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Agrocarburants : des chercheurs remettent en question la filière colza (04/09/2012)
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Le biodiesel à base de colza ne serait pas un « biodiesel durable » en terme d'émissions de gaz à effet de serre : c'est la principale conclusion d'une nouvelle étude publiée en août par deux chercheurs allemands. Les auteurs critiquent aussi l'opacité de la Commission européenne, qu'ils accusent de vouloir protéger une filière surtout présente en France, Italie et Allemagne.
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En juin 2012, l’OMS faisait trembler la filière diesel en déclarant officiellement cancérogènes les particules fines émises par les moteurs diesels. L’agence IARC de l’OMS émettait même des réserves sur les effets sanitaires des améliorations techniques mises en place par l’industrie (filtres, réduction de soufre, pots catalytiques): « Alors que les particules diminuent en nombre avec ces changements, la traduction en terme d’effets positifs sur la santé n’est pas avérée », écrivait l’IARC. Deux mois plus tard, ce sont cette fois les avantages du principal biodiesel européen sur les diesels classiques pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre (GES) qui sont remis en question. Selon deux chercheurs de l’Université Schiller d’Iéna, le biodiesel produit à base de colza n’atteindrait pas le seuil d’économie en émissions de GES de 35% – par rapport au diesel classique - permettant, selon la Directive européenne de référence, de le considérer comme un agrocarburant « durable » (« sustainable »). Ce seuil est important puisqu’il ouvre le droit aux avantages fiscaux et qu’il est exigé pour rentrer dans les quotas d’agrocarburants fixés par Bruxelles (au moins 10% d’agrocarburants dans les transports en 2020). L'objectif de réduction des émissions de GES Pour arriver à cette conclusion, les auteurs de l’étude intitulée « Incertitudes sur les économies d’émissions de gaz à effet de serre des biodiesels à colza », ont comparé douze scénarios en reprenant la méthodologie de la Directive européenne de 2009 sur les énergies renouvelables : calcul fondé sur une Analyse du Cycle de Vie (ACV) intégrant la culture, l’extraction, le raffinage et le transport, mais excluant le changement d’affectation des sols (CAS). Au final, dans 8 des scénarios étudiés sur 12, les économies en émissions de GES apportées par l’agrocarburant sont en dessous du seuil européen de 35%. Et dans aucun des scénarios, l’économie n’atteint le seuil de 50%, exigé par Bruxelles pour 2017.
Interrogé sur cette étude, Sofiprotéol, principal acteur européen du biodiesel en Europe et détenteur du Français Diester Industrie, ne fait pas de commentaires directs mais renvoie à un communiqué de l’association allemande UFOP, dans lequel celle-ci met en doute la qualité scientifique de l’étude. Autre association pro-biodiesels, l’OVID, qui regroupe les extracteurs d’huile végétale allemands affirme dans un commentaire sur le site de la revue Nature que l’étude contient des « failles sévères ». Les critiques précises sont contrées par les chercheurs d’Iéna, qui taxent ces associations d’être des lobbies professionnels, non indépendants. Du côté de Sofiprotéol, Catherine Bozon, responsable des relations médias, souligne que l’ADEME, dans son évaluation ACV des biocarburants publiée en février 2010, avait évalué l’économie de GES de la filière colza à 59%, soit bien au dessus du seuil européen de 35%. Directive sur l’énergie renouvelable : à revoir A leurs yeux, la Commission défend les intérêts du lobby du biodiesel, avec la bénédiction des fabricants d’automobiles, qui continuent de miser sur les moteurs conçus par l’Allemand Rudolf Diesel à la fin du 19ème siècle… Tous comme les acheteurs de voitures d’ailleurs, puisque 70% du parc Français roule désormais au gazole. L’effet Utilisation des sols (CAS) défavorable aux biocarburants En avril 2012, l’ADEME a en effet publié les résultats d’une synthèse sur les Changements d’affectation des sols (CAS), dans laquelle il apparaît que pour plus de deux tiers des évaluations étudiées, la prise en compte des CAS dans les émissions de GES aboutit à un bilan total « qui ne permet pas de respecter le critère de réduction des émissions de GES de 35% ». Conclusion provisoire : le chiffre ADEME de 59%, brandi par Sofiprotéol, est à prendre avec des pincettes et l’intérêt des biocarburants de première génération pour lutter contre le changement climatique est donc loin d’être établi ! L’alimentation au secours du biodiesel … Mais Nestlé et Unilever sont contre |
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| Thibault Lescuyer © 2012 Novethic - Tous droits réservés |
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