Les repas, toujours pris ensemble, sont un moment privilégié de débats et d’échanges, souvent animés, mais toujours dans une intention de respect et d’écoute. Les sujets peuvent tourner autour de l’actualité et de l’après Covid, mais aussi de l’organisation de la vie familiale. Et Hélène de dire : « Au-delà du résultat et de savoir qui a raison, ce qui est important, c’est de nourrir la relation à l’autre… et d’abord la relation à soi, point de départ pour un dialogue fluide. » Dominique ajoute : « Dans nos discussions, par exemple à midi sur le thème de l’empathie, l’idée est de prendre en compte les besoins de chacun et de s’ajuster au mieux les uns aux autres, en étant créatifs pour trouver des solutions. Sans rapport de force ni exigence aucune. Le moins possible en tout cas ! »

Après cinq semaines de confinement, parents et jeunes sont plutôt ravis, en dépit du contexte, de cette expérience de vie commune adossée à la Communication NonViolente.
Hélène a eu la gentillesse de nous rappeler pour un témoignage plus personnel.
La CNV est selon elle très précieuse dans cette période par son essence même : « Chacun fait de son mieux, à chaque instant, avec les moyens et la conscience qu’il a. Et c’est dans les moments difficiles que les vieux réflexes reviennent ! Et là, c’est encore plus important d’éviter de se juger... Juste essayer d’accueillir ses émotions...»
« Pour éviter les dérapages dus à la colère, par exemples si je constate que mon fils n’a pas étendu la lessive comme promis, pour ne pas partir dans la spirale reproches-critiques-conflits, je vais me rappeler tout ce qu’il a de positif en lui, comme chaque être humain d’ailleurs. Puis je vais me poser la question de comment faire pour que mes besoins, ici, la coopération, la confiance dans les engagements respectifs, soient satisfaits. Et je peux avoir un dialogue avec lui autour des tâches ménagères sur lesquelles il est concrètement prêt à s’engager pour nous permettre de vivre confortablement tous ensemble. C’est là que je peux m’apercevoir qu’il déteste étendre le linge, et préfère l’aspirateur ! ».
Pour Hélène, « L’expérience actuelle est un miroir qui révèle à chacun qui il est, sans filtre. Ainsi, d’habitude, je me dis que si j’avais du temps, je pourrais faire un potager ou bien du sport. Or pour une fois, j’ai le temps de le faire et je ne le fais pas… Cà me confronte car là je ne peux plus tricher. Pas toujours confortable d’accueillir mon vrai “moi” ! »
La CNV s’avère donc être un outil idéal en ces temps de crise et d’incertitude. Un bémol malgré tout, d’après Claudine Patin : « La pratique de la CNV durant le confinement, si on ne l’a jamais utilisée auparavant, peut s’avérer difficile. » Une histoire de petits pas.