En me demandant d'introduire la version française du livre de Jonathan Dawson sur les écovillages, l'éditeur Yves Michel me fait un double cadeau.
Le premier est celui que fait l'auteur à tous ses lecteurs en leur donnant une vision globale des réponses concrètes que des groupes d'humains, en différents lieux de la planète, ont apporté aux défis de la mutation profonde de nos sociétés, en décidant de vivre ensemble et par leurs propres moyens.
Des réponses tant sur le défi de la crise sociétale (crise du travail, du lien social et du sens) que sur le défi de la crise écologique dans son triple aspect : fin des énergies fossiles, changement climatique et chute de la biodiversité.
Chacun des exemples présentés combine à sa façon sur la singularité de son territoire : de la production alimentaire réorientée vers l'agro-écologie, de l'habitat réorienté vers l'éco-bâtir souvent avec des matériaux locaux et de l'autoconstruction partielle, une orientation vers plus d'autonomie énergétique adaptée à la particularité de chaque territoire, une orientation de l'éducation et de la santé vers plus de responsabilité et d'autonomie.
Les résultats de ces laboratoires d'expérimentation que sont ces «communautés intentionnelles», plus connues sous le vocable d'écovillages, parfois d'éco-centres, sont déjà là pour susciter curiosité et enthousiasme, et prouver que c'est possible.
C'est le premier cadeau du livre de Jonathan Dawson de nous donner envie d'ouvrir nous aussi des nouveaux chemins d'innovation sur nos territoires, en combinant nos aspirations citoyennes à plus de responsabilité, à plus de solidarité, à plus d'autonomie pour ne pas «perdre nos vies à vouloir la gagner», pour ne pas être possédés par les objets et les outils que nous croyons posséder mais qui en retour, nous possèdent par une curieuse inversion du sens.
Il ne fait pas de doute que cette quantité d'informations disponibles des savoir-faire et des savoir-être communs qui leur a permis d'exister et de se relier entre eux, intéressera en premier ceux qui se reconnaissent dans le groupe sociologique appelé outre-Atlantique «Créatifs Culturels» (Voir Les Créatifs Culturels en France, Éd. Yves Michel, 2007), soit ces citoyens repérés par une enquête de Paul H. Ray aux USA - sur un échantillon représentatif de cent mille personnes pour caractériser les comportements des électeurs socio-démocrates d'un côté, libéraux de l'autre. Quelle ne fut pas sa surprise de voir apparaître dans les entretiens non directifs un groupe sociologique nouveau, inclassable, mais représentant 24% des personnes interrogées (17% pour l'enquête qui a suivi en France, mais sur cinq familles au lieu de trois) se méfiant des messages institutionnels véhiculés avec complicité par les grands médias, préférant s'impliquer localement, sensibles aux débats écologiques et aux modes de vie au plus proche de la nature, revalorisant les valeurs féminines par rapport aux valeurs patriarcales de conquête, de compétition, de contrôle, de maîtrise et d'exclusion, préférant le partage et la simplicité volontaire aux sirènes de la croissance pour le progrès.