"Alors que je marchais sur les roches affleurantes et de l'herbe morte dans les champs voisins, je devais grimper dans les sous-bois et me frayer un chemin à travers les murs de vignes dans le site des peaux d'orange," a déclaré Choi.
Si le test visuel est sans équivoque, l'équipe de recherche a évalué deux ensembles d'échantillons de sol pour déterminer si les écorces d'orange ont effectivement enrichi les nutriments du sol. Pour évaluer les changements dans la structure de la végétation, les chercheurs ont établi plusieurs transects dans la zone de traitement des déchets orange. Ces transects étaient des lignes parallèles de 100 mètres de long dans toute la forêt, où tous les arbres de 3 mètres étaient mesurés et marqués, ceci afin de voir dans quelle mesure les épluchures d'orange ont influencé la croissance des arbres.
Ainsi, pour comparer, les chercheurs ont construit un ensemble similaire d'itinéraires sur le pâturage de l'autre côté de la route, qui n'avait pas été recouvert de peaux d'oranges. Ils ont mesuré le diamètre des arbres et identifié toutes les espèces dans les deux zones.
Ils ont constaté des différences particulièrement significatives : la zone fertilisée par les déchets d'oranges avait des sols plus riches, une biodiversité d'arbres plus conséquente (en terme de biomasse et de variété d'espèces) et une plus grande fermeture de la canopée forestière. Les dépôts de déchets d'orange ont considérablement augmenté les niveaux de macronutriments du sol et les micronutriments importants dans les échantillons prélevés 2 et 16 ans après l'épandage initial des déchets d'orange.
"Je suis convaincu que nous trouverons beaucoup plus d'occasions d'utiliser les « restes » de la production alimentaire industrielle pour restaurer les forêts tropicales" a déclaré David Wilcove (http://wws.princeton.edu/faculty-research/faculty/dwilcove), co-auteur de l'étude, professeur d'écologie et de biologie de l'évolution et des affaires publiques et Princeton Environmental Institute.
Alors qu'un tiers de la nourriture est gaspillée (https://www.notre-planete.info/actualites/actu_3642_gaspillage_alimentaire_monde.php) au niveau mondial, de grandes quantités de déchets végétaux pourraient utilement, et sans surcoût, participer à l'enrichissement des sols, dont la dégradation devient problématique.
Ce type de partenariat gagnant-gagnant entre le monde industriel et celui de la préservation de l'environnement montre, une nouvelle fois, que les solutions ne manquent pas à la crise écologique.
A titre individuel et local, le compostage de nos déchets alimentaires (https://www.notre-planete.info/actualites/4570-compost-dechets-alimentaires-jardin) est une très bonne solution pour diminuer le poids de nos ordures ménagères tout en enrichissant notre jardin (ou celui des autres). Et contrairement à une idée reçue et coriace, les agrumes sont tout à fait compostables, sans aucune limitation de quantité !
Références: Treuer, T. L. H., Choi, J. J., Janzen, D. H., Hallwachs, W., Peréz-Aviles, D., Dobson, A. P., Powers, J. S., Shanks, L. C., Werden, L. K. and Wilcove, D. S. (2017), Low-cost agricultural waste accelerates tropical forest regeneration. Restor Ecol. doi:10.1111/rec.12565