• Les Grands Voisins : ce lieu de vie solidaire au cœur de Paris

    Sources : LesGrandsVoisins.org / Latélélibre.fr / BastienSimon.fr
     Vidéo sur: https://mrmondialisation.org/ce-lieu-de-vie-solidaire-au-coeur-de-paris/?utm_source=actus_lilo

     

    Ouvert il y a un peu plus d’un an seulement, le site des Grands Voisins, situé dans le XIVème arrondissement de Paris, a tôt fait de conquérir le cœur des parisiens et de fédérer autour d’un projet qui mêle vie associative et lieux d’échanges. Après plusieurs mois d’expérimentations, de cohabitation et d’occupation au sein de l’ancien Hôpital Saint-Vincent de Paul, une série documentaire revient sur les différents temps forts qui ont d’ores et déjà marqué l’histoire de ce lieu unique en son genre. On vous emmène ? 

    Réinvestir un espace inoccupé

    L’initiative des Grands Voisins a émergé dans une volonté locale, encore trop rarement menée à bien, de réinvestissement de l’espace urbain disponible. En 2011, la maternité de l’hôpital Saint-Vincent de Paul, située en plein centre de Paris à quelques minutes de la place Denfert-Rochereau, est appelée à fermer, laissant à l’abandon pour plusieurs années un site de 3,4 hectares et de nombreux bâtiments.

    C’est trois ans plus tard, en 2014, que l’association Aurore prendra l’initiative de réinvestir le lieu, et y mettra en place une structure d’hébergement d’urgence qui accueille aujourd’hui 600 personnes. Au total, ce sont environ 2000 personnes qui cohabitent désormais au quotidien sur le lieu, entre personnes sans-abri hébergées au sein des structures mises en place à cette fin, bénévoles, entreprises, artistes et coordinateurs divers.

    Lire la suite...


    votre commentaire
  • Téléthon : quand les controverses s'accumulent

    Par Sabah Kemel Kaddouri , Service infographie du Figaro

    Publié le 05/12/2014 à 12:26

    Photo d'illustration - Crédits: AFP

    INFOGRAPHIE - Depuis sa création en 1987 dans le but de soutenir la recherche contre les myopathies, le succès de ce marathon médiatique lui a attiré quelques piques plus ou moins acérées. Retour sur ces polémiques.

    Baromètre de la générosité des Français à chaque fin d'année, le Téléthon est en ordre de bataille pour le lancement de sa 28ème édition vendredi. Depuis le temps, la machine est bien rôdée: compteur géant qui s'affole au gré des promesses de dons, prestigieux parrains, exploits sportifs retransmis en direct, le Téléthon donne bien des vertiges! Parfois aussi de grosses sueurs. Depuis moins de dix années, l'événement commence à accumuler quelques polémiques au compteur. Retour sur les plus marquantes.

    2006, les premières attaques

    Une partie de l'Église catholique critique l'affectation de 2% des dons à la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Plusieurs religieux réaffirment leur attachement au «respect de la vie dès son commencement». Les organisateurs sont confrontés à une menace de boycott que le cardinal Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des évêques de France, finira par écarter: «l'Eglise catholique n'appelle pas au boycott». Pour autant, il ne souhaitera pas convier les fidèles à ouvrir leurs bourses.

    L'affaire se révèle suffisamment grave pour déclencher une sortie médiatique au sommet de l'État. Ainsi Jacques Chirac affiche son soutien à l'opération. Quant à l'Association française contre les myopathies, elle choisit de répliquer par la transparence, soulignant que l'utilisation des fonds est un sujet porté à la connaissance du public.

    2009, les déclarations chocs de Pierre Bergé

    «Le Téléthon parasite la générosité des français, la capte d'une manière populiste en exhibant le malheur des enfants myopathes». Le richissime homme d'affaires jette un pavé dans la mare. Selon Pierre Bergé, il serait plus vertueux de redistribuer les sommes perçues entre les associations moins bien dotées. Ses protestations trouvent un écho chez d'autres personnalités à l'instar de Line Renaud qui les justifient: «Il a été très courageux de signaler ce problème (...) il y a trop d'argent au Téléthon, trop!». Une façon de mettre l'accent sur ces associations «laissées-pour-compte» comme celles engagées dans la lutte contre le Sida. La charge du mécène de gauche est doublement virulente puisqu'il est aussi question de l'exhibition d'enfants malades entre deux écrans publicitaires.

