Extrait
LA GUERRE, C'EST PAS UN JEU
J'ai été un enfant soldat
République démocratique du Congo
Lorsqu'ils sont venus dans mon village, ils ont demandé à mon grand frère s'il était prêt à rejoindre la milice. Il avait tout juste 17 ans et il a dit non; ils lui ont tiré une balle dans la tête. Ensuite, ils m'ont demandé si je voulais m'engager, j'avais 11 ans. Alors, qu'est-ce que je pouvais faire ? Je ne voulais pas mourir. Je suis devenu un kadogo, «trop petit» en swahili, un enfant soldat.
C'était il y a 15 ans. Avec des dizaines d'autres enfants, j'ai été envoyé dans le camp d'entraînement de Kagera au Rwanda, à la frontière du Zaïre. Il y avait aussi beaucoup de filles mariées de force à des soldats adultes. Nos instructeurs étaient violents. Ils nous ont appris à nous servir d'armes, à piller, massacrer. Le message était clair... il fallait tuer ou être tué... Je voulais vivre.
On m'a envoyé sur le front... Comme tous les enfants j'avais peur de tout... de mourir, de me battre, de tuer... Alors on nous a donné de l'alcool et de la drogue, pour ne plus ni sentir l'angoisse ni la douleur.
Nous nous battions contre des adultes mais aussi contre d'autres enfants. Nous avons tué, encore et encore.
En 2003, j'ai eu 20 ans... Sous la pression d'associations comme Amnesty International, 19 000 jeunes ont pu quitter l'armée. Mais pour la plupart, nous n'avions aucun endroit où aller... Plus de famille, plus de maison, pas d'argent, pas d'avenir... Notre passé ? Nous voulions simplement l'oublier. Je suis devenu un «sans mémoire».
À Kinshasa, la capitale du pays, j'ai eu de la chance. J'ai rencontré une association dont la mission était de réinsérer les enfants soldats.
J'ai reçu une formation. Je suis devenu menuisier à Goma, une ville située à l'est du pays. Peu à peu, je me reconstruis.
J'ai été un enfant soldat
République démocratique du Congo
Lorsqu'ils sont venus dans mon village, ils ont demandé à mon grand frère s'il était prêt à rejoindre la milice. Il avait tout juste 17 ans et il a dit non; ils lui ont tiré une balle dans la tête. Ensuite, ils m'ont demandé si je voulais m'engager, j'avais 11 ans. Alors, qu'est-ce que je pouvais faire ? Je ne voulais pas mourir. Je suis devenu un kadogo, «trop petit» en swahili, un enfant soldat.
C'était il y a 15 ans. Avec des dizaines d'autres enfants, j'ai été envoyé dans le camp d'entraînement de Kagera au Rwanda, à la frontière du Zaïre. Il y avait aussi beaucoup de filles mariées de force à des soldats adultes. Nos instructeurs étaient violents. Ils nous ont appris à nous servir d'armes, à piller, massacrer. Le message était clair... il fallait tuer ou être tué... Je voulais vivre.
On m'a envoyé sur le front... Comme tous les enfants j'avais peur de tout... de mourir, de me battre, de tuer... Alors on nous a donné de l'alcool et de la drogue, pour ne plus ni sentir l'angoisse ni la douleur.
Nous nous battions contre des adultes mais aussi contre d'autres enfants. Nous avons tué, encore et encore.
En 2003, j'ai eu 20 ans... Sous la pression d'associations comme Amnesty International, 19 000 jeunes ont pu quitter l'armée. Mais pour la plupart, nous n'avions aucun endroit où aller... Plus de famille, plus de maison, pas d'argent, pas d'avenir... Notre passé ? Nous voulions simplement l'oublier. Je suis devenu un «sans mémoire».
À Kinshasa, la capitale du pays, j'ai eu de la chance. J'ai rencontré une association dont la mission était de réinsérer les enfants soldats.
J'ai reçu une formation. Je suis devenu menuisier à Goma, une ville située à l'est du pays. Peu à peu, je me reconstruis.
