• Vraiment vertes, les énergies renouvelables ?

     

     

      Philippe Bihouix est ingénieur, centralien, et auteur de “Quel futur pour les métaux ?” ainsi que de “L’Âge des Low Tech, vers une civilisation techniquement soutenable”. Pour lui, notre modèle de société touche à sa fin, du fait de l'épuisement progressif des ressources minières et fossiles. Et ce ne sont pas les énergies renouvelables ou la croissance verte qui nous sauveront.

    Bon, et maintenant, on fait quoi ? On va où ?

    - Tu parles dans tes livres de la fin du pétrole bon marché, des métaux indispensables à nos technologies. Le modèle de société actuel est-il dans une impasse ? 

    C'est toujours très délicat de crier au loup sur la question de la disponibilité des ressources. Parce que le débat n'est pas nouveau : d'un côté ceux qui pensent que les innovations technologiques permettront à l'humanité de subvenir éternellement à ses besoins matériels (les "cornucopiens", du latin cornu copiae signifiant "corne d'abondance"), de l'autre, les gens qui disent que ça va se passer de plus en plus difficilement, et que l'effondrement est inévitable.

    Dès les années 50, issus du mouvement conservationiste américain, William Vogt, ou Fairfield Osborn, expliquent que tout va s'écrouler... Plus tard, en 1967, René Dumont signe "Nous allons à la famine", l'année suivante Paul Ehrlich traite de la surpopulation humaine avec "La Bombe P", puis vient le fameux Rapport Meadows du Club de Rome en 1972 ("The Limits To Growth", littéralement "Les limites à la croissance"). 

    "Nous sommes dans une impasse, mais que c'est extrêmement difficile d'en déterminer le terme."

    Il faut également remonter loin pour entendre chanter l'abondance par la technologie. Dans les années 50-60, les américains Herman Kahn, Alvin Toffler, et Buckminster Fuller, sont les prophètes de ce courant de pensée, qui répondent aux inquiétudes sur l’accroissement rapide de la population et le risque d’épuisement des ressources naturelles.

    Lire la suite...


    votre commentaire
  • Nous voulons des coquelicots

        Appel des 100 pour l’interdiction de tous les pesticides de synthèse

       Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant. Ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin, dans le nectar des fleurs et l’estomac des abeilles, dans le cordon ombilical des nouveau-nés, dans le nid des oiseaux, dans le lait des mères, dans les pommes et les cerises. Les pesticides sont une tragédie pour la santé. Ils provoquent des cancers, des maladies de Parkinson, des troubles psychomoteurs chez les enfants, des infertilités, des malformations à la naissance. L’exposition aux pesticides est sous-estimée par un système devenu fou, qui a choisi la fuite en avant. Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place. Il y en a des milliers.

      Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est défigurée. Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans; la moitié des papillons en vingt ans; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards; les grenouilles et les sauterelles semblent comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Ce monde qui s’efface est le nôtre et chaque couleur qui succombe, chaque lumière qui s’éteint est une douleur définitive. Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde !
    Non, nous ne voulons plus. À aucun prix. Nous exigeons protection.

      Nous exigeons de nos gouvernants l’interdiction de tous les pesticides de synthèse en France. Assez de discours, des actes.

    https://nousvoulonsdescoquelicots.org/


    votre commentaire
  • Les cinq plus gros producteurs de viande et de lait polluent plus que les pétroliers

       Sur les 35 plus gros producteurs de viande et de lait, plus de la moitié n'ont pas émis d'objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.   Pixabay

        Selon une nouvelle étude, les cinq principaux producteurs de viande et de lait émettent, ensemble, plus de gaz à effet de serre que les plus gros producteurs pétroliers que sont Exxon, BP ou Shell. Et la courbe n'est pas prête de s'inverser, seule une petite poignée ont des objectifs concrets de réduction des émissions en concordance avec les ambitions de l'Accord de Paris.

      L’industrie pétrolière a longtemps été pointée du doigt pour la pollution qu’elle générait. Aujourd’hui, il faut aussi regarder du côté des producteurs de viande et de lait. Selon un nouveau rapport de l’ONG Grain et de l’IATP (Institute for agricultural and trade policy), les cinq plus grosses entreprises de ces secteurs que sont JBS, Tyson Foods, Cargill, Dairy Famers of America et Fonterra polluent plus que Exxon, BP ou Shell. Plus préoccupant encore, les 20 premiers producteurs de viande émettent autant de gaz à effet de serre qu’un pays comme l’Allemagne et doublent presque celles de la France !

    Seul Danone a un objectif de "zéro émission nette"

    Lire la suite...


    votre commentaire
  •   jeudi 9 novembre 2017, par Attac France

    Dans un rapport publié ce jeudi 9 novembre et intitulé « Apple, le hold-up mondial », Attac révèle que, sans ses montages fiscaux sophistiqués, la marque à la pomme aurait du payer 16 milliards d’euros d’impôts à l’échelle de l’Union européenne, dont 2,7 milliards pour la France, depuis 2002. Les révélations des « Paradise Papers » viennent nous confirmer qu’Apple perpétue encore à ce jour sa stratégie de contournement de l’impôt. Face à ces abus Attac propose une série de mesures pour lutter efficacement contre l’évasion fiscale des multinationales : reporting public pays par pays, taxation des multinationales comme entreprises unitaires, renforcement des moyens de l’administration fiscale... Cette publication s’inscrit dans le cadre de la campagne #iPhoneRevolt, lancée à l’occasion de la sortie de l’iPhone X, et pour laquelle Attac va continuer à mener des actions, pour exiger de la plus grande firme au monde qu’elle paye sa juste part d’impôts.

