Outre le concept, le C2C est en effet une marque déposée et une certification dont les critères sont établis par Cradle to Cradle Products Innovation Institute, organisation à but non lucratif basée en Californie. Les certificats sont délivrés par les sociétés des deux fondateurs, le Mc Donough Braungart Design Chemistry (MBDC), l’Environmental Protection Encouragement Agency (EPEA) et depuis cette année par un organisme extérieur, le consultant ToxServices.
Le passage obligé par la case certification ne risque-t-il pas de nuire au développement du C2C? “À l’origine, Mc Donough et Braungart n’en voulaient pas par peur du greenwashing, ce sont les entreprises qui étaient demandeuses. Celles qui le souhaitent peuvent faire appel à nous pour un simple accompagnement. Le certificat doit surtout être vu comme une incitation à progresser et n’est d’ailleurs valable que deux ans renouvelables”, relativise Éric Allodi, fondateur d’Integral Vision, agence qui représente le C2C en France.
Un produit n’est en effet pas seulement étiqueté C2C. Il est classé selon cinq niveaux de performance (basique, bronze, argent, or et platine, d’après la dernière version des critères) à la fin d’un processus d’évaluation et de certification qui prend entre deux à six mois, où sont analysés les composants en fonction de leur toxicité. Plus un produit comprend de composants, plus il coûte cher à évaluer et certifier: de 10.000 euros pour des produits simples à 100.000 euros pour des produits complexes.
S’il n’existe aujourd’hui qu’un millier de produits certifiés C2C dans le monde et une vingtaine en France, le changement de mentalités s’opère lentement mais sûrement, assure Éric Allodi, qui dit être contacté par des grandes entreprises et quelques PME:
“Avant, nous faisions affaire avec des sociétés qui fabriquaient des produits C2C. Depuis deux ans, nous traitons avec des ‘entreprises’ C2C. Comme les fabricants de revêtement Tarkett et Desso, elles sont de plus en plus nombreuses à définir une feuille de route sur 5 à 20 ans avec un certain nombre d’objectifs à atteindre. Le C2C commence enfin à entrer dans la culture d’entreprise”.
Selon le dernier rapport de la Fondation Ellen Mac Arthur, le secteur des biens de consommation ferait 700 milliards de dollars d’économie en matières premières s’il adoptait les principes de l’économie circulaire.
Si le C2C est en train de séduire les industriels, il reste en France encore à convaincre les pouvoirs publics de créer un cadre législatif favorable. C’est pourquoi Integral Vision a rejoint l’Institut de l’économie circulaire. Le think tank qui rassemble une soixantaine de structures et de personnalités compte faire voter une loi sur l’économie circulaire d’ici 2017.