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Coronavirus et les cliniques privées?

Dans le Grand Est, par exemple, plusieurs patients atteints du Covid-19 ont ainsi été évacués ces derniers jours vers Marseille et Bordeaux, puis vers l’Allemagne et vers la Suisse. Or dans le même temps, “70 places de réanimation ont été libérées dans des cliniques”, qui n’avaient “pas toutes été sollicitées”, a déploré la FHP auprès de l’AFP.

   Ce 26 mars, en Île-de-France, la situation semble évoluer et “la mobilisation des cliniques, aux côtés des hôpitaux publics et associatifs, est totale”, selon Lamine Gharbi, président de la Fédération des hôpitaux privés, mais ce n’est pas la même chanson pour toutes les régions. À Perpignan, où se trouve un cluster de l’épidémie, Jean-Paul Ortiz fulmine: “L’hôpital public de la ville est plein, au point que le service d’ophtalmologie sert lui aussi pour les patients Covid-19. C’est pourtant une pathologie pulmonaire, rappelons-le. Alors pourquoi ne pas utiliser les cliniques privées proches qui sont déjà prêtes à les recevoir?”

   Il ajoute: “Nous avons un étage entier vide, neuf respirateurs, 40 lits et nous n’avons personne. Nous sommes obligés de pousser des soignants à prendre des jours de congés alors qu’ils ne le souhaitent pas. En revanche les hôpitaux publics nous appellent pour qu’on leur passe nos respirateurs. Alors qu’ils pourraient très bien faire venir les patients ici, il y a tout ce qu’il faut”. 

Prioriser des hôpitaux de première ligne 

Pourtant, il y a bien une explication à ce choix fait par les ARS et elle découle de la mise en place du Plan Blanc. L’Agence Régionale de Santé d’Île-de-France nous a éclairé sur la question:

  “Avec la crise que l’on est en train de traverser, le Plan blanc, plan de gestion des crises sanitaires, a été mis en place. Dans ce cadre, il a été établi une hiérarchie au niveaux des hôpitaux, publics et privés. Les hôpitaux de première, deuxième, troisième et quatrième ligne. En première ligne, nous avons priorisé les hôpitaux publics car ce sont des structures qui disposent d’un service d’urgences et qui accueillent un siège du Samu, ce qui ne peut pas se trouver dans le privé. Ce sont les structures qui ont les moyens les plus importants qui sont postées en premier et qui prennent les cas les plus graves. Ensuite viennent les cliniques”.

   On nous explique également que les cliniques privées peuvent-être sollicitées pour accueillir des patients -qui ont d’autres pathologies- déplacés des hôpitaux pour faire de la places aux malades du Covid-19. 

“En soit, c’est plutôt bon signe si les hôpitaux de troisième et quatrième ligne ne sont pas pleins, dans le cas contraire cela voudrait dire que tous les autres le sont aussi et que le nombre de cas a explosé”, nous précise l’ARS avant de conclure: “Nous comprenons que ce système ne plaise pas à tout le monde, notamment aux cliniques privées à qui nous avons demandé de faire de la place sans qu’elles ne soient remplies de nouveau. Mais c’est le Plan Blanc qui veut cela”.

  Un “retard à l’allumage”

Frédéric Valletou, président de la Fédération hospitalière de France, tempère cette analyse de la situation. “Il est normal qu’entre le moment où l’on demande à une clinique de déprogrammer des opérations et le moment où les premiers patients arrivent, il se passe quelques jours. Mais tout le monde va devoir être sur le pont”, juge-t-il auprès de l’AFP.

“L’attitude de certaines cliniques n’est pas toujours très claire”, nuance aussi le président de la FHF, qui assure que plusieurs établissements “ont renâclé à prendre des patients”. Un phénomène confirmé par Philippe Juvin, chef des urgences de l’hôpital parisien public Georges-Pompidou. “Sur le terrain, on perçoit souvent des réticences lorsqu’on propose des malades”, a déclaré le médecin urgentiste sur France Inter.

Pour Marie-Sophie Desaulle, présidente de la Fehap (Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne), “il y a eu un ‘retard à l’allumage’” mais les lits des hôpitaux privés commencent à être “bien occupés”. “L’idéal serait de ne pas reproduire ce qu’il s’est passé en région Grand-Est (...). N’attendons pas que les hôpitaux publics soient surchargés et leurs soignants épuisés”, prévient-elle."

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