      Apple est à ce jour la première multinationale au monde, générant chaque année des milliards de dollars de profits. Mais cette prospérité repose sur une évasion fiscale d’une ampleur sans pareille. Les comptes d’Apple révèlent qu’elle enregistre les deux-tiers de ses bénéfices à l’international où son taux d’imposition est de 4,5 %. Elle réalise cette prouesse en étroite collaboration avec l’Irlande, où elle accumule l’essentiel de ses bénéfices internationaux mais n’y paie quasiment pas d’impôts.

      Face à cette situation, la réaction des États n’est pas à la hauteur des enjeux. Alors que la Commission européenne a prononcé un redressement de 13 milliards d’euros sur la base du taux d’imposition de 12,5 % en Irlande, l’addition serait plus importante si les pays réellement lésés réclamaient leur juste part. Pour l’Union européenne, cela représenterait 16 milliards d’euros, dont 2,7 milliards pour la France.

    Le cas d’Apple est par bien des aspects exemplaire des pratiques fiscales actuelles des multinationales et souligne l’urgence de prendre des mesures pour y mettre fin. Le reporting public pays par pays, toujours pas adopté par la France et l’Union européenne, est plus que jamais nécessaire pour lever tout à fait le voile sur ces pratiques. La fin de l’impunité fiscale implique quant à elle le renforcement de tous les maillons de la chaîne de lutte contre l’évasion fiscale : administratif, judiciaire et politique. La taxation des multinationales comme entreprises unitaires, sur la base d’indicateurs de leur activité réelle dans chaque pays, contribuerait à immuniser durablement le système fiscal contre les transferts artificiels de bénéfices vers les paradis fiscaux. Enfin, mettre fin au principe de la responsabilité limitée pour qu’une entreprise multinationale soit reconnue comme une entité économique unique permettrait que l’ensemble des activités des filiales relèvent également de la responsabilité de l’entreprise mère et, par conséquent, des États d’origine.

    Conjointement, ces mesures offrent une chance de restaurer les recettes fiscales nécessaires à notre société pour relever les défis sociaux et écologiques qui l’attendent. Et la signature d’un Traité international contraignant sur les entreprises multinationales, négocié dans le cadre de l’ONU, serait l’occasion de faire en sorte que les droits des peuples, les droits sociaux et le droit de l’environnement priment enfin sur l’impunité fiscale et juridiques des entreprises multinationales.


    votre commentaire
  • Lombalgie, sciatique… : Lyrica et Neurontin inefficaces et comportant des effets secondaires

    Psychomédia    Publié le 4 juillet 2018

        Les médicaments anticonvulsivants tels que la gabapentine (Neurontin) et la prégabaline (Lyrica) pour le traitement des douleurs lombaires sont inefficaces, selon une étude australienne publiée dans le Canadian Medical Association Journal) (CMAJ).

       L'utilisation de ces médicaments pour traiter les douleurs lombaires a augmenté considérablement au cours des dernières années, malgré le peu de preuves à l'appui, indiquent le Dr Oliver Enke et ses collègues de l'Université de Sydney.

     

       Leur prescription pour les douleurs dorsales et cervicales, dont les douleurs radiculaires (provoquées par la compression d'un nerf au niveau de sa racine) dans les soins primaires, a augmenté de 535 % au cours des 10 dernières années.

       La lombalgie affecte des millions de personnes et est la première cause d'invalidité. Les lignes directrices de pratique clinique recommandent habituellement des traitements non pharmacologiques et des analgésiques non opioïdes plutôt que des analgésiques plus puissants comme les anticonvulsivants.

       Les chercheurs ont réalisé une revue systématique de la littérature et recensé 9 essais comparant le topiramate (Epitomax, Topamax), la gabapentine ou la prégabaline à un placebo chez 859 participants souffrant de lombalgie non spécifique, de sciatique ou de claudication neurogène.

    Lire la suite...


    votre commentaire
  • Europe: une partie de l’épargne bientôt saisie en banque

     https://www.letemps.ch/economie/2017/09/25/europe-une-partie-lepargne-bientot-saisie-banque

    Les politiciens votent des lois stipulant que l’épargnant sera désormais saisi d’une partie de son patrimoine en banque afin de renflouer les institutions financières. L'opinion de Didier Maurin, le directeur de Katleya Gestion

    OPINION. De nombreux Etats sont aujourd’hui tellement endettés qu’ils ne sont même plus en mesure d’assurer le remboursement des intérêts de leurs dettes. La conséquence ubuesque de cette situation en est l’apparition de taux d’intérêt négatifs, qui impliquent qu’en leur prêtant de l’argent, les banques centrales leur versent des intérêts dans le même temps! Une nouveauté historique en somme!

    Imaginez! Votre banque vous prête 100 000 francs à –0,5%. Cela signifie que vous toucherez 500 francs d’intérêts par an pour avoir eu la gentillesse de contracter ce prêt. Ne riez pas! C’est exactement ce qui arrive à de nombreux Etats surendettés dans le monde, car leur banquier, les banques centrales, leur octroie des taux d’intérêt négatifs afin qu’ils ne fassent pas faillite.

    Une crise financière grave

    Naturellement, en cas de crise financière grave, un tel Etat n’est absolument pas en mesure de renflouer des banques ou des compagnies d’assurances en difficulté étant donné qu’il a déjà du mal à rembourser ses dettes lui-même. Or, de nombreux Etats européens sont dans cette situation, ce qui a amené les politiciens à voter des lois stipulant que l’épargnant sera désormais saisi d’une partie de son épargne en banque afin de renflouer les institutions financières.

    Blocage des contrats d’assurance vie en France

    La loi Sapin 2, ensuite, votée le 9 décembre dernier par le gouvernement français et qui donne toute latitude au ministre des Finances pour bloquer les contrats d’assurance vie et ne pas procéder au remboursement de tout ou partie de l’épargne, soi-disant pour une période limitée.

