J’ai pu tester les machines lors d’un voyage à Nantes [ville jumelée avec Dschang]. Ici à Dschang, nous avons de l’eau, mais peu de techniques pour la rendre potable. Souvent, les eaux ne sont traitées qu’avec du chlore, ce qui ne les rend pas propres à la consommation.
Barthelemy Ndongson en visite à Nantes pour tester la machine. Photo Barthelemy Ndongson.
Nous allons implanter le cube dans la zone de l’université et des résidences universitaires. Malgré nos avertissements, beaucoup d’étudiants continuent à consommer l’eau de puits attenants à des marais, qui n’est pas potable. Le Safe Water Cube permettrait de leur faire comprendre que toute eau n’est pas immédiatement propre à la consommation et d’éduquer la population estudiantine aux bons gestes."

La machine est fabriquée en France. Nous essayons encore d’améliorer le dispositif et pour l’instant, nous nous sommes associés à des projets précisément identifiés pour les premières utilisations. Beaucoup de particuliers veulent acheter la fontaine et nous recevons des coups de fils quasiment tous les jours. Mais aujourd’hui, le but n’est pas de vendre cette machine à des particuliers, pas de faire du chiffre. Nous voulons créer du lien social et aider les gens en les formant sur place, en organisant des ateliers de sensibilisation.
Au Cameroun, "éviter aux étudiants de boire l’eau des marais"
Les populations des zones du centre-nord du Sri Lanka, qu’on appelle le Triangle culturel, sont lourdement touchées par des problèmes d’insuffisance rénale chronique du fait de l’écoulement dans la terre de pesticides et fongicides utilisés dans l’agriculture. [les dernières études estiment que 5 000 personnes meurent à cause de cette maladie chaque année au Sri Lanka, NDLR]. C'est une catastrophe sanitaire à laquelle il n'y a pour l'instant pas de vraie réponse
Par ailleurs dans la capitale, des centres de traitement de l'eau existent, mais ils sont couteux, et tombent régulièrement en panne, sans compter les coupures d’eaux régulières [début 2016, la capitale n’a pas eu d’eau pendant 10 jours à cause d’une panne d’électricité. J’espère pouvoir acheminer d'autres fontaines près de la capitale mais aussi les zones du centre-nord pour apporter une autre solution.

Après l’ouragan Matthew qui a frappé Haïti en octobre dernier, beaucoup de réseaux qui ont été détruits n’ont jamais pu être rénovés par manque de moyens. L’épidémie de choléra, qui se transmet par l’eau contaminée, s’est gravement accentuée [selon les derniers chiffres des Nations unies, la maladie a déjà fait 10 000 morts et 800 000 malades en sept ans, NDLR].
Installation d'une machine dans l'un des villages haïtiens près de Jérémie touché par l'ouragan Matthew.Photo Safe Water Cube.
Quatorze fontaines ont pu être installées. Cela peut paraître relativement peu pour une zone qui compte des dizaines de milliers d’habitants, et il y a un risque que cela crée des tensions. Avec chaque fontaine, un comité a été créé - avec trois femmes et deux hommes, deux anciens et trois jeunes – en charge du nettoyage de la machine et de la distribution d’eau potable. Cela peut paraître des gestes simples, mais boire de l’eau ou cuisiner, sans se demander si on sera malade, c’est une révolution pour nous.