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Transparency : la crise a freiné la lutte contre la corruption internationale
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Publié le 07-09-2012 |
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Transparency International a publié son huitième rapport annuel sur la mise en oeuvre de la Convention de l'OCDE relative à la lutte contre la corruption d'agents publics étrangers par les entreprises, adoptée en 1997. Si le volume des amendes et des peines de prison augmente, l'ONG souligne que 18 pays n'ont encore engagé aucune poursuite à l'encontre des entreprises. TI appelle les Etats à « résister aux efforts de lobbying » visant à affaiblir les lois anti-corruption.
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Adoptée en 1997, la Convention de l’OCDE impose aux 39 pays signataires de pénaliser la corruption internationale émanant des entreprises. Au total, ces 39 pays sont responsables de deux tiers des exportations mondiales et trois quarts des investissements à l’étranger. Leurs engagements font l’objet d’un suivi par l’OCDE, à raison de neuf à dix examens de pays réalisés chaque année.Transparency International de son côté réalisé une évaluation indépendante basée sur les rapports de ses sections nationales dans 37 des 39 Etats -à l’exception de l’Islande et de la Russie*. Son classement repose sur 4 niveaux de mise en oeuvre de la Convention : active, modérée, faible et inexistante, fondé sur le nombre d’enquêtes et d’affaires de corruption traitées ainsi que leur importance, et en prenant en compte le volume des exportations du pays. 7 pays "actifs" seulement Transparency en conclut que « le niveau global de mise en oeuvre demeure insuffisant : seuls sept pays mettent activement en oeuvre la Convention, un chiffre qui n’a pas évolué depuis 2009 ». Or, rappelle l’ONG, seule le niveau « actif » garantit une dissuasion efficace contre la corruption mondiale. Par ailleurs, l’ONG rappelle que des Etats comme la Chine, l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, l’Arabie saoudite, Singapour et Taiwan, qui représentent une part considérable des exportations mondiales et sont concernés de près par la corruption, n’adhèrent pas à la Convention de l’OCDE. Trois pays ont toutefois progressé – l’Australie, l’Autriche et le Canada –, passant du niveau « faible » à « modéré », une évolution positive par rapport à l’année 2011 qui n’avait enregistré aucun progres. Autre évolution positive, la hausse importante du nombre d’affaires traitées dans les pays « actifs ». Les États-Unis sont en tête avec 275 affaires, soit 48 de plus que l’an dernier ; l’Allemagne traite 176 affaires, soit 41 de plus que l’an dernier ; la Suisse 52, soit 17 de plus que l’an dernier ; l’Italie 32, soit 14 de plus que l’an dernier ; le Royaume-Uni 23, soit 6 de plus que l’an dernier. Peu de poursuites judiciaires en France La récession, ennemie de la lutte contre la corruption En tête du classement, les Etats-Unis « continuent leur course en tête » concernant les poursuites liées à la corruption. Avec un bémol toutefois : après plus de vingt ans de soutien de la part des deux partis majoritaires et des entreprises, « la chambre de commerce des États-Unis a lancé une manoeuvre visant à affaiblir le Foreign Corrupt Practices Act (Loi sur les pratiques de corruption transnationale). Vont-ils gagner un soutien plus large ? Tout dépendra des résultats de l’élection présidentielle, dans un contexte de soupçons de corruption à grande échelle de fonctionnaires mexicains par Wal-Mart, révélés par le New York Times le 22 avril 2012 ». Globalement, le rapport conclut que la Convention est appliquée de manière très insuffisante. Car pour permettre à la Convention d’atteindre le point de basculement – lorsque les perspectives de réussite passent d’ « incertaines » à « favorables » – il faut que la mise en oeuvre soit « active » dans des pays totalisant plus de la moitié des exportations mondiales. Or, pour y parvenir, 6 à 10 pays supplémentaires devraient assurer une mise en oeuvre active…Ce qui suppose un fort soutien politique, aujourd’hui en déclin. *La Russie n’a signé la Convention qu’en 2011 et elle n'est entrée en vigueur en avril 2012. Il n’existe pas de section nationale de TI en Islande. |
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| Véronique Smée © 2012 Novethic - Tous droits réservés |
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