    Ne perdons pas de vue que dans le prolongement de ces deux réglementations, une troisième serait en préparation pour octroyer tout pouvoir à des ministres de bloquer les comptes bancaires dans le cas d’une crise grave, afin d’éviter le bank-run, comme disent les Anglo-Saxons, cette situation dans laquelle tout le monde se précipite à sa banque pour retirer ses économies.

    Au regard de toutes ces réglementations, il est clair que nombre de politiciens se préparent à la prochaine crise financière internationale, car ils ne comptent pas, comme ce fut le cas lors de la crise des «subprime» en 2007, appeler les Etats en comblement de passifs. Or, pour bien protéger les banques et les compagnies d’assurances, ils doivent donner un cadre légal à ces futures saisies, car ils s’attendent à ce qu’elles soient attaquées juridiquement par nombre d’épargnants et autres associations de consommateurs. En effet, il faut pouvoir leur répondre: «C’est la loi!»

    La menace «Donald Trump»

    Par ailleurs, nous n’aurons peut-être pas à attendre si longtemps pour connaître une nouvelle crise, puisque Donald Trump vient d’abroger de nombreuses règles qui prévalaient jusqu’alors pour empêcher les banques de faire tout et n’importe quoi. C’est pourtant l’annulation de la réglementation instaurée après la crise de 1929 qui généra plus tard la crise des «subprime» aux Etats-Unis.

    Pour conclure, même si certaines banques centrales, telle la Réserve fédérale américaine ou la Banque centrale européenne (BCE), laissent entrevoir que les taux d’intérêt vont remonter afin de donner le sentiment que la situation s’améliore, je fais partie de ces financiers qui n’en croient rien. En effet, le monde entier est aujourd’hui trop endetté pour que les banques centrales remontent leur taux, car elles nous mèneraient alors vers une forme de suicide économique.

    La protection apportée par l’or et l’immobilier international

    Aujourd’hui, l’immobilier international et l’or sont sans doute les meilleurs vecteurs du moment pour bien protéger l’épargnant face à ces risques. En effet, dans tous les cas, c’est la valeur des actifs qui compte aujourd’hui en matière de sécurité, le reste n’étant que du papier, à l’image de ces obligations d’Etat dont on ne sait jamais si elles seront remboursées un jour.


    votre commentaire
  • La fontaine qui rend l’eau potable : en Afrique, Asie et Amérique, ils l’ont testée

    Rendre propre à la consommation n’importe quelle eau, c’est le pari qu’a fait un Français en créant une fontaine qui peut recycler l’eau de pluie, des marais ou des rivières. Nous avons échangé avec des personnes au Cameroun, au Sri Lanka et en Haïti qui croient au "Safe Water Cube" pour répondre aux problèmes d’accès à l’eau.

    Près de deux milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau potable dans le monde. La faute à des infrastructures défaillantes, à des maladies présentes dans l’eau, voire à des catastrophes naturelles la rendant impropre à la consommation.

    Un ingénieur nantais travaille depuis 10 ans sur un dispositif pouvant rendre l’eau potable sans pour autant consommer d’électricité. Le résultat : "Safe Water Cube", un cube en inox d’environ 1 mètre cube, associé à une pompe à eau manuelle. 

    Une des fontaines à eau installé à Haïti. Photo Safe Water Cube.

    Comment ça marche ?
        L’eau est pompée et incorporée dans le réservoir. La machine effectue alors un filtrage pour éliminer toutes les bactéries, mais sans détruire les minéraux bons pour la santé. L’opération se fait en cinq étapes, sans utilisation de produits chimiques :
         -un filtre à sable
    •    -un filtre à charbon actif, qui permet d’éliminer les éventuels pesticides et éclaircit l’eau
    •     -une cuve de décantation qui va permettre de retenir la matière en suspension dans l’eau

      - deux micro-filtres en céramique pour éliminer les dernières impuretés et toutes les bactéries – le filtrage fonctionne sur des particules à partir d’une taille de 0,02 micron

    Lire la suite...


    votre commentaire
  • Le cholestérol : un ami qui vous veut du bien !

    Un médecin reconnu dénonce l’arnaque des statines

    7 millions de français prennent des statines chaque année. Vous et vos proches êtes peut-être concernés. Il est urgent que vous soyez informés.
     
    Les statines ne sont pas efficaces contre les crises cardiaques. Cependant, il existe des solutions naturelles et prouvées pour réduire les risques cardiovasculaires.

    Dans son livre Cholestérol : on vous ment, on vous manipule, le Docteur Jean-Paul Curtay vous dévoile des informations introuvables ailleurs concernant le Cholestérol.  
     La lettre du jour :  

    Chère amie, cher ami,

    Si vous avez lu les livres du Dr Michel de Lorgeril, chercheur au CNRS, expert en cardiologie et médecin nutritionniste, vous savez que le cholestérol est innocent des crimes qu’on lui impute.

    Non, le cholestérol n’est pas responsable des maladies cardiovasculaires.

    Non, il n’y a pas un bon et un mauvais cholestérol.

    Oui, ceux qui manquent de cholestérol risquent davantage de développer des cancers et d’avoir des problèmes de santé,

    Oui, les statines et tous les médicaments qui visent à faire baisser le cholestérol, y compris la levure de riz rouge ne sont pas bons pour la santé.

    Oui, les statines sont des médicaments à la fois inutiles et dangereux :

    • Inutiles, parce qu’ils ne s’attaquent pas à la vraie cause du problème qu’ils prétendent résoudre, c’est-à-dire prévenir les maladies cardiovasculaires.
    • Dangereux, pour deux raisons :
      • D’une part, ils font baisser le cholestérol alors que celui-ci est bon pour la santé,
      • D’autre part, ils provoquent des effets secondaires importants qui peuvent limiter fortement le bien-être des patients qui les consomment.

