Eklablog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

2 économistes face... (R. GUESNERIE, N. STERN )

2 économistes

2012     128 p.   12 €

 

  Et si l'approche économique du réchauffement climatique était la plus efficace pour convaincre les climato-sceptiques de l'urgence d agir ? Dans ce petit livre limpide, deux grands économistes
répondent d'abord à ces questions toutes simples : Combien cela nous coûte et coûtera si nous ne faisons rien ? Combien cela nous coûterait-il d'agir différemment ? Au fil de leur conversation, ils démontrent (et leur démonstration est d'autant plus claire qu'ils ne sont pas toujours d'accord!) que le bon sens comme le calcul économique suggèrent d agir contre le réchauffement climatique, massivement, dès aujourd hui.
  Ils passent ensuite en revue et confrontent leurs points de vue sur tous les sujets délicats de la politique économique climatique (taxe carbone, ajustement aux frontières...) et sur les conditions de succès de la négociation internationale. Ils soulignent enfin que les politiques climatiques, outre leur effet direct sur les émissions, permettraient de corriger l'insuffisante capacité du marché à produire des innovations majeures, aujourd hui de toute façon nécessaires. Elles stimuleront une nouvelle révolution industrielle, suscitant créativité et ouvrant la porte à une nouvelle croissance sobre en carbone. C'est là un des arguments en faveur de l'action climatique et non des moindres que le livre développe.
   Roger Guesnerie est directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales depuis 1978 et professeur au Collège de France depuis 2000. Auteur de plusieurs ouvrages théoriques et de nombreux articles dans les revues économiques spécialisées, il est aussi l'auteur de deux ouvrages grand public, la
   -« Petite Pomme » L'effet de serre va-t-il nous mettre sur la paille ? (2003, Le Pommier) et
  -L-Économie de marché (coll. « Dominos », Flammarion, 1996 ; « Poche-Le Pommier »,
2006).
  Nicholas Stern est un économiste britannique. Ancien vice-président senior de la Banque mondiale de 2000 à 2003, Lord Stern est aujourd hui de retour à la London School of Economics, où il a longtemps enseigné. Le rapport qu'il a dirigé sur l'économie du changement climatique, le « Rapport Stern » (2006), a eu un écho mondial. En 2010, Nicholas Stern a été nommé titulaire de la chaire annuelle du Collège de France « Développement durable Environnement, Énergie et Société ».
  

 " Bluffant. Il n'y a pas d'autre mot. Arriver à expliquer aussi clairement, pour le plus grand nombre, ce que la réflexion économique peut apporter au débat public sur le changement climatique, de manière aussi ramassée et pédagogique, est un bel exploit. Roger Guesnerie et Nicholas Stern ont beaucoup investi sur le sujet ces dernières années et ils veulent nous faire partager leurs convictions.

L'activité humaine réchauffe la planète dans une proportion telle que cela peut être source de risques extrêmes aux coûts violents : matériels, humains, psychologiques. Il ne faut pas compter sur le marché pour éviter cela, il sous-investit et ne prépare pas une bonne gestion des risques. Les Etats doivent donc intervenir.

Taxes et permis d'émission

Comment avancer ? Roger Guesnerie préférerait une taxe carbone, Nicholas Stern fait plus confiance aux permis d'émission. Mais le premier est prêt à répartir les tâches (des permis d'émission au niveau global, des taxes au niveau national) et le second n'hésite pas à pointer les erreurs commises lors des attributions de permis. Là où le Français verrait d'un bon oeil une taxe écologique aux frontières, le Britannique s'affole pour une remise en cause possible du libre-échange. Mais, là aussi, une position commune se dégage sur la nécessité d'au moins agiter la menace d'une taxe à un horizon de dix ans pour forcer les pays émergents à faire leur part du travail de transition écologique.

Révolution industrielle

"La transition vers une économie sobre en carbone a tout pour enclencher une phase de révolution industrielle, de créativité et d'innovation", c'est le leitmotiv du livre. L'engager est donc d'autant plus urgent. Pas la peine de paniquer si les grands messes des conférences internationales ne débouchent pas toujours sur des annonces fracassantes : tant qu'une coopération informelle entre Etats peut progresser, sans forcément formaliser des objectifs à respecter à des dates précises, on peut avoir de bonnes surprises si les gouvernements avancent sur le sujet.

La fin, un peu optimiste, ne s'attarde pas trop à pointer les gagnants, les perdants, les leaders ou les passagers clandestins. Mais il ne faut pas bouder son plaisir : quand deux économistes choisissent d'écrire pour être compris, sur un sujet crucial, et qu'ils arrivent à trouver des compromis avec une argumentation intelligente, on ne peut que les saluer."

  Alternatives économiques

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article