Elle veut « remettre la vie là où elle n’était plus » avec l’agroforesterie. Avec plus de 60 espèces d’oiseaux revenues sur son petit terrain, le pari s’il n’est pas encore gagné sur tous les fronts, semble cependant bien engagé.

L’eau, l’air, les aliments et le lien social : telles sont les qualités que souhaite préserver la nouvelle agriculture.
Il y a cet agriculteur du Pays de Caux, père de famille reconverti dans le bio, qui nous rappelle que dans un gramme de notre sol se trouvent plus de 10 milliards de vivants, c’est-à-dire plus d’humains que sur la planète ! Il a décidé d’arrêter de retourner sa terre pour préserver la vie du sol car le labour transforme la terre en désert. Il apprend même à compter les verres de terres !
Il y a Valentin, « le génie des alpages », comme l’appelle son viticulteur de père. Le jeune homme formé pour devenir haut-fonctionnaire a finalement décidé de prendre la relève de papa sur ses 6 ha de Poligny dans le Jura, mais en bio. On le voit au matin constater sur ses terres comment quelques heures de gel ont détruit le travail de toute la saison. Il n’aura pas de salaire encore. Mais abordant son sentiment de vulnérabilité il admet que « Là au moins je ne peux pas lui en vouloir. Je peux en vouloir à mon chef mais pas à la nature ! ».
Ses quelques gouttes de pesticides en moins dans cet océan chimique qu’est devenu la France, première consommatrice d’Europe des produits de synthèse, sont peut-être dérisoires. Mais « rien n’est plus contagieux que l’exemple » pense-t-il.
Encore faut-il encourager les alternatives à la chimie systématique. Et là Valentin rencontre l’absurde : pour convertir le vignoble familial en bio il réapprend à son père, formé « à l’ancienne », à utiliser les « trois mousquetaires ». Fougères, consoude et presle, à portée de main, font régner ordre et prospérité dans les champs. Mais il est interdit de les utiliser ! On parle de lobbys…
Il y a Frédéric, laitier dans la Sarthe, qui revient de loin. « Esclave de son métier » il lui a fallu un burn out et l’aide de ses proches pour pouvoir se remettre en cause. Surendetté, c’était une question de survie. Dans un monde agricole à bout de souffle il a touché le fond. « Le métier que je faisais ne me plaisait plus ». Le business du lait lui a fait oublier que la vache est d’abord herbivore car on lui apprenait à leur donner maïs ou soja pour produire plus. Le coût alimentaire est le premier poste de charge ! Or, l’herbe, c’est gratuit.
Conseillé par une association, le SIVAM, soutenu par une autre, Solidarité paysan, il sait aujourd’hui que la souffrance paysanne n’est pas une fatalité à condition de parler, pour pouvoir redessiner sa vie et la rendre plus cohérente. Et Fréderic de témoigner « le métier que je fais aujourd’hui me plaît et je suis fier de le faire. C’est celui que je voulais faire dès le départ. »

Il y a même une chevrière qui n’a pas 30 ans qui réussit à être éleveuse et à avoir des week-end !
La ferme collective de la Tournerie réunit en effet une poignée de trentenaires qui se sont rencontrés sur les bancs de leur école d’ingénieurs agronomes. Sans aucune filiation dans le métier, ils ont décidé de devenir paysans tous ensemble. L’entraide et la mutualisation des machines sont ici les piliers de la ferme qui propose sur 80 ha du lait, des fromages de chèvre et de vache, des légumes, du porc, du pain et de la bière mais aussi et surtout 8 emplois pour 11 activités. Ils font tout eux-mêmes pour sortir de la spirale de l’endettement et souhaitent par ailleurs ramener de la vie dans leur campagne bien isolée. Tous se relaient donc à tour de rôle et confient leurs tâches chaque week-end à un fermier « de garde » en attendant son tour… Le rêve ?
Il y a enfin ces trois bergers qui « jouent à saute béton avec leur troupeau de moutons aux pieds des cités d’Aubervilliers ». Avec eux le téléspectateur constate que « quand les moutons passent en ville tout ralenti ».