    Dans son livre, Prévenir l’infarctus et l’accident vasculaire cérébral, le Dr Michel de Lorgeril précise :

    « Ce qui est particulier dans la toxicité des statines, c’est qu’elle cumule deux toxicités : celle spécifique aux molécules elles-mêmes (…) et celle résultant de la diminution du cholestérol » (1).

    Il rappelle un peu plus loin que parmi les effets secondaires inacceptables chez les patients on trouve fréquemment des douleurs musculo-ligamentaires et des manifestations neuropsychiatriques violentes qui peuvent mener au suicide.

    Bref, ces perspectives éventuelles devraient faire réfléchir un médecin avant de prescrire une statine ou un patient avant d’accepter sa prescription.

    Il est évident cependant, que si vous prenez des statines en ce moment, et que vous souhaitez arrêter le traitement, il est préférable d’en parler avec votre médecin au préalable pour que tout au long de l’opération vous soyez suivi.

    Pourquoi ? Parce que malgré tout, notre corps s’habitue aux produits qu’on lui donne (même les toxiques) et lorsque l’on modifie radicalement une habitude de consommation, on perturbe à nouveau le métabolisme. Il est donc bon, dans ces moments de transition, d’être dûment suivi par un professionnel de santé compétent.

    Le cholestérol innocent : c’est prouvé scientifiquement !

    Pendant des années, la médecine officielle nous a dit qu’il fallait traquer le cholestérol. C’est lui qui, supposément, bouchait les artères et provoquait des crises cardiaques.

    Face à cette calamité, les laboratoires pharmaceutiques disposaient de la panacée : statines pour tout le monde et à volonté !

    Encore aujourd’hui plus de 7 millions de personnes en France prennent ce médicament et 220 millions de personnes à travers le monde.

    Et pourtant le dogme du cholestérol n’est plus aussi solide qu’il n’a été.

    En 2015, une étude américaine (2) est venue confirmer que le cholestérol alimentaire n’est pas un facteur de risque pour les maladies cardiovasculaires

    L’hypercholestérolémie est toujours pointée du doigt (tout de même !), mais vous verrez que cette position, finira par évoluer, elle aussi… C’est en tout cas la prédiction du Dr Michel de Lorgeril !

    Trop baisser votre cholestérol menace votre santé

    Il faut savoir que le cholestérol, qui est une graisse, remplit de très nombreuses fonctions dans l’organisme.

    Par exemple, il transporte les nutriments lipophiles (solubles dans les graisses) dans le corps. Il aide à renforcer l’immunité ainsi que les fonctions cognitives.

    C’est une molécule naturelle importante de notre corps, dont les scientifiques n’ont pas fini de découvrir les vertus !

    Le réduire comporte donc des risques, notamment chez les personnes affaiblies : âgées ou malades.

    Des scientifiques se sont donné la peine d’analyser un large spectre d’études (19 au total). Ils ont découvert que dans 80% des cas, les seniors disposant de plus de cholestérol ont vécu plus longtemps que ceux qui en avaient moins. (3)

    Cela veut dire que l’objectif recherché pour un patient n’est pas simplement de faire baisser un niveau de cholestérol. Cette information, en elle-même, ne vaut rien.

    Ce qu’il faut, c’est trouver le bon équilibre. L’excès de mauvaises graisses n’est jamais bon. Mais l’insuffisance de graisse est également dangereuse pour la santé.

    L’oxydation, le vrai danger pour les artères

    La vraie cause des maladies cardiovasculaire est l’oxydation.

    Le paradoxe de nos vies est que nous avons besoin d’oxygène pour respirer. Mais cet oxygène est également toxique. Lorsque nous le respirons, il déclenche une chaîne de réactions nuisibles pour les artères.

    En effet, il oxyde nos cellules. Par réaction, elles créent des radicaux libres. Ces derniers déclenchent des inflammations qui causent des lésions aux tissus à l’intérieur de l’artère. Les tissus cicatrisent et se raidissent en même temps.

    En outre, la cicatrisation crée une « bosse » sur les artères, exactement comme le fait la cicatrisation d’une plaie, sur la peau. Sauf, que dans l’artère, cette déformation peut être fatale.

    Le meilleur moyen de lutter contre les maladies cardiaques est donc de lutter contre l’oxydation.

    Voici trois conseils pour y parvenir.

    1. Consommer de la vitamine

    Pour limiter les effets des réactions de notre corps à l’oxydation, rien de tel que de consommer des antioxydants, à commencer par la vitamine C. Cette dernière stabilise les radicaux libres.

    Dans l’alimentation, on trouve de la vitamine C dans les aliments suivants : persil, oranges, citrons, pamplemousse, kiwis, fruits rouges...

    Les autorités recommandent de consommer 100 mg de vitamine C par jour. Il est relativement facile d’y parvenir. L’ennui est que cela permet seulement d’éviter le scorbut, soit une maladie causée par un déficit extrême en vitamine C.

    Pour éviter l’oxydation et donc les maladies cardiovasculaires, il faut être plus ambitieux. Il faut viser un gramme ou deux de vitamine C par jour, soit 10 à 20 fois plus que la recommandation officielle !

    Pour y parvenir, il faut consommer plus que cinq fruits et légumes par jour !

    Sans compter, que la teneur des fruits en vitamine et nutriments a baissé au fil des années.

     A moins qu’ils ne viennent directement de votre jardin et que vous viviez dans une région ensoleillée où l’agriculture bio est largement pratiquée, il est probable que vos fruits et légumes ne disposent pas des quantités de vitamine C attendues.

    Ajoutez à cela le fait que le stress, la pollution, les agressions extérieures en tout genre font également baisser les taux de vitamine C, et vous arriverez à la conclusion logique qu’il est bien difficile de maintenir, dans son corps, des taux de vitamine C satisfaisants.

    C’est la raison pour laquelle, se supplémenter en vitamine C est parfois la meilleure stratégie à adopter.

