éd. R. Laffont, 2019, 270 pages.
Il y a 200 000 ans, depuis l'Afrique, l'humanité partait à la conquête du monde. Elle détenait une arme secrète : son cerveau. Une machine à penser, à tirer parti de son environnement, à se reproduire et à dominer.
Longtemps notre meilleur allié, notre cerveau risque aujourd'hui de causer notre perte. Car il existe un défaut de conception, un véritable bug, au coeur de cet organe extraordinaire : les neurones en charge d'assurer notre survie ne sont jamais rassasiés et réclament toujours plus de nourriture, de sexe et de pouvoir.
Ainsi, nous sommes 8 milliards d'êtres humains sur Terre à rechercher encore et toujours la croissance dans tous les domaines. Pour ce faire, notre espèce hyper-consommatrice surexploite la planète, modifie son écosystème... et se met gravement en péril.
Pourquoi avons-nous besoin de toujours plus de biens ou de confort alors que nous voyons que la Terre est en train d’en mourir ? La réponse n’est pas psychologique mais bien biologique, nous explique le docteur en neurosciences Sébastien Bohler. Un petit organe du cerveau, le striatum, nous pousse à répondre sans limite à cinq besoins : manger, se reproduire, acquérir du pouvoir, étendre son territoire, s’imposer face à autrui. Lorsque l’être humain devait combattre la nature en petites tribus pour survivre, le striatum a été un atout précieux et a fait de nous peu à peu l’espèce dominante. Aujourd’hui, le striatum, niché au cœur de notre cerveau surperformant, nous mène à des excès, que nous ne sommes peut-être pas capables de contrôler.
Comment se fait-il que, ayant conscience de ce danger, nous ne parvenions pas à réagir ? Peut-on résoudre ce bug et redevenir maîtres de notre destin ? Oui, à condition d'analyser en chacun de nous et non plus seulement à l'échelon économique et politique ce mécanisme infernal qui pousse notre cerveau à en demander toujours plus.
Sébastien Bohler, ancien élève de l'École polytechnique, spécialiste en neurobiologie moléculaire, s'est orienté vers le journalisme.
Directeur de la revue Cerveau & Psycho, il tient également une chronique dans l'émission " La Tête au carré " sur France Inter et dans " 28 minutes " sur Arte.