Comment construire sa piscine naturelle : avantages et inconvénients
06 mai 2014,
Adieu les yeux rougis après une heure de piscine, adieu démangeaisons, à nous les bassins biologiques ? Entre le spectre de la pollution et la prolifération d'algue, ma petite famille, il faut l'avouer, a eu une moue dubitative face à ma nouvelle lubie. En effet une piscine classique, avec tout son attirail de produits phytosanitaires, rassure ! Pourtant tous ces mélanges ne sont-ils pas nocifs pour notre santé ? Le milieu naturel, lorsqu'il n'est pas trop pollué, réalise la prouesse, sans produits adjuvants de s'auto-épurer constamment. Ses astuces ? La conjugaison de micro-organismes et de la flore qui y vivent. Les bassins biologiques, ou piscines naturelles, parviennent à concilier les notions de lieu dédié à la détente, sans pour autant mettre de côté l'esthétisme de ce lieu de baignade exempt de biocides. Du coup je me suis penchée sur la question pour étayer mon plaidoyer !
Les piscines naturelles s'appuient sur le développement d'un véritable écosystème qui va maintenir à l'équilibre la qualité de l'eau, grâce à la technique du lagunage. Ces bassins sont composés de trois zones différentes :
L'eau circule lentement entre les trois zones grâce à une petite pompe puis par gravité.
Une piscine naturelle, à l'inverse d'une piscine traditionnelle ne nécessite pas de permis de construire. Une chance pour le montant de votre taxe foncière qui ne sera donc pas impacté par vos envies de baignade ! Par contre, il est indispensable de réaliser une déclaration préalable de travaux. Document administratif qui doit être adressé à la mairie de votre commune, avant les travaux et qui vous permettra de réaliser, en étant en règle, les travaux nécessaires pour votre piscine naturelle.
L'auto-construction d'une piscine naturelle demande de maîtriser quelques règles en électricité, car il faudra mettre en place les pompes de circulation de l'eau de la zone de filtration naturelle. Les pompes permettent, en effet, le déplacement de l'eau dans les zones où se situent les plantes de votre piscine naturelle mais également l'oxygénation de l'eau indispensable à la préservation de l'écosystème. L'électricité en zone fortement humide voire dans l'eau demande à respecter les règles d'étanchéité des câbles électriques. Aussi, n'hésitez pas à vous faire assister d'un professionnel.
La piscine naturelle nécessite de creuser un bassin naturel mais également d'ériger des murs entre les zones de baignade et de filtration. Aussi, quelques notions sont indispensables à cette étape du projet pour pouvoir réaliser :
Pour les frileux, la piscine naturelle en kit est une alternative... moins compliquée, mais plus coûteuse.
La piscine naturelle est un procédé totalement écologique. Pour entretenir votre bassin, les plantes de la piscine naturelle sont alors des atouts pour conserver une qualité d'eau tout au long des beaux jours et même après. Les plantes pour votre piscine naturelle serviront telle une filtration naturelle. En effet, les piscines traditionnelles sont remplies d'eau morte qui est maintenue claire grâce aux nombreux produits chimiques qui doivent être ajoutés. La piscine naturelle à l'inverse a son eau « renouvelée » grâce aux végétaux qui la composent.
Si tous ces paramètres ne vous ont pas démotivé, tout comme moi (c'est monsieur qui fait les travaux !), voici quelques compléments d'information :
Les plantes peuvent être disposées directement dans de la terre ou dans des pots. Cette seconde option, plus simple à mettre en place, permettra de déplacer les plantes facilement et également de limiter la prolifération de certaines plantes envahissantes. Il est donc conseillé de rempoter les plantes dans de grands pots afin de ne pas limiter leur croissance. La couche de terre devra être recouverte par une couche de gravier d'au moins deux centimètres, pour éviter de troubler l'eau avec la terre et éviter que les éventuels poissons viennent y fourailler.
D'avril à octobre, ce sont les beaux jours, la végétation nature pousse et verdie alors les filtres devront être nettoyés régulièrement et il faudra retirer les feuilles présentes sur l'eau. Par ailleurs, il faudra utiliser un aspirateur à piscine pour nettoyer les parois ou un robot spécifique pour que les parois soit nettes.
Le reste de l'année, il suffit de nettoyer occasionnellement le bassin avec l'aspirateur ou robot et de tailler les plantes de votre piscine naturelle afin qu'elle puisse passer un hiver dans de bonne conditions.
Le premier geste à réaliser est de tester l'eau de baignade. Si celle-ci détient un taux de calcaire important, il est important d'agir car ce minéral peut être une cause de la prolifération des algues. Une autre cause des algues dans votre bassin naturel est que l'équilibre naturel de votre piscine naturelle n'est pas atteint. Les premières années seront donc stratégiques et le choix des plantes pour votre piscine naturelle un enjeu pour la beauté de votre piscine et également pour freiner l'apparition des algues. Toutefois, vous devrez également veiller, dans l'entretien de votre piscine naturelle, à la pollution aérienne et aux engrais contenus dans les eaux de ruissellements.
Un bassin d'environ 100 m², soit 30 m² à 65 m² de baignade, nécessite de l'électricité pour le fonctionnement des pompes (0,50 kW/H) et de l'eau pour la compensation d'évaporation ( 1 à 2 cm / jour en été). Les coûts moyens de consommation pour une baignade de cette surface représentent donc aux alentours de 600 à 900 € d'électricité par an, auxquels peuvent s'ajouter 100 à 150 m3 d'eau. Il est également possible de chauffer sa piscine, pas à plus de 24°C, mais il ne faut pas oublier qu'elle est déjà chauffée naturellement, donc gratuitement, par le soleil…
En conclusion, une piscine naturelle a des avantages mais pas seulement.
Donc si je veux ma piscine, il va falloir omettre de préciser ce chapitre inconvénients !