    Il existe différents types de vitamine C sur le marché des compléments alimentaires. Si l’on veut en consommer à des fins préventives, on peut prendre :

    >> Du sodium ascorbate ou l’acide ascorbique en poudre : 1 ou 2 grammes dilués dans l’eau tous les jours.

    >> De la vitamine C liposomale : 1 gramme par jour.


    Le sodium ascorbate est de l’acide ascorbique tamponné par du sodium.

    La vitamine C liposomale est du sodium ascorbate encapsulé dans de la graisse. L’avantage de cette forme de vitamine est qu’elle accède directement dans les cellules. Son inconvénient est son prix élevé.

    Aussi, à titre personnel, la solution que j’ai retenue est de prendre un peu de poudre de sodium d’ascorbate tous les jours avant de me coucher. C’est simple et pas cher. On en trouve, par exemple, chez Vitamax ou chez Alimed, deux laboratoires présents à notre dernier congrès.

    1. Prendre du curcuma

    Ce n’est plus un secret pour de nombreuses personnes qui s’intéressent à la médecine naturelle : la curcumine est une épice aux multiples vertus pour la santé.

    Elle est utile pour prévenir les maladies cardiovasculaires car elle est à la fois antioxydante et agit sur les plaques qui se forment au sein des artères à cause de l’inflammation.

    La difficulté est souvent de trouver du curcuma de qualité, dont la curcumine soit biodisponible.

    C’est le cas, par exemple, du curcuma développé chez Solage laboratoires, un petit labo français, également présent à notre congrès, dont j’apprécie le sérieux.

    1. Consommer du chocolat noir

    Le chocolat noir est excellent pour la santé. Malheureusement notre goût s’est souvent habitué au chocolat au lait ou pire au chocolat blanc qui sont eux à limiter au maximum, voire à proscrire car ils sont chargés en sucres et en mauvaises graisses.

    Evidemment à quelques jours du réveillon de Noël ou du nouvel an, ce n’est pas forcément simple.

    Mais dans la boîte de chocolat qui vous est tendue par la tante Berthe que vous n’avez pas vue depuis deux ans, et à qui vous ne pouvez rien refuser, mieux vaut opter pour l’escargot de pur chocolat noir qui est sur le côté. De toute façon, personne ne l’a pris avant vous !

    Car la poudre de cacao a un effet antioxydant intéressant (3).

    En outre, le chocolat peut remonter le moral et limiter le stress : c’est moins de radicaux libres lâchés dans votre corps ! C’est toujours cela de gagné !
    Naturellement vôtre,

    Augustin de Livois

    PS : Vous souhaitez plus d’informations sur la vitamine C ? Retrouvez les vidéos de toutes les conférences sur la vitamine C ainsi que la soirée exceptionnelle et les deux dossiers spéciaux vitamine C dans le Pack intégral des vidéos du 3ème congrès international de santé naturelle.

    Toutes les informations ici: https://www.ipsn.eu/constituez-videotheque-personnelle-de-sante-quil-ne-soit-tard/
     

       
     

    Vous aussi, soutenez l'IPSN !

    Vous croyez dans les combats de l'IPSN ?
    Vous pouvez l'aider par un don !


      

    Cette newsletter est éditée par l'Institut pour la Protection de la Santé Naturelle. Si vous ne la recevez pas déjà, il vous suffit de vous inscrire ici:

    https://www.ipsn.eu/rubrique/newsletter/?utm_source=PSN&utm_medium=newsletter-gratuite

    Votre adresse ne sera jamais transmise à aucun tiers. Vous pourrez vous désinscrire à tout moment, grâce à un lien se trouvant en début et fin de chaque message.


    Références :

    [1]   Dr Michel de Lorgeril, Prévenir l’infarctus et l’accident vasculaire cérébral, Editions Thierry Souccar, 2011

    [2] Cholestérol alimentaire et morbi/mortalité cardiovasculaire (consulté le 19/12/2017)

    [3]  “Effects of cocoa powder and dark chocolate on LDL oxidative susceptibility and prostaglandin concentrations in humans,” Am J Clin Nutr. 2001 Nov;74(5):596-602




    L’Institut pour la Protection de la Santé Naturelle est une association sans but lucratif qui ne reçoit aucune subvention publique. Afin de diffuser cette lettre gratuitement et d’organiser des conférences à un prix accessible à tous, l’Institut pour la Protection de la Santé Naturelle a établi un partenariat avec l’éditeur de santé naturelle indépendant SNI Editions. Nous remercions nos sympathisants et soutiens associatifs de prêter attention aux annonces de notre partenaire, grâce auxquelles nous avons les moyens d’accomplir notre mission pour la santé de toutes et tous.


    Institut pour la Protection de la Santé Naturelle
    Association loi 1901 sans but lucratif
    21 rue de Clichy
    75009 PARIS
    www.ipsn.eu

    votre commentaire
  •  « Le secret pour bien vivre et longtemps est : manger la moitié, marcher le double, rire le triple et aimer sans mesure… »

    Proverbe Tibétain

    Souciez-vous de ce que les gens pensent de vous et vous serez toujours leur prisonnier.

      Lao TSEU

    La honte n'est pas d'être inférieur à l'adversaire, c'est d'être inférieur à soi-même.

    Proverbe mandchou  

    "Presque tous les malheurs de la vie viennent des fausses idées que nous avons sur ce qui nous arrive".
    Blaise Pascal 

    « Tant que l’homme continuera à être le destructeur impitoyable des êtres animés des plans inférieurs, il connaîtra ni la santé, ni la paix. Tant que les hommes massacreront les bêtes et les plantes, ils s’entretueront. Celui qui sème le meurtre et la douleur ne peut en effet, récolter la joie et l’amour ! »

    Pythagore. 580 - 495 avant JC

        Si l'on passait l'année entière en vacances ; s'amuser serait aussi épuisant que travailler.