    Le sujet est décidément politique car, de nouveau, certains élus s'expriment sur la question. Valérie Pécresse, alors ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, tente de rassurer Pierre Bergé. Elle déclare «entendre dans [son] cri, le cri des associations qui se mobilisent sur le Sida». Tout en ajoutant que l'État ne se désengagerait pas sur ce front. À gauche, Manuel Valls, qui siège à l'Assemblée nationale, évoque «une faute grave» et fustige les propos de ce proche de Ségolène Royal. Les responsables de l'AFM encaissent.

    2010, «Mettre Miss France face au Téléthon est lâche»

    C'est ce que déclare Nagui à l'adresse de TF1. Après les propos de l'animateur, plusieurs voix s'élèvent pour dénoncer «la concurrence déloyale» de la une. Entre la célébration de la beauté et la mise en lumière des maladies incurables, les téléspectateurs tranchent souvent pour le premier choix, d'après les audiences. D'autres animateurs, comme Jean-Marc Morandini, relativisent en vantant les formidables sommes récoltées par le Téléthon et rappellent aussi que la première chaîne n'oublie pas d'inclure en fin de programme «un appel aux dons».

    2013, les amis des bêtes montent au créneau

    Des mouvements de protection animale interpellent l'AFM sur les expérimentations en laboratoire. Cette dernière est accusée de pratiquer et financer la vivisection à grande échelle. Des militants veulent sensibiliser le public sur les coulisses de la recherche. Ces derniers déclarent avoir rencontré «non sans mal» des praticiens au service du Téléthon qui leurs confient: «Vous comprenez, on ne peut pas montrer ça aux gens». En filigranne, la souffrance infligée aux chiens «génétiquement modifiés» pour naître myopathes. L'élevage canin subit différents protocoles expérimentaux afin de «faire progresser la recherche». Les activistes qui parlent d'omerta dans ce milieu, veulent briser le plafond de verre pour faire bouger les lignes. La direction de l'AFM prend le parti de reconnaître publiquement le recours aux essais animaliers, «sous strict respect de la législation en vigueur». Ce nouveau coup de griffe est appelé à perdurer aux dires des organismes de protection des animaux.

    2014, quand le Téléthon pèse (trop) sur les finances d'une ville

    Joris Hébrard, maire FN du Pontet (Vaucluse), ne maintient pas la manifestation. Trop coûteuse pour la ville. Dans son plaidoyer, l'élu frontiste met en avant les 50 millions de dette de sa commune, «nous sommes obligés de faire des économies». L'AFM reçoit une contre-proposition, celle de mettre à disposition «les installations» du Pontet «sans apport humain, ni financier». Toutefois, ce phénomène n'est pas complètement nouveau. Plusieurs municipalités ont déjà communiqué sur les arbitrages financiers soulevés par une telle organisation.


    votre commentaire
  • Chère amie, cher ami,

    Le 9 juillet dernier, le Pr Henri Joyeux a été radié de l’Ordre des médecins pour avoir souligné les contradictions qui existent dans la politique vaccinale en France.

    Le verdict de la chambre régionale du Conseil de l’Ordre est tombé. Il est conforme à ce que l’on pouvait attendre d’un système aux abois pour qui la moindre critique est perçue comme une dangereuse subversion.

    Le scénario était cousu de fil blanc. L’Ordre des médecins ne pouvait pas laisser passer un discours qui fût légèrement différent de celui des autorités de santé. Cela aurait été contraire au despotisme exercé par cette institution sur les médecins bâillonnés avec la double bénédiction de la Sécurité sociale et des laboratoires pharmaceutiques.

    Sans grande surprise, les médias officiels ont répété, sans analyser ni réfléchir, l’information.

    Selon eux, le Professeur Henri Joyeux aurait été radié pour avoir « critiqué la vaccination ». Ces médias « oublient » de mentionner que, sans l’alerte lancée par le Pr. Joyeux, personne ne se serait ému de l’augmentation vertigineuse du coût des vaccins obligatoires passé de 7 euros en 2008 à 39 euros à l’heure actuelle.

    Personne non plus n’aurait pris le temps de vous expliquer qu’en France on mélange sciemment vaccination obligatoire et vaccination recommandée, notamment pour écouler les stocks de vaccins hépatite B, vaccin controversé et non nécessaire pour les petits enfants.

