Avec le risque de saturnisme (intoxication au plomb) des oiseaux, un arrêté ministériel du 9 mai 2005 interdit en France depuis le 1er juin 2006, l’emploi de la grenaille de plomb dans les zones humides mentionnées à l’article L.424-6 du code de l’environnement. En revanche, le tir à balle de plomb du grand gibier demeure autorisé sur ces zones. A l’étranger, la munition au plomb est totalement interdite en Belgique, au Danemark, en Norvège et aux Pays-Bas signale un rapport de The African-Eurasian Migratory Waterbird Agreement réalisé en 2007-2008.
Autre problème et non des moindres : le grand gibier sauvage comme le petit gibier sauvage, pour lequel les données sont insuffisantes selon le rapport de l’Anses, présentent un risque sanitaire notamment pour les chasseurs et leur entourage qui consomment régulièrement leur viande. Le risque est accru pour les populations considérées comme vulnérables, les femmes en âge de procréer et les enfants. «Quelle que soit la matrice observée, le gibier sauvage présente des concentrations en plomb supérieures à celles observées chez les animaux de boucherie», peut-on lire dans le rapport. Une conséquence d'origine environnementale qui semble surtout liée «au phénomène de fragmentation des munitions et de dissolution des fragments». C'est pourquoi, l'Anses recommande de limiter la consommation à trois fois par an maximum et pour les populations vulnérables d'éviter toute ingestion.
Yves Verilhac, directeur général de la LPO, rappelle que le candidat Emmanuel Macron s’était engagé personnellement par écrit à «étendre l’interdiction des munitions qui contiennent du plomb à l’ensemble du territoire» et qu'à ce jour «et malgré plusieurs relances, il n’a toujours rien fait». Faute de mieux, deux expérimentations de balles sans plomb ont eu lieu en Lozère et en Savoie sur la période 2017-2018, indique l'association en lien avec les fédérations de chasseurs départementales.