      William Shakespeare   

    "L’élève n'est pas un vase qu'on remplit, mais un feu qu'on allume", Montaigne 

       « Rien, à propos de nos schémas de comportement n’est permanent...

              si ce n’est la conviction qu’ils le sont. »

      "Mettre de la qualité dans ses mouvements,

              c’est mettre de la qualité dans sa vie ! "

    Moshé Feldenkrais

       Il ne faut pas se mettre en colère contre les choses. Cela ne leur fait absolument rien.

      Madame de Staël    

    "Un oiseau né en cage pense que voler est une maladie."

    Alejandro Jodorowski

      L'avantage d'être intelligent, c'est qu'on peut toujours faire l'imbécile, 
    alors que l'inverse est totalement impossible.
            Woody ALLEN
     

    votre commentaire
  • Téléthon : quand les controverses s'accumulent

    Par Sabah Kemel Kaddouri , Service infographie du Figaro

    Publié le 05/12/2014 à 12:26

    Photo d'illustration - Crédits: AFP

    INFOGRAPHIE - Depuis sa création en 1987 dans le but de soutenir la recherche contre les myopathies, le succès de ce marathon médiatique lui a attiré quelques piques plus ou moins acérées. Retour sur ces polémiques.

    Baromètre de la générosité des Français à chaque fin d'année, le Téléthon est en ordre de bataille pour le lancement de sa 28ème édition vendredi. Depuis le temps, la machine est bien rôdée: compteur géant qui s'affole au gré des promesses de dons, prestigieux parrains, exploits sportifs retransmis en direct, le Téléthon donne bien des vertiges! Parfois aussi de grosses sueurs. Depuis moins de dix années, l'événement commence à accumuler quelques polémiques au compteur. Retour sur les plus marquantes.

    2006, les premières attaques

    Une partie de l'Église catholique critique l'affectation de 2% des dons à la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Plusieurs religieux réaffirment leur attachement au «respect de la vie dès son commencement». Les organisateurs sont confrontés à une menace de boycott que le cardinal Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des évêques de France, finira par écarter: «l'Eglise catholique n'appelle pas au boycott». Pour autant, il ne souhaitera pas convier les fidèles à ouvrir leurs bourses.

    L'affaire se révèle suffisamment grave pour déclencher une sortie médiatique au sommet de l'État. Ainsi Jacques Chirac affiche son soutien à l'opération. Quant à l'Association française contre les myopathies, elle choisit de répliquer par la transparence, soulignant que l'utilisation des fonds est un sujet porté à la connaissance du public.

    2009, les déclarations chocs de Pierre Bergé

    «Le Téléthon parasite la générosité des français, la capte d'une manière populiste en exhibant le malheur des enfants myopathes». Le richissime homme d'affaires jette un pavé dans la mare. Selon Pierre Bergé, il serait plus vertueux de redistribuer les sommes perçues entre les associations moins bien dotées. Ses protestations trouvent un écho chez d'autres personnalités à l'instar de Line Renaud qui les justifient: «Il a été très courageux de signaler ce problème (...) il y a trop d'argent au Téléthon, trop!». Une façon de mettre l'accent sur ces associations «laissées-pour-compte» comme celles engagées dans la lutte contre le Sida. La charge du mécène de gauche est doublement virulente puisqu'il est aussi question de l'exhibition d'enfants malades entre deux écrans publicitaires.

    Le sujet est décidément politique car, de nouveau, certains élus s'expriment sur la question. Valérie Pécresse, alors ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, tente de rassurer Pierre Bergé. Elle déclare «entendre dans [son] cri, le cri des associations qui se mobilisent sur le Sida». Tout en ajoutant que l'État ne se désengagerait pas sur ce front. À gauche, Manuel Valls, qui siège à l'Assemblée nationale, évoque «une faute grave» et fustige les propos de ce proche de Ségolène Royal. Les responsables de l'AFM encaissent.

    2010, «Mettre Miss France face au Téléthon est lâche»

    C'est ce que déclare Nagui à l'adresse de TF1. Après les propos de l'animateur, plusieurs voix s'élèvent pour dénoncer «la concurrence déloyale» de la une. Entre la célébration de la beauté et la mise en lumière des maladies incurables, les téléspectateurs tranchent souvent pour le premier choix, d'après les audiences. D'autres animateurs, comme Jean-Marc Morandini, relativisent en vantant les formidables sommes récoltées par le Téléthon et rappellent aussi que la première chaîne n'oublie pas d'inclure en fin de programme «un appel aux dons».

    2013, les amis des bêtes montent au créneau

    Des mouvements de protection animale interpellent l'AFM sur les expérimentations en laboratoire. Cette dernière est accusée de pratiquer et financer la vivisection à grande échelle. Des militants veulent sensibiliser le public sur les coulisses de la recherche. Ces derniers déclarent avoir rencontré «non sans mal» des praticiens au service du Téléthon qui leurs confient: «Vous comprenez, on ne peut pas montrer ça aux gens». En filigranne, la souffrance infligée aux chiens «génétiquement modifiés» pour naître myopathes. L'élevage canin subit différents protocoles expérimentaux afin de «faire progresser la recherche». Les activistes qui parlent d'omerta dans ce milieu, veulent briser le plafond de verre pour faire bouger les lignes. La direction de l'AFM prend le parti de reconnaître publiquement le recours aux essais animaliers, «sous strict respect de la législation en vigueur». Ce nouveau coup de griffe est appelé à perdurer aux dires des organismes de protection des animaux.

