récolte réussie.

    Pour la petite histoire, les fraises n’ont été rapportées qu’en 1712 en Europe, par un officier de marine nommé Fraisier (qui portait ce nom sans doute parce que sa famille fabriquait des « fraises », c’est-à-dire des collerettes).


       La fraise, ou collerette, était au 16e siècle un accessoire de mode indispensable. Les fabricants de fraise s’appelaient « fraisiers », ce qui a donné le nom de famille « Fraisier » (comme d’autres s’appellent « Boucher » ou « Boulanger »). Fraisier est le nom que portait l’officier de marine qui rapporta d’Amérique du Sud de délicieux fruits rouges d’un nouveau genre. En son honneur, ils furent baptisés « fraises ».

       Les fraises, chez nous, ne réussissent donc que rarement si vous ne faites aucun traitement. Elles se conservent mal, se transportent plus mal encore, et leur période de production ne dure que quelques jours en juin, et quelques jours en septembre pour les variétés « remontantes ».

       Un luxe rare et cher

    C’est pourquoi les fraises fraîches ont toujours été chez nous un luxe rare et cher.

    Il y a 20 ans encore, on n’en trouvait pas de mars à octobre dans les supermarchés.

    Quand on mettait la main sur un cageot de fraises, on en mangeait autant qu’on pouvait puis on se dépêchait de faire des confitures avec le reste, avant qu’elles ne pourrissent.

    Le tableau a beaucoup changé aujourd’hui.

    Les fraises se vendent pratiquement comme les pommes de terre. C’est un « miracle » de l’agriculture moderne, mais un miracle qui se paie à coup d’herbicides dans les champs, de pesticides sur les fruits, d’engrais dans les nappes phréatiques et les cours d’eau, et enfin au prix d’une dépense énergétique faramineuse pour les faire pousser en serre hors sol et hors saison.

    Même « bio », les fraises achetées en supermarché ne sont donc probablement pas bonnes pour l’environnement, ni pour votre organisme.

    Deux solutions

    Il n’y a que deux solutions.

    La première étant d’en acheter à un producteur bio local que vous connaissez, et dont vous êtes certain qu’il n’utilise pas de produits toxiques.

    La seconde est de les faire pousser vous-même si vous avez la chance d’avoir un jardin.

    Notez cependant qu’il est possible, facile et amusant, d’acheter des jeunes fraisiers et de les planter directement dans un sac de terreau, éventuellement enrichi en fumier (biologique).


    C’est simple comme bonjour : vous mettez votre sac de terreau de 70 litres sur une vieille table derrière une vitre, avec un couteau, vous découpez huit croix régulièrement espacées pour y mettre vos plants, et vous arrosez un petit peu (pas trop car l’eau ne peut s’évacuer du sac).  

    La solution est garantie sans mauvaises herbes et vous limiterez fortement le risque de maladies.

    Sources de cette lettre : 
    [1] P. Maher et al.: “Flavonoid fisetin promotes ERK-dependent long-term potentiation and enhances memory”. Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America 103 (44) (2006), pp. 16568-16573.
    [2] http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0021226
    [3] https://www.ewg.org/foodnews/strawberries.php


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