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Comment le changement climatique exacerbe la menace terroriste

"Les groupes terroristes utilisent de plus en plus les ressources naturelles comme une arme de guerre, en contrôlant leur accès et en exacerbant leurs pénuries. Plus les ressources sont rares, plus le pouvoir est donné à ceux qui les contrôlent", expliquent les auteurs. Le 31 mars dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a d'ailleurs adopté une résolution

 (http://www.un.org/en/ga/search/view_doc.asp?symbol=S/RES/2349(2017)&referer=/english/&Lang=E)

sur la région du lac Tchad. Il reconnaît le rôle du changement climatique sur l’instabilité de la région et la nécessité d'évaluer de façon adéquate la gestion de ces risques.

  Instrumentalisation politique

  Si le Pentagone s'intéresse depuis les début des années 2000 au lien entre changement climatique et sécurité, la France vient tout juste de lancer son Observatoire géopolitique des enjeux des changements climatiques en termes de sécurité et de défense (http://www.iris-france.org/communique-de-presse/liris-lance-lobservatoire-geopolitique-des-enjeux-des-changements-climatiques)

en janvier dernier. Hébergé au sein de l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques), il est financé par le ministère de la Défense pour une durée de quatre ans. L’objectif est d’élaborer, par région, une typologie des crises susceptibles d’émerger en fonction des différents scénarios de réchauffement climatique .

  Le premier rapport (http://www.iris-france.org/wp-content/uploads/2017/02/OBS-Climat-et-defense_RE1_02-17.pdf)  de cet observatoire, paru en février, dresse un état des lieux. "Le changement climatique est un facteur parmi d’autres à prendre en compte, il ne faut ni le négliger, ni le sur-estimer", relativise Alice Baillat, une des co-auteures. "Pour l’heure, ce sont les décisions politiques qui restent déterminantes dans le déclenchement de certaines crises. Il faut donc faire attention à l’instrumentalisation qui peut être faite du facteur climatique par certains gouvernements."

De l’urgence d’agir

Elle cite ainsi l’exemple de la Syrie pour lequel il a beaucoup été dit que le manque d'eau avaient contribué au pourrissement du conflit. Le pays a effectivement connu un épisode de sécheresse sans précédent entre 2006 et 2010 affectant les trois quarts de la population, provoquant un important exode rural et une forte paupérisation. Dans ce cas, si le changement climatique a effectivement servi de "catalyseur" dans la crise, "il ne faut pas déresponsabiliser les politiques" prévient Alice Baillat. "Si d’autres choix politiques avaient été pris, comme par exemple ne pas supprimer les subventions agricoles à ce moment-là, les populations auraient sans doute mieux absorbé les impacts du changement climatique et la crise aurait peut-être pu être moindre", précise la chercheuse.

En novembre dernier, lors de la COP22 (http://www.novethic.fr/climat/cop22-les-negociations.html), 27 personnalités de haut rang avaient signé une déclaration commune (https://climateandsecurity.files.wordpress.com/2014/01/cswg-i-international-climate-and-security-consensus-statement_2016) pour affirmer que le changement climatique constitue un "risque pour la paix et la stabilité internationales."

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