De notre envoyé spécial à Marseille.
Aujourd'hui, 800 millions de personnes n'ont pas accès à l'eau potable. Comment y remédier? C’est l’une des questions à laquelle les participants du 6e forum mondial de l’eau tentent de répondre.
Au milieu de l’enceinte du Parc Chanot à Marseille, entre les hangars qui accueillent des centaines de conférences et de débats sur l’accès à l’eau, se dresse le village des solutions.
L'une des tentes regroupe des entrepreneurs sociaux et des ingénieurs qui présentent des solutions innovantes pour le transport, l’assainissement ou le captage de l’eau.
Youphil s’est intéressé à une méthode de désinfection solaire de l’eau (Sodis).
Aussi étonnant que cela puisse paraître, il suffit de remplir une bouteille d’eau non traitée (de 3 litres au maximum), et de la laisser au soleil. "En 6 heures, les rayons UV nettoient l’eau des principales bactéries comme celle du choléra", explique Martina Podeprel.
Cette entrepreneuse sociale autrichienne profite du Forum mondial de l’eau pour présenter un complément à la méthode de désinfection solaire: un petit appareil qui indique le temps d’attente avant la désinfection totale de l’eau de la bouteille.
Il s’agit d’un petit boîtier à placer sur le bouchon. "Quand il y a du soleil, le temps d’attente pour la désinfection est de 6h, mais il peut aller jusqu’à 48h si le temps est nuageux".
Cette méthode gratuite permet de se débarrasser des bactéries, virus et parasites présents dans les eaux, et qui font des ravages: 3,6 millions de personnes meurent chaque année à cause de l’insalubrité de l’eau qu’ils consomment.
Inventée dans les années 1980 par un ingénieur libanais, la méthode de désinfection solaire a été perfectionnée par un centre de recherche suisse qui l’a popularisée dans les pays pauvres du monde entier.
"Aujourd’hui, la méthode est utilisée dans 23 pays et par des ONG", note Martina Podeprel. Pour perfectionner le système, son entreprise a mis en place ce minuteur, encore à l’état de prototype.
Il coûte actuellement 10 dollars américains, mais le coût pourrait baisser. "Il faut diffuser cette méthode! Elle est gratuite… On a juste besoin de soleil", rappelle Martina.