    2014, quand le Téléthon pèse (trop) sur les finances d'une ville

    Joris Hébrard, maire FN du Pontet (Vaucluse), ne maintient pas la manifestation. Trop coûteuse pour la ville. Dans son plaidoyer, l'élu frontiste met en avant les 50 millions de dette de sa commune, «nous sommes obligés de faire des économies». L'AFM reçoit une contre-proposition, celle de mettre à disposition «les installations» du Pontet «sans apport humain, ni financier». Toutefois, ce phénomène n'est pas complètement nouveau. Plusieurs municipalités ont déjà communiqué sur les arbitrages financiers soulevés par une telle organisation.


    votre commentaire
  • Une alternative personnaliste et fédérale pour l’Europe (entretien avec Janpier Dutrieux)

      http://www.europemaxima.com/?p=556

    15 novembre 2009

    Jeanpier Dutrieux est président de Fragments Diffusion et directeur de la lettre bimestrielle et des cahiers de cette association qui inscrit son action «dans le cadre de la pensée fédéraliste». Il est également membre-fondateur de l’Alliance sociale des peuples et pays de France animée par Benjamin Guillemaind.

     

    Janpier Dutrieux est par ailleurs l’auteur de l’essai Les ouvriers de la onzième heure « pour le crédit social », Écrivains associés, 1998, (18 €. port payé chez Fragments Diffusion) dont la seconde partie présente les différentes facettes du fédéralisme, notamment le fédéralisme industriel de Hyacinthe Dubreuil, la symbiotique de Johannes Althusius, le communalisme médiéval et le contrat proudhonien. Il a notamment collaboré Aux sources de l’erreur libérale, L’Âge d’Homme, 2000, à Libéralisme, socialisme, deux frères ennemis, Téqui, 2002, et à Un regard citoyen sur l’économie, Yves Michel, 2002. Janpier Dutrieux anime le site Fragments Diffusion.

     

    ***

     

    L’Esprit européen : Pouvez-vous présenter votre lettre bimestrielle Fragments Diffusion ainsi que votre association ?

     

    Janpier Dutrieux : Fragments Diffusion est une association, créée en 1992, d’alternative personnaliste pour la recherche, la promotion et la diffusion d’une économie créditrice dans le cadre de la pensée fédéraliste. La lettre de Fragments Diffusion a, sur quatre pages bimestrielles, plusieurs objectifs : rappeler la permanence et la complémentarité des propositions économiques, monétaires et sociales alternatives émises par des auteurs comme Pierre Joseph Proudhon, Silvio Gesell, Clifford Douglas, Ernst Wagemann, Alexandre Marc; élaborer une réflexion contemporaine englobante dans la ligne de ces courants de pensée; nourrir la connaissance et la réflexion sur l’actualité et les plus récentes études économiques. Les cahiers de Fragments traitent chacun d’un sujet thématique relatif aux objectifs de l’association.

     

    Pourquoi ce titre ? Par référence à l’intuition proudhonienne que nous reprenons en exergue de nos publications : « La nation française ne renaîtra que de ses fragments ».

     

    L’E.E. : Qu’entendez-vous par « alternative personnaliste » ? Vous réclamez vous d’Emmanuel Mounier ?

     

    J.D. : Fragments Diffusion a l’ambition de favoriser l’émergence d’un débat favorable à l’établissement d’une société à hauteur d’homme, à travers une approche personnaliste de la société, c’est-à-dire qui reconnaisse la pleine et entière souveraineté de fait et de droit, la liberté et la responsabilité, de toutes les sociétés et de tous les États ou corps intermédiaires, en partant de l’homme jusqu’à l’humanité. Je fais notamment référence ici à la démarche et aux travaux d’Alexandre Marc et de l’Ordre Nouveau qui, dans son manifeste du 31 mars 1931, affirmait : « ni individualistes, ni collectivistes, nous sommes personnalistes ». Mais avec Emmanuel Mounier, des auteurs plus anciens qui inspirèrent ou inspirent les analyses personnalistes, Aristote, Thomas d’Aquin, Althusius, Proudhon, Péguy, Simone Weil, Jean-Paul II, impriment également notre pensée.

     

    L’E.E. : Pensez-vous que le personnalisme soit conciliable avec le fédéralisme ?

     

    J.D. : C’est avec saint Thomas d’Aquin que la personne devient la substance première alors qu’auparavant c’était la cité qui, avec Aristote, était le corps politique parfait. La personne est membre des sociétés qui l’entourent en tant qu’être dépendant, obligé de chercher autour d’elle, dans son milieu social, les éléments de sa vie et de son développement. Mais pour autant, et c’est en cela qu’elle est autonome, c’est « un être spirituel dont les opérations propres sont immanentes, elle transcende le milieu social dans lequel elle plonge », écrit saint Thomas. La personne n’est pas autosuffisante puisqu’elle a besoin de la société, d’où l’idée de la suppléance, mais parce qu’elle est ordonnée à Dieu, elle se suffit à elle-même, elle est autonome et libre de ses actes et de ses fins. Les deux principes fondateurs du personnalisme et du fédéralisme, l’autonomie et la subsidiarité, trouvent ici leur fondement que déclineront notamment après lui Althusius, Proudhon, Mounier, et Marc.

     

    L’E.E. : En lisant vos publications, vous faites un sort tout particulier aux questions économiques et sociales. Le fédéralisme a-t-il une dimension sociale et économique ?