    Tous les médias officiels se font donc les complices d’une stratégie commerciale inique des laboratoires pharmaceutiques. Leurs articles semblent n’être qu’une autre manière de faire de la publicité pour des annonceurs dont l’intérêt premier est que vous soyez désinformés. Dont acte.

    Le Professeur Henri Joyeux se donne le temps pour réfléchir à la meilleure manière de répondre à ses détracteurs. Mais il semblerait utile pour tous qu’il fasse appel de cette décision régionale afin qu’elle soit jugée au niveau national. Ce niveau du Conseil de l’Ordre n’est pas plus indépendant que le précédent, mais cela aura le mérite de continuer à faire vivre un débat nécessaire.

    Par ailleurs, quelle que soit la position prise par le Conseil de l’Ordre en appel, il restera toujours la possibilité de saisir le Conseil d’État qui, en matière de liberté d’expression des médecins, sera - on l’espère - plus rigoureux et protecteur des libertés fondamentales.

    Nous soutenons pleinement et avec détermination l’engagement du Professeur Henri Joyeux dans cette affaire qui reste donc à suivre !

    Si ce n’est pas fait, vous pouvez toujours signez notre grande pétition ici.

    Plainte contre la ministre de la Santé Marisol Touraine. Où en sommes-nous ?

    De notre côté, nous restons en relation étroite avec Maître Bergel-Hatchuel dans le cadre de la plainte que nous avons déposée contre la ministre de la Santé, Madame Marisol Touraine, en novembre dernier. Il est probable, du reste, que les deux affaires soient liées. L’avenir nous le dira.

    Vous étiez près de 2 500 à mandater notre avocate pour agir auprès de la ministre de la Santé et lui demander de mettre de l’ordre dans la politique vaccinale.

    La ministre de la Santé avait deux mois pour répondre à notre requête. Elle ne l’a pas fait. Au bout de deux mois, c'est-à-dire à partir du 14 janvier 2016, un nouveau délai s’est ouvert au terme duquel nous pouvions saisir le Conseil d’État.

    Le 12 février 2016, le gouvernement par le biais du Pr. Benoît Vallet, directeur général de la Santé, a répondu. Les autorités tentent vainement de faire croire qu’il existe une alternative aux vaccins hexavalents avec le kit DTVax + Imovax qui serait accessible à tous gratuitement. Cela s’est révélé inexact. Ce vaccin n’est disponible que pour certains enfants allergiques aux vaccins contre la coqueluche. Il existe en quantité limitée et nécessite une prescription spécifique pour être obtenu. Parmi vous, certains l’ont obtenu relativement facilement grâce à leur médecin, tandis que d’autres ont eu toutes les peines du monde…

    Les autorités avaient jusqu’au 12 juin pour s’expliquer. Ce délai a été prolongé et nous devrions en savoir plus dans les jours qui viennent.


    Des parents laissés dans le doute

    Toutefois, même si le temps des juges est un temps long, ce statu quo ne satisfait personne.

    800 000 bébés naissent tous les ans. C’est autant de familles laissées à l’abandon, confrontées au doute et à l’angoisse.

    Lorsqu’un petit bébé nait, les parents souhaitent lui donner ce qu’il y a de mieux, lui apporter les meilleurs soins. C’est toujours un moment d’anxiété et de joie mêlées. S’y ajoute désormais la culpabilisation des parents que l’on oblige à choisir des traitements qui n’ont rien d’anodin.

    Quand ils posent des questions à l’Etat absent, ils risquent la condamnation. C’est, d’une certaine manière, ce qui s’est passé dans l’affaire des époux Larère. Et, comme l’État refuse de répondre à ces questions délicates, la justice elle-même se trouve obligée de prendre des décisions sibyllines [1].

    Les médecins sont mis dans une situation impossible. S’ils informent les parents des risques sur l’aluminium, l’hépatite B et les vaccins en général (choc anaphylactique par exemple), ils peuvent susciter l’inquiétude de leurs patients et le courroux du Conseil de l’Ordre. S’ils ne disent rien, ils agissent contre la loi (obligation d’information – Loi Kouchner) et ne respectent plus leur serment d’Hippocrate.

