Mais pourquoi des entrepreneurs de classe internationale et nouveaux leaders de notre monde globalisé devraient-ils se contenter de produits déjà amortis dans les pays occidentaux ? À l'heure où les marchés émergents sont en train de devenir le moteur de la croissance au XXIème siècle, les consommateurs indonésiens, mexicains, nigérians, sud-africains ou autres sont en droit de réclamer des véhicules adaptés à leurs besoins. Un dirigeant de petite entreprise dans la Russie profonde, où les températures peuvent atteindre les -30 °C, a besoin d'un véhicule qui sera différent de celui de l'ingénieur informatique en Inde, où l'infrastructure routière est en pleine évolution. Une voiture low cost pour les États-Unis peut sembler inabordable, si ce n'est complètement inadéquate, pour un jeune entrepreneur de Shanghai ou un promoteur immobilier engagé dans la course à la réussite à Rio de Janeiro.
L'Alliance Renault-Nissan a adopté le principe de l'innovation frugale dès 1999, quand Renault a acquis le constructeur roumain Dacia. L'objectif était de construire une marque nouvelle à bas prix, pour l'Europe centrale et orientale. En 2004, Renault a dévoilé la Logan, qui s'est vite imposée parmi les meilleures ventes de la région. Nous avons depuis élargi la gamme, notamment avec Sandero en 2007, lancée tout d'abord sur le marché brésilien, et Duster, qui est devenu rapidement un succès sur tous les marchés où nous le commercialisons : Brésil, Russie, Inde. Depuis le début de la crise de 2008, ces voitures sont devenues des best-sellers, même dans les marchés dits «développés», notamment ceux frappés par la récession comme la France, l'Espagne, l'Italie, mais aussi en Allemagne.