Eklablog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Heidemarie Schwermer, le choix d'une vie sans argent

De retour en Allemagne, elle a deux enfants, divorce puis s'installe à Dortmund (ouest) en 1982, où elle ouvre un cabinet de psychothérapie. "J'avais envie de comprendre ce qui se passe dans la tête des êtres humains. Mais ce n'était pas assez, je voulais faire plus pour le monde".

Heidemarie Schwermer, le choix d'une vie sans argentNaît alors en 1994 l'idée de créer un réseau de troc, une originalité pour l'époque, qu'elle destine aux gens qui n'ont rien. Des retraités et des étudiants répondent à l'appel.

Heidemarie commence à garder des maisons momentanément inoccupées en échange de services ou d'objets. Et se rend compte que presque tous ses besoins sont couverts sans avoir à débourser un centime.

En 1996, elle franchit un pas décisif: elle abandonne emploi et location et son réseau de troc, fait don de tout ce qu'elle possède, résilie compte bancaire et assurance maladie et se donne un an pour expérimenter une vie sans argent.

Dans son entourage, c'est l'incompréhension. "Ma fille s'est fait beaucoup de souci, mes amis ont presque pleuré. Maintenant elle me soutient".

Heidemarie se fait héberger à droite et à gauche puis revient à Dortmund pour écrire un livre, qui sera traduit dans plusieurs langues.

Heidemarie Schwermer, le choix d'une vie sans argent"J'ai gagné beaucoup d'argent avec ce bouquin", glisse-t-elle, "j'ai tout donné à des passants en billets de cinq Deutsche Mark".

Elle passe à la télévision et anime des séminaires, son histoire fait l'objet d'un documentaire.

Aujourd'hui, elle rédige son troisième livre dans une maison de Wilhelmshaven (nord) où elle est logée gratuitement. En échange, elle sort les poubelles et tond la pelouse.

Elle reverse sa retraite, environ 700 euros par mois, à "des connaissances qui en ont besoin" et refuse de penser à ses vieux jours ou d'aller chez le médecin.

Sa nourriture, elle la trouvait à Dortmund dans un magasin d'alimentation bio qui lui donnait les invendus. A Wilhelmshaven, elle reçoit parfois des légumes du jardin d'une amie et a démarché une association d'aide alimentaire.

"Bien sûr, je m'inquiète quand il n'y a rien dans le frigo. Au début j'avais peur tout le temps, mais ce que j'aime par dessus tout c'est ne pas savoir ce qui va se passer le lendemain".

Pour Heidemarie, l'objectif n'est pas tant de faire des émules que "d'aider les gens à réfléchir sur leur façon de vivre et leurs relations aux autres".

Aujourd'hui, elle ne se satisfait plus du troc et souhaite le "partage", un échange dans lequel "personne n'attend rien en retour".

Dans deux mois, elle reprendra sa petite valise, son unique bien, pour une destination encore inconnue.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article