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Citations de Simone Weil (1909- 1943)

    Presque partout - et même souvent pour des problèmes purement techniques - l'opération de prendre parti, de prendre position pour ou contre, s'est substituée à l'opération de la pensée.
  C'est là une lèpre qui a pris origine dans les milieux politiques, et s'est étendue, à travers tout le pays, presque à la totalité de la pensée.
  Il est douteux qu'on puisse remédier à cette lèpre, qui nous tue, sans commencer par la suppression des partis politiques.

 Note sur la suppression générale des partis politiques (1940), Simone Weil, éd. Flammarion, coll. « Climats », 2017 p. 54, 55
 

  Considérer toujours les hommes au pouvoir comme des choses dangereuses.

La Pesanteur et la Grâce, Simone Weil, éd. Plon, 1988, p. 178

 

  Mais le pire attentat, celui qui mériterait peut-être d'être assimilé au crime contre l'Esprit, qui est sans pardon, s'il n'était probablement commis par des inconscients, c'est l'attentat contre l'attention des travailleurs. Il tue dans l'âme la faculté qui y constitue la racine même de toute vocation surnaturelle. La basse espèce d'attention exigée par le travail taylorisé n'est compatible avec aucune autre, parce qu'elle vide l'âme de tout ce qui n'est pas le souci de la vitesse. Ce genre de travail ne peut pas être transfiguré, il faut le supprimer.

Conditions premières d'un travail non servile (1942), Simone Weil, éd. L'Herne, coll. « Carnets », 2014, p. 36

 

  Aimer un étranger comme soi-même implique comme contrepartie: s'aimer soi-même comme un étranger.

 La Pesanteur et la Grâce, Simone Weil, éd. Plon, 1988 , p. 74 

 

   La connaissance de la misère humaine est difficile au riche, au puissant, parce qu'il est presque invinciblement porté à croire qu'il est quelque chose. Elle est également difficile au misérable parce qu'il est presque invinciblement porté à croire que le riche, le puissant est quelques chose.

La Pesanteur et la Grâce, Simone Weil, éd. Plon, coll. « Agora », 1988 , p. 199

   L'homme est esclave pour autant qu'entre l'action et son effet, entre l'effort et l'œuvre, se trouve placée l'intervention de volontés étrangères.

 La Pesanteur et la Grâce, Simone Weil, éd. Plon, coll. « Agora », 1988 p. 242

 

   Le totalitarisme moderne est au totalitarisme catholique du XIIe siècle ce qu'est l'esprit laïque et franc-maçon à l'humanisme de la renaissance. L'humanité se dégrade à chaque oscillation. Jusqu'où cela ira-t-il ?

 La Pesanteur et la Grâce, Simone Weil, éd. Plon, coll. « Agora », 1988, p. 270

 

   Je n'oublierai jamais le moment où, pour la première fois, j'ai senti et compris la tragédie de la colonisation. [...] Depuis ce jour, j'ai honte de mon pays. Depuis ce jour, je ne peux pas rencontrer un Indochinois, un Algérien, un Marocain, sans avoir envie de lui demander pardon. Pardon pour toutes les douleurs, toutes les humiliations qu'on lui a fait souffrir, qu'on a fait souffrir à leur peuple. Car leur oppresseur, c'est l'État français, il le fait au nom de tous les Français, donc aussi, pour une petite part, en mon nom. C'est pourquoi, en présence de ceux que l'État français opprime, je ne peux pas ne pas rougir, je ne peux pas ne pas sentir que j'ai des fautes à racheter.

« Qui est coupable des menées antifrançaises » (1938), dans Écrits historiques et politiques, Simone Weil, éd. Gallimard, 1960, p. 341

 

   Jamais en aucun cas je ne consentirai à juger convenable pour un de mes semblables, quel qu'il soit, ce que je juge moralement intolérable pour moi-même.

La Condition ouvrière, Simone Weil, éd. Gallimard, coll. « NRF », 1951, p. 208
   
     https://fr.wikiquote.org/wiki/Simone_Weil
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