Ces violentes persécutions infligées par les brigades anti-braconnage ne représentent qu’un aspect des violations systématiques des droits de l’homme perpétrées à l’encontre des Baka. Si le WWF s’est engagé à définir un ensemble de principes fondés sur la nécessité de prévenir de tels abus à l’encontre des peuples indigènes, les Baka dénoncent qu’ils ne sont pas appliqués dans son action au Cameroun.
L’un de ces principes consistait à ne soutenir la création de zones protégées et la mise en place de mesures de restriction sur la chasse et la cueillette de subsistance qu’avec le consentement libre, préalable et éclairé des Baka.
© Selcen Kucukustel/Atlas
Or, les Baka n’ont ni consenti à la création de zones protégées sur leur territoire, ni accepté les lois qui les criminalisent et les assimilent à des braconniers parce qu’ils chassent pour se nourrir. Ils subissent harcèlement, coups et torture et nombreux sont ceux qui dénoncent des morts parmi eux suite aux mauvais traitements.
Les droits des peuples indigènes du monde entier sont bafoués au nom de la conservation bien qu’ils soient les meilleurs gardiens de leur environnement. Survival lutte contre ces abus à travers sa campagne ‘Les Parcs ont besoin des peuples’.
Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ’Jusqu’à présent, l’enquête de la Commission n’a mené nulle part et la visite des villages lui prendra plusieurs mois. Le WWF doit agir maintenant, avant que d’autres vies ne soient brisées ou perdues. Il est également temps que le WWF honore ses engagements en faveur des peuples indigènes, comme les Baka l’ont invité à le faire. Si le WWF voulait réellement faire face à la crise actuelle, il cesserait de financer les gardes forestiers et respecterait ses propres principes’.
Notes aux rédactions :
- Lire la dernière lettre de Survival au directeur général du WWF (en anglais, pdf, 53 Ko)
- ‘Pygmée’ est un terme générique couramment employé pour désigner les peuples de chasseurs-cueilleurs du bassin du Congo et d’Afrique centrale. Ce terme est considéré comme péjoratif et est évité par certains groupes mais considéré par d’autres comme un facteur d’identité. En savoir plus.
Lire en ligne: http://www.survivalfrance.org/actu/10711