La corruption est, la plupart du temps, abordée sous l'angle de tel ou tel scandale qu'on dénonce. L'association Transparence International a choisi de s'y attaquer autrement, en ciblant tous les mécanismes institutionnels ou culturels qui rendent cette corruption possible. Son analyse du " système national intégré " anticorruption français constitue le premier état des lieux des règles, des acteurs et des institutions qui interviennent dans ce domaine. Ce rapport servira à établir des comparaisons avec les autres pays européens engagés dans la même évaluation financée par la Commission européenne. La méthode est novatrice, mais le résultat l'est moins : " La lutte contre la corruption n'est pas une priorité politique en France ", déplore Daniel Lebègue, président de Transparence International France.
Pourtant, le niveau d'intégrité globale de l'Hexagone est " globalement bon ", détaille le rapport. Les juridictions financières comme la Cour des comptes ou la Commission des comptes de campagne sont des outils précieux. Mais le manque d'indépendance de la justice est le principal talon d'Achille français. Transparence International pointe du doigt la soumission du Parquet à l'exécutif et le statut à part de la justice administrative. Au-delà, le manque de moyens chronique des magistrats est un obstacle concret au bon exercice de la justice. Transparence International préconise de protéger les lanceurs d'alerte, d'encourager les entreprises à combattre la corruption, de sensibiliser les Français, d'encadrer le lobbying et de prévenir les conflits d'intérêts des magistrats, des fonctionnaires et des responsables politiques.