Son projet ? Un concentrateur solaire open source. Équipé de miroirs captant la lumière du soleil, il permet de produire de la chaleur sous forme de vapeur, atteignant jusqu’à 400 degrés. Celle-ci peut être utilisée dans différents procédés industriels tels que la stérilisation, la cuisson, le séchage de matériaux, la distillation ou encore pour des procédés chimiques. "Cela représente un quart de l’énergie industrielle en France et en Europe, un marché important", estime le jeune porteur de projet.
Les équipes travaillent en réseaux, s'échangent bonnes pratiques et conseils. (Photo : Stefano Borghi)
Membre de l’association Open Source Écologie, dans laquelle il développe son prototype, Hugo Frederich, initialement ingénieur, voit dans POC 21 le moyen de professionnaliser son projet : "Nous travaillons dessus le week-end, de façon bénévole, sans lieu à nous ni outils. Ici, j’ai pu rencontrer des designers et des communicants et donner une autre portée à mon projet".
“Nous souhaitions fournir un cadre aux porteurs de projets pour amener leurs idées à un stade de maturité suffisant, afin de leur assurer une diffusion massive pendant la COP 21 [la conférence climatique de Paris qui se tiendra à la fin de l’année, NDLR]", explique Benjamin Tincq, co-initiateur de POC 21 et co-fondateur du collectif sur l’économie collaborative OuiShare, organisateur de l’événement avec OpenState, un collectif allemand spécialisé dans l’open source.
"Nous les faisons travailler en réseau entre eux, mais aussi avec des experts pour leur permettre d’avancer, réfléchir à leur modèle économique et les aider à mieux présenter leurs projets. L’objectif est de montrer comment les nouveaux modes de production, issus du mouvement maker et de l’open source, peuvent aussi contribuer à la transition écologique."
Daniel Connell a fabriqué une éolienne à partir de matériaux recyclés pour moins de 30 euros, adaptée à l'habitat. (Photo : CA)
Pour les guider, les jeunes entrepreneurs bénéficient aussi des conseils avisés de leurs aînés, qui viennent leur rendre visite tous les mardis. Comme Emery Jacquillat. Entrepreneur depuis l’âge de 24 ans, le désormais PDG de Camif.fr, un site de vente de meubles fabriqués en France, est l’un des "mentors" de POC 21. Ce mardi 1er septembre, il a découvert le camp et son effervescence. Sa visite a débuté par l’Orangerie, où les cuisines ont pris leurs quartiers. Il a pu y tester le "Biceps Cultivatus", un meuble de cuisine qui combine culture aquaponique, conservation des aliments sans énergie, compostage des déchets et transformation des aliments au moyen d’un robot mécanique.
"C’est une aventure extraordinaire et extrêmement stimulante. J’en suis sorti très optimiste et convaincu qu’il faut continuer à mener ce genre d’expérimentations, y compris au sein de notre entreprise, car elles répondent à l’envie des consommateurs de donner plus de sens à leur achat". Le site de vente en ligne, dont il a pris la tête il y a six ans, mise désormais sur l’innovation, la transition numérique et la production collaborative : les clients peuvent par exemple fabriquer leurs propres meubles, à partir de plans open source, en partenariat avec un fablab de la région parisienne (La Nouvelle Fabrique) ou acheter des meubles fabriqués par une entreprise d’insertion à partir de matériaux recyclés.
Certains prototypes, comme un bureau connecté, ont même été imaginés en co-production entre les fabricants, les salariés de l’entreprise et ses clients. Autant dire que l’expérience POC 21 ne va pas être perdue pour la Camif ! Une fois que le procédé sera au point et accessible économiquement, Emery Jacquillat intègrerait bien à son catalogue la bouilloire issue du biomimétisme "Nautile" économe en énergie, de Giullian Graves, l’un des 12 sélectionnés de POC 21.
Les 19 et 20 septembre prochains, des portes ouvertes, sur inscription, seront organisées au Château de Millemont pour présenter les douze objets dans leur version prototypée. Un catalogue façon "Ikea" va également être réalisé.
Pour Benjamin Tincq, POC 21 doit être le début d’une nouvelle aventure : "Ce que l’on espère, c’est que l’on va en faire émerger un nouveau type de produit, qui soient sexy comme Apple, mais ouverts comme Wikipédia : robustes, modulaires, réparables et évolutifs, open source".
Concepcion Alvarez
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