     

    J.D. : Le fédéralisme ne peut être viable que s’il repose sur l’ordre et s’élève dans la solidarité. Un système financier qui génère des revenus non gagnés et des rentes de toute nature ne peut produire que des désordres, des distorsions et des concentrations économiques qui interdisent toute mutualité et toute solidarité. C’est aussi à juste titre qu’Alexandre Marc pensait que le « minimum social garanti » (M.S.G.) qu’avait imaginé l’Ordre nouveau est « le sens ultime d’une société fédéraliste ! » (1). Ce combat me semble essentiel et préalable à tout autre. Je fais remonter cette tradition économique communautaire aux premières monnaies fondantes médiévales, connues sous le nom de bractéates, qui circulaient dans un espace et un temps donnés lors des grandes foires. Idéal financier communautaire qui se prolonge avec Proudhon, Silvio Gesell, Clifford Douglas, et continue encore sous diverses formes avec des personnalités aussi trempées et apparemment éloignées que Maurice Allais et Michel Aglietta. Fragments Diffusion milite pour l’instauration d’une monnaie de crédit social exclusivement émise par la Banque centrale, réservée au circuit économique, et périodiquement annulée puis renouvelée afin qu’elle ne puisse être thésaurisée.

     

    L’E.E. : Vous vous réclamez du créditisme. De quoi s’agit-il ? Et en quoi le créditisme est-il fédéraliste ?

     

    J.D. : Je me réclame d’une « économie créditrice », sans doute inspirée du crédit social ou « créditisme », mais qui entend le dépasser.

     

    En effet, le crédit social est un ensemble de mesures d’ordre monétaire, énoncées par Clifford Hugh Douglas, théoricien prékeynésien. Douglas proposait notamment d’équilibrer la production, en volume, à la masse monétaire disponible, par l’émission de crédits non couverts par de l’épargne, et par leur annulation dans l’hypothèse d’une réduction du prix global de la production. Ces crédits devaient être distribués directement aux citoyens sous forme de dividendes uniformes afin de venir compléter les revenus de l’emploi, ou venir compenser des baisses (ou escomptes) de prix demandées par la population aux producteurs. Mais plus largement, je soutiens une économie créditrice, de préfinancement et de conception institutionnaliste, dans la continuité des travaux de C. Douglas (cf. Social credit, 1924, The monopoly of credit), mais également d’Alexandre Marc, (cf. Esquisse d’une économie fédéraliste, M. Marc-Lipiansky, 1976), de Silvio Gesell (La monnaie franche, 1914), de Ernst Wagemann, de Rudolf Hilferding, par opposition aux deux modèles d’« économie de marchés financiers » et d’« économie d’endettement » théorisés par le prix Nobel d’économie 1972 John Richard Hicks.

     

    La réflexion amorcée autour de l’économie créditrice suppose un dépassement des concepts matérialistes développés par les écoles libérales et dirigistes. Par exemple, il s’agit d’opposer aux notions de valeur d’échange, valeur rareté et valeur travail, chères aux marginalistes et aux marxistes, la notion de valeur d’usage qui sous-entend l’idée d’un bien commun, d’un corps intermédiaire usager. Occultés dès la Renaissance, la valeur d’usage est au fédéralisme ce que la valeur rareté est à l’individualisme libéral et la valeur travail au productivisme, les deux faces d’un même matérialisme. Par exemple, il s’agit de concevoir une monnaie interne non thésaurisable, ancrée dans la sphère de souveraineté qu’elle représente. L’intérêt que nous portons à l’école institutionnaliste et aux travaux de Michel Aglietta et André Orléan est ici évident.

     

    L’E.E. : Quel regard l’économie créditrice porte-t-elle sur les théories socio-économiques alternatives telles que l’économie distributive, l’idée gaulliste de la participation, la vision sociale de Hyacinthe Dubreuil ou la doctrine sociale de l’Église catholique ?

    Lire la suite...


    votre commentaire
  • Minsky, une interprétation prémonitoire des crises …

    par Dominique Plihon, Université Paris-Nord, conseil scientifique d’Attac (27-05-2016)

      http://veblen-institute.org/Minsky?lang=fr

      La crise financière a redonné vigueur aux analyses de John Maynard Keynes et de ses disciples, qu’il s’agisse de Charles Kindleberger et de son approche historique des crises, de John Kenneth Galbraith et de son interprétation de la crise de 1929 d’une grande actualité, ou de Hyman Minsky, dont l’hypothèse d’une instabilité financière intrinsèque du capitalisme apparaît prémonitoire aujourd’hui.

      Fils de deux militants socialistes, Minsky a rédigé sa thèse sous la direction de Joseph Schumpeter et de Wassily Leontief dont les visions globales du capitalisme eurent une grande influence. Ses nombreux travaux (une centaine d’articles) et son livre majeur « Stabilizing an Unstable Economy », publié en 1986 (et désormais traduit en français par l’Institut Veblen et Les petits matins) eurent un certain retentissement aux Etats-Unis. Ses séminaires à l’Université de Berkeley, auxquels participaient des banquiers, lui permirent d’élaborer sa fameuse « hypothèse d’instabilité financière ».

    Un schéma d’analyse très keynésien

      Selon Minsky, qui reprend à son compte la vision pessimiste de la finance de Keynes, l’instabilité des marchés financiers est endogène, en d’autres termes inhérente au comportement des acteurs financiers et des entreprises. Le principal mécanisme qui pousse l’économie capitaliste vers l’instabilité financière et vers les cycles économiques est l’accumulation de la dette par les entreprises. Minsky distingue trois types de comportements en ce qui concerne le financement des investissements : (1) le financement couvert (hedge financing) dans lequel le paiement des intérêts et du principal de la dette est couvert par le rendement attendu de l’investissement ; (2) le financement spéculatif (speculative financing), où le rendement anticipé de l’investissement ne couvre que le paiement des intérêts, la dette étant constamment reconduite ; enfin (3) le financement à la Ponzi (Ponzi financing), où les revenus de l’investissement ne permettent même pas de couvrir les charges d’intérêt, la survie du projet dépendant de la possibilité de s’endetter encore plus, ou de vendre des actifs. Le terme Ponzi vient du nom de l’escroc (un précurseur de Madoff …) qui, dans les années 1920, a ruiné des épargnants bostoniens en leur proposant des rendements exceptionnels fondés sur un système de financement par cavalerie.

    Lire la suite...


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique