Les amendements organiques (compost, lombricompost, fumier ou autre amendement organique) ont pour but d'améliorer la vie microbienne du sol et par là même, favoriser la minéralisation de l'urine puis l'assimilation par les plantes des nutriments qui la composent. Ils permettent également de compléter les apports en nutriments moins ou non présents dans l'urine, mais nécessaires pour le développement des plantes : le potassium (cendres), le magnésium, le calcium, le fer et les oligoéléments. Renaud de Looze préconise d'effectuer un apport de 1L de compost (environ 500g) par litre d'urine.
Un préalable nécessaire : bien amender le sol avec un compost mûr (ou autre amendement organique). Ensuite, l'urine peut être apportée pure ou diluée avec de l'eau.
Cette solution convient aux personnes qui ont la possibilité de stoker de l'urine en grande quantité : pour un jardin de 100M2, prévoir 10 bidons de 20 L.
Les taux de dilutions, selon le SEI, peuvent varier de 1 à 15 fois, en fonction des besoins d'azote et d'eau des plantes, de la nature du sol, duclimat... Renaud de Looze préconise une dilution plus importante (20 fois) pour des raisons de sécurité(2).
4 à 6 applications au cours de la saison permettent ainsi d'appliquer la dose nécessaire aux cultures (les conditions climatiques peuvent toutefois faire évoluer les besoins).
Sachant qu'une personne produit environ 1 à 2 L d'urine au quotidien, 1 personne peut fertiliser 2 à 4 m2 de potager par jour. Un potager de 100 m2 peut donc être fertilisé par 1 à 2 personnes au bout de 25 jours. Au terme des 25 jours, les applications se font de nouveau sur la première planche fertilisée.
Attention
Quelle que soit la technique employée, stoppez la fertilisation 1 mois avant la récolte.
L'urine est un bon engrais azoté, c'est démontré. Mais quid de sa toxicité ? Levons ici quelques malentendus...
L'urine fraîche (et séparée des fèces(3)) est naturellement stérile. Une personne en bonne santé produit de l'urine saine. Les résidus de produits médicamenteux ou d'hormones qu'elle pourrait éventuellement contenir peuvent être détruits grâce à une période de stockage à température ambiante de 4 semaines tout au plus. Pour cette même raison, la dernière application d'urine se fait un mois avant la récolte(4).
Comme pour les humains, le sel en excès est néfaste pour le sol et les plantes. Si vous souhaitez utiliser votre urine dans le jardin, votre consommation de sel (qui se retrouve dans vos urines) doit être modérée.
Si vous êtes propriétaire d'un chien, vous l'aurez remarqué : un apport d'urine régulier, toujours au même endroit a pour effet de brûler la végétation. C'est une situation d'excès qui conduit à cette situation. Dans tous les domaines, les excès ne sont jamais bons. Avec un apport correctement dosé, vous ne courrez aucun risque de brûlure des cultures.
L'odeur très désagréable de l'urine est due à sa dégradation (phénomène accentué lors de sa dilution). Elle disparaît très rapidement dans un sol bien aéré et riche en matière organique.
(1) le phosphore est une ressource limité et sa présence n'est pas toujours sous une forme assimilable par les plantes.
(2) une dilution à 1 pour 20 permet d'éviter les écueils d'une forte concentration d'urine au même endroit : salinité excessive et perte d'azote nitrique.
(3) les fèces peuvent être source de maladies.
(4) le sol biologiquement actif est un milieu mieux adapté à la dégradation naturelle des produits pharmaceutiques que l’eau (systèmes d'assainissement), notamment dans un système (le potager) où les apports d'urine restent limités et peu concentrés.
* Sources :