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L'enfant et les écrans (J. Fr. BACH,

Pour l'Académie des sciences, il est avant tout nécessaire de prendre conscience de la révolution de cette culture numérique et des bouleversements qu'elle induit sur le fonctionnement de notre cerveau. « L'intelligence numérique pourrait être plus fluide, plus rapide et multitâche que la culture littéraire » classique, plus lente mais plus profonde, explique Olivier Houdé, psychologue spécialiste du développement de l'enfant. Mais ces deux cultures ne sont pas incompatibles, et si nos enfants « apprennent à jongler avec les deux, à les combiner, ils feront des merveilles » dont les générations précédentes seraient incapables, estime-t-il.

Ne pas interdire mais accompagner l’usage des écrans

Pour que cette adaptation aux écrans, particulièrement rapide à l'échelle de l'évolution humaine, se fasse au mieux, « il faudrait une pédagogie adaptée à tous les âges, en fonction de la maturation du cerveau et du développement cognitif », insiste Olivier Houdé. Même chez les bébés de moins de deux ans, les experts de l'Académie se refusent à préconiser une interdiction d'écrans. « On ne veut pas pasteuriser l'environnement numérique des enfants », explique Olivier Houdé.

On peut donc éduquer les enfants aux écrans dès le plus jeune âge à condition d'éviter une exposition passive, comme les laisser seuls devant la télévision, sans expliquer et dialoguer avec eux sur les images qu'ils reçoivent. « Pour le bon développement du cerveau, le principe doit rester celui de formes de stimulation très variées, numériques et non numériques », indique le rapport.

Plus tard, il faut aider les enfants à distinguer nettement le virtuel du réel, à acquérir la distanciation nécessaire pour devenir capables de s'autoréguler. Quant aux jeux vidéo en général, s'ils peuvent déboucher sur des excès parfois pathologiques, ils améliorent aussi les capacités d'attention visuelle, la flexibilité et la prise de décision rapide.

Risque de développer une pensée « zapping »

Revers de la médaille de ces jeux et d'Internet, ils risquent de développer une pensée « trop rapide et superficielle » (un effet « zapping ») et de créer un désintérêt pour tout ce qui n'est pas numérique. Pour Serge Tisseron, la première erreur à éviter est de « considérer que nos enfants ont les technologies numériques dans le sang » et les laisser se débrouiller. « Sinon, on arrive à la situation catastrophique actuelle où trop d'enfants découvrent les technologies numériques tout seuls », au prix de douloureuses erreurs, estime-t-il. Il ne faut pas non plus considérer les enfants « comme des petits êtres à protéger », mais plutôt les prendre comme « des partenaires, avec des capacités et des désirs », recommande le psychiatre.

Serge Tisseron souhaite enfin mettre en avant les nombreux aspects créatifs et socialisants des nouvelles technologies, pas seulement les dérives. « Il y a des pratiques excessives pathologiques mais pas toutes, loin de là. 

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