    Faire évoluer la loi

    Faire évoluer la situation est possible et nécessaire. Le problème n’est pas d’abord médical. Il est juridique. Trois points doivent être pris en compte par l’Etat :

    1. La responsabilité de l’Etat : Se vacciner contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite est une obligation. Ne pas s’y conformer est une infraction pénale. Si vous ne le faites pas, vous êtes considéré comme délinquant. Vous risquez une condamnation potentiellement sévère et bien des ennuis administratifs. Ce n’est donc pas un choix. Il n’y a par conséquent aucune raison que l’Etat, qui vous impose ce traitement, échappe à sa responsabilité si la vaccination devait mal se passer. Avec six vaccins, dont trois que vous êtes censés avoir choisis, il existe une faille juridique évidente.

    2. La vente liée :
     Il y avait trois vaccins pour un prix de 7 euros. Il y en a six aujourd’hui pour un prix de 39 euros. On vous impose trois valences de plus et vous payez le prix fort, que la Sécurité sociale rembourse. Comment, dans ces conditions, nos gouvernants peuvent-ils être crédibles sur la question de la dette publique, de l’âge des retraites et de la bonne gestion des finances publiques ?


    3. Les risques reconnus liés aux vaccins hépatite B et à l’aluminium :
     A la gabegie financière s’ajoute le scandale sanitaire.

    La Cour de cassation a reconnu à deux reprises, à partir d’expertises scientifiques, l’existence d’un lien entre le vaccin hépatite B et la sclérose en plaques. Et malgré cela, ce vaccin est intégré de fait dans la vaccination obligatoire ! C’est au mieux irresponsable, au pire criminel. Sur l’aluminium, les avis sont plus partagés. Toutefois, les arguments contre l’aluminium (détaillés dans une lettre du Professeur Henri Joyeux que vous trouverez ici http://www.professeur-joyeux.com/rendez-vaccin-dt-polio-aluminium/) sont suffisamment nombreux pour que le risque soit pris en compte, à fortiori dans le cadre de la vaccination obligatoire.
    Le plus simple serait donc de sortir de l’obligation vaccinale qui n’est plus pratiquée par de nombreux pays, à commencer par le Royaume-Uni. Cela suppose aussi que cesse l’exigibilité vaccinale des crèches et des écoles. Il n’est pas normal qu’un enfant ne puisse pas aller en collectivité s’il n’est pas vacciné. Si les autres le sont, ils sont protégés. Alors pourquoi refuser l’accès à un enfant non vacciné ?

    L’autre possibilité serait que l’État contraigne les laboratoires à produire un vaccin conforme à l’obligation telle qu’elle est prévue en France. Il faudrait un peu de courage et de volonté politique pour cela. L’Etat a tout en main pour le faire. Il s’y refuse aujourd’hui et préfère jeter l’opprobre sur les citoyens en les qualifiant d’irresponsables. De l’art d’éviter sa propre responsabilité !

    Le combat continue !

    Augustin de Livois


    votre commentaire
  • Une alternative personnaliste et fédérale pour l’Europe (entretien avec Janpier Dutrieux)

      http://www.europemaxima.com/?p=556

    15 novembre 2009

    Jeanpier Dutrieux est président de Fragments Diffusion et directeur de la lettre bimestrielle et des cahiers de cette association qui inscrit son action «dans le cadre de la pensée fédéraliste». Il est également membre-fondateur de l’Alliance sociale des peuples et pays de France animée par Benjamin Guillemaind.

     

    Janpier Dutrieux est par ailleurs l’auteur de l’essai Les ouvriers de la onzième heure « pour le crédit social », Écrivains associés, 1998, (18 €. port payé chez Fragments Diffusion) dont la seconde partie présente les différentes facettes du fédéralisme, notamment le fédéralisme industriel de Hyacinthe Dubreuil, la symbiotique de Johannes Althusius, le communalisme médiéval et le contrat proudhonien. Il a notamment collaboré Aux sources de l’erreur libérale, L’Âge d’Homme, 2000, à Libéralisme, socialisme, deux frères ennemis, Téqui, 2002, et à Un regard citoyen sur l’économie, Yves Michel, 2002. Janpier Dutrieux anime le site Fragments Diffusion.

     

    ***

     

    L’Esprit européen : Pouvez-vous présenter votre lettre bimestrielle Fragments Diffusion ainsi que votre association ?

