
2015 352 p. 21,90 €
Depuis l'apparition de la vie sur Terre, il y a eu 5 extinctions massives d'espèces. Aujourd'hui, les scientifiques estiment que le monde est en train de vivre la sixième, peut-être la plus dévastatrice de toutes. Cette fois, l'homme en serait la cause.
En sera-t-il la victime ?
Pour prendre enfin la mesure du moment décisif que l'humanité est en train de traverser, Elizabeth Kolbert signe une vaste enquête sur l'épopée de la vie terrestre. A la croisée du reportage de terrain et de l'histoire des idées, elle donne à voir la science en train de se faire tout en donnant la parole à de grands savants tels Cuvier, Darwin et d'autres.
Loin de tout dogmatisme, elle a arpenté la planète à la rencontre de scientifiques sur leurs lieux de travail, pour raconter le destin d'espèces disparues ou menacées (la grenouille dorée du Panama, le rhinocéros de Sumatra, une ammonite du Crétacé).
Dans une prose limpide et percutante, aussi rigoureuse qu'accessible, Elizabeth Kolbert réussit à rendre compréhensibles et sensibles des concepts généralement difficiles à appréhender.
Elizabeth Kolbert est journaliste au New Yorker, spécialiste des questions liées à l'environnement et déjà auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet. "L'une de nos meilleur es journalistes scientifiques", selon Al Gore.
"Il y a 444 millions d’années, une glaciation a probablement entraîné la première extinction massive des espèces ; un réchauffement planétaire, la troisième ; la chute d’un astéroïde, 66 millions d’années avant notre ère, a sans doute provoqué la cinquième. Aujourd’hui, 41% des amphibiens, un tiers des requins, un quart des mammifères sont menacés d’extinction… Une sixième extinction, à un rythme anormalement élevé, qui laisse à peu d’espèces le temps de s’adapter.
Selon Elizabeth Kolbert, prix Pulitzer 2015, le coupable est connu : l’homme. Qu’il chasse le mammouth laineux ou le dodo jusqu’au dernier, introduise volontairement ou pas des espèces invasives dans l’environnement ou émette du CO2, c’est un tueur en série.
Et non seulement il « élague son propre arbre généalogique », mais « il scie la branche sur laquelle il est assis ».
De ce plombant état des lieux, la plume du New Yorker tire un récit aussi vivant que rigoureux et non dénué d’humour. Elle se nourrit de reportages de terrain – l’observation de la vie sexuelle des coraux dans le Pacifique, ou de la migration des arbres face au réchauffement dans les Andes… — autant que d’histoire – les débats entre Cuvier et Darwin sur la disparition des espèces dont on venait de découvrir les fossiles.
C’est passionnant, tant sur le travail des chercheurs que sur les conclusions : l’entrée dans une nouvelle époque géologique, l’anthropocène, vertigineuse inconnue. "—
Par Simon Barthélémy pour terraeco.net