Or, loin d'être clos, le débat a rebondi cette semaine avec l'intervention de Desmond Tutu. Figure historique de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud, le Prix Nobel de la Paix a fait du désinvestissement dans les énergies fossiles son combat. Il se trouve que le militant écologiste est en plus un ancien élève de King's College London.
Desmond Tutu se jette dans la bataille
Tutu a fait savoir mardi 31 mars qu'il s'était mis en relation avec son ancienne université pour peser dans le débat initié par les étudiants de King's College. Les recherches menées par Fossil Free KCL ont montré que l'université londonienne avait placé 8 millions de livres dans le secteur des énergies fossiles et, qu'à l'inverse, elle n'avait pas investi un centime dans le domaine des énergies renouvelables.
L'intervention de Desmond Tutu a eu pour effet de braquer les projecteurs sur King's College, quinze jours après que l'université d'Oxford a annoncé qu'elle s'accordait quant à elle plus de temps pour réfléchir à ses propres placements financiers.
Au Royaume-Uni, les organisations liées de près ou de loin au secteur pétrolier subissent une pression qui va crescendo. Au sein de l'église anglicane notamment, les partisans du désinvestissement font de plus en plus entendre leur voix.
Le Guardian a par ailleurs lancé une grande campagne militante pour demander aux investisseurs (banques, assurances, Université anglo-saxonnes, fonds de pension, etc) de ne plus investir dans les 200 principales entreprises qui impliquées dans l’extraction, l’utilisation, la transformation et la distribution des énergies fossiles.
Le Guardian Media Group vient d’ailleurs d’annoncer, ce jeudi 2 avril, qu’il se retire de toute activité lié au pétrole, au gaz et au charbon. C’est un flux financier de 800 millions de Livres qui vient de se détourner des énergies fossiles.
Amandine Alexandre, correspondante à Londres
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