Ouvrage publié avec le concours de l'Institut CDC pour la Recherche et de la Caisse des dépôts et consignations.
Depuis 2005, il existe un fonds destiné à garantir l'octroi de microcrédits "personnels", c'est-à-dire facilitant l'insertion professionnelle ou sociale de personnes exclues de fait du crédit. Depuis cette date, 44 000 prêts (d'un maximum de 5 000 euros) ont été accordés à des personnes en situation de pauvreté ou d'exclusion bancaire (surendettement…). Les deux auteurs, spécialistes de ces questions, nous présentent la synthèse de l'étude d'impact qu'ils ont réalisée de ce dispositif.
Pour eux, la réussite est incontestable : ces prêts ont favorisé une hausse du niveau de vie moyen des emprunteurs et une baisse du taux de pauvreté. Tandis que 80 % des emprunteurs estiment que leur sort s'est amélioré ou préservé, à la fois professionnellement et en termes d'insertion sociale, d'estime de soi, de logement, etc. Le tout avec peu d'impayés, puisque le fonds n'a dû intervenir que dans 5,7 % des cas. Cela tient en particulier à l'accompagnement dont ont bénéficié les demandeurs.
Pourtant, ce bilan positif n'a pas réduit l'exclusion bancaire, les banques cherchant avant tout la rentabilité. Passer à la vitesse supérieure implique donc un effort des banques, qui pourraient participer au financement du fonds, lequel pourrait alors subventionner l'accompagnement et ainsi créer un pont "entre solidarité et marché". Un livre qui met à bas bien des idées reçues et montre que finance et cohésion sociale peuvent aller de pair. Sous certaines conditions. Instructif et novateur.
Extrait de l'introduction
Trois mille euros. C'est le montant maximum des microcrédits personnels. Avec cela, les emprunteurs doivent financer un projet d'insertion professionnelle ou sociale. Présentée de cette manière, l'idée que le microcrédit puisse permettre de lutter contre la pauvreté peut paraître déraisonnable. Non seulement le montant est faible, mais en plus, le prêt est destiné à des personnes qui n'ont pas accès au crédit bancaire. De simplement déraisonnable, l'idée peut alors sembler devenir carrément dangereuse. Il faut dire que le contexte ne plaide pas en faveur du crédit. Depuis 2007, des millions de personnes ont été plongées dans la précarité suite à la crise financière provoquée notamment par les excès du crédit immobilier dit subprime à destination de ménages américains à faibles revenus. À cela s'ajoute le fait que plus de deux cent mille ménages déposent chaque année en France un dossier de surendettement car ils ne peuvent plus faire face à leurs dettes. C'est l'un des intérêts du microcrédit personnel que d'inviter à mettre en question les certitudes.