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Les fotêts au secours de la planète

« Ces différences s'expliquent, en autres, par le fait que les plantations sont coupées tous les dix ans environ, explique Charlotte Wheeler, chercheur à l'université d'Édimbourg (Écosse).  Il faut garder à l'esprit que les forêts, aussi naturelles soient-elles, ne suffiront pas, à elles seules, à atteindre nos objectifs climatiques. Cependant aucun scénario susceptible de contenir le réchauffement climatique n'a été imaginé sans la restauration à grande échelle de forêts naturelles. »

En conclusion, les scientifiques recommandent :

  • d'augmenter la proportion de terres en cours de régénération en forêts naturelles ;
  • d'accorder la priorité à la restauration en Amazonie, à Bornéo et dans le bassin du Congo, qui abritent des forêts à biomasse très élevée par rapport aux régions plus sèches ;
  • de compter sur les stocks de carbone existants en ciblant préférentiellement les forêts dégradées ;
  • et, une fois la forêt naturelle restaurée, de la protéger au mieux.
  • Restaurer 350 millions d’hectares de forêts d’ici 2030, c’est le défi lancé à la communauté internationale en 2011.
  • Mais selon une étude, l’effort sera vain si ces forêts ne correspondent pas massivement à des forêts naturelles.
  • Ces dernières en effet stockent 40 fois plus de carbone que les plantations.

La biodiversité des forêts limite les conséquences du changement climatique

La diversité des espèces végétales atténuerait significativement l'impact négatif du changement climatique. Lequel, en effet, entraîne des sécheresses accrues ralentissant la décomposition des litières et donc la remise à disposition au sol du carbone et de l'azote.

Article du CNRS paru le 12/07/2017

Pour étudier la décomposition des litières dans les forêts, processus clé du fonctionnement des écosystèmes qui régule le recyclage de la matière organique et la remise à disposition des éléments nutritifs, une équipe de l'Institut méditerranéen de biodiversité et d'écologie marine et continentale (IMBE-CNRS, université Aix-Marseille, université d'Avignon, IRD) a effectué une expérience durant deux ans sur le site de l'O3HP (Oak Observatory at OHP), dans les Alpes de Haute-Provence. L'objectif était de comparer la dégradation de trois types de litières (mélange de feuilles d'une à trois espèces végétales : chêne pubescent, érable de Montpellier, sumac-fustet) dans deux parcelles forestières. L'une était soumise à une sécheresse accrue grâce à un système d'exclusion des pluies printanières et estivales performant, et l'autre comme parcelle témoin. Par la même occasion, ils ont suivi l'évolution des communautés d'organismes décomposeurs et prédateurs (abondance, diversité et interactions trophiques) colonisant ces litières.

La sécheresse printanière et estivale accrue entraîne, dans tous les cas, un ralentissement de la décomposition de la litière et donc de la remise à disposition au sol du carbone et de l'azote. Cependant, la présence de plusieurs espèces végétales dans la litière atténue significativement l'impact négatif de la réduction des précipitations sur cette décomposition.

 
Système d’exclusion de pluie de l’O3HP. ©Thierry Gauquelin

De l’intérêt de préserver la biodiversité

Concernant les organismes de la mésofaune (la faune de taille intermédiaire entre la microfaune et la macrofaune) présents dans ces litières, ils sont favorisés par le mélange d'espèces (plus de diversité et d'abondance), ce qui explique pour partie la meilleure décomposition observée. Néanmoins, la parcelle où le stress hydrique a été fortement augmenté montre des diminutions importantes dans l'abondance et la diversité des organismes colonisant les litières variables en fonction du groupe considéré. On observe ainsi, en liaison avec l'augmentation de la sécheresse, une modification du rapport entre organismes décomposeurs et prédateurs entrainant une pression de prédation plus importante, une modification du rapport entre collemboles et acariens oribates favorable à ces derniers, un impact à des degrés divers au sein des collemboles entraînant jusqu'à la disparition du groupe des Neelipleones.

Cette étude publiée dans la revue Journal of Ecology souligne à la fois les modifications extrêmement rapides de la biodiversité présente dans la litière suite à une sécheresse accrue et surtout l'intérêt de conserver une diversité d'espèces végétales dans les forêts méditerranéennes de manière à limiter les conséquences du changement climatique en cours. Ces recherches s'inscrivent dans une problématique générale visant à mieux comprendre les relations biodiversité-fonctionnement dans les écosystèmes et l'intérêt de conserver une biodiversité élevée face aux contraintes environnementales croissante

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