Le CETA, tout comme le MERCOSUR et les récents accords de commerce UE-Japon et UE-Singapour, ont tous le même ADN : ils font la part belle aux multinationales et réduisent à peau de chagrin le pouvoir et les marges de manœuvre des décideurs politiques. En d’autres termes, ces accords ont été conçus pour qu’il y ait le moins de règles possible, y compris sur des questions essentielles comme les résidus de pesticides, les OGM, la protection de la planète, les droits sociaux, etc.
Ces accords de libre-échange cherchent à minimiser les différences de normes entre les pays, mais pourtant elles existent bien ! Farines animales pour nourrir le bétail, antiobiotiques utilisés comme activeurs de croissance, 42 molécules de pesticides, sont tous interdits en Europe mais utilisés au Canada. Sans parler pour le MERCOSUR des dizaines de pesticides supplémentaires que le Président brésilien vient d’autoriser, des OGM à gogo et de la déforestation.
Enfin, ces accords menacent non seulement les règles existantes qui nous protègent en Europe, mais aussi les règles futures, en dissuadant les décideurs politiques de prendre des mesures protectrices, par peur de sanctions. En effet, si l’Union européenne - ou un Etat - décide demain d’interdire un pesticide ou un nouvel OGM, ou de rendre obligatoire un nouvel étiquetage, elle pourra être attaquée par les pays avec qui sont signés ces accords, ou même par des investisseurs privés installés dans ces pays, au motif que c’est une entrave au commerce et à leurs intérêts.
Et cela n’est pas de la science-fiction… De nombreux cas existent. Des multinationales attaquent des Etats par des tribunaux d’arbitrage, comme l’entreprise suédoise Vattenfall qui a attaqué le gouvernement allemand suite à sa décision de sortir du nucléaire, réclamant 4,7 milliards d’euros de compensation.
Pour foodwatch, comme pour beaucoup d’autres organisations de la société civile, mais aussi agriculteurs, juristes et personalités, c’est clair : La fuite en avant des accords de libre-échange qui écrasent tout sur leur passage doit cesser ! La France doit voter non à ces accords qui menacent les droits sociaux, l’agriculture, l’alimentation et l’environnement. Les accords de commerce doivent favoriser l’intérêt général, et non l’intérêt particulier des grandes multinationales.
Et pour vous ?
Merci de votre précieux soutien et de votre engagement à nos côtés qui nous permettent de continuer à défendre vos droits en toute indépendance. On continue, ensemble.
Cordialement
Karine Jacquemart, Directrice de foodwatch France