     

    Janpier Dutrieux : Fragments Diffusion est une association, créée en 1992, d’alternative personnaliste pour la recherche, la promotion et la diffusion d’une économie créditrice dans le cadre de la pensée fédéraliste. La lettre de Fragments Diffusion a, sur quatre pages bimestrielles, plusieurs objectifs : rappeler la permanence et la complémentarité des propositions économiques, monétaires et sociales alternatives émises par des auteurs comme Pierre Joseph Proudhon, Silvio Gesell, Clifford Douglas, Ernst Wagemann, Alexandre Marc; élaborer une réflexion contemporaine englobante dans la ligne de ces courants de pensée; nourrir la connaissance et la réflexion sur l’actualité et les plus récentes études économiques. Les cahiers de Fragments traitent chacun d’un sujet thématique relatif aux objectifs de l’association.

     

    Pourquoi ce titre ? Par référence à l’intuition proudhonienne que nous reprenons en exergue de nos publications : « La nation française ne renaîtra que de ses fragments ».

     

    L’E.E. : Qu’entendez-vous par « alternative personnaliste » ? Vous réclamez vous d’Emmanuel Mounier ?

     

    J.D. : Fragments Diffusion a l’ambition de favoriser l’émergence d’un débat favorable à l’établissement d’une société à hauteur d’homme, à travers une approche personnaliste de la société, c’est-à-dire qui reconnaisse la pleine et entière souveraineté de fait et de droit, la liberté et la responsabilité, de toutes les sociétés et de tous les États ou corps intermédiaires, en partant de l’homme jusqu’à l’humanité. Je fais notamment référence ici à la démarche et aux travaux d’Alexandre Marc et de l’Ordre Nouveau qui, dans son manifeste du 31 mars 1931, affirmait : « ni individualistes, ni collectivistes, nous sommes personnalistes ». Mais avec Emmanuel Mounier, des auteurs plus anciens qui inspirèrent ou inspirent les analyses personnalistes, Aristote, Thomas d’Aquin, Althusius, Proudhon, Péguy, Simone Weil, Jean-Paul II, impriment également notre pensée.

     

    L’E.E. : Pensez-vous que le personnalisme soit conciliable avec le fédéralisme ?

     

    J.D. : C’est avec saint Thomas d’Aquin que la personne devient la substance première alors qu’auparavant c’était la cité qui, avec Aristote, était le corps politique parfait. La personne est membre des sociétés qui l’entourent en tant qu’être dépendant, obligé de chercher autour d’elle, dans son milieu social, les éléments de sa vie et de son développement. Mais pour autant, et c’est en cela qu’elle est autonome, c’est « un être spirituel dont les opérations propres sont immanentes, elle transcende le milieu social dans lequel elle plonge », écrit saint Thomas. La personne n’est pas autosuffisante puisqu’elle a besoin de la société, d’où l’idée de la suppléance, mais parce qu’elle est ordonnée à Dieu, elle se suffit à elle-même, elle est autonome et libre de ses actes et de ses fins. Les deux principes fondateurs du personnalisme et du fédéralisme, l’autonomie et la subsidiarité, trouvent ici leur fondement que déclineront notamment après lui Althusius, Proudhon, Mounier, et Marc.

     

    L’E.E. : En lisant vos publications, vous faites un sort tout particulier aux questions économiques et sociales. Le fédéralisme a-t-il une dimension sociale et économique ?

     

    J.D. : Le fédéralisme ne peut être viable que s’il repose sur l’ordre et s’élève dans la solidarité. Un système financier qui génère des revenus non gagnés et des rentes de toute nature ne peut produire que des désordres, des distorsions et des concentrations économiques qui interdisent toute mutualité et toute solidarité. C’est aussi à juste titre qu’Alexandre Marc pensait que le « minimum social garanti » (M.S.G.) qu’avait imaginé l’Ordre nouveau est « le sens ultime d’une société fédéraliste ! » (1). Ce combat me semble essentiel et préalable à tout autre. Je fais remonter cette tradition économique communautaire aux premières monnaies fondantes médiévales, connues sous le nom de bractéates, qui circulaient dans un espace et un temps donnés lors des grandes foires. Idéal financier communautaire qui se prolonge avec Proudhon, Silvio Gesell, Clifford Douglas, et continue encore sous diverses formes avec des personnalités aussi trempées et apparemment éloignées que Maurice Allais et Michel Aglietta. Fragments Diffusion milite pour l’instauration d’une monnaie de crédit social exclusivement émise par la Banque centrale, réservée au circuit économique, et périodiquement annulée puis renouvelée afin qu’elle ne puisse être thésaurisée.

     

    L’E.E. : Vous vous réclamez du créditisme. De quoi s’agit-il ? Et en quoi le créditisme est-il fédéraliste ?

     

    J.D. : Je me réclame d’une « économie créditrice », sans doute inspirée du crédit social ou « créditisme », mais qui entend le dépasser.

     

    En effet, le crédit social est un ensemble de mesures d’ordre monétaire, énoncées par Clifford Hugh Douglas, théoricien prékeynésien. Douglas proposait notamment d’équilibrer la production, en volume, à la masse monétaire disponible, par l’émission de crédits non couverts par de l’épargne, et par leur annulation dans l’hypothèse d’une réduction du prix global de la production. Ces crédits devaient être distribués directement aux citoyens sous forme de dividendes uniformes afin de venir compléter les revenus de l’emploi, ou venir compenser des baisses (ou escomptes) de prix demandées par la population aux producteurs. Mais plus largement, je soutiens une économie créditrice, de préfinancement et de conception institutionnaliste, dans la continuité des travaux de C. Douglas (cf. Social credit, 1924, The monopoly of credit), mais également d’Alexandre Marc, (cf. Esquisse d’une économie fédéraliste, M. Marc-Lipiansky, 1976), de Silvio Gesell (La monnaie franche, 1914), de Ernst Wagemann, de Rudolf Hilferding, par opposition aux deux modèles d’« économie de marchés financiers » et d’« économie d’endettement » théorisés par le prix Nobel d’économie 1972 John Richard Hicks.

     

    La réflexion amorcée autour de l’économie créditrice suppose un dépassement des concepts matérialistes développés par les écoles libérales et dirigistes. Par exemple, il s’agit d’opposer aux notions de valeur d’échange, valeur rareté et valeur travail, chères aux marginalistes et aux marxistes, la notion de valeur d’usage qui sous-entend l’idée d’un bien commun, d’un corps intermédiaire usager. Occultés dès la Renaissance, la valeur d’usage est au fédéralisme ce que la valeur rareté est à l’individualisme libéral et la valeur travail au productivisme, les deux faces d’un même matérialisme. Par exemple, il s’agit de concevoir une monnaie interne non thésaurisable, ancrée dans la sphère de souveraineté qu’elle représente. L’intérêt que nous portons à l’école institutionnaliste et aux travaux de Michel Aglietta et André Orléan est ici évident.

     

    L’E.E. : Quel regard l’économie créditrice porte-t-elle sur les théories socio-économiques alternatives telles que l’économie distributive, l’idée gaulliste de la participation, la vision sociale de Hyacinthe Dubreuil ou la doctrine sociale de l’Église catholique ?

    Lire la suite...


    votre commentaire
  • Minsky, une interprétation prémonitoire des crises …

    par Dominique Plihon, Université Paris-Nord, conseil scientifique d’Attac (27-05-2016)

      http://veblen-institute.org/Minsky?lang=fr

      La crise financière a redonné vigueur aux analyses de John Maynard Keynes et de ses disciples, qu’il s’agisse de Charles Kindleberger et de son approche historique des crises, de John Kenneth Galbraith et de son interprétation de la crise de 1929 d’une grande actualité, ou de Hyman Minsky, dont l’hypothèse d’une instabilité financière intrinsèque du capitalisme apparaît prémonitoire aujourd’hui.

      Fils de deux militants socialistes, Minsky a rédigé sa thèse sous la direction de Joseph Schumpeter et de Wassily Leontief dont les visions globales du capitalisme eurent une grande influence. Ses nombreux travaux (une centaine d’articles) et son livre majeur « Stabilizing an Unstable Economy », publié en 1986 (et désormais traduit en français par l’Institut Veblen et Les petits matins) eurent un certain retentissement aux Etats-Unis. Ses séminaires à l’Université de Berkeley, auxquels participaient des banquiers, lui permirent d’élaborer sa fameuse « hypothèse d’instabilité financière ».

    Un schéma d’analyse très keynésien

      Selon Minsky, qui reprend à son compte la vision pessimiste de la finance de Keynes, l’instabilité des marchés financiers est endogène, en d’autres termes inhérente au comportement des acteurs financiers et des entreprises. Le principal mécanisme qui pousse l’économie capitaliste vers l’instabilité financière et vers les cycles économiques est l’accumulation de la dette par les entreprises. Minsky distingue trois types de comportements en ce qui concerne le financement des investissements : (1) le financement couvert (hedge financing) dans lequel le paiement des intérêts et du principal de la dette est couvert par le rendement attendu de l’investissement ; (2) le financement spéculatif (speculative financing), où le rendement anticipé de l’investissement ne couvre que le paiement des intérêts, la dette étant constamment reconduite ; enfin (3) le financement à la Ponzi (Ponzi financing), où les revenus de l’investissement ne permettent même pas de couvrir les charges d’intérêt, la survie du projet dépendant de la possibilité de s’endetter encore plus, ou de vendre des actifs. Le terme Ponzi vient du nom de l’escroc (un précurseur de Madoff …) qui, dans les années 1920, a ruiné des épargnants bostoniens en leur proposant des rendements exceptionnels fondés sur un système de financement par cavalerie.

    Lire la suite...


    votre commentaire
  • Le grand retour des monnaies locales
    Publié le 18 mars 2016 - Mis à jour le 21 mars 2016

     

    Claire Sejournet   Curieuse et enthousiaste, rien ne m'inspire plus qu'une balade en forêt !
    © Move Movie - Mars Film
      
     
    http://www.femininbio.com/agir-green/actualites-nouveautes/grand-retour-monnaies-locales-83146

     

       Redonner du sens à nos achats, tisser du lien social, soutenir l’activité locale... Portées par des valeurs de coopération et d’entraide, les monnaies locales dynamisent les communautés qui les adoptent.

     

     

    Coopérer, s’entraider, valoriser les services locaux… Pour Bernard Lietaer, économiste et auteur de Au cœur de la monnaie (Éditions Yves Michel, 2013), pas de doute, ces piliers des monnaies locales sont des valeurs féminines. Pour ce spécialiste reconnu des monnaies locales, on peut analyser leur retour en force en se basant sur l’inconscient collectif et les archétypes traditionnels.

    L’histoire recèle de périodes vastes où monnaies nationales et monnaies locales cohabitaient. Il en va ainsi du haut Moyen Âge où la monnaie nationale, frappée dans une matière noble, pouvait s'épargner et gagnait de la valeur au fil du temps, renforcée par les intérêts qu'elle générait. Elle avait une force d’expansion, de domination et de compétition. Des valeurs masculines, ou yang.

    Au niveau local, d'autres monnaies circulaient en parallèle pour permettre les échanges, certains territoires en comptaient même plusieurs qui cohabitaient. Frappées dans des matières non nobles, elles irriguaient la communauté locale et n'avaient pas vocation à être accumulées. L'argent était au contraire investi dans des projets de long terme. Bernard Lietaer qualifie ces monnaies de yin.

    Pour cet universitaire belge, la fin du système bimonétaire coïncide avec le refoulement de l’archétype féminin de "Déesse mère", qui symbolise l’abondance pour tous, au profit d’archétypes comme le guerrier ou le magicien. Cet effacement a laissé ressortir deux ombres, la cupidité et l’avidité, les deux biais du système financier actuel, qui sont renforcées par l’uniformisation de l'utilisation des monnaies yang comme monnaies d’échange tant au niveau local que lointain. Utiliser la même monnaie pour tous les échanges tend en effet à favoriser les grands groupes et les marchés financiers au détriment des petits acteurs.

    "La réflexion de Bernard Lietaer nous amène à comprendre le retour des monnaies locales aujourd’hui, analyse Étienne Hayem, fondateur du réseau Symba. Nous vivons un profond changement de paradigme dans notre société, avec un rééquilibrage entre les valeurs féminines et masculines. Il est donc logique de voir émerger des monnaies locales maintenant."

      Mais au fait, de quoi parle-t-on ?
    Pour présenter les monnaies locales, Nicolas Briet, chargé de communication de l’association La Gonette, la nouvelle monnaie locale lyonnaise, aime les comparer à un collier de perles. "Les perles, ce sont les acteurs locaux engagés ; le fil, la monnaie locale qui les lie entre eux et permet de faire quelque chose de joli et d’intégré." Un beau programme donc, pour une autre façon de penser l'argent et son usage.

    Lire la suite...


    votre commentaire