Décroissance : commençons par ne pas faire de recherche Google inutile (14/11/2013)
Il va falloir entamer une décroissance technologique. Et vite. Qu’on s’entende bien : ça ne signifie pas quitter Internet, jeter nos machines et arrêter d’innover, ça signifie juste qu’il va falloir s’y prendre autrement.
Pourquoi ? Parce qu’on a longtemps cru que les nouvelles technologies, c’était la dématérialisation et que la dématérialisation, c’était bon pour l’environnement. Or, on le sait maintenant, l’impact écologique des nouvelles technologies, et d’Internet en particulier, est non seulement énorme, mais croît de manière vertigineuse. A tous les niveaux.
Dans un smartphone, il y a des terres rares dont l’extraction et le traitement ont un coût écologique élevé. Et, paradoxalement, plus on miniaturise, plus l’empreinte écologique est élevée. Quant on sait que la moyenne d’usage de ces outils ne dépasse pas quelques mois, qu’ils sont pleins de matières toxiques et que le taux de recyclage est loin d’être optimal, on mesure le problème.
En 2012, Greenpeace publie une étude [PDF] dont une des conclusions est stupéfiante : si le cloud était un pays, il se classerait au cinquième rang mondial de la demande en électricité. Et cela pourrait être multiplié par trois d’ici 2020.
Donc, il va falloir décroître. Comment ? Quelques exemples pas du tout suffisants :
A tout ce que je viens dire, vous trouverez des gens pour vous répondre que ce sont au contraire les nouvelles technologies qui vont nous permettre de régler les questions écologiques et climatiques. Là, il faut être très prudent.
Si on parle de gigantesques panneaux solaires déployés dans l’atmosphère, de captation du carbone, ou même de projection de soufre pour maîtriser les températures (ce qu’on appelle en gros la géo-ingénierie), outre que cela pose des problèmes philosophiques majeurs, on en est du point de vue technique aux balbutiements.
En revanche, ce qui est plus porteur d’espoir, ce sont des outils, des logiciels ou des applications qui non seulement permettent la modélisation (donc la recherche, les alertes), mais aussi une meilleure gestion de l’énergie, soit au niveau individuel (je commande à distance la température de mon chauffage pour ne pas le laisser allumer mais le rallumer avant de rentrer), soit au niveau collectif, ce qu’on appelle le « smart grid », le réseau énergétique intelligent, dont on voit les prémisses dans certains lieux.
Bref, les choses sont toujours plus compliquées, mais pas désespérées. C’est déjà ça.
Et, puis, il y a la question majeure de la consommation énergétique. Celle de nos machines bien sûr, mais celle des réseaux en tant que structure. Internet fonctionne grâce à des constructions matérielles – les Internet Exchange qui relient les réseaux entre eux, les « data centers » ou fermes de serveurs qui stockent les données – qui consomment une énergie incroyable (il faut refroidir les machines, les alimenter en électricité, etc.) et s’activent à chaque recherche sur Google, à chaque e-mail envoyé.
Et tout ça est encore accru par ce que l’on appelle à tort le « cloud computing », l’informatique dans les nuages qui consiste à stocker de moins en moins de chose sur notre disque dur (par exemple regarder une