Le pergélisol en Arctique est en train de se déstabiliser dans les régions sud et il le sera bientôt dans les régions nord ; ainsi, d'ici 40 à 60 ans, il deviendra une source permanente de CO2. C'est ce que disent en tout cas les modèles numériques du Centre national pour la recherche atmosphérique, à Boulder, au Colorado (États-Unis), lorsqu'on les nourrit de données sur les températures du sol de ces régions polaires, comme l'ont fait Parazoo et ses collègues.
Rappelons que le pergélisol (permafrost, en anglais) est un sol qui reste gelé pendant des années, voire des millénaires, sous la couche arable. Il contient des matières organiques riches en carbone, comme des feuilles ou des mousses, qui ont gelé sans se décomposer et qui s'y sont accumulées depuis la dernière glaciation. À mesure que la température de l'air dans l'Arctique fait fondre le pergélisol, cette matière organique se décompose et libère son carbone dans l'atmosphère sous forme de CO2 ou de CH4. Elle pourrait représenter environ 1.700 milliards de tonnes de carbone, soit deux fois plus que n'en contient actuellement l'atmosphère.
Paradoxalement, et c'est le côté surprenant de l'étude des climatologues, les régions sud de l'Arctique ont des sols qui sont déjà en train de se déstabiliser, mais des plantes y croissent et capturent ainsi du CO2 atmosphérique en effectuant la photosynthèse. Ce sont finalement les régions les plus froides, au nord, qui vont se mettre dans quelques décennies à libérer du gaz carbonique en premier alors qu'elles se réchauffent plus lentement. Mais vers la fin du prochain siècle, le bilan sera finalement positif pour tout le pergélisol arctique, qui représente environ la superficie du Canada dans l'hémisphère nord.
Il est clair que c'est une raison de plus de se débarrasser des énergies fossiles le plus vite possible. Espérons que nous pourrons maîtriser la fusion nucléaireavant les années 2050.
Ce qu